Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

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Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par philémon.siclone » dim. 18 juil. 2010, 22:07

Griffon a écrit :[
Comment dire...
Votre message est loin, bien loin de la Vérité !

La Vérité est inspirée par l'Esprit, et porte la marque de son auteur.
Par contre les fruits de l’Esprit sont : amour, joie, paix, largeur d’esprit, générosité, bonté, foi, douceur, maîtrise de soi.

Bref votre pensée. Une pensée bien humaine. Bassement humaine.
Car "vos pensées, ne sont pas mes pensées, et mes voies ne sont pas vos voies" dit Dieu.

Par contre, touriste, prenez garde !
Car c'est à la façon que nous jugeons les autres (avec mépris !), que nous serons nous-mêmes jugés.

Griffon.
Il ne s'agit pas de juger, et personne ne parle de cela ! Il s'agit seulement de ne pas être dupe.

Lorsqu'un évêque nie publiquement la Résurrection du Christ, la transsubstantiation, ou encore la vocation sacerdotale, comment faire confiance ? Ne soyons pas des béni-oui-oui. Nous avons une tête pour réfléchir. Nous n'avons pas vocation à être des robots, ni des idiots.

De plus, nous savons tous très bien qu'il existe une grave crise interne dans l'Eglise depuis 40 ans, où certains remettent en cause les vérités de la Foi, ainsi que la Liturgie de l'Eglise. Tout le monde le sait. Arrêtons de jouer les innocents. L'innocence : ça n'existe pas ! Nous ne vivons pas dans "L'Île aux enfants", avec Casimir et Mr. Snob ! Nous sommes sur terre, et adultes. Nous voyons bien ce qui se passe. Nous avons des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, une cervelle pour réfléchir.

Que les prêtres et évêques soient humains, c'est une chose entendue, et d'un point de vue humain, il est évident que nous n'avons pas le droit de les juger. D'ailleurs, encore une fois, personne ne parle de cela !

Mais plutôt, il s'agit d'abord et avant tout de l'enseignement de la foi, et du respect de la liturgie. Si un prêtre dit ne pas croire dans l'eucharistie, par exemple, ce n'est pas l'humain qui est en cause ici, mais uniquement l'enseignement de la foi. S'il n'y croit pas, dans son for intérieur, c'est une chose qui à la limite ne nous concerne pas directement. Nous sommes tous humains, avec nos faiblesses. Il peut arriver à tout le monde de douter, et c'est normal. Mais s'il enseigne publiquement aux fidèles de ne pas y croire, là, c'est complètement autre chose. Et dans ce cas-là, dans ce cas bien précis (un prêtre ou un évêque qui ENSEIGNE des choses contraires à l'enseignement de l'Eglise), alors le catholique a pour devoir de ne pas suivre.

Le catholique n'est pas un adepte qui suit aveuglément un gourou, quels que soient les enseignements de ce gourou. Le catholique est d'abord et avant tout fidèle à la Foi de l'Eglise.

Par exemple, si votre évêque (ou votre curé) vous conseille de vous jeter dans la Seine, ou de vous pendre, le ferez-vous ?

Donc : il ne s'agit pas de mépriser ou haïr qui que ce soit. Simplement nous savons qu'il y a une crise du modernisme dans l'Eglise, où certains soutiennent des enseignements contraires aux vérités de la Foi catholique, nous savons que ce problème existe. Par conséquent il est normal de se tenir sur ses gardes.

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par jean_droit » dim. 18 juil. 2010, 20:09

Il y a des bons évêques, des évêques moyens et des mauvais évêques.
Chez un évêque il y a des bons côtés et des mauvais côtés.
La belle histoire !

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par Griffon » dim. 18 juil. 2010, 8:26

Charles a écrit :Quand les évêques sont défaillant, il n'y a aucune raison de ne pas le dire. Et le problème de l'Eglise française aujourd'hui est qu'elle a une tripotée d'évêques défaillants. Les évêques à la hauteur de la charge sont minoritaires. L'immense majorité comprend l'épiscopat comme de l'accompagnement en phase terminale, il s'agit de regarder l'Eglise de France mourir et en se taisant. La cause en est que la nomination des évêques français est beaucoup trop politique. Jamais Mgr Rey, Mgr d'Ornellas ou Mgr Cattenoz ne pourraient devenir archevêque de Paris. Pourquoi ? Parce que le régime impose que l'archevêque de Paris soit consensuel, pour ne pas dire "aux ordres", qu'il se taise et ne fasse pas de vagues. Quand des catholiques se font entendre, l'archevêque de Paris les insulte : voir ses déclarations sur la Marche pour la vie, une véritable gifle pour ceux qui ont le courage de se déclarer pour le Christ en public.

Il n'y a aucun motif de ne pas s'exprimer, l'obéissance ne signifie pas l'aveuglement. J'ai déjà vécu dans des paroisses dont les curés avaient manifestement perdu la foi, et même tentaient (et y réussissait) d'achever le catholicisme de ces paroisse, je ne leur devais aucune obéissance.
Comment dire...
Votre message est loin, bien loin de la Vérité !

La Vérité est inspirée par l'Esprit, et porte la marque de son auteur.
Par contre les fruits de l’Esprit sont : amour, joie, paix, largeur d’esprit, générosité, bonté, foi, douceur, maîtrise de soi.

Bref votre pensée. Une pensée bien humaine. Bassement humaine.
Car "vos pensées, ne sont pas mes pensées, et mes voies ne sont pas vos voies" dit Dieu.

Par contre, prenez garde !
Car c'est à la façon que nous jugeons les autres (avec mépris !), que nous serons nous-mêmes jugés.

Griffon.

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par Un catholique » sam. 17 juil. 2010, 15:18

Pneumatis a écrit :Tenez, je viens de lire ce touchant appel de Mgr Noyer à ses frères évêques, daté du 25 juin dernier. Certains le trouveront peut-être mal venu, mais il a le mérite de poser clairement la question que nous nous posons ici, mais un étage au-dessus. Il lance un peu le même cri que l'on entend dans cette discussion, mais à Rome et au collège des évêques. Comme lorsqu'on s'en prend à un évêque, ici ce cri lancé quelque part à la face de Benoit XVI lui-même me met un peu mal à l'aise, mais je crois qu'il faut l'entendre sans préjuger de l'amour et de la bienveillance de cet évêque pour le successeur de Pierre, au contraire.
:arrow: http://www.temoignagechretien.fr/articl ... TORIALES=1
Mgr Noyer a écrit :Je voudrais dire ici qu’on aimerait recevoir d’en haut autre chose que des invitations spirituelles, par ailleurs fort utiles. Y a-t-il quelqu’un pour donner une vraie orientation à cette Église qui s’essouffle ? Lorsque le Concile avait mobilisé l’Église pour partager avec le monde la Bonne Nouvelle de Jésus, l’enthousiasme s’était levé.

Rome affirme que rien ne changera, que la théologie a montré la perfection de l’Égli­se d’hier, que nos difficultés viennent de nos propres innovations. On encourage tous les nostalgiques d’hier. Dans les diocèses, comment relever ce défi quand Rome paralyse toute réponse un peu audacieuse. Les évêques comme les curés savent que leurs initiatives auraient besoin d’être soutenues par la confiance de l’Église.

Le Concile a affirmé la responsabilité collégiale des évêques. Frères évêques, notre attachement légitime à la communion que préside le successeur de Pierre ne demande pas notre silence obéissant. Il ne nous retire pas cette responsabilité de conduire nos églises particulières mais aussi l’Église Universelle selon les exigences de la mission.

On ne peut se contenter de colmater les brèches en espérant un miracle. Il ne suffit pas de sombrer, capitaine courageux, dans l’obéissance et avec les félicitations de l’amirauté. Nous ne commandons pas le Titanic mais la barque du Christ. L’Esprit Saint ne nous a pas été donné pour que nous attendions des ordres qui ne viennent pas. Combien de suicides faudra-t-il pour que quelqu’un saisisse le gouvernail ?
Ceci m'amène immédiatement à comprendre que le coeur du problème que nous soulevons ici, c'est le manque d'unité et de coordination dans l'Eglise, plus que les faits individuels des uns et des autres. C'est une autre manifestation de la division, même si cela n'a rien d'un conflit, l'isolement des différentes pastorales est un symptôme d'une forme de division. Nous voyons là le cafouillage dont je parlais. Profonde restructuration de la Mission avec un grand "M", qui se heurte un peu à un peu de désorientation, du trac de la page blanche, ... J'ai l'impression qu'après Vatican II, tout le monde (ou presque) est sorti ravi et plein d'enthousiasme, puis rentré dans son chez-soi, s'est demandé : bon, c'est pas tout ça, mais concrètement comment je fais, moi, maintenant ? Ca me fait souvent ça quand je sors d'une réunion de travail ! :) Voyons y les 40 ans de purification au désert avant le grand départ pour la nouvelle évangélisation, et encore une fois "hauts les coeurs !"
Pneumatis, croyez bien que je lis vos messages avec le plus grand intérêt, mais pourquoi donc occultez-vous le début de celui-ci qui nous dit très explicitement qu'il est rédigé à la suite du suicide d'un prêtre ?

Pourquoi cachez-vous qu'une des causes de ce suicide a été identifiée par Mgr Noyer :
Plusieurs fois ce prêtre avait dénoncé l’impossibilité de continuer une politique pastorale sans vraie perspective. Il n’y a pas si longtemps on lui avait demandé de quitter une paroisse où il avait déjà montré toute sa mesure : il m’avait dit sa peur de voir tout s’effondrer derrière lui. Exprimant son appel au secours, il me mettait en garde : si rien n’est fait nous serons plusieurs à craquer ! Je n’imaginais pas le contenu concret de cette menace.
Eh oui, il n'imaginait pas !
Quand donc nos évêques arrêteront-ils de muter les prêtres sans discernement.
Quand donc cesseront-ils d'appliquer cet imbécile rotation déconseillée par le droit canon.
Quand donc arrêteront-ils de jouer aux technocrates.
Oui, vos difficultés viennent de vos propres innovations ni voulues ni agréées.
On ne joue pas les apprentis sorciers avec la Parole du Seigneur et ses enseignements.

Cet exemple ne suffit-il à Mgr Nourrichard pour Thiberville ?

Sur votre message, qu'avez-vous à emboîter le pas d'une dénonciation de notre Saint Père qui n'en peut mais ?
Ce n'est pas une affaire d'unité et de coordination, c'est devoir arrêter les fautes gravissimes.
Et d'ailleurs pour avoir les félicitations de l'Amirauté, encore faudrait-il qu'ils lui obéissent alors qu'ils font systématiquement le contraire, reprendrez-vous un peu de Motu proprio Mgr ? oh que non !

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par Charles » mer. 14 juil. 2010, 2:48

Quand les évêques sont défaillant, il n'y a aucune raison de ne pas le dire. Et le problème de l'Eglise française aujourd'hui est qu'elle a une tripotée d'évêques défaillants. Les évêques à la hauteur de la charge sont minoritaires. L'immense majorité comprend l'épiscopat comme de l'accompagnement en phase terminale, il s'agit de regarder l'Eglise de France mourir et en se taisant. La cause en est que la nomination des évêques français est beaucoup trop politique. Jamais Mgr Rey, Mgr d'Ornellas ou Mgr Cattenoz ne pourraient devenir archevêque de Paris. Pourquoi ? Parce que le régime impose que l'archevêque de Paris soit consensuel, pour ne pas dire "aux ordres", qu'il se taise et ne fasse pas de vagues. Quand des catholiques se font entendre, l'archevêque de Paris les insulte : voir ses déclarations sur la Marche pour la vie, une véritable gifle pour ceux qui ont le courage de se déclarer pour le Christ en public.

Il n'y a aucun motif de ne pas s'exprimer, l'obéissance ne signifie pas l'aveuglement. J'ai déjà vécu dans des paroisses dont les curés avaient manifestement perdu la foi, et même tentaient (et y réussissait) d'achever le catholicisme de ces paroisse, je ne leur devais aucune obéissance.

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par Manu metalleux catho » ven. 09 juil. 2010, 15:00

Merci Pneumatis pour ce fil de discussion!

Une fois de plus, je retrouve dans vos commentaires des idées proches des miennes, mieux exprimées et plus nuancées que si je les avais moi-même formulées.

J'aimerais ajouter que ce qui me parait inquiétant, ce n'est pas seulement le contenu "tradi" ou "progressiste" des positions des uns et des autres, mais la polarisation croissante de beaucoup de catholiques. On peut regretter les positions de tel ou tel évêques ou tel ou tel héritage de Vatican II, mais je trouve qu'il y a chez les mouvements que vous citez une tendance à imiter les tactiques des mouvements de défense des minorités féministes, homosexuels, etc. qui les conduit à reproduire certains des travers de ses derniers (généralisations, caricature des positions divergentes, une certaine préférence donnée aux initiatives spectaculaires et médiatiques plutôt qu'au dialogue...) , et à alimenter la confusion et la polémique dans l'Eglise, bien loin de leur intention initiale qui est, je n'en doute pas, de redonner ses droits à la Vérité et de clarifier le chemin vers celle-ci.

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par Pneumatis » ven. 09 juil. 2010, 14:01

Bonjour,

Je voulais m'excuser de n'avoir pas poursuivi cette passionnante discussion, mais tandis qu'elle avançait, je préparais en parallèle la rencontre V.I.P. à venir avec le Père Hubert Vallet, sur le thème "Tradition ou progrès dans l’Eglise : faut-il choisir ?". Les propos que j'aurais été amené à ajouter seraient nécessairement sorti des échanges que j'ai eu avec lui, et je préfère que vous puissiez en débattre directement avec la personne compétente. Nous aurons donc tout loisir de reparler entre autre, de Mgr Noyer à propos duquel M. le curé m'a fait un mini-topo qui se rapproche assez de ce que vous pensez (et qui m'a donc quelque peu libéré la conscience). Mais, stop, je n'en dirais pas plus.

N'hésitez pas à participer à cette grande rencontre samedi à partir de 20h30 : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 91&t=13780

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par philémon.siclone » sam. 03 juil. 2010, 13:02

Pneumatis a écrit : Ceci m'amène immédiatement à comprendre que le coeur du problème que nous soulevons ici, c'est le manque d'unité et de coordination dans l'Eglise, plus que les faits individuels des uns et des autres. C'est une autre manifestation de la division, même si cela n'a rien d'un conflit, l'isolement des différentes pastorales est un symptôme d'une forme de division. Nous voyons là le cafouillage dont je parlais. Profonde restructuration de la Mission avec un grand "M", qui se heurte un peu à un peu de désorientation, du trac de la page blanche, ... J'ai l'impression qu'après Vatican II, tout le monde (ou presque) est sorti ravi et plein d'enthousiasme, puis rentré dans son chez-soi, s'est demandé : bon, c'est pas tout ça, mais concrètement comment je fais, moi, maintenant ? Ca me fait souvent ça quand je sors d'une réunion de travail ! :) Voyons y les 40 ans de purification au désert avant le grand départ pour la nouvelle évangélisation, et encore une fois "hauts les coeurs !"
Pneumatis, j'interprète ce texte de Mgr Noyer dans un sens exactement inverse et y vois plutôt la preuve évidente que nous avons une partie du clergé (dont Noyer fait partie, et semble même en être le noyau...) en qui il est complètement impossible de nous fier. Le texte que vous citez (vraiment je vous remercie, ça nous permet d'y voir encore plus clair) est un pur acte de rébellion contre le pape. Alors que faut-il choisir ? Pour moi le choix est clair. Je trouve votre vision de l'unité un peu trop naïve. Il y a des forces contraires qui sont actuellement à l'oeuvre, et elles n'ont pas l'air du tout d'être conciliables. Il est évident que nous avons deux lectures complètement opposées du concile Vatican II, entre le pape qui insiste sur la continuité de la tradition, et ceux qui, comme Golias, Noyer, & co. l'accusent de "révisionnisme" et de vouloir étouffer dans l'oeuf, à partir d'une compréhension littérale et légaliste selon eux, une lecture trop fidèle au texte aux dépens d'une interprétation par l'esprit (du concile), le dynamisme du renouveau initié voilà 40 ans. Golias l'a dit : vouloir s'en tenir à la lettre du concile, c'est tuer le concile, et Noyer va dans ce sens. Pour ces gens, il ne fallait pas donner de libertés aux traditionnalistes, il fallait continuer à interdire l'ancien missel et à exclure les communautés qui s'en réclament. Au contraire, ils réclament d'aller de l'avant, en reprenant les innovations dans l'esprit du Concile, en allant plus loin, en faisant preuve d'"audace".

On devine facilement ce qu'ils entendent par là : mariage des prêtres, ordination des femmes, reconnaissance du divorce, mariage des homosexuels, plus grand rôle des laïcs (pouvant remplacer le prêtre, en gros), démentellement de la fonction sacerdotale, collégialisation de l'Eglise, donc a terme abolition définitive du sacerdoce, et de toute autorité dans l'Eglise, redéfinition du Dogme : Jésus de l'histoire et Jésus de la Foi, etc., négation de la Résurrection (voir le ballon d'essai de mgr Noyer), négation de la Croix, de l'Incarnation, de la Vierge Marie, etc. Voilà ce qu'ils veulent, et cela s'accorderait d'ailleurs avec toutes leurs prises de position, et autres manifestations qu'on a pu constater ça et là depuis 40 ans.

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par archi » sam. 03 juil. 2010, 11:25

Pneumatis a écrit :Ceci m'amène immédiatement à comprendre que le coeur du problème que nous soulevons ici, c'est le manque d'unité et de coordination dans l'Eglise, plus que les faits individuels des uns et des autres. C'est une autre manifestation de la division, même si cela n'a rien d'un conflit, l'isolement des différentes pastorales est un symptôme d'une forme de division.
Si ce n'était que ça! Le manque d'unité est bien plus profond que ça. Franchement, est-ce-que la conception de Dieu de Mgr Noyer est compatible avec la mienne? A lire ce qu'il écrit sur la Résurrection, j'en doute, même s'il dit tout de même professer le Credo.

Depuis 50 ans, des clercs se sont échinés à faire disparaître tous les signes du sacré dans l'Eglise, et ne cachent pas leur aversion pour le Sacré. Comment peuvent-ils aimer Dieu plus que tout autre, comment peuvent-ils accomplir le sacrifice de louange qui est la première tâche de l'Eglise, s'ils rejettent les signes du sacré que tout homme met naturellement devant ce qu'il a de plus cher? A la place, beaucoup nous offrent un prêchi-prêcha socialisant, des liturgies infantiles... On a vraiment l'impression que pour eux, le Christ n'est qu'un vague symbole ou un héros au même titre que Che Guevara... Peut-on vraiment "faire Eglise" correctement avec de tels clercs?

Peut-on tirer quelque chose de clercs qui se sont échinés à NE PAS évangéliser, du genre de ceux qui répondent à des gens qui veulent se convertir au catholicisme qu'ils devraient être de bons protestants/musulmans/bouddhistes/[remplacer par la religion d'origine]? Chose qu'on n'a que trop entendue...

Franchement, pour qu'il y ait réelle unité avec les évêques et qu'on s'efforce d'agir dans le même sens, il faudrait qu'il soient un minimum catholiques: qu'ils donnent priorité au sacrifice de louange, qu'ils aient conscience de ce don extraordinaire qu'est la Présence Réelle, qu'ils mettent leur coeur à soigner le culte qu'ils rendent à Dieu, qu'ils aient au minimum l'estime de penser que la religion catholique est meilleure que les autres...

Bien sûr, nous sommes en communion avec le Pape et eux aussi. Il ne serait pas bon de se couper de l'unité avec la tête de l'Eglise. Mais il faut bien reconnaître que la tête est bien malade...

In Xto,
archi.

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par Pneumatis » jeu. 01 juil. 2010, 16:27

Tenez, je viens de lire ce touchant appel de Mgr Noyer à ses frères évêques, daté du 25 juin dernier. Certains le trouveront peut-être mal venu, mais il a le mérite de poser clairement la question que nous nous posons ici, mais un étage au-dessus. Il lance un peu le même cri que l'on entend dans cette discussion, mais à Rome et au collège des évêques. Comme lorsqu'on s'en prend à un évêque, ici ce cri lancé quelque part à la face de Benoit XVI lui-même me met un peu mal à l'aise, mais je crois qu'il faut l'entendre sans préjuger de l'amour et de la bienveillance de cet évêque pour le successeur de Pierre, au contraire.

:arrow: http://www.temoignagechretien.fr/articl ... TORIALES=1
Mgr Noyer a écrit :Je voudrais dire ici qu’on aimerait recevoir d’en haut autre chose que des invitations spirituelles, par ailleurs fort utiles. Y a-t-il quelqu’un pour donner une vraie orientation à cette Église qui s’essouffle ? Lorsque le Concile avait mobilisé l’Église pour partager avec le monde la Bonne Nouvelle de Jésus, l’enthousiasme s’était levé.

Rome affirme que rien ne changera, que la théologie a montré la perfection de l’Égli­se d’hier, que nos difficultés viennent de nos propres innovations. On encourage tous les nostalgiques d’hier. Dans les diocèses, comment relever ce défi quand Rome paralyse toute réponse un peu audacieuse. Les évêques comme les curés savent que leurs initiatives auraient besoin d’être soutenues par la confiance de l’Église.

Le Concile a affirmé la responsabilité collégiale des évêques. Frères évêques, notre attachement légitime à la communion que préside le successeur de Pierre ne demande pas notre silence obéissant. Il ne nous retire pas cette responsabilité de conduire nos églises particulières mais aussi l’Église Universelle selon les exigences de la mission.

On ne peut se contenter de colmater les brèches en espérant un miracle. Il ne suffit pas de sombrer, capitaine courageux, dans l’obéissance et avec les félicitations de l’amirauté. Nous ne commandons pas le Titanic mais la barque du Christ. L’Esprit Saint ne nous a pas été donné pour que nous attendions des ordres qui ne viennent pas. Combien de suicides faudra-t-il pour que quelqu’un saisisse le gouvernail ?
Ceci m'amène immédiatement à comprendre que le coeur du problème que nous soulevons ici, c'est le manque d'unité et de coordination dans l'Eglise, plus que les faits individuels des uns et des autres. C'est une autre manifestation de la division, même si cela n'a rien d'un conflit, l'isolement des différentes pastorales est un symptôme d'une forme de division. Nous voyons là le cafouillage dont je parlais. Profonde restructuration de la Mission avec un grand "M", qui se heurte un peu à un peu de désorientation, du trac de la page blanche, ... J'ai l'impression qu'après Vatican II, tout le monde (ou presque) est sorti ravi et plein d'enthousiasme, puis rentré dans son chez-soi, s'est demandé : bon, c'est pas tout ça, mais concrètement comment je fais, moi, maintenant ? Ca me fait souvent ça quand je sors d'une réunion de travail ! :) Voyons y les 40 ans de purification au désert avant le grand départ pour la nouvelle évangélisation, et encore une fois "hauts les coeurs !"

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par Pneumatis » jeu. 01 juil. 2010, 14:53

archi a écrit :
Pneumatis a écrit :Et de l'autre par les "tradis" qui ne voyaient pas bien pourquoi on les enverraient bosser sur le terrain de l'évangélisation et de l'intelligence de la foi, là où c'est quand même le boulot des ministres ordonnés.
On peut sûrement reprocher plein de choses aux tradis, mais je ne vois pas ce qui justifie cette accusation-là... :incertain:

In Xto,
archi.
C'est vrai que mon accusation est un peu déplacée. Ce que je voulais dire, c'est que je vous suggère ceci : en parlant, par exemple, de "dialogue interreligieux", essayez de me mettre "Vatican II" et "tradi" dans la même phrase sans y introduire de négation, juste pour voir. Pareil, essayez de discuter œcuménisme avec un tradi pur et dur sans l'énerver. Pardon, je fais des caricatures. Je ne veux pas catégoriser des personnes, mais souligner qu'il y a clairement des "tendances" réfractaires à ce qui constitue un peu le coeur de l'évangélisation depuis Vatican II. C'est tout ce que je voulais dire. Et pardon si des personnes se sentent blessées par ce que je dis. Encore une fois, c'est la mouvance que je dénonce (et donc que j'illustre forcément de manière un peu caricaturale), pas les personnes.

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par Pneumatis » jeu. 01 juil. 2010, 14:45

Bonjour Philémon,
philémon.siclone a écrit :Mais tout de même, après tant d'efforts accomplis par l'épiscopat pour déraciner la foi, briser la continuité, décourager la dévotion populaire, mettre en fuite les fidèles par des innovations liturgiques scandaleuses et un magistère considérablement affaibli, entendre ce même épiscopat se tourner vers les rares catholiques encore présents, pour leur dire : "maintenant, débrouillez-vous comme des grands !" cela ne peut qu'inspirer un sentiment de terreur mêlée à de la révolte. Mais c'est une révolte impuissante. Comment ne pas penser à la parabole du mercenaire qui abandonne son troupeau à la vue des loups ? Et on se demande pourquoi le clergé n'inspire pas confiance ?
Le problème, si on y réfléchit bien, c'est que sur la même base, dès qu'il y aura une crise de la foi dans l'Eglise, on pourra toujours en faire porter la responsabilité à nos évêques, à tort ou à raison. Si je vous soutiens mordicus que la crise post Vatican II c'est moins le fait de nos évêques que de baptisés endormis depuis longtemps dans une foi sclérosée ou mal comprise, vous pourrez toujours me dire que si avant Vatican II la foi des baptisés était sclérosée c'était forcément en parti de la responsabilité des évêques d'alors qui n'étaient pas assez ceci ou pas assez cela. Et on peut remonter à l'infini comme ça, au point qu'on pourrait finir par demander des comptes à Jésus sur le fait que son projet d'Eglise a quand même pas l'air super au point. En bref, nous avons tous une responsabilité dans l'histoire. La question est de savoir sur laquelle nous voulons nous pencher.

Plus loin vous posez cette question qui me semble symptomatique, à certains égards :
philémon.siclone a écrit :Il faut revenir à l'Evangile. Mais cela peut-il se faire sans le clergé ? Certes non.
Mais le clergé il est là. Il ne ressemble juste plus tellement à l'idée qu'on pouvait se faire du clergé. Mais il est là, il célèbre, il enseigne, il s'investit auprès de ceux qui ont le plus besoin. Il n'est pas parfait, mais il est là, et il est bon ! Mon idée, c'est d'accepter de le voir là où il est, comme il est avec toutes ses qualités, et de revenir à l'évangile AVEC ce clergé, tel qu'il est. Pas d'attendre qu'il redevienne tel qu'on voudrait qu'il soit (même si il n'est pas interdit de l'espérer et de le confier dans la prière), dans une nostalgie paralysante de la soutane. J'irai même plus loin en disant qu'il est important de témoigner à nos prêtres et évêques tout notre soutien et notre disponibilité à les suivre dans les oeuvres qu'ils entreprennent au service de l'évangile - même si certaines méthodes nous semblent a priori bancales, pas efficaces, pas ajustées, ... il faut garder confiance, et il y a nombre de belles et grandes choses à souligner. Ce ne sont pas des idiots, loin de là, et je dirai même : au contraire.

Un prêtre me disait il y a quelques temps que nous avons de la chance : nous avons en France toute une génération d'évêques qui sont des disciples directs de feu Mgr Lustiger, tels (si je ne dis pas trop de bétise) Mgr Vingt-Trois, Mgr Barbarin, Mgr Bruguès, Mr Aillet, Mgr Cattenoz, Mgr Fort, ... (si je ne les ai pas confondu avec d'autres). Enfin bref. Comme disait le Gyrovague, "hauts les coeurs" !

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par archi » jeu. 01 juil. 2010, 13:31

Pneumatis a écrit :Et de l'autre par les "tradis" qui ne voyaient pas bien pourquoi on les enverraient bosser sur le terrain de l'évangélisation et de l'intelligence de la foi, là où c'est quand même le boulot des ministres ordonnés.
On peut sûrement reprocher plein de choses aux tradis, mais je ne vois pas ce qui justifie cette accusation-là... :incertain:

In Xto,
archi.

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par philémon.siclone » jeu. 01 juil. 2010, 13:21

Fleury a écrit :Bonjour,
donner plus de place aux laïcs, avec le risque de créer des structures composées de laïcs méritants ou engagés, au départ pour aider, mais évoluant comment ?
Je me pose cette question, après lecture d'un autre site qui s'étonnait que des évêques "prometteurs" se trouvent englués dans des cérémonies grotesques :-D .
Obligés de composer avec ces structures ?
Un lien peut-être ?

Re: Des catholiques qui accusent et jugent les évêques

par philémon.siclone » jeu. 01 juil. 2010, 13:20

Pneumatis a écrit :Re,

Je crois qu'il est temps, dans cette discussion, de méditer la parabole du semeur, en considérant pour l'occasion l'enseignement de nos évêques comme autant de graines qu'ils sèment en nous.
Mathieu 13, 18-23 a écrit :Jésus disait à ses disciples : « Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand l’homme entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son coeur : cet homme, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est l’homme qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il tombe aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est l’homme qui entend la Parole ; mais les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole, et il ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est l’homme qui entend la Parole et la comprend ; il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »
Dans le constat que je suis amené à faire, le bord du chemin, c'est l'homme du monde sécularisé, athée dirons-nous même. Le discours de l'Eglise est pour lui inaudible. Rien de ce qui est semé n'entre en son coeur, fermé à cette parole. Pour lui, il convient je crois, et avant d'annoncer l'évangile, de changer ce "bord du chemin" en une terre favorable. Cela peut laisser croire qu'on justifierait ici une sorte de prostitution au monde, mais c'est aller chercher cet homme tel qu'il est, et lui montré, puisqu'il est au bord du chemin, qu'il existe un chemin. C'est alors un peu ouvrir les portes de son coeur, par une éducation appropriée.

Ensuite, le sol pierreux, je le vois un peu comme celui à qui on reproche d'avoir "sauté" sur Vatican II pour lui faire dire tout et son contraire (par exemple), s'emballer et partir n'importe comment. On voit bien là aussi que les graines ne peuvent porter de fruit. Je ne sais guère ce qu'on peut faire, sinon remuer la terre, la travailler, la nourrir... Il y a ici un gros travail de raisonnement à conduire pour rappeler que la foi s'enracine dans la raison, et pas dans nos "gouts du jour" ou "pulsions du moment".

Puis les ronces, c'est un peu le coeur nostalgique de MA version du catholicisme, de MA vision de l'Eglise, et qui reçoit l'enseignement des pasteurs, mais l'accueil dans un imbroglio d'idées toutes faites qui ne permettent pas à cet enseignement de germer. C'est un peu ce que je décris ici de certains mouvement plutôt de la mouvance tradi. Soit l'enseignement sera plutôt en phase avec les idées déjà établies et ne viendra que les confirmer. Soit il les remettra en question et ne sera pas accueilli. Dans les deux cas, on n'aura rien appris, et l'enseignement ne portera pas de fruit. Je crois que le travail à faire ici, c'est du grand ménage. Liquider toutes les idées qui ne prennent pas racine dans l'évangile, remettre le terrain propre, combattre les accointances de la foi chrétienne avec des orientations politico-culturelles, souvent objet d'une confusion sordide et stérile. A tel point qu'on n'est plus capable d'entendre autre chose que des paroles qui ressemblent à des ronces.

En fait, c'est un travail à faire pour chacun, en nous, pour ne pas se retrouver à être l'un de ces terrains. Nous devons devenir une "bonne terre". Ca passe par un chemin de purification à tous les niveaux : purification de l'éducation et de nos modes de vie (bord du chemin), de notre raison (sol pierreux) et de notre intelligence (ronces). Mais oui, comme dit Coeurderoy, ou comme le Gyrovague, il faut de la patience, et j'ajouterais : de l'espérance.

Voilà, sur ce, je vais manger...
Assez d'accord avec ce que vous dites. J'ai d'ailleurs souvent du mal à me retrouver dans une sphère tradi qui diabolise trop, communautarise, mélange le spirituel au politique et au culturel, se perd dans la lutte identitaire. D'accord ! Il faut revenir à l'Evangile. Mais cela peut-il se faire sans le clergé ? Certes non.

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