par Diahloquèt » sam. 12 sept. 2009, 19:21
Bonjour Aldous !
En effet, la "marche sur les eaux", isolée de son contexte, pourrait ne représenter qu'une manifestation spectaculaire et gratuite de pouvoir "magique" : pourquoi pas alors "voler au-dessus de la mer" !
--- Le contexte de la "marche sur les eaux", c'est ... la Bible tout entière ! C'est la mise en résonance des passages les uns avec les autres qui, souvent, permet d'accéder au sens.
Dans la Bible, la mer est le symbole des eaux primordiales, de "l'inconnu inconnaissable" donc effrayant et impossible à maîtriser, et, par voie de conséquence, le lieu symbolique des puissances du mal, de la mort. C'est -évidemment- le lieu où les tempêtes se déchaînent, le lieu où l'on est submergé -de souffrance, d'angoisse, de frayeur, d'impuissance...-, où on perd pied, on coule, on se noie... [et, déjà, à travers ces expressions, on perçoit une partie du sens que peut avoir "marcher sur les eaux"]
La mer représente donc un obstacle redoutable et presque infranchissable. C'est le premier qu'affrontent les Hébreux, après la sortie de l'esclavage => on peut dire que c'est le premier qu'affronte tout homme en marche vers la liberté... Et c'est l'occasion -pour les Hébreux et pour tout homme- d'une frayeur si grande qu'elle suscite le regret de la pourtant bien misérable condition d'esclave... Mais c'est aussi l'occasion pour D.ieu de manifester avec éclat sa puissance et son soutien indéfectible : alors que chevaux et cavaliers égyptiens sont engloutis par les flots (= les puissances du mal retournent aux puissances du mal), "Les fils d'Israël pénètrent au milieu de la mer à pied sec" et alors "Le peuple craignit le Seigneur et mit sa foi dans le Seigneur" (Exode 14).
La "mer passée à pied sec" est un évènement fondateur de la foi en D.ieu.
La "marche sur les eaux" (... à pied mouillé !!) le dépasse en ce sens qu'il n'y a là même plus besoin d'ouvrir la mer -- d'écarter les difficultés, et qu'il n'est pas non plus question de les nier = Matthieu et Marc insistent bien sur les vagues et le vent contraire, ainsi que Jean (6.16-21) "Un grand vent soufflait et la mer était houleuse".
Le plus important n'est pas encore que Jésus marche sur la mer dans ces conditions, il est dans la suite, avec Pierre.
"Seigneur, si c'est bien toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux !" ... Un magicien, ou un potentat, aurait répliqué : "Pas question, c'est mon secret, mon pouvoir à moi tout seul, je me le garde !"...!!!
Là, tout simplement : "Viens !"...
Et c'est là que la marche sur les eaux déploie son sens...
Lors du premier passage de la mer, lors de la confrontation initiale avec la liberté, nous avons besoin que D.ieu "fasse le passage", ouvre le chemin : acteur principal et "guide fort" (Ex.15) ; mais nous sommes destinés, "en grandissant", à marcher sur la mer, même déchaînée...
A condition > d'en exprimer le désir (et même un désir motivé par un manque de foi !... c'est réconfortant, non ?!) >> de "sortir de la barque"... et >>> de se jetter à l'eau !
Oh ! ce n'est tout de même pas aussi simple que cela le semble pour Jésus !...
Parce que, bien sûr, "en voyant que le vent est fort", nous avons peur et, "hommes de peu de foi", nous buvons souvent la tasse...!! ... sans gravité si... "Seigneur, au secours !"... et "aussitôt, Jésus étend la main et ..."...
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Marcher sur la mer, marcher sur les eaux... c'est, finalement, le miracle ordinaire auquel nous sommes destinés...!
Moïse nous dit : "N'ayez pas peur ! Tenez bon ! Et voyez le salut que le Seigneur réalisera pour vous aujourd'hui." (Ex.14.13)
Jésus nous dit : "Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur !" (Mt14.27 & Mc6.50)
-------------------------------------------
Voilà, Aldous...
Ce n'est qu'une ébauche de réponse : il faudrait encore relier la "Marche sur les eaux" à d'autres chapitres de l'Exode, au Livre de Josué avec le Guilgal, au Livre de Jonas, à l'épisode de "l'esprit impur nommé Légion" (Mc 5, Lc 8, Mt 8), etc... ; comparer dans le détail les relations de Matthieu, Marc et Jean ; en analyser les chapitres et évènements voisins ; considérer précisément les émotions, les gestes, les paroles... ; approfondir l'importance de l'acte de "marcher", ses présupposés et ses implications (et il y a ... toute la Bible à traverser !) ; et ... méditer... ...
Autant dire une lecture inépuisable... et toujours nouvelle... !
---mais non, ce n'est pas l'affaire de "connaisseurs", mais de quiconque "cherche" et "demande" (Luc11.10) : "la Parole n'est pas trop difficile pour toi, elle n'est pas hors d'atteinte, elle est toute proche de toi, dans ta bouche et dans ton coeur (Dt 30.11...14) et "cela est caché aux sages et aux intelligents et révélé aux tout-petits" (Luc10.21)... ... ...
Bonjour Aldous !
En effet, la "marche sur les eaux", isolée de son contexte, pourrait ne représenter qu'une manifestation spectaculaire et gratuite de pouvoir "magique" : pourquoi pas alors [i]"voler au-dessus de la mer"[/i] !
--- Le contexte de la "marche sur les eaux", c'est ... la Bible tout entière ! C'est la mise en résonance des passages les uns avec les autres qui, souvent, permet d'accéder au sens.
Dans la Bible, la mer est le symbole des eaux primordiales, de "l'inconnu inconnaissable" donc effrayant et impossible à maîtriser, et, par voie de conséquence, le lieu symbolique des puissances du mal, de la mort. C'est -évidemment- le lieu où [i]les tempêtes se déchaînent[/i], le lieu où l'on est [i]submergé[/i] -de souffrance, d'angoisse, de frayeur, d'impuissance...-, où [i]on perd pied, on coule, on se noie[/i]... [et, déjà, à travers ces expressions, on perçoit une partie du sens que peut avoir "marcher sur les eaux"]
La mer représente donc un obstacle redoutable et presque infranchissable. C'est le premier qu'affrontent les Hébreux, après la sortie de l'esclavage => on peut dire que c'est le premier qu'affronte tout homme en marche vers la liberté... Et c'est l'occasion -pour les Hébreux et pour tout homme- d'une frayeur si grande qu'elle suscite le regret de la pourtant bien misérable condition d'esclave... Mais c'est aussi l'occasion pour D.ieu de manifester avec éclat sa puissance et son soutien indéfectible : alors que chevaux et cavaliers égyptiens sont engloutis par les flots (= les puissances du mal retournent aux puissances du mal), "Les fils d'Israël pénètrent au milieu de la mer à pied sec" et alors "Le peuple craignit le Seigneur et mit sa foi dans le Seigneur" [size=85](Exode 14).[/size]
La [b]"mer passée à pied sec"[/b] est un évènement fondateur de la foi en D.ieu.
La [b]"marche sur les eaux"[/b] (... à pied mouillé !!) le dépasse en ce sens qu'il n'y a là même plus besoin d'ouvrir la mer -- d'écarter les difficultés, et qu'il n'est pas non plus question de les nier = Matthieu et Marc insistent bien sur les vagues et le vent contraire, ainsi que Jean [size=85](6.16-21)[/size] "Un grand vent soufflait et la mer était houleuse".
Le plus important n'est pas encore que Jésus marche sur la mer dans ces conditions, il est dans la suite, avec Pierre.
"Seigneur, si c'est bien toi, ordonne que j'aille vers toi sur les eaux !" ... Un magicien, ou un potentat, aurait répliqué : "Pas question, c'est mon secret, mon pouvoir à moi tout seul, je me le garde !"...!!!
Là, tout simplement :[b] "Viens !"...[/b]
Et c'est là que la marche sur les eaux déploie son sens...
Lors du premier passage de la mer, lors de la confrontation initiale avec la liberté, nous avons besoin que D.ieu "fasse le passage", ouvre le chemin : acteur principal et "guide fort" [size=85](Ex.15) [/size]; mais nous sommes destinés, "en grandissant", à marcher sur la mer, même déchaînée...
A condition > d'en exprimer le désir [size=85](et même un désir motivé par un manque de foi !... c'est réconfortant, non ?!)[/size] >> de [b]"sortir de la barque"[/b]... et >>> de [i]se jetter à l'eau[/i] !
Oh ! ce n'est tout de même pas aussi simple que cela le semble pour Jésus !...
Parce que, bien sûr, "en voyant que le vent est fort", nous avons peur et, "hommes de peu de foi", nous buvons souvent la tasse...!! ... sans gravité si... "Seigneur, au secours !"... et "aussitôt, Jésus étend la main et ..."...
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[b]Marcher sur la mer, marcher sur les eaux... c'est, finalement, le miracle ordinaire auquel nous sommes destinés...!
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Moïse nous dit : "[b]N'ayez pas peur ! Tenez bon ![/b] [b]Et voyez le salut que le Seigneur réalisera pour vous aujourd'hui."[/b] [size=85](Ex.14.13)[/size]
Jésus nous dit : "[b]Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur ![/b]" [size=85](Mt14.27 & Mc6.50)[/size]
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Voilà, Aldous...
Ce n'est qu'une ébauche de réponse : il faudrait encore relier la "Marche sur les eaux" à d'autres chapitres de l'Exode, au Livre de Josué avec le Guilgal, au Livre de Jonas, à l'épisode de "l'esprit impur nommé Légion" [size=85](Mc 5, Lc 8, Mt 8)[/size], etc... ; comparer dans le détail les relations de Matthieu, Marc et Jean ; en analyser les chapitres et évènements voisins ; considérer précisément les émotions, les gestes, les paroles... ; approfondir l'importance de l'acte de "marcher", ses présupposés et ses implications (et il y a ... toute la Bible à traverser !) ; et ... méditer... ...
Autant dire une lecture inépuisable... et toujours nouvelle... !
---mais non, ce n'est pas l'affaire de "connaisseurs", mais de quiconque "cherche" et "demande" [size=85](Luc11.10)[/size] : "la Parole n'est pas trop difficile pour toi, elle n'est pas hors d'atteinte, elle est toute proche de toi, dans ta bouche et dans ton coeur [size=85](Dt 30.11...14)[/size] et "cela est caché aux sages et aux intelligents et révélé aux tout-petits" [size=85](Luc10.21)[/size]... ... ...