Chère Jessamour,
je suis d'accord avec vos amies : laissez-le revenir, d'ailleurs laissez le libre de revenir ou pas, il ne vous doit rien. Ne lui mettez pas la pression, lâchez l'affaire et occupez-vous de vous. Acceptez l'angoisse de l'incertitude, de l'absence douloureuse, du sentiment d'abandon insupportable, c'est précisément ce sentiment là que le le Seigneur veut vous rencontrer, c'est cette part là de vous qu'Il veut habiter. C'est ce courage là qu'il vous est demandé de vivre.
Vous demandez aux hommes de combler une part de vous que seul le Seigneur peut nourrir et abreuver... Regardez la Samaritaine, elle aussi accumule quelques partenaires, elle cherche chez chacun d'eux quelque chose qu'elle ne trouve pas (c'est pour ça qu'elle change de partenaires !) jusqu'au jour ou elle trouve enfin Celui qui lui donne à boire et comble sa soif ! Peut-être après cette rencontre, et seulement après cette rencontre a t-elle enfin rencontré celui avec lequel elle pouvait vivre, parce qu'elle ne lui demandait plus l'impossible !
(une fois en retraite, une théologienne nous a dit : "Un homme a toujours peur qu'une femme lui tende un fruit empoisonné, le fruit de la demande impossible.")
Jessamour a écrit :
Je le sais mais toute ma vie je n'ai cessé de caresser les gens dans le sens du poils, d'être à leur écoute alors même que ces mêmes gens ne prennent aucun gant pour me dire ce qu'ils pensent, quitte à me blesser, me vexer. Je me demande quand on va prendre mes sentiments à moi en compte.
Quand va t-on enfin prendre en compte vos sentiments ? c'est vrai ça ! C'est scandaleux en effet que l'on néglige vos sentiments.
Et qui est le premier coupable ? Mais je crois que c'est vous ! Qui prend en compte les sentiments de Jessamour lorsque vous l'amenez à faire des choses qui ne correspondent pas ses valeurs (passer à l'acte trop vite sans engagement) ? Lorsque vous lui faîtes dire oui alors qu'elle pense non, lorsque vous la contraignez à prendre toujours soin des autres alors qu'elle même crève de manque de soin ?
Quand allez-vous vous décider, chère Jessamour, à prendre soin de vous, à vous donner la priorité, à vous mettre à l'écoute de vous-même, de vos réels besoins ?
"Aime ton prochain comme toi-même" : je crois que vous pouvez prier avec ardeur pour apprendre avec le Christ à vous aimer, à vous respecter, à vous écouter !!! Nous ne sommes pas sensés devenir égoistes mais je crois que dans votre cas, vous êtes appelés à devenir un peu plus égoiste, en tout cas à être moins altruiste car vous l'êtes pour de mauvaises rasions : par peur de ne pas être aimée en retour.
Jessamour a écrit :
Si je ne provoque pas des rencontres avec les amis, la famille, tout le monde s'en fout, personne ne prend de mes nouvelles. Je me définis comme une solitaire mais je souffre énormément de la solitude.
Cette solitude est en priorité spirituelle : demandez au Seigneur de venir combler votre soif d'être aimée, devenez amie de vous- même et davantage amie avec le Christ.
Ensuite, je vous sous soupçonne de ne pas beaucoup demander de l'aide. Vous être programmée pour donner de l'aide aux autres en espérant un retour mais ça ne marche pas comme cela : il faut d'abord vous mettre à l'écoute de vous-même, cerner votre besoin ET l'exprimer clairement à vos proches, il vous faut apprendre à DEMANDER aux autres. Il me semble que vous avez de bonnes amies...
Jessamour a écrit :
J'aurais aimé restée chaste jusqu'à mon mariage pour plaire un maximum à Dieu et j'en suis déjà à 9 partenaires. Je me confesse souvent de ça mais je n'arrive pas à me pardonner à moi-même. Le sexe ne m'attire pas plus que ça. Je cède surtout en espérant garder le mec, même si je sais que c'est un connard. Et ça ne marche jamais bien sûr et je me ramasse à la petite cuillère à chaque fois. Aujourd'hui je suis en grande détresse.
Donc, vous passez à l'acte pour de mauvaises raisons, pas par amour ni même par plaisir mais pour espérer être aimée.Le pardon que vous êtes invitée à vous donner à vous-même, c'est d'avoir manqué de respect pour vous même : vous avez donné ce que, profondément, vous ne désiriez pas donner. Oui, c'est un pardon à vous donner, dans la grâce du Seigneur. Votre sentimentr de détresse est bien naturel, il doit reposer sur un sentiment de trahison à l'intérieur de vous même.
Concernant la culpabilité, je vous propose à nouveau de prendre exemple sur la Samaritaine. le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle ne s'encombre pas de honte ni de culpabilité intempestive !

. A peine a t-elle trouvé ce qu'enfin elle cherchait, elle se réjouit d'avoir rencontré le Sauveur et s'empresse d'aller claironner son histoire et rameuter les troupes ! Vous remarquerez que le mot "péché" n'est pas prononcé dans ce texte, à elle, Jésus ne dit pas "Va et ne pêche plus". Parce que je crois que le péché n'est pas le sujet essentiel ici : il s'agit avant tout de rencontre, de la vraie Rencontre qui donne à boire et à manger, qui seule comble la soif d'être aimée. La Samaritaine, c'est vraiment le grand exemple de la bonne santé spirituelle !
Donc, Jessamour, le Seigneur ne cesse de vous pardonner, vous le savez bien, mais Il veut veut vous donner à boire ce dont vous avez besoin, Il veut vous apprendre à donner de manière juste, et Il veut vous apprendre à demander.
Dans cet état de détresse, vous êtes dans le bon état pour demander humblement, pour mendier la grâce de Dieu et tout son amour.
De tout coeur avec vous !
Axou