par zélie » mer. 27 mai 2009, 19:48
Pour vous répondre Héloïse, sur le point de la vénalité religieuse telle que vous en avez été témoin, je pense qu'il s'agit assez simplement de points de foi mal compris.
Quand on demande une messe pour un défunt, on ne la paie pas. La grâce est gratuite parce que sa valeur est infinie. Si on pouvait la peser, tout l'or du monde n'arriverait pas à faire pencher la balance en face de la moindre grâce.
Mais lorsqu'on accepte de faire l'effort de donner de sa sueur, de son argent durement gagné, pour dédommager les frais de fonctionnement de l'église durant la messe que l'on sollicite de la bienveillance du prêtre et de Jésus, on fait un acte de foi; on fait aussi un acte de respect envers le prêtre, qui a le droit bien entendu à une certaine reconnaissance de la part de ses paroissiens. L'explication est peut -être là, encore que je ne suis pas spécialiste.
Pour ce qui est des indulgences, je pense que l'indulgence est d'abord et avant tout un chemin de foi. La prière étant union de coeur, et pas récitation, rien ne dit que lire ou réciter un texte délivre automatiquement quelqu'un d'un an de purgatoire. Mais il m'est arrivé de faire des "neuvaines d'un mois" pour les âmes de connaissances pas très sympas avec Dieu de leur vivant, et c'est autant le durée, la régularité, l'effort -de perdurer en prière toute la journée tout un mois- en somme qui est méritoire que la prière (texte) en l'espèce -mais par obéïssance je me suis tenue strictement à ce que l'on me conseillait ou demandait-. Bref, c'est pas très clair, mais je me mélange souvent les pinceaux, mais c'est la foi et le coeur de la personne qui prie qui compte.
Encore que sur le chapitre indulgences, j'aurais bien des questions à poser moi aussi!
Pour les manifestations sensibles, je fais partie du tout-venant qui n'en a pas, en tous cas pas d'aussi manifestes que celles évoquées, mais c'est ainsi que les choses sont bien pour moi. Je comprends tout à fait que d'autres, nombreux, en ait, et que cela les porte et les aide dans leur foi, ou qu'ils soient du fait de leur grâce "lumière" sur le chemin des aveugles dont je suis. Moi aussi dans ma foi je suis aidée et portée, mais par autre chose, et c'est bien ainsi; parce que j'ai connu l'orgueil, j'apprends à n'être rien, et le rien me va bien... C'est comme ça que je me sens croyante, aimée de Dieu, gravée sur la paume de ses Mains, sous le manteau de Marie; parce que c'est comme ça que je me sens en rupture de là d'où je viens et où je ne veux pas retourner.
Et en plus, je trouve très beau, très juste et très suffisant ce que vous dites sur "les manifestations terrestres de l'amour divin"!
Mais voilà, en ouvrant ce topic, j'avais un questionnement douloureux; comme vous l'aurez compris, des deuils ont émaillés ma vie, alors j'ai cherché à en comprendre plus parce que l'idée du purgatoire, jusque-là, ça me passait largement au-dessus des plumes. J'ai eu lu que les âmes restaient parfois des siècles au purgatoire; pas les gros vilains, non, même les "nous c'est aussi nous", les ordinaires tièdes par moment, paresseux, médisants, manipulateurs, menteurs, avares, égoïstes, orgueilleux, rien que par tous les serpents que nous abritons en nous à bas bruit, à petite dose, mais toute notre vie, et que nous nous gardons bien de chasser tellement ces petits dieux tyranniques nous arrangent et nous flattent.
Quand ma belle-mère est morte, je me suis rendue compte combien sa famille la glorifiait, la plaçait au-dessus du lot; c'est vrai que c'était quelqu'un d'exceptionnel. Avec tout le monde, même avec mes enfants. Mais pas avec moi; elle m'en a fait baver des ronds de chapeaux, à tel point que même aujourd'hui je subis encore les conséquences de ses médisances et de ses trahisons. Mais jamais je ne suis allée me plaindre de ce qu'elle me faisait, et quand quelqu'un l'admirait, je le laissais l'admirer, parce que mes larmes ne regardaient personne. Une fois morte, elle fut élevée au rang de sainte de l'avis familial; donc point besoin de prier bien longtemps ou de messes pour une telle belle âme, dont tout le monde sentait si bien la paix qu'elle ne pouvait qu'être au ciel... Mais moi je me fais du souci pour elle, et encore une fois, je n'en parle jamais; mais le souci est là.
Combien j'aurais aimé sentir que le chemin de pardon que je fais depuis, de prière et de messe aussi, d'autres plus aimés d'elle le fissent avec moi, parce qu'ainsi ce chemin aurait acquis en profondeur et en qualité, parce que seul on fait moins bien ces choses-là.
Cet exemple m'a ouvert les yeux sur les autres décès; j'ai remarqué que souvent les proches éplorés sanctifient leurs proches, ou du moins les embellissent, et du coup se dédouanent de prier pour eux, ou de faire dire des messes pour eux, ou minimisent sous couvert de foi au-dessus des contingences humaines l'importance de la messe, de l'offrande des fruits de la grâce eucharistique, de la prière, etc... Où est l'équilibre entre foi honnête et équilibrée et indifférence à leur sort post-mortem?
Comme disait une sainte âme, par le cadeau de la foi, de la messe, de la prière et des indulgences, c'est un peu comme si on avait la clé d'une prison, et qu'on ne cherche pas comment s'en servir pour soulager nos proches défunts... cette image m'a touchée, et c'est pour cela que j'aurais aimé mieux comprendre tout ce qui se joue autour du purgatoire; mais j'avoue que ma question de départ était vraiment mal posée.
Mais je suis ainsi, maladroite jusque dans mes idées; c'est la faute des mèches, elles sont blondes!
Pour vous répondre Héloïse, sur le point de la vénalité religieuse telle que vous en avez été témoin, je pense qu'il s'agit assez simplement de points de foi mal compris.
Quand on demande une messe pour un défunt, on ne la paie pas. La grâce est gratuite parce que sa valeur est infinie. Si on pouvait la peser, tout l'or du monde n'arriverait pas à faire pencher la balance en face de la moindre grâce.
Mais lorsqu'on accepte de faire l'effort de donner de sa sueur, de son argent durement gagné, pour dédommager les frais de fonctionnement de l'église durant la messe que l'on sollicite de la bienveillance du prêtre et de Jésus, on fait un acte de foi; on fait aussi un acte de respect envers le prêtre, qui a le droit bien entendu à une certaine reconnaissance de la part de ses paroissiens. L'explication est peut -être là, encore que je ne suis pas spécialiste.
Pour ce qui est des indulgences, je pense que l'indulgence est d'abord et avant tout un chemin de foi. La prière étant union de coeur, et pas récitation, rien ne dit que lire ou réciter un texte délivre automatiquement quelqu'un d'un an de purgatoire. Mais il m'est arrivé de faire des "neuvaines d'un mois" pour les âmes de connaissances pas très sympas avec Dieu de leur vivant, et c'est autant le durée, la régularité, l'effort -de perdurer en prière toute la journée tout un mois- en somme qui est méritoire que la prière (texte) en l'espèce -mais par obéïssance je me suis tenue strictement à ce que l'on me conseillait ou demandait-. Bref, c'est pas très clair, mais je me mélange souvent les pinceaux, mais c'est la foi et le coeur de la personne qui prie qui compte.
Encore que sur le chapitre indulgences, j'aurais bien des questions à poser moi aussi!
Pour les manifestations sensibles, je fais partie du tout-venant qui n'en a pas, en tous cas pas d'aussi manifestes que celles évoquées, mais c'est ainsi que les choses sont bien pour moi. Je comprends tout à fait que d'autres, nombreux, en ait, et que cela les porte et les aide dans leur foi, ou qu'ils soient du fait de leur grâce "lumière" sur le chemin des aveugles dont je suis. Moi aussi dans ma foi je suis aidée et portée, mais par autre chose, et c'est bien ainsi; parce que j'ai connu l'orgueil, j'apprends à n'être rien, et le rien me va bien... C'est comme ça que je me sens croyante, aimée de Dieu, gravée sur la paume de ses Mains, sous le manteau de Marie; parce que c'est comme ça que je me sens en rupture de là d'où je viens et où je ne veux pas retourner.
Et en plus, je trouve très beau, très juste et très suffisant ce que vous dites sur "les manifestations terrestres de l'amour divin"!
Mais voilà, en ouvrant ce topic, j'avais un questionnement douloureux; comme vous l'aurez compris, des deuils ont émaillés ma vie, alors j'ai cherché à en comprendre plus parce que l'idée du purgatoire, jusque-là, ça me passait largement au-dessus des plumes. J'ai eu lu que les âmes restaient parfois des siècles au purgatoire; pas les gros vilains, non, même les "nous c'est aussi nous", les ordinaires tièdes par moment, paresseux, médisants, manipulateurs, menteurs, avares, égoïstes, orgueilleux, rien que par tous les serpents que nous abritons en nous à bas bruit, à petite dose, mais toute notre vie, et que nous nous gardons bien de chasser tellement ces petits dieux tyranniques nous arrangent et nous flattent.
Quand ma belle-mère est morte, je me suis rendue compte combien sa famille la glorifiait, la plaçait au-dessus du lot; c'est vrai que c'était quelqu'un d'exceptionnel. Avec tout le monde, même avec mes enfants. Mais pas avec moi; elle m'en a fait baver des ronds de chapeaux, à tel point que même aujourd'hui je subis encore les conséquences de ses médisances et de ses trahisons. Mais jamais je ne suis allée me plaindre de ce qu'elle me faisait, et quand quelqu'un l'admirait, je le laissais l'admirer, parce que mes larmes ne regardaient personne. Une fois morte, elle fut élevée au rang de sainte de l'avis familial; donc point besoin de prier bien longtemps ou de messes pour une telle belle âme, dont tout le monde sentait si bien la paix qu'elle ne pouvait qu'être au ciel... Mais moi je me fais du souci pour elle, et encore une fois, je n'en parle jamais; mais le souci est là.
Combien j'aurais aimé sentir que le chemin de pardon que je fais depuis, de prière et de messe aussi, d'autres plus aimés d'elle le fissent avec moi, parce qu'ainsi ce chemin aurait acquis en profondeur et en qualité, parce que seul on fait moins bien ces choses-là.
Cet exemple m'a ouvert les yeux sur les autres décès; j'ai remarqué que souvent les proches éplorés sanctifient leurs proches, ou du moins les embellissent, et du coup se dédouanent de prier pour eux, ou de faire dire des messes pour eux, ou minimisent sous couvert de foi au-dessus des contingences humaines l'importance de la messe, de l'offrande des fruits de la grâce eucharistique, de la prière, etc... Où est l'équilibre entre foi honnête et équilibrée et indifférence à leur sort post-mortem?
Comme disait une sainte âme, par le cadeau de la foi, de la messe, de la prière et des indulgences, c'est un peu comme si on avait la clé d'une prison, et qu'on ne cherche pas comment s'en servir pour soulager nos proches défunts... cette image m'a touchée, et c'est pour cela que j'aurais aimé mieux comprendre tout ce qui se joue autour du purgatoire; mais j'avoue que ma question de départ était vraiment mal posée.
Mais je suis ainsi, maladroite jusque dans mes idées; c'est la faute des mèches, elles sont blondes!