Eugénisme et dépistage prénatal

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Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Anne » mer. 01 juil. 2009, 6:06

Je vais essayer de préciser les parallèles que je tentais de faire plus haut.

* L'attachement aux patients: on s'attache tout autant (sinon plus) aux personnes handicapées (qu'il aurait fallu avorter avant naissance) parce que ce sont des êtres avec lesquels il est tout aussi intéressant de travailler que des personnes dites "normales". La douleur de les perdre est la même que lorsqu'on perd une personne chère: qu'elles puissent nous devenir chères est une preuve de leur valeur. Tous ceux et celles qui travaillent avec eux vous diront qu'ils apportent beaucoup, mais de manière différente.

* L'abandon des enfants est plus un problème des parents, puisqu'il est possible d'abandonner des enfants tout-à-fait normaux.

J'ajouterai qu'il existe un grand nombre de parents qui souffrent de par le comportement de leurs enfants qui deviennent des assasssins, des violeurs, des psychopathes, des voleurs, des menteurs, des alcooliques, des drogués, etc. Ces parents souffrent probablement encore plus que les parents d'enfants handicapés.

Dommage que la génétique ne permette pas d'identifier la "signature" génétique des psychopathes, par exemple: on pourrait donc offrir aux parents l'option de les avorter dans le ventre de leur mère... :/

Je suis d'accord avec le point de vue de cgs au sujet de l'acharnement térapeuthique. Et j'ajouterais que les problèmes rencontrés par les parents d'enfants handicapés est relativement facile à résoudre: il faut leur donner de l'aide, tout simplement! Quelquefois, il ne s'agit que de leur offrir quelques moments de répit pour qu'ils puissent continuer à s'occuper de leurs enfants!

De plus, aider les mères qui songent à l'avortement à envisager des alternatives serait une excellente solution: le don à l'adoption, le soutien lors de la grossesse, l'aide au retour aux études, etc.

Ce faisant, on peut donner la vie au lieu de donner la mort.

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Emanuel » mar. 30 juin 2009, 23:18

Je respecte vos points de vues je ne le partage pas.

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Cgs » mar. 30 juin 2009, 12:02

Bonjour,
Emanuel a écrit : Vous me pardonnerez de ne pas partager votre point de vue sur ce sujet. De considérer comme immoral de laisser venir à terme des grossesses dont on sait à l'avance, au moyen du diag prénatal, qu'elle amèneront à la vie des enfants réduits à leurs fonctions végétatives (que les mots sont difficiles à poser pour ne pas choquer ou blesser), qui seront souvent, à +- long terme, une charge insurmontable pour les parents et les familles. Et ce sans même parler de la charge pour la société qui ne saura leur assurer ni une vie décente, ni, dans beaucoup de cas, atténuer leurs souffrances qu'au moyen de camisoles chimiques.
Il faut distinguer deux choses dans ce que vous dites. Tout le monde est d'accord, même l'Eglise, pour ne pas maintenir en vie artificiellement des personnes handicapées. L'acharnement thérapeutique n'a pas à être encouragé, d'où l'importance de l'accompagnement d'un mourant. Mais pour une personne handicapée qui pourra survivre sans cet acharnement a le droit de vivre comme n'importe qui. C'est une charge trop lourde pour la société, pour les parents ? Certes, mais a-t-on réfléchi à accueillir le handicap de ces personnes avant de commettre un mal encore plus grand (leur meurtre) ? L'argument que vous avancez, ô combien classique, prend la voie du mal et de la facilité, avec toutes les dérives que l'on peut imaginer.
Bien sûr que ce que j'écris peut conduire à l'eugénisme d'état ou social. Mais je fais confiance aux hommes pour trouver le juste équilibre. Aux équipes médicales, aux scientifiques, aux philosophes pour déterminer le risque acceptable et celui qui peut, un jour, ne plus l'être. Je pense ici à ces personnes vieillissantes, très lourdement handicapées dès la naissance, dont les parents sont aujourd'hui dans l'incapacité morale, physique et matérielle d'assumer la charge, et qui sont condamnées dans un terme proche au mouroir, au mieux à l'un de ces établissements où leur handicap mental, jusque là contenu, par l'affection des parents, ira en s'accentuant les vouant à des camisoles chimiques de plus en plus lourdes.
Si l'homme était sage, on pourrait lui faire confiance. Le fait est qu'il y a tellement d'enjeux médicaux, scientifiques, économiques et sociaux à la question du handicap, qu'il semble difficile de croire en un équilibre des choses. On s'achemine tout droit vers une société eugénique (on y est déjà d'ailleurs), et on ne réfléchit pas aux vrais problèmes et aux solutions. Pourtant, les besoins sont énormes.

Bien à vous,

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Pneumatis » mar. 30 juin 2009, 11:17

Bonjour,

Je voulais revenir à froid sur ce que vous disiez Emanuel. D'abord je vous remercie pour vos prières.

Ensuite vous soulevez le problème de l'abandon, de la démission de certains parents, et de la souffrance qui en découle pour les personnes handicapées. Et vous vous proposez alors de résoudre un mal par un autre ? Lequel est pire : ne pas avoir le droit de vivre ou ne pas avoir le droit à l'amour de ses parents ? La question est : croyez-vous en Dieu ? Croyez-vous que Dieu nous aime quoiqu'il nous arrive, et que quoique nous ayons à souffrir nous sommes aimé de Lui ?

Une question beaucoup plus terre à terre : on déplore que les handicapés soient rejetés, même par leurs parents, rejetés par la société, mal intégrés dans la vie professionnelle, ... Et en contre-partie :
- on les sélectionne au niveau diagnostic pré-implantatoire, afin qu'une femme ne soit pas enceinte d'un enfant risquant d'être handicapé
- on autorise légalement à les tuer jusqu'au dernier jour de grossesse
- on acquitte même les parents qui, succombant à la pression, finissent par tuer leurs enfants handicapés (voir le cas de cette mère qui a noyé sa fille atteinte d'hydrocéphalie et qui a été acquitté sous les applaudissements du tribunal).

Vous croyez qu'on va donner de plus en plus de courage aux parent d'élever des enfants handicapés comme ça ?
Vous croyez qu'on responsabilise les gens comme ça ?
Vous croyez qu'on va faire aimer des personnes qu'on autorise à peine à vivre, comme ça ?

Je prolonge le raisonnement pour le porter plus généralement sur le cas de l'avortement, à la suite de ce que disait Anne. Il me semble que nous serons d'accord que le problème de l'irresponsabilité des parents est un des problèmes manifestes dans notre société. L'éducation parentale laisse totalement à désirer dans notre beau pays, les parents sont démissionnaires, etc... Que croyez-vous que véhicule l'avortement légal comme message ?

Avoir un enfant c'est difficile, c'est une grosse responsabilité, il faut profiter de la vie avant parce qu'après on ne profite plus, etc...

Ah bien sur, on dira que c'est magnifique d'avoir un enfant, plein d'amour tout ça, c'est très beau. Mais c'est presque devenu de l'héroïsme, du sacrifice, ... Alors évidemment avec des idées pareils n'importe qui est tenté de démissionner à la première difficulté. Et tant que c'est possible, pourquoi s'en priver...

On ne règle pas les problèmes d'abandon, l'irresponsabilité, les manques de compassion, ou les manques d'amour en supprimant ceux qui nous mettent en face de nos responsabilités. Tout ce qu'on fait, au contraire, c'est de supprimer notre sens des responsabilités (en plus d'être des meurtriers). Nous avons une responsabilité envers notre prochain et élever un enfant, handicapé ou non, on lui doit à lui, mais on le doit aussi à toute l'humanité, et avec joie encore. Parce que nous n'avons pas été créé pour nous vautrer dans la contemplation de notre nombril. Il serait temps de croire tous ensemble que les ados boutonneux, râleurs et irresponsables qui constituent la grosse majorité de la population française (entre autre) peuvent devenir des adultes un jour, et les encourager à ça au lieu de les laisser se complaire dans leur crise d'adolescence égoïste.

Voilà, promis c'était un message "à froid". ;)

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Emanuel » dim. 28 juin 2009, 9:37

En effet je n'ai fait que citer un fait qui ne préjuge rien d'autre que ce que j'ai écrit.

De plus vous apportez vous-même la réponse à votre interrogation et aux raisons de ces épisodes de "ramassage à la petite cuillère" :

Néanmoins, il est en effet essentiel que du personnel engagé, empathique et affectueux soit là pour s'occuper des enfants abandonnés! Dieu merci, il y a des gens comme votre fille, et ce dans plusieurs domaines semblables! Elle peut être fière de son travail et, malgré les difficultés qu'elle rencontre, je suis persuadée qu'à ce moment-ci de sa vie, elle doit être certaine que ce qu'elle fait est important et significatif!

Quand aux autres enfants "normaux" abandonnés évidemment mais ce n'est pas le sujet.

[***]

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Fée Violine » dim. 28 juin 2009, 9:17

AnneT a écrit :
Emanuel a écrit : Ici, et pour rappeler qu'il nous arrive régulièrement de ramasser notre fille "à la petite cuillère" parce qu'elle a perdu un de ses jeunes patients,
Cette partie m'interpelle... Voulez-vous dire que vous ne ramasseriez pas votre fille à la petite cuillère si elle avait perdu, disons, un jeune patient parfaitement "normal" si elle travaillait dans un domaine connexe?
?
Il me semble qu'Emanuel a juste énoncé un fait...

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Anne » dim. 28 juin 2009, 3:18

Emanuel a écrit : Ici, et pour rappeler qu'il nous arrive régulièrement de ramasser notre fille "à la petite cuillère" parce qu'elle a perdu un de ses jeunes patients,
Cette partie m'interpelle... Voulez-vous dire que vous ne ramasseriez pas votre fille à la petite cuillère si elle avait perdu, disons, un jeune patient parfaitement "normal" si elle travaillait dans un domaine connexe?
je ne mets pas en doute les capacités de dévouement presque "sacerdotal" des personnels d'accompagnements et soignants. Mais aucun d'eux jamais ne remplacera des parents aimants comme vous l'êtes.
L'exemple de Pneumatis n'est pas si inusité. Seulement, ce ne sont effectivement pas tous les parents qui se sentent la force de s'investir avec des enfants... normaux ou pas! Je peux cependant vous dire qu'ayant oeuvré auprès d'enfants handicapés en milieu scolaire pendant plusieurs années, aucun d'entre eux n'avaient été confiés à des institutions spécialisées (sauf pour courtes périodes afin de donner un répit aux parents). Et comme je vis dans une petite communauté, si ça s'était fait, ça se serait su!

Néanmoins, il est en effet essentiel que du personnel engagé, empathique et affectueux soit là pour s'occuper des enfants abandonnés! Dieu merci, il y a des gens comme votre fille, et ce dans plusieurs domaines semblables! Elle peut être fière de son travail et, malgré les difficultés qu'elle rencontre, je suis persuadée qu'à ce moment-ci de sa vie, elle doit être certaine que ce qu'elle fait est important et significatif!

En passant, vous savez, Emanuel, qu'il n'y a pas que les enfants "anormaux" qui sont abandonnés? Les statistiques sont assez étonnantes...

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Emanuel » sam. 27 juin 2009, 10:18

Mon cher Pneumatis, au delà des divergences qui peuvent être les nôtres, soyez assuré de mon admiration pour la foi et pour le courage qui vous animent vous et votre épouse.

Dieu merci mes enfants et petits enfants n'ont pas hérité du handicap de leur grand-mère (rétinite pigmentaire évolutive) qui est bien léger au regard de ce que vous exprimez mais qui nous a quand même dissuadés d'avoir un troisème enfant. Il se trouve néanmoins que notre fille ainée est très impliquée auprès de très grands handicapés mentaux et physiques et que j'ai moi-même, de plus loin il est vrai, oeuvré professionnellement dans ce domaine.

Ce que je voudrais dire ici c'est qu'à côté de parents comme vous qui s'efforcent d'assumer pleinement un enfant lourdement handicapé combien d'autres renoncent et abandonnent leur enfant dans des institutions spécialisées. Il faut avoir vu ces établissemments qui vont du jardin d'enfants pour adultes vieillissants aux asiles-mouroirs en passant par tout une gamme de CAT et autres foyers +- occupationnels pour se rendre compte de l'ampleur du problème et se rappeler que ces personnes qu'on nous montre lors du Téléthon (par exemple) sont parmi les plus "présentables".

Ici, et pour rappeler qu'il nous arrive régulièrement de ramasser notre fille "à la petite cuillère" parce qu'elle a perdu un de ses jeunes patients, je ne mets pas en doute les capacités de dévouement presque "sacerdotal" des personnels d'accompagnements et soignants. Mais aucun d'eux jamais ne remplacera des parents aimants comme vous l'êtes.

Vous me pardonnerez de ne pas partager votre point de vue sur ce sujet. De considérer comme immoral de laisser venir à terme des grossesses dont on sait à l'avance, au moyen du diag prénatal, qu'elle amèneront à la vie des enfants réduits à leurs fonctions végétatives (que les mots sont difficiles à poser pour ne pas choquer ou blesser), qui seront souvent, à +- long terme, une charge insurmontable pour les parents et les familles. Et ce sans même parler de la charge pour la société qui ne saura leur assurer ni une vie décente, ni, dans beaucoup de cas, atténuer leurs souffrances qu'au moyen de camisoles chimiques.

Bien sûr que ce que j'écris peut conduire à l'eugénisme d'état ou social. Mais je fais confiance aux hommes pour trouver le juste équilibre. Aux équipes médicales, aux scientifiques, aux philosophes pour déterminer le risque acceptable et celui qui peut, un jour, ne plus l'être. Je pense ici à ces personnes vieillissantes, très lourdement handicapées dès la naissance, dont les parents sont aujourd'hui dans l'incapacité morale, physique et matérielle d'assumer la charge, et qui sont condamnées dans un terme proche au mouroir, au mieux à l'un de ces établissements où leur handicap mental, jusque là contenu, par l'affection des parents, ira en s'accentuant les vouant à des camisoles chimiques de plus en plus lourdes.

Pour ma part je ne crois pas qu'en ces matières on puisse s'en remettre uniquement à Dieu.

Quoiqu'il en soit soyez assuré de mes prières.

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Pneumatis » sam. 20 juin 2009, 1:29

Bonjour,

J'écoutais récemment un débat de bioéthique à la radio, sur France Culture, traitant de la question du dépistage prénatal et pré-implantatoire. La question portait évidemment sur l'eugénisme, mais d'une manière qui m'a semblé si superficielle... j'ai été plongé dans une profonde tristesse. Je rentrais en voiture du travail, et des larmes coulaient sur mon visage en arrivant chez moi.

Au-delà de la sélection des embryons, éthiquement injustifiable, ce qui me révulse c'est cette marchandisation de la vie humaine. Le désir d'avoir un enfant justifie qu'on en tue, qu'on en prenne et qu'on en jette, comme on fait au marché en tâtant des légumes. J'ai mal au ventre et mal au coeur quand j'y pense, et mes nuits s'agitent souvent du cauchemar de ces personnes mortes dont on a tout nié, jusqu'à l'existence, pour ne servir qu'un désir.

Même l'intervenant qui alertait à corps et à cris sur l'eugénisme, qui était d'ailleurs presque ridiculisés comme si il annonçait la fin du monde pour demain, tout le monde a tranquillement fermé les yeux sur l'eugénisme concernant par exemple les personnes atteintes de trisomie. Cela a été évoqué, et tout le monde s'est explicitement accordé sur le fait que ce n'était pas la peine d'en parler. Ca a eu le mérite, quand on connait un peu le sujet et les chiffres, de montrer à quel point c'était une réalité qui ne faisait aucun débat : c'est un constat. Alors on se tait et on passe à autre chose.

Sur ce sujet, seul l'animateur de France Culture n'a pas consenti à l'abdication générale. Et il m'a ému en posant une question invoquant son propre témoignage : il a dit avoir un enfant qui s'est révélé après la naissance être atteint d'autisme. Il a dit honnêtement, si on avait pu le dépister pendant la grossesse, peut-être que lui et son épouse auraient envisagé l'avortement. Mais il a bien dit qu'alors ils auraient commis une grossière erreur : aujourd'hui il n'est pas question de regretter une seule seconde que son fils soit né, bien au contraire. Ce à quoi le médecin spécialiste du diagnostic pré-implantatoire a répondu : c'est vrai, c'est ce que tous les parents d'enfants atteints d'un handicap découvert après la naissance disent. Mais quand la question d'en faire un deuxième se pose, ils font plus qu'y réfléchir à deux fois, et soit il renoncent, soit ils envisagent le dépistage et l'avortement consécutif à un diagnostic défavorable. Il a ainsi cloué le bec de l'animateur.

Que voulez-vous répondre à ça. Nous aussi, mon épouse et moi, comme je l'ai dit plus haut, nous sommes hésitant quant à un futur enfant, à cause de la maladie. Pour autant nous n'envisagerions évidemment pas l'avortement, et c'est ce qui rend notre préparation d'autant plus nécessaire. Ce qui est dur, c'est qu'à moins d'une grâce d'amour énorme, avoir un autre enfant ne peut plus se concevoir pour nous que presque réduit à "un risque". Il nous faudra encore du temps je pense, et la grâce de Dieu. Je prie pour cela car j'ai sincèrement envie d'avoir d'autres enfants, et j'espère que le Seigneur m'entendra.

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Pneumatis » sam. 30 mai 2009, 14:52

Touriste a écrit :Cher Pneumatis,

Ne voyez-vous pas que vous la réalisez pleinement votre vocation de mariage par le témoignage vivant que vous êtes?
Le monde a tant besoin de ces lumières qui montrent que l'on peut vivre autrement,ces lumières aux travers desquelles Dieu se laisse découvrir aux autres.

J'ai été très émue de vous lire (cela ne m'arrive pas si facilement).

Que Dieu vous bénisse vous et votre famille.
Continuez de Lui faire confiance pour l'avenir.


Marie-G.
Merci :oops:

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Invité » ven. 29 mai 2009, 19:24

Cher Pneumatis,

Ne voyez-vous pas que vous la réalisez pleinement votre vocation de mariage par le témoignage vivant que vous êtes?
Le monde a tant besoin de ces lumières qui montrent que l'on peut vivre autrement,ces lumières aux travers desquelles Dieu se laisse découvrir aux autres.

J'ai été très émue de vous lire (cela ne m'arrive pas si facilement).

Que Dieu vous bénisse vous et votre famille.
Continuez de Lui faire confiance pour l'avenir.


Marie-G.

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Pneumatis » ven. 29 mai 2009, 12:43

Bonjour Loki,

Merci pour vos prières et je suis content si tout ça a pu vous servir. Dans notre cas aussi la question des prochaines naissances reste problématique. Il faut savoir que la maladie de mon fils est due à un gène récessif, dont ma femme et moi-même sont porteurs hétérozygotes. Cela fait que nous avons 25% de chances d'avoir un autre enfant avec la même maladie. Ensuite, il faut savoir que notre fils est atteint d'un des degrés les plus mineurs de sa maladie. Un prochain enfant pourrait avoir un handicap beaucoup plus lourd, voire mourir in utero ou peu après sa naissance (ce qui est fréquent avec cette maladie).

Donc c'est une chose d'accueillir un enfant conçu quand on apprend qu'il est handicapé. C'est encore autre chose d'en concevoir un 3e ou un 4e quand on sait d'avance tous les risques qu'il encourt, et les éventualités de deuil que nous aurions à vivre, pour nous comme pour ses frères. Et là, pour nous qui souhaitons que notre mariage porte de nombreux fruits (si j'ose dire), là nous avons une vraie nouvelle épreuve pour notre foi et notre espérance.

Objectivement, j'ai foi dans le fait que nous surmonterions toutes ces épreuves avec l'aide de Dieu, mais je tremble d'imaginer que mes ainés aient à vivre le deuil d'un de leur frère. Je n'ose pas l'imaginer non plus cela pour ma femme, tant l'attachement à ses enfants est viscéral.

Voilà le dilemme aujourd'hui pour mon épouse et moi : qu'en est-il de notre vocation de mariage ?

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par loki » jeu. 28 mai 2009, 23:50

Un grand merci, Pneumatis, pour votre témoignage.
Nous souhaitons, ma femme et moi, avoir un troisième enfant, voire un quatrième -nous sommes cinglés- et je me suis posé la question de savoir ce que serait ma réaction dans la situation que vous vivez.
Vous m'avez grandement aidé à y voir plus clair.
Soyez assuré de mes prières

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Pneumatis » jeu. 28 mai 2009, 21:22

Christophe a écrit :Merci Pneumatis pour ce témoignage qui est à la fois très fort... mais qui corrobore celui de la plupart les parents d'enfants atteints de handicap, qui vivent comme une grâce l'état de leur enfant. Notre société eugénique finit par oublier ce qu'est le handicap, et seul ce genre de témoignage peuvent faire comprendre que ce n'est pas "la fin du monde", même si ce n'est certainement pas facile tous les jours.

Que Dieu bénisse votre famille.
Christophe
Merci beaucoup Christophe ! Au contraire d'être la fin du monde, cela donne tellement de sens visible à ce qu'on peut et ce qu'on doit être !!! C'est une immense grâce ! Comment voulez-vous ensuite ne pas vivre dans la joie vraie ? Sans compter qu'à bien y regarder, quels sont les parents qui trouvent ça facile d'élever des enfants. Tous nos amis, lorsqu'ils ont eu leur deuxième ont bu la tasse. C'est ça qui est fort : grâce à Dieu on s'adapte à tout !

Je me souviens justement, il y a quelques temps, ma femme m'annonce la naissance d'un enfant d'un de nos couples d'amis. Et elle ajoute, un peu mélancolique, comme souvent en repensant à l'allaitement, au retour à la maison, ... "Il mesure ***, il pèse *** et ... il est normal". J'ai juste répondu, avec un sourire et en la prenant dans mes bras : "Eh oui... les pauvres ! Tout le monde n'a pas notre chance." Bien sur je ne souhaite à aucun enfant d'être handicapé, mais quelle tristesse pour ces 99% de parents à qui on annonce un handicap et qui décident d'avorter ! Quel malheur ! Quel gâchis ! Je bénis le Seigneur de nous avoir confié Thomas alors même qu'avant d'être père et peut-être avant d'avoir la foi, ma plus grande angoisse était d'avoir un enfant handicapé. Merci Seigneur !!!

Re: Eugénisme et dépistage prénatal

par Christophe » jeu. 28 mai 2009, 19:32

Merci Pneumatis pour ce témoignage qui est à la fois très fort... mais qui corrobore en même temps celui de la plupart les parents d'enfants atteints de handicap, qui vivent comme une grâce l'état de leur enfant. Notre société eugénique finit par oublier ce qu'est le handicap, et seul ce genre de témoignage peut faire comprendre que ce n'est pas "la fin du monde", même si ce n'est certainement pas facile tous les jours.

Que Dieu bénisse votre famille.
Christophe

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