par MB » sam. 10 oct. 2009, 0:42
Bonsoir
Plusieurs facteurs concomitants :
- des divergences théologiques réelles, doublées de problèmes de rite (le Filioque, l'usage des pains azymes, etc.)
- un point de fond sur la question de la primauté de l'évêque de Rome
- un problème de compétence : à ce moment-là, les Normands sont en train de conquérir le Sud de l'Italie aux Byzantins (Bari est leur point de repli, qui tombe en 1071) ; qui sera donc habilité à faire suivre le "bon" rite aux populations nouvellement dominées ? premier enjeu des discussions
- des problèmes de personnalité : tant les légats du pape que le patriarche de Constantinople sont des fortes personnalités, et portées à la dispute ;
- un problème politique : l'empereur Constantin Monomaque a intérêt à être allié de Rome (en raison de l'affaire normande, entre autres), mais le patriarche est de tempérament très indépendant et cherche à se démarquer de lui.
En gros, c'est un ensemble d'entrevues entre ces légats et le patriarche qui a tourné à l'aigre (querelles théologiques, puis disputes, enfin insultes), au bout de quoi les deux parties se sont excommuniées mutuellement - 16 et 24 juillet de cette année).
Cela dit, l'événement n'a pas été si important que cela, sur le moment. Du reste, l'anathème des Byzantins ne visait pas le pape. Ce sont les deux parties qui se sont de plus en plus séparées à partir de ce moment-là, et l'histoire politique a fait le reste (exploitation de Constantinople par les Vénitiens au 12ème s. ; sac de la ville par les Croisés - eux-mêmes cordialement méprisés comme Occidentaux barbares - en 1204 ; raids des Normands, compagnies aragonaises ; etc. bref la haine entre les deux camps s'est creusée, au point que peu de temps avant la chute finale de l'Empire, alors que la frontière avec les Ottomans était juste à quelques dizaines de kilomètres de la ville, la foule byzantine elle-même rejetait l'ultime tentative de réconciliation qui venait d'être faite ("mieux vaut le turban du Turc que la tiare du Pape").
Voilà !
MB
Bonsoir
Plusieurs facteurs concomitants :
- des divergences théologiques réelles, doublées de problèmes de rite (le Filioque, l'usage des pains azymes, etc.)
- un point de fond sur la question de la primauté de l'évêque de Rome
- un problème de compétence : à ce moment-là, les Normands sont en train de conquérir le Sud de l'Italie aux Byzantins (Bari est leur point de repli, qui tombe en 1071) ; qui sera donc habilité à faire suivre le "bon" rite aux populations nouvellement dominées ? premier enjeu des discussions
- des problèmes de personnalité : tant les légats du pape que le patriarche de Constantinople sont des fortes personnalités, et portées à la dispute ;
- un problème politique : l'empereur Constantin Monomaque a intérêt à être allié de Rome (en raison de l'affaire normande, entre autres), mais le patriarche est de tempérament très indépendant et cherche à se démarquer de lui.
En gros, c'est un ensemble d'entrevues entre ces légats et le patriarche qui a tourné à l'aigre (querelles théologiques, puis disputes, enfin insultes), au bout de quoi les deux parties se sont excommuniées mutuellement - 16 et 24 juillet de cette année).
Cela dit, l'événement n'a pas été si important que cela, sur le moment. Du reste, l'anathème des Byzantins ne visait pas le pape. Ce sont les deux parties qui se sont de plus en plus séparées à partir de ce moment-là, et l'histoire politique a fait le reste (exploitation de Constantinople par les Vénitiens au 12ème s. ; sac de la ville par les Croisés - eux-mêmes cordialement méprisés comme Occidentaux barbares - en 1204 ; raids des Normands, compagnies aragonaises ; etc. bref la haine entre les deux camps s'est creusée, au point que peu de temps avant la chute finale de l'Empire, alors que la frontière avec les Ottomans était juste à quelques dizaines de kilomètres de la ville, la foule byzantine elle-même rejetait l'ultime tentative de réconciliation qui venait d'être faite ("mieux vaut le turban du Turc que la tiare du Pape").
Voilà !
MB