par cmoi » jeu. 03 déc. 2020, 13:25
Bonjour Sheyrine,
Je pense avoir quelque expérience sur le sujet et au vu de votre témoignage et des réponses qui vous ont été faites, devoir apporter un certain éclairage qu'il ne m’est pourtant pas habituel de donner.
Il ne s’agit pas pour moi de contrecarrer ce qui vous a été écrit, que j’aurais pu vous écrire, mais de vous obliger à le relativiser et de vous confronter à votre vérité – si cela peut vous aider.
Vous nous rapportez qu’il vous a fait part « que 2 personnes qui tombent amoureuses l'une de l'autre est justifié par le fait que chacun recherchait de l'attention et que l'autre a simplement été au bon endroit au bon moment et qu'il s'adresse à nous de la façon dont nous le souhaitons... » mais vous ne nous dites pas pourquoi il vous l’a dit, ce à quoi il répondait de vous en disant cela.
Or ce qu’il affirme là n’entre pas nécessairement en contradiction avec ce que vous y objectez à juste titre (lui en avez-vous fait part ? Il serait important de le faire, d’apprendre à défendre votre positon vis-à-vis de lui, car c’est aussi réparer ainsi toutes les fois où vous l’auriez dû par le passé et ne l’auriez pas fait, peu en importe la raison et avec qui…) même si c’est une façon peu romantique de présenter les choses, elle est bien présente et interfère avec les sentiments vrais : ce n’est « la base » de la relation que pour ceux qui se moquent des sentiments, vous pourriez lui faire observer que ce n’est pas votre cas, en tout cas il est vrai que cela peut expliquer certaines inconséquences même pour ceux qui en éprouvent et que cela puisse aussi parfois les recouvrir.
Difficile de savoir s’il a eu raison ou pas de vous dire cela, mais si cela vous a bloquée, c’est un signe qu’il ne l’aurait pas dû : pas que vous vous y opposiez !
Autrement dit il faut dépasser la question de l’opinion, il s’agit de ressenti. S’il vous semble que ce n’était qu’une opinion, la sienne, et qu’il ne l’ait dite que dans cet esprit, c’est mauvais pour lui. Sinon il pouvait avoir un but en vous le disant, par rapport à ce que vous lui aviez dit…
En revanche, son conseil pour la masturbation, là franchement je ne peux le justifier. Vous n’auriez pas dû prendre sur vous, mais lui dire que cette possibilité était exclue vous concernant. « Scientifiquement », comme vous dites, ce n’est qu’une voie de facilité, or je pense que vous recherchez mieux qu’une telle voie, à savoir une voie d’épanouissement et non d’étranglement, si je puis dire. Vous résoudriez un problème d’endormissement en en créant un autre !
Qu’il vous ait donné ce type de conseil en tout vas montre qu’il n’ a pas l’intention de descendre en profondeur, il s’arrête trop vite au symptôme. Quel genre de thérapie cherchez-vous ?
Sa remarque « pourquoi vous souhaitiez lui pardonner... » était pertinente, elle pouvait viser à vous sortir d’un cercle vicieux, d’une impossibilité qui vous abat et vous donnerait mauvaise conscience. Parfois il faut contourner l’obstacle, ne pas le prendre de front, donner du temps au temps, se contenter d’une intention juste et s’arrêter aux faits.
Sa remarque ensuite : « Il me dit que rien ne m'oblige à lui pardonner et que je peux chercher l'amour d'un proche auprès de quelqu'un d'autre que ma famille.. » va dans ce sens mais je la trouve trop factuelle et pas assez empathique dans sa formulation (non envers vous, mais envers la situation).
Cela me semble être la raison de votre appréhension et de ce qu’il vous déplaise et de fait, il aurait pu vous le dire autrement. Son conseil de masturbation confirme la difficulté qu’il aura à comprendre le point de vue d’une croyante.
Cette seconde hypothèse qu’il semble avoir retenue et ce qui vous choque à juste titre confirme mon impression, même s’il a pu dire cela pour vous donner confiance. Car c’est contradictoire avec votre première hypothèse et qu’il n’en sait rien.
Enfin, il n’aurait jamais du vous parler de ses débuts, et ce qu’il en dit n’inspire pas confiance et ne ressemble en rien à un aveu ou la reconnaissance d’un tort. A mon avis, il est lui-même encore en quête d‘affection dans sa relation de thérapeute et cela ne va pas : mais ne le lui dites surtout pas, déjà parce que vous ne l’auriez pas pensé vous-même et ensuite parce qu’il n’est pas sûr qu’il puisse l’assumer.
Ainsi sa remarque sur les relations d’un couple pouvait (simple supposition) aussi être (en double) une façon d’affirmer son savoir, de prendre un ascendant, de se rendre intéressant.
Je m’aperçois que je voulais le défendre, et que j’ai fait le contraire. Sans doute est-ce significatif d‘une répulsion qu’en tant que croyant il m’inspirerait et qui peut être est la vôtre pour la même raison. Je suppose qu’il ne l’est pas et j’en suis quasiment certain. Il le montre trop.
C’est mon impression, or/mais je voulais justement vous faire prendre une distance avec nos impressions, qui nous viennent de la vôtre seulement, qui peut être faussée par ce que vous avez déjà inconsciemment transféré sur lui. Et sinon, vous inviter à davantage vous faire confiance, certes tout ne peut pas et ne serait pas bon d’être dit, sans la manière, mais et cela doit vous servir avec lui ou d’autres, pour la suite, il vous faut exprimer ce que vous n’osez pas dire et défendre votre point de vue, c’est nécessaire pour ne serait-ce que le dépasser et atteindre vos émotions vraies.
Vous ne trouverez pas forcément un psy qui pense comme vous, cela ne devrait pas gêner votre thérapie, or un qui le montre à ce point dès le début et qui ne semble pas s’en rendre compte (à moins que ce soit intentionnel et dans un but précis… peu importe lequel pour vous, ne gâchons pas vos surprises qui je l’espère seront un jour heureuses, mais dans ce cas je trouve qu’il s’y prend mal) je vous le déconseille.
Je m’associe aux recommandations que vous a données la samaritaine et qui devraient vous aider…
Cordialement.
Bonjour Sheyrine,
Je pense avoir quelque expérience sur le sujet et au vu de votre témoignage et des réponses qui vous ont été faites, devoir apporter un certain éclairage qu'il ne m’est pourtant pas habituel de donner.
Il ne s’agit pas pour moi de contrecarrer ce qui vous a été écrit, que j’aurais pu vous écrire, mais de vous obliger à le relativiser et de vous confronter à votre vérité – si cela peut vous aider.
Vous nous rapportez qu’il vous a fait part « que 2 personnes qui tombent amoureuses l'une de l'autre est justifié par le fait que chacun recherchait de l'attention et que l'autre a simplement été au bon endroit au bon moment et qu'il s'adresse à nous de la façon dont nous le souhaitons... » mais vous ne nous dites pas pourquoi il vous l’a dit, ce à quoi il répondait de vous en disant cela.
Or ce qu’il affirme là n’entre pas nécessairement en contradiction avec ce que vous y objectez à juste titre (lui en avez-vous fait part ? Il serait important de le faire, d’apprendre à défendre votre positon vis-à-vis de lui, car c’est aussi réparer ainsi toutes les fois où vous l’auriez dû par le passé et ne l’auriez pas fait, peu en importe la raison et avec qui…) même si c’est une façon peu romantique de présenter les choses, elle est bien présente et interfère avec les sentiments vrais : ce n’est « la base » de la relation que pour ceux qui se moquent des sentiments, vous pourriez lui faire observer que ce n’est pas votre cas, en tout cas il est vrai que cela peut expliquer certaines inconséquences même pour ceux qui en éprouvent et que cela puisse aussi parfois les recouvrir.
Difficile de savoir s’il a eu raison ou pas de vous dire cela, mais si cela vous a bloquée, c’est un signe qu’il ne l’aurait pas dû : pas que vous vous y opposiez !
Autrement dit il faut dépasser la question de l’opinion, il s’agit de ressenti. S’il vous semble que ce n’était qu’une opinion, la sienne, et qu’il ne l’ait dite que dans cet esprit, c’est mauvais pour lui. Sinon il pouvait avoir un but en vous le disant, par rapport à ce que vous lui aviez dit…
En revanche, son conseil pour la masturbation, là franchement je ne peux le justifier. Vous n’auriez pas dû prendre sur vous, mais lui dire que cette possibilité était exclue vous concernant. « Scientifiquement », comme vous dites, ce n’est qu’une voie de facilité, or je pense que vous recherchez mieux qu’une telle voie, à savoir une voie d’épanouissement et non d’étranglement, si je puis dire. Vous résoudriez un problème d’endormissement en en créant un autre !
Qu’il vous ait donné ce type de conseil en tout vas montre qu’il n’ a pas l’intention de descendre en profondeur, il s’arrête trop vite au symptôme. Quel genre de thérapie cherchez-vous ?
Sa remarque « pourquoi vous souhaitiez lui pardonner... » était pertinente, elle pouvait viser à vous sortir d’un cercle vicieux, d’une impossibilité qui vous abat et vous donnerait mauvaise conscience. Parfois il faut contourner l’obstacle, ne pas le prendre de front, donner du temps au temps, se contenter d’une intention juste et s’arrêter aux faits.
Sa remarque ensuite : « Il me dit que rien ne m'oblige à lui pardonner et que je peux chercher l'amour d'un proche auprès de quelqu'un d'autre que ma famille.. » va dans ce sens mais je la trouve trop factuelle et pas assez empathique dans sa formulation (non envers vous, mais envers la situation).
Cela me semble être la raison de votre appréhension et de ce qu’il vous déplaise et de fait, il aurait pu vous le dire autrement. Son conseil de masturbation confirme la difficulté qu’il aura à comprendre le point de vue d’une croyante.
Cette seconde hypothèse qu’il semble avoir retenue et ce qui vous choque à juste titre confirme mon impression, même s’il a pu dire cela pour vous donner confiance. Car c’est contradictoire avec votre première hypothèse et qu’il n’en sait rien.
Enfin, il n’aurait jamais du vous parler de ses débuts, et ce qu’il en dit n’inspire pas confiance et ne ressemble en rien à un aveu ou la reconnaissance d’un tort. A mon avis, il est lui-même encore en quête d‘affection dans sa relation de thérapeute et cela ne va pas : mais ne le lui dites surtout pas, déjà parce que vous ne l’auriez pas pensé vous-même et ensuite parce qu’il n’est pas sûr qu’il puisse l’assumer.
Ainsi sa remarque sur les relations d’un couple pouvait (simple supposition) aussi être (en double) une façon d’affirmer son savoir, de prendre un ascendant, de se rendre intéressant.
Je m’aperçois que je voulais le défendre, et que j’ai fait le contraire. Sans doute est-ce significatif d‘une répulsion qu’en tant que croyant il m’inspirerait et qui peut être est la vôtre pour la même raison. Je suppose qu’il ne l’est pas et j’en suis quasiment certain. Il le montre trop.
C’est mon impression, or/mais je voulais justement vous faire prendre une distance avec nos impressions, qui nous viennent de la vôtre seulement, qui peut être faussée par ce que vous avez déjà inconsciemment transféré sur lui. Et sinon, vous inviter à davantage vous faire confiance, certes tout ne peut pas et ne serait pas bon d’être dit, sans la manière, mais et cela doit vous servir avec lui ou d’autres, pour la suite, il vous faut exprimer ce que vous n’osez pas dire et défendre votre point de vue, c’est nécessaire pour ne serait-ce que le dépasser et atteindre vos émotions vraies.
Vous ne trouverez pas forcément un psy qui pense comme vous, cela ne devrait pas gêner votre thérapie, or un qui le montre à ce point dès le début et qui ne semble pas s’en rendre compte (à moins que ce soit intentionnel et dans un but précis… peu importe lequel pour vous, ne gâchons pas vos surprises qui je l’espère seront un jour heureuses, mais dans ce cas je trouve qu’il s’y prend mal) je vous le déconseille.
Je m’associe aux recommandations que vous a données la samaritaine et qui devraient vous aider…
Cordialement.