l'écrivain fait passer le temps du futur au passé, indiquant par cela l'antériorité de la lumière !!! et de là on doit considérer que celle-ci est contenue dans le Principe (l'arché, l'ancien).
Pas sûr, tout dépend comment nous lisons le waw-conversif
1) Il faut déjà supposer qu'il est "universel", c'est à dire qu'il "converti" tout ce avec quoi il s'accouple.
2) Il faut ensuite savoir si :
a) on ne s'arrête qu'à une compréhension temporelle : le waw faisant passer un présent au futur, et un futur au présent.
b) on ne s'arrête qu'à une lecture aspectuelle : il n'y a ni passé ni présent dans l'hébreu biblique, il n'y a que des accomplis et des inaccomplis.
c) on sait reconnaître dans des inaccomplis convertis des passés, et non des accomplis ; et dans des accomplis convertis, des futurs et non des inaccomplis.
Tout cela pouvant parfaitement aller ensemble.
Dès lors, que lire ? Je reprends votre traduction littérale :
être [inaccompli ou futur] faite lumière , et être [accompli ou passé : en vertu du waw] faite lumière
Reprenons les trois propositions en 2) :
a) soit [futur] faite lumière , fut [passé] faite lumière
(c'est votre option)
b) lumière soit [inaccompli], lumière est [accompli]
(la littéralité en prend un coup, mais il est difficile de rendre cela en français sans utiliser les temps
et sans briser la syntaxe )
c) soit [futur] faite lumière, lumière est [accompli]
(option séduisante)
Dès lors, on voit bien que l'inteprétation dépend de ce que l'on entend dans le waw conversif.
Genesius, Lettinga, privilégient l'aspect "aspectuel" (accompli/inaccompli), l'idée étant, grossièrement, que le temps n'existe pas vraiment dans l'hébreu.
Cette position est à fois juste et pose problème. Elle est juste car le calque de nos temps ne colle pas parfaitement sur la langue hébraïque ancienne. Elle pose problème car le contexte des récits bibliques fait bien entendre une temporalité.
Dès lors il semble qu'il faille "naviguer" entre les positions a) b) et c), tout en sachant ne pas systématiser le principe du waw conversif (1°).
La Genèse étant un texte sur la Création. Et le Temps n'existant que par la Création. Il est assez tentant de ne pas choisir la conversion "temporelle" (qui n'aurait pas de sens dans un cadre atemporel).
Dès lors, il me semble préférable de choisir l'option
b) voire
c).
La
b peut paraître plus logique : inaccompli->accompli (pas de temps). Mais dans ce cas l'inaccomplissement semble ne pas vouloir dire grande chose.
La
c me semble plus juste, car elle est "théologiquement" juste tout en s'ancrant dans le cadre d'un récit composé pour des hommes : que la lumière soit (futur indiquant la volonté de Dieu), et la lumière est (accomplissement). Le futur étant ici une "concession" faite au récit.
Évidemment cette concession n'a de sens que dans le cadre de la traduction. Il serait tentant de penser qu'à l'époque même de la rédaction, le waw conversif avait une pluralité de sens. Ce qui permettrai de penser que le texte même permet ces concessions langagières afin que l'homme puisse accéder à la Parole infinie dans sa langue finie, sans pour autant la mésentendre.
Bon, je ne sais pas si je suis moi-même parfaitement clair. Et j'avoue que toute cette rédaction est à mettre au conditionnel pour une raison simple : je ne suis pas hébraïsant, et je n'ai jamais travaillé ce problème du début de la Genèse dans l'hébreu. C'est donc un
coup d'essai. Reste à savoir s'il est correct ou s'il tombe à l'eau !
[quote][b]l'écrivain fait passer le temps du futur au passé, indiquant par cela l'antériorité de la lumière[/b] !!! et de là on doit considérer que celle-ci est contenue dans le Principe (l'arché, l'ancien).[/quote]
Pas sûr, tout dépend comment nous lisons le waw-conversif ;)
1) Il faut déjà supposer qu'il est "universel", c'est à dire qu'il "converti" tout ce avec quoi il s'accouple.
2) Il faut ensuite savoir si :
[b]a)[/b] on ne s'arrête qu'à une compréhension temporelle : le waw faisant passer un présent au futur, et un futur au présent.
[b]b)[/b] on ne s'arrête qu'à une lecture aspectuelle : il n'y a ni passé ni présent dans l'hébreu biblique, il n'y a que des accomplis et des inaccomplis.
[b]c)[/b] on sait reconnaître dans des inaccomplis convertis des passés, et non des accomplis ; et dans des accomplis convertis, des futurs et non des inaccomplis.
Tout cela pouvant parfaitement aller ensemble.
Dès lors, que lire ? Je reprends votre traduction littérale :
être [inaccompli ou futur] faite lumière , et être [accompli ou passé : en vertu du waw] faite lumière
Reprenons les trois propositions en 2) :
[b]a)[/b] soit [futur] faite lumière , fut [passé] faite lumière [i](c'est votre option)[/i]
[b]b)[/b] lumière soit [inaccompli], lumière est [accompli] [i](la littéralité en prend un coup, mais il est difficile de rendre cela en français sans utiliser les temps ;) et sans briser la syntaxe )[/i]
[b]c)[/b] soit [futur] faite lumière, lumière est [accompli] [i](option séduisante)[/i]
Dès lors, on voit bien que l'inteprétation dépend de ce que l'on entend dans le waw conversif.
Genesius, Lettinga, privilégient l'aspect "aspectuel" (accompli/inaccompli), l'idée étant, grossièrement, que le temps n'existe pas vraiment dans l'hébreu.
Cette position est à fois juste et pose problème. Elle est juste car le calque de nos temps ne colle pas parfaitement sur la langue hébraïque ancienne. Elle pose problème car le contexte des récits bibliques fait bien entendre une temporalité.
Dès lors il semble qu'il faille "naviguer" entre les positions a) b) et c), tout en sachant ne pas systématiser le principe du waw conversif (1°).
La Genèse étant un texte sur la Création. Et le Temps n'existant que par la Création. Il est assez tentant de ne pas choisir la conversion "temporelle" (qui n'aurait pas de sens dans un cadre atemporel).
Dès lors, il me semble préférable de choisir l'option [b]b)[/b] voire [b]c)[/b].
La [b]b[/b] peut paraître plus logique : inaccompli->accompli (pas de temps). Mais dans ce cas l'inaccomplissement semble ne pas vouloir dire grande chose.
La [b]c[/b] me semble plus juste, car elle est "théologiquement" juste tout en s'ancrant dans le cadre d'un récit composé pour des hommes : que la lumière soit (futur indiquant la volonté de Dieu), et la lumière est (accomplissement). Le futur étant ici une "concession" faite au récit.
Évidemment cette concession n'a de sens que dans le cadre de la traduction. Il serait tentant de penser qu'à l'époque même de la rédaction, le waw conversif avait une pluralité de sens. Ce qui permettrai de penser que le texte même permet ces concessions langagières afin que l'homme puisse accéder à la Parole infinie dans sa langue finie, sans pour autant la mésentendre.
Bon, je ne sais pas si je suis moi-même parfaitement clair. Et j'avoue que toute cette rédaction est à mettre au conditionnel pour une raison simple : je ne suis pas hébraïsant, et je n'ai jamais travaillé ce problème du début de la Genèse dans l'hébreu. C'est donc un [i]coup d'essai[/i]. Reste à savoir s'il est correct ou s'il tombe à l'eau !