par etienne lorant » lun. 08 juil. 2013, 15:29
Paris a sa "salle de shoot"
La mairie du 10e arrondissement avait pourtant sorti l'artillerie lourde pour faire œuvre de pédagogie sur la future expérimentation d'une salle de consommation de drogue à moindre risque à Paris. Organisant sa deuxième réunion publique – le lieu d'implantation étant maintenant connu, ce sera boulevard de la Chapelle –, elle avait invité pas moins de deux adjoints de Bertrand Delanoë pour rappeler l'intérêt sanitaire du projet et promettre des renforts de police, mais aussi un représentant du préfet de Paris, ou encore des responsables de la salle d'injection suisse Quai 9 et de la police genevoise. Il fallait bien cela face à l'inquiétude, voire l'hostilité, de certains futurs riverains.
"Menteurs", "Et les habitants dans tout ça ?", dès les premières prises de parole les commentaires fusent. Le ton se veut pourtant rassurant. L'association Gaïa, qui mène le projet, insiste sur son objectif de santé publique, mais aussi de réduction des nuisances pour les habitants d'un quartier, situé autour de la gare du Nord, où les toxicomanes sont très présents. Elle dit qu'une ligne téléphonique sera prévue pour les riverains et la police.
Très écouté, Philippe Bertschy, policier genevois, parle d'une "aventure – Quai 9 – qui a tourné à la satisfaction", alors que ce n'était pas gagné d'avance. "Après douze ans, ce n'est plus un sujet", ajoute-t-il.
Dès que la parole est donnée au public, la queue se fait longue devant le micro, et les critiques s'accumulent : le représentant d'une association de riverains déplore un "projet (...) hasardeux". "Il y a deux crèches, une école maternelle, un lycée tout proches, et des immeubles d'habitation dans les cours desquels jouent des enfants", lance une femme, qui explique que ce quartier, "Little India, était jusque-là un peu le seul à être épargné par la toxicomanie".
"Le problème des dealers perdurera, il y en aura même encore plus, puisque la drogue ne sera pas fournie", s'exclame une autre femme, qui dit parler au nom de sa mère, âgée de 90 ans, agressée comme d'autres par "des drogués qui ont besoin d'argent". Les mots sont durs, parfois jusqu'à la caricature : "Luttez-vous contre l'obésité en proposant des barres chocolatées ? On n'a pas besoin de donner la possibilité de mieux se droguer, mais de ne plus se droguer", s'emporte un "jeune Parisien".
http://www.lemonde.fr/sante/article/201 ... 51302.html
De toute manière, rien n'est à négocier :
D'emblée, le maire du 10 arrondissement, Rémi Féraud, avait prévenu : "
La concertation, ce n'est pas un droit de veto sur une proposition, c'est prendre en compte des remarques." L'ouverture est prévue à l'automne, si toutes les conditions en termes d'effectifs pour assurer le fonctionnement de la salle et la sécurité sont remplies, promet la mairie
[b][i]Paris a sa "salle de shoot"
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La mairie du 10e arrondissement avait pourtant sorti l'artillerie lourde pour faire œuvre de pédagogie sur la future expérimentation d'une salle de consommation de drogue à moindre risque à Paris. Organisant sa deuxième réunion publique – le lieu d'implantation étant maintenant connu, ce sera boulevard de la Chapelle –, elle avait invité pas moins de deux adjoints de Bertrand Delanoë pour rappeler l'intérêt sanitaire du projet et promettre des renforts de police, mais aussi un représentant du préfet de Paris, ou encore des responsables de la salle d'injection suisse Quai 9 et de la police genevoise. Il fallait bien cela face à l'inquiétude, voire l'hostilité, de certains futurs riverains.
"Menteurs", "Et les habitants dans tout ça ?", dès les premières prises de parole les commentaires fusent. Le ton se veut pourtant rassurant. L'association Gaïa, qui mène le projet, insiste sur son objectif de santé publique, mais aussi de réduction des nuisances pour les habitants d'un quartier, situé autour de la gare du Nord, où les toxicomanes sont très présents. Elle dit qu'une ligne téléphonique sera prévue pour les riverains et la police.
Très écouté, Philippe Bertschy, policier genevois, parle d'une "aventure – Quai 9 – qui a tourné à la satisfaction", alors que ce n'était pas gagné d'avance. "Après douze ans, ce n'est plus un sujet", ajoute-t-il.
Dès que la parole est donnée au public, la queue se fait longue devant le micro, et les critiques s'accumulent : le représentant d'une association de riverains déplore un "projet (...) hasardeux". "Il y a deux crèches, une école maternelle, un lycée tout proches, et des immeubles d'habitation dans les cours desquels jouent des enfants", lance une femme, qui explique que ce quartier, "Little India, était jusque-là un peu le seul à être épargné par la toxicomanie".
"Le problème des dealers perdurera, il y en aura même encore plus, puisque la drogue ne sera pas fournie", s'exclame une autre femme, qui dit parler au nom de sa mère, âgée de 90 ans, agressée comme d'autres par "des drogués qui ont besoin d'argent". Les mots sont durs, parfois jusqu'à la caricature : "Luttez-vous contre l'obésité en proposant des barres chocolatées ? On n'a pas besoin de donner la possibilité de mieux se droguer, mais de ne plus se droguer", s'emporte un "jeune Parisien".
[url]http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/06/12/difficile-exercice-de-pedagogie-sur-la-future-salle-de-shoot-a-paris_3428382_1651302.html[/url]
De toute manière, rien n'est à négocier :
D'emblée, le maire du 10 arrondissement, Rémi Féraud, avait prévenu : "[b][color=#FF0000]La concertation, ce n'est pas un droit de veto sur une proposition, c'est prendre en compte des remarques.[/color][/b]" L'ouverture est prévue à l'automne, si toutes les conditions en termes d'effectifs pour assurer le fonctionnement de la salle et la sécurité sont remplies, promet la mairie