par Pneumatis » ven. 09 oct. 2009, 13:01
Bon, je passe très rapidement : la discussion sur le fait de débattre de certains point de la DSE pour la faire évoluer est une discussion difficile et qui ne s'aborde pas en cinq minutes. Elle demande de savoir d'abord qui est qualifié pour le faire. Ensuite je trouve un peu délicat de sous-entendre, même si ce n'est pas l'intention, que la DSE ne s'appliquerait qu'à une partie de la population et pas à une autre. Mais c'est difficile et compliqué. Je suis d'accord pour ne pas jouer le fidéisme aveugle, mais bizarrement cet enseignement de charité et d'universalité qui s'exprime sur la question de l'immigration me semble justement dépasser les notions conjoncturelles : elle applique des principes non négociables sur le respect de la dignité humaine. Après, cas par cas, c'est vrai...
Suite à ce que dis MB, je le redis ici : je crois qu'on inverse les responsabilités. Le communautarisme est avant tout organisé par la société qui accueille les immigrés, pas par les immigrés eux-même. Bien sur il y a des effets de regroupement liés à la culture d'origine, bien sur il y a des phénomènes d'exacerbation identitaire, mais c'est justement assez évident pour qu'on ne tombe pas systématiquement dans le panneau et qu'on se donne les moyens d'une intégration qui tient compte de ces éléments. L'échec dont vous parlez ici, cher MB, c'est celui de l'intégration, donc celui de la société qui accueille les immigrés en grande partie.
Un étranger frappe à votre porte, vous lui ouvrez froidement et lui indiquez qu'il peut rentrer mais qu'il reste aux chiottes de son côté. Et après que cela ait créé les conflits évidemment attendus, vous vous direz : "en fait je n'aurai pas du le laisser rentrer" ? Je suis d'accord du fait que là on parle de flux de population massifs. Ca rend les choses plus compliqué, mais ça ne change pas la logique du propos. Justement, une immigration ça se régule, ça s'organise, en fonction des possibilités d'intégration. Mais quand la personne est là et bien là, vous ne lui offrez pas un placard en lui demandant de faire ses preuves avant de pouvoir atteindre la cuisine.
La réalité n'est pas tellement matérielle, et mon analogie tendrait à trop mettre l'accent sur le matériel. Quand je faisais mes études de psychologie, ma prof de psychologie clinique nous a parlé un peu de la haine des cités et de sa source. Sa source c'est le non respect de l'identité de l'autre, la négation de sa légitimité. C'est surtout, pour ce qui est du problème musulman, le gros malaise de l'après Algérie, qui a fait des français vivant en Algérie des parias dans le pays qu'ils avaient adoptés et où il s'étaient fixés, et des algériens venu en France des rebelles à l'autorité française.
J'ai passé toute mon enfance, jusqu'à 14 ans, en Seine Saint-Denis (93), à Montfermeil, à deux pas de la cité des Bosquets. On a surtout parlé au moment ou B. Tapis était ministre de la ville qui a voulu s'attaquer à ce problème. Elle était dite si dangereuse que la police n'osait pas s'y aventurer. Drogues, viols, agressions, ... La réalité faisait la concurrence au mythe. C'est encore la réalité, si j'en crois ce que je lis sur Internet. Inutile de vous dire que ceux qui vivaient dans cette cité (et probablement encore aujourd'hui) représentaient des minorités ethniques. La moitié des enfants de cette cité étaient dans le même collège que moi, et l'autre moitié zonait dans la cité sans espoir d'éducation ou de sortie de ce ghetto. Je m'y suis fait agressé deux fois, dépouillé de toutes mes affaires, à 14 ans, menacé par des enfants d'une dizaine d'années, armés de couteaux et bombes lacrymogènes. Je m'y suis fait volé un scooter (alors que j'étais assis dessus, il faut préciser). Quant à l'école, il ne se passait pas une semaine sans qu'il y ait des "bastons", et bien sur j'y ai reçu ma part de coups. J'étais plutôt du genre discret, mais aussi plutôt du genre français, petit et assez frêle, donc une victime idéale.
Je peux vous dire une chose : un ghetto ça s'improvise très bien. C'est le contraire du ghetto qui ne s'improvise pas : l'intégration. Je peux reprocher à ses gens la violence, mais on ne peut pas reprocher aux enfants d'être obligé de grandir dedans, de ne pas être accueillis et pris en charge dignement par l'état qui les accepte sur son territoire. Vous direz, il n'y a qu'à pas les accepter. Moi je dis qu'il n'y a qu'à faire un véritable effort d'accueil, pas à moitié, pas faire semblant juste pour laisser faire. Accueillir, c'est ouvrir la porte, c'est se présenter, c'est offrir une place à table, un lit pour dormir, ... Ca peut couter beaucoup, faire beaucoup de sacrifices, mais je suis convaincu, en mon âme et conscience, que c'est cet effort que le Seigneur nous demande, et pas de faire barrage à la frontière ou de faire le videur.
Bon, désolé je déborde sur le temps qui m'étais imparti, je ne prends pas le temps de me relire, ce qui me gêne un peu parce que je sens que j'ai laissé parlé plus d'émotion que d'habitude dans ce que j'ai dit. Si cela vous semble incohérent, n'hésitez pas à me dire. Je vous laisse aussi rapidement une petite illustration :
Bon, je passe très rapidement : la discussion sur le fait de débattre de certains point de la DSE pour la faire évoluer est une discussion difficile et qui ne s'aborde pas en cinq minutes. Elle demande de savoir d'abord qui est qualifié pour le faire. Ensuite je trouve un peu délicat de sous-entendre, même si ce n'est pas l'intention, que la DSE ne s'appliquerait qu'à une partie de la population et pas à une autre. Mais c'est difficile et compliqué. Je suis d'accord pour ne pas jouer le fidéisme aveugle, mais bizarrement cet enseignement de charité et d'universalité qui s'exprime sur la question de l'immigration me semble justement dépasser les notions conjoncturelles : elle applique des principes non négociables sur le respect de la dignité humaine. Après, cas par cas, c'est vrai...
Suite à ce que dis MB, je le redis ici : je crois qu'on inverse les responsabilités. Le communautarisme est avant tout organisé par la société qui accueille les immigrés, pas par les immigrés eux-même. Bien sur il y a des effets de regroupement liés à la culture d'origine, bien sur il y a des phénomènes d'exacerbation identitaire, mais c'est justement assez évident pour qu'on ne tombe pas systématiquement dans le panneau et qu'on se donne les moyens d'une intégration qui tient compte de ces éléments. L'échec dont vous parlez ici, cher MB, c'est celui de l'intégration, donc celui de la société qui accueille les immigrés en grande partie.
Un étranger frappe à votre porte, vous lui ouvrez froidement et lui indiquez qu'il peut rentrer mais qu'il reste aux chiottes de son côté. Et après que cela ait créé les conflits évidemment attendus, vous vous direz : "en fait je n'aurai pas du le laisser rentrer" ? Je suis d'accord du fait que là on parle de flux de population massifs. Ca rend les choses plus compliqué, mais ça ne change pas la logique du propos. Justement, une immigration ça se régule, ça s'organise, en fonction des possibilités d'intégration. Mais quand la personne est là et bien là, vous ne lui offrez pas un placard en lui demandant de faire ses preuves avant de pouvoir atteindre la cuisine.
La réalité n'est pas tellement matérielle, et mon analogie tendrait à trop mettre l'accent sur le matériel. Quand je faisais mes études de psychologie, ma prof de psychologie clinique nous a parlé un peu de la haine des cités et de sa source. Sa source c'est le non respect de l'identité de l'autre, la négation de sa légitimité. C'est surtout, pour ce qui est du problème musulman, le gros malaise de l'après Algérie, qui a fait des français vivant en Algérie des parias dans le pays qu'ils avaient adoptés et où il s'étaient fixés, et des algériens venu en France des rebelles à l'autorité française.
J'ai passé toute mon enfance, jusqu'à 14 ans, en Seine Saint-Denis (93), à Montfermeil, à deux pas de la cité des Bosquets. On a surtout parlé au moment ou B. Tapis était ministre de la ville qui a voulu s'attaquer à ce problème. Elle était dite si dangereuse que la police n'osait pas s'y aventurer. Drogues, viols, agressions, ... La réalité faisait la concurrence au mythe. C'est encore la réalité, si j'en crois ce que je lis sur Internet. Inutile de vous dire que ceux qui vivaient dans cette cité (et probablement encore aujourd'hui) représentaient des minorités ethniques. La moitié des enfants de cette cité étaient dans le même collège que moi, et l'autre moitié zonait dans la cité sans espoir d'éducation ou de sortie de ce ghetto. Je m'y suis fait agressé deux fois, dépouillé de toutes mes affaires, à 14 ans, menacé par des enfants d'une dizaine d'années, armés de couteaux et bombes lacrymogènes. Je m'y suis fait volé un scooter (alors que j'étais assis dessus, il faut préciser). Quant à l'école, il ne se passait pas une semaine sans qu'il y ait des "bastons", et bien sur j'y ai reçu ma part de coups. J'étais plutôt du genre discret, mais aussi plutôt du genre français, petit et assez frêle, donc une victime idéale.
Je peux vous dire une chose : un ghetto ça s'improvise très bien. C'est le contraire du ghetto qui ne s'improvise pas : l'intégration. Je peux reprocher à ses gens la violence, mais on ne peut pas reprocher aux enfants d'être obligé de grandir dedans, de ne pas être accueillis et pris en charge dignement par l'état qui les accepte sur son territoire. Vous direz, il n'y a qu'à pas les accepter. Moi je dis qu'il n'y a qu'à faire un véritable effort d'accueil, pas à moitié, pas faire semblant juste pour laisser faire. Accueillir, c'est ouvrir la porte, c'est se présenter, c'est offrir une place à table, un lit pour dormir, ... Ca peut couter beaucoup, faire beaucoup de sacrifices, mais je suis convaincu, en mon âme et conscience, que c'est cet effort que le Seigneur nous demande, et pas de faire barrage à la frontière ou de faire le videur.
Bon, désolé je déborde sur le temps qui m'étais imparti, je ne prends pas le temps de me relire, ce qui me gêne un peu parce que je sens que j'ai laissé parlé plus d'émotion que d'habitude dans ce que j'ai dit. Si cela vous semble incohérent, n'hésitez pas à me dire. Je vous laisse aussi rapidement une petite illustration :
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