par Perlum Pimpum » mar. 25 janv. 2022, 10:39
Heu! Parlez de saint Paul sans parlez des pharisiens c'est ne pas connaître que ce dernier était lui-même un pharisien des plus cruels avant sa conversion (cf lapidation de saint Étienne ). Et pour ce qui est du péché originel il était prévu qu'il soit racheté depuis la genèse, ce qui fut accompli par Jésus Christ.
L’enseignement de saint Paul est inspiré de Dieu. L’Apôtre est un organe de la révélation. Qu’il ait été formé par des rabbins, qu’il ait persécuté l’Église avant sa conversion, n’y change strictement rien. Et c’est dans le NT, principalement aux épîtres pauliniennes, qu’est explicitement enseigné la doctrine du péché originel, qui est un dogme de foi.
Le péché originel implique damnation. « La peine du péché originel est la privation de la vision de Dieu, mais la peine du péché actuel est le supplice de la géhenne éternelle » (Innocent III, Lettre Maiores Ecclesiae causas à l'archevêque Humbert d'Arles, fin de 1201). Bref l’humanité naît coupable, est une masse de damnation, que Jésus rachète par sa Passion. « Mais, bien que lui soit " mort pour tous " (II Cor. V,15), tous cependant ne reçoivent pas le bienfait de sa mort. mais ceux-là seulement auxquels le mérite de sa Passion est communiqué. » (Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 3).
Enfin au final vous n'expliquez rien!! Dans votre esprit c'est quoi la grâce sanctifiante, parce que vous ne faites que de l'affirmation gratuite! Quelque chose vous échappe mais je ne vous crois pas en mesure de le saisir!
La grâce habituelle est sanctifiante est un habitus surnaturellement infus par lequel Dieu opère notre justification, laquelle est rénovation et sanctification.de l’homme intérieur. C’est par elle que nous sommes saints. Sans elle, vous êtes en état de péché mortel.
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« La Très Sainte Trinité donne au baptisé la grâce sanctifiante, la grâce de la justification qui : le rend capable de croire en Dieu, d’espérer en Lui et de L’aimer par les vertus théologales ; lui donne de pouvoir vivre et agir sous la motion de l’Esprit Saint par les dons du Saint-Esprit ; lui permet de croître dans le bien par les vertus morales… » CEC, n. 1266.
« La grâce du Christ est le don gratuit que Dieu nous fait de sa vie infusée par l’Esprit Saint dans notre âme pour la guérir du péché et la sanctifier : C’est la grâce sanctifiante ou déifiante, reçue dans le Baptême. Elle est en nous la source de l’œuvre de sanctification (cf. Jn IV, 14 ; VII, 38-39) : Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle ; l’être ancien a disparu, un être nouveau est là. Et le tout vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par le Christ (II Cor V, 18). » CEC, n. 1999.
« La grâce sanctifiante est un don habituel, une disposition stable et surnaturelle perfectionnant l’âme même pour la rendre capable de vivre avec Dieu, d’agir par son amour. On distinguera la grâce habituelle, disposition permanente à vivre et à agir selon l’appel divin, et les grâces actuelles qui désignent les interventions divines soit à l’origine de la conversion soit au cours de l’œuvre de la sanctification. » CEC, n. 2000.
« La grâce sanctifiante est le don gratuit que Dieu nous fait de sa vie, infusée par l’Esprit Saint dans notre âme pour la guérir du péché et la sanctifier. » CEC, n. 2023.
« La grâce sanctifiante nous rend " agréables à Dieu ".Les charismes, grâces spéciales du Saint -Esprit, sont ordonnés à la grâce sanctifiante et ont pour but le bien commun de l’Église. Dieu agit aussi par des grâces actuelles multiples qu’on distingue de la grâce habituelle, permanente en nous. » CEC, n. 2024.
Les théologiens s’opposent entre eux quant au rapport de la grâce sanctifiante et de la vertu théologale de charité. Saint Thomas d’Aquin les distingue comme deux habitus distincts, l’un entitatif, l’autre opératif, au terme d’une analogie de proportionnalité tirée de l’âme et de ses facultés. Selon ce schéma la grâce sanctifiante est infuse dans l’essence de l’âme, la charité est infuse dans la volonté. D’autres assimilent purement et simplement la grâce sanctifiante et la charité. Ce serait le cas du bienheureux Duns Scot. C’est assurément celui de saint François de Sales, Traité de l’amour de Dieu, livre XI, chapitre 8 ; opinion à laquelle je souscris.
Par ailleurs, dans l’enseignement doctrinal du Concile Œcuménique de Trente, l’acte de charité est présenté à la fois comme l’ultime cause dispositive à la justification (= à l’infusion de la grâce sanctifiante) ET comme un effet découlant de cette justification. Les théologiens dominicains l’expliquent comme suit : sous le rapport de la causalité dispositive l’acte de charité est antécédent à la justification, tandis que sous celui de la causalité formelle il est conséquent à cette justification. Le même acte de charité est donc à la fois cause et effet de la justification, mais sous des rapports différents (causalité dispositive / causalité formelle), donc sans contradiction, selon une causalité réciproque et simultanée, l’antécédente et la conséquence n’étant que de raison raisonnée.
De sorte qu’avant d’affirmer que je ne saurais pas de quoi je parle ou qu’une chose m’échapperait ici, vous auriez été bien avisé d’être plus circonspect…
Si vous souhaitez approfondir la doctrine catholique, ceci :
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« Le concile déclare, en outre, que la justification elle-même chez les adultes a son origine dans la grâce prévenante de Dieu par Jésus Christ, c'est-à-dire dans un appel de Dieu par lequel ils sont appelés sans aucun mérite en eux. De la sorte, ceux qui s'étaient détournés de Dieu par leurs péchés, poussés et aidés par la grâce [actuelle], se disposent à se tourner vers la justification que Dieu leur accorde, en acquiesçant et coopérant librement à cette même grâce. De cette manière, Dieu touchant le coeur de l'homme par l'illumination de l'Esprit Saint, d'une part l'homme lui-même n'est pas totalement sans rien faire, lui qui accueille cette inspiration qu'il lui est possible de rejeter, d'autre part, pourtant, sans la grâce de Dieu, il ne lui est pas possible, par sa propre volonté, d'aller vers la justice en présence de Dieu. Aussi, lorsqu'il est dit dans la sainte Ecriture " Tournez- vous vers moi et moi je me tournerai vers vous" Za 1,3,notre liberté nous est rappelée ; lorsque nous répondons "Tourne-nous vers toi, Seigneur, et nous nous convertirons" Lm 5,21, nous reconnaissons que la grâce de Dieu nous prévient. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 5.
« Les hommes sont disposés à la justification elle-même lorsque, poussés et aidés par la grâce divine [grâce actuelle], concevant en eux la foi qu'ils entendent prêcher Rm 10,17, ils vont librement vers Dieu, croyant qu'est vrai tout ce qui a été divinement révélé et promis, et, avant tout que Dieu justifie l'impie " par sa grâce, au moyen de la Rédemption qui est dans le Christ Jésus" Rm 3,24 ; lorsque, aussi, comprenant qu'ils sont pécheurs et passant de la crainte de la justice divine, qui les frappe fort utilement, à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s'élèvent à l'espérance, confiants que Dieu, à cause du Christ, leur sera favorable, commencent à l'aimer comme source de toute justice, et, pour cette raison, se dressent contre les péchés, animés par une sorte de haine et de détestation, c'est-à-dire par cette pénitence que l'on doit faire avant le baptême Ac 2,38 ; lorsque, enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d'observer les commandements divins. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 6
« Cette disposition ou préparation est suivie par la justification elle-même, qui n'est pas seulement rémission des péchés,mais à la fois sanctification et rénovation de l'homme intérieur par la réception volontaire de la grâce [sanctifiante] et des dons. Par là, d'injuste l'homme devient juste, d'ennemi ami, en sorte qu'il est "Héritier, en espérance, de la vie éternelle" Tt 3,7. Les causes de cette justification sont celles-ci : cause finale, la gloire de Dieu et du Christ, et la vie éternelle ; cause efficiente : Dieu qui, dans sa miséricorde, lave et sanctifie gratuitement 1Co 6,11 par le sceau et l'onction 2Co 1,21-22 de l'Esprit Saint promis "qui est le gage de notre héritage" Ep 1,13-14 ; cause méritoire : le Fils unique bien-aimé de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ qui, "alors que nous étions ennemis" Rm 5,10, "à cause du grand amour dont il nous a aimés" Ep 2,4, par sa très sainte Passion sur le bois de la croix nous a mérité la justification 1560 et a satisfait pour nous à Dieu son Père ; cause instrumentale, le sacrement du baptême, "sacrement de la foi" sans laquelle il n'y a jamais eu de justification pour personne. Enfin l'unique cause formelle est la justice de Dieu, "non pas celle par laquelle il est juste lui-même, mais celle par laquelle elle nous fait justes ", c'est-à-dire celle par laquelle, l'ayant reçue en don de lui, nous sommes "renouvelés par une transformation spirituelle de notre esprit" Ep 4,23 nous ne sommes pas seulement réputés justes, mais nous sommes dits et nous sommes vraiment justes 1Jn 3,1, recevant chacun en nous la justice, selon la mesure que l'Esprit Saint partage à chacun comme il le veut 1Co 12,11 et selon la disposition et la coopération propres à chacun. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 7.
C’est cela la grâce sanctifiante : la grâce que Dieu infuse en l’âme de celui qu’ainsi il justifie.
Pourriez-vous expliquer ce que vous entendez par ces exigences divines?? Sur quoi vous basez-vous pour les condamner à l'enfer?
J’entends par exigences divines les conditions que Dieu requiert à la justification extra-sacramentelle de l’adulte, savoir les dispositions surnaturelles à la justification dont parle le Concile de Trente : les actes théologaux de foi, d’espérance et de charité.
Je dis que celui qui n’aime pas Dieu de charité est sur la voie de la perdition, et qu’à défaut d’être trouvé en état de grâce sanctifiante au jour de son Jugement particulier, l’homme sera damné, car c’est de foi divine et catholique.
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« En effet, bien que personne ne puisse être juste que si les mérites de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ lui sont communiqués, c'est cependant ce qui se fait dans la justification de l'impie, alors que, par le mérite de cette très sainte Passion, la charité de Dieu est répandue par l'Esprit Saint dans les coeurs (Rm V, 5) de ceux qui sont justifiés et habite en eux. Aussi, avec la rémission des péchés, l'homme reçoit-il dans la justification même par Jésus Christ, en qui il est inséré, tous les dons suivants infus en même temps: la foi, l'espérance et la charité [il s’agit des vertus infuses]. Car la foi à laquelle ne se joignent ni l'espérance ni la charité n'unit pas parfaitement au Christ et ne rend pas membre vivant de son corps. Pour cette raison, l'on dit en toute vérité que la foi sans les oeuvres est morte et inutile (Jc II, 17-20) , et que dans le Christ Jésus ni la circoncision, ni l'incirconcision n'ont de valeur, mais la foi "qui opère par la charité" (Ga. V, 6, VI, 15). C'est elle que, selon la tradition des apôtres, les catéchumènes demandent à l'Eglise avant le sacrement du baptême, quand ils demandent "la foi qui procure la vie éternelle " que, sans l'espérance et la charité, la foi ne peut procurer. Aussi entendent-ils immédiatement la parole du Christ : " Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements " (Mt. XIX,17). C'est pourquoi lorsqu'ils reçoivent la justice véritable et chrétienne, cette première robe (Lc. XV, 22) qui leur est donnée par le Christ à la place de celle que, par sa désobéissance, Adam a perdue pour lui et pour nous, il est ordonné aussitôt à ceux qui viennent de renaître de la conserver blanche et sans tache, pour l'apporter devant le tribunal de notre Seigneur Jésus Christ et avoir la vie éternelle. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 7.
« Par cette constitution qui restera à jamais en vigueur, et en vertu de l’autorité apostolique nous définissons… En outre nous définissons que, selon la disposition générale de Dieu, les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt après leur mort en enfer, où elles sont tourmentées de peines éternelles, et que néanmoins au jour du jugement tous les hommes comparaîtront avec leurs corps « devant le tribunal du Christ » pour rendre compte de leurs actes personnels, « afin que chacun reçoive le salaire de ce qu’il aura fait pendant qu’il était dans son corps, soit en bien, soit en mal » (II Cor. V, 10). » Benoît XII, Constitution Benedictus Deus, 29 janvier 1336.
Cordialement.
[quote] Heu! Parlez de saint Paul sans parlez des pharisiens c'est ne pas connaître que ce dernier était lui-même un pharisien des plus cruels avant sa conversion (cf lapidation de saint Étienne ). Et pour ce qui est du péché originel il était prévu qu'il soit racheté depuis la genèse, ce qui fut accompli par Jésus Christ.[/quote]
L’enseignement de saint Paul est inspiré de Dieu. L’Apôtre est un organe de la révélation. Qu’il ait été formé par des rabbins, qu’il ait persécuté l’Église avant sa conversion, n’y change strictement rien. Et c’est dans le NT, principalement aux épîtres pauliniennes, qu’est explicitement enseigné la doctrine du péché originel, qui est un dogme de foi.
Le péché originel implique damnation. « La peine du péché originel est la privation de la vision de Dieu, mais la peine du péché actuel est le supplice de la géhenne éternelle » (Innocent III, Lettre Maiores Ecclesiae causas à l'archevêque Humbert d'Arles, fin de 1201). Bref l’humanité naît coupable, est une masse de damnation, que Jésus rachète par sa Passion. « Mais, bien que lui soit " mort pour tous " (II Cor. V,15), tous cependant ne reçoivent pas le bienfait de sa mort. mais ceux-là seulement auxquels le mérite de sa Passion est communiqué. » (Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 3).
[quote] Enfin au final vous n'expliquez rien!! Dans votre esprit c'est quoi la grâce sanctifiante, parce que vous ne faites que de l'affirmation gratuite! Quelque chose vous échappe mais je ne vous crois pas en mesure de le saisir![/quote]
La grâce habituelle est sanctifiante est un habitus surnaturellement infus par lequel Dieu opère notre justification, laquelle est rénovation et sanctification.de l’homme intérieur. C’est par elle que nous sommes saints. Sans elle, vous êtes en état de péché mortel.
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« La Très Sainte Trinité donne au baptisé la grâce sanctifiante, la grâce de la justification qui : le rend capable de croire en Dieu, d’espérer en Lui et de L’aimer par les vertus théologales ; lui donne de pouvoir vivre et agir sous la motion de l’Esprit Saint par les dons du Saint-Esprit ; lui permet de croître dans le bien par les vertus morales… » CEC, n. 1266.
« La grâce du Christ est le don gratuit que Dieu nous fait de sa vie infusée par l’Esprit Saint dans notre âme pour la guérir du péché et la sanctifier : C’est la grâce sanctifiante ou déifiante, reçue dans le Baptême. Elle est en nous la source de l’œuvre de sanctification (cf. Jn IV, 14 ; VII, 38-39) : Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle ; l’être ancien a disparu, un être nouveau est là. Et le tout vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui par le Christ (II Cor V, 18). » CEC, n. 1999.
« La grâce sanctifiante est un don habituel, une disposition stable et surnaturelle perfectionnant l’âme même pour la rendre capable de vivre avec Dieu, d’agir par son amour. On distinguera la grâce habituelle, disposition permanente à vivre et à agir selon l’appel divin, et les grâces actuelles qui désignent les interventions divines soit à l’origine de la conversion soit au cours de l’œuvre de la sanctification. » CEC, n. 2000.
« La grâce sanctifiante est le don gratuit que Dieu nous fait de sa vie, infusée par l’Esprit Saint dans notre âme pour la guérir du péché et la sanctifier. » CEC, n. 2023.
« La grâce sanctifiante nous rend " agréables à Dieu ".Les charismes, grâces spéciales du Saint -Esprit, sont ordonnés à la grâce sanctifiante et ont pour but le bien commun de l’Église. Dieu agit aussi par des grâces actuelles multiples qu’on distingue de la grâce habituelle, permanente en nous. » CEC, n. 2024.[/spoiler]
Les théologiens s’opposent entre eux quant au rapport de la grâce sanctifiante et de la vertu théologale de charité. Saint Thomas d’Aquin les distingue comme deux habitus distincts, l’un entitatif, l’autre opératif, au terme d’une analogie de proportionnalité tirée de l’âme et de ses facultés. Selon ce schéma la grâce sanctifiante est infuse dans l’essence de l’âme, la charité est infuse dans la volonté. D’autres assimilent purement et simplement la grâce sanctifiante et la charité. Ce serait le cas du bienheureux Duns Scot. C’est assurément celui de saint François de Sales, Traité de l’amour de Dieu, livre XI, chapitre 8 ; opinion à laquelle je souscris.
Par ailleurs, dans l’enseignement doctrinal du Concile Œcuménique de Trente, l’acte de charité est présenté à la fois comme l’ultime cause dispositive à la justification (= à l’infusion de la grâce sanctifiante) ET comme un effet découlant de cette justification. Les théologiens dominicains l’expliquent comme suit : sous le rapport de la causalité dispositive l’acte de charité est antécédent à la justification, tandis que sous celui de la causalité formelle il est conséquent à cette justification. Le même acte de charité est donc à la fois cause et effet de la justification, mais sous des rapports différents (causalité dispositive / causalité formelle), donc sans contradiction, selon une causalité réciproque et simultanée, l’antécédente et la conséquence n’étant que de raison raisonnée.
De sorte qu’avant d’affirmer que je ne saurais pas de quoi je parle ou qu’une chose m’échapperait ici, vous auriez été bien avisé d’être plus circonspect…
Si vous souhaitez approfondir la doctrine catholique, ceci :
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« Le concile déclare, en outre, que la justification elle-même chez les adultes a son origine dans la grâce prévenante de Dieu par Jésus Christ, c'est-à-dire dans un appel de Dieu par lequel ils sont appelés sans aucun mérite en eux. De la sorte, ceux qui s'étaient détournés de Dieu par leurs péchés, poussés et aidés par la grâce [actuelle], se disposent à se tourner vers la justification que Dieu leur accorde, en acquiesçant et coopérant librement à cette même grâce. De cette manière, Dieu touchant le coeur de l'homme par l'illumination de l'Esprit Saint, d'une part l'homme lui-même n'est pas totalement sans rien faire, lui qui accueille cette inspiration qu'il lui est possible de rejeter, d'autre part, pourtant, sans la grâce de Dieu, il ne lui est pas possible, par sa propre volonté, d'aller vers la justice en présence de Dieu. Aussi, lorsqu'il est dit dans la sainte Ecriture " Tournez- vous vers moi et moi je me tournerai vers vous" Za 1,3,notre liberté nous est rappelée ; lorsque nous répondons "Tourne-nous vers toi, Seigneur, et nous nous convertirons" Lm 5,21, nous reconnaissons que la grâce de Dieu nous prévient. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 5.
« Les hommes sont [b]disposés[/b] à la justification elle-même lorsque, poussés et aidés par la grâce divine [grâce actuelle], concevant en eux la foi qu'ils entendent prêcher Rm 10,17, ils vont librement vers Dieu, croyant qu'est vrai tout ce qui a été divinement révélé et promis, et, avant tout que Dieu justifie l'impie " par sa grâce, au moyen de la Rédemption qui est dans le Christ Jésus" Rm 3,24 ; lorsque, aussi, comprenant qu'ils sont pécheurs et passant de la crainte de la justice divine, qui les frappe fort utilement, à la considération de la miséricorde de Dieu, ils s'élèvent à l'espérance, confiants que Dieu, à cause du Christ, leur sera favorable, commencent à l'aimer comme source de toute justice, et, pour cette raison, se dressent contre les péchés, animés par une sorte de haine et de détestation, c'est-à-dire par cette pénitence que l'on doit faire avant le baptême Ac 2,38 ; lorsque, enfin, ils se proposent de recevoir le baptême, de commencer une vie nouvelle et d'observer les commandements divins. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 6
« [b]Cette disposition ou préparation est suivie par la justification elle-même[/b], qui n'est pas seulement rémission des péchés,mais à la fois sanctification et rénovation de l'homme intérieur par la réception volontaire de la grâce [sanctifiante] et des dons. Par là, d'injuste l'homme devient juste, d'ennemi ami, en sorte qu'il est "Héritier, en espérance, de la vie éternelle" Tt 3,7. [b]Les causes de cette justification sont[/b] celles-ci : cause finale, la gloire de Dieu et du Christ, et la vie éternelle ; cause efficiente : Dieu qui, dans sa miséricorde, lave et sanctifie gratuitement 1Co 6,11 par le sceau et l'onction 2Co 1,21-22 de l'Esprit Saint promis "qui est le gage de notre héritage" Ep 1,13-14 ; cause méritoire : le Fils unique bien-aimé de Dieu, notre Seigneur Jésus Christ qui, "alors que nous étions ennemis" Rm 5,10, "à cause du grand amour dont il nous a aimés" Ep 2,4, par sa très sainte Passion sur le bois de la croix nous a mérité la justification 1560 et a satisfait pour nous à Dieu son Père ; cause instrumentale, le sacrement du baptême, "sacrement de la foi" sans laquelle il n'y a jamais eu de justification pour personne. Enfin [b]l'unique cause formelle est la justice de Dieu, "non pas celle par laquelle il est juste lui-même, mais celle par laquelle elle nous fait justes ", c'est-à-dire celle par laquelle, l'ayant reçue en don de lui, nous sommes "renouvelés par une transformation spirituelle de notre esprit"[/b] Ep 4,23 nous ne sommes pas seulement réputés justes, mais nous sommes dits et nous sommes vraiment justes 1Jn 3,1, recevant chacun en nous la justice, selon la mesure que l'Esprit Saint partage à chacun comme il le veut 1Co 12,11 et selon la disposition et la coopération propres à chacun. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 7.
C’est cela la grâce sanctifiante : la grâce que Dieu infuse en l’âme de celui qu’ainsi il justifie.[/spoiler]
[quote] Pourriez-vous expliquer ce que vous entendez par ces exigences divines?? Sur quoi vous basez-vous pour les condamner à l'enfer?[/quote]
J’entends par exigences divines les conditions que Dieu requiert à la justification extra-sacramentelle de l’adulte, savoir les dispositions surnaturelles à la justification dont parle le Concile de Trente : les actes théologaux de foi, d’espérance et de charité.
Je dis que celui qui n’aime pas Dieu de charité est sur la voie de la perdition, et qu’à défaut d’être trouvé en état de grâce sanctifiante au jour de son Jugement particulier, l’homme sera damné, car c’est de foi divine et catholique.
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« En effet, bien que personne ne puisse être juste que si les mérites de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ lui sont communiqués, c'est cependant ce qui se fait dans la justification de l'impie, alors que, par le mérite de cette très sainte Passion, la charité de Dieu est répandue par l'Esprit Saint dans les coeurs (Rm V, 5) de ceux qui sont justifiés et habite en eux. Aussi, avec la rémission des péchés, l'homme reçoit-il dans la justification même par Jésus Christ, en qui il est inséré, tous les dons suivants infus en même temps: la foi, l'espérance et la charité [il s’agit des vertus infuses]. Car la foi à laquelle ne se joignent ni l'espérance ni la charité n'unit pas parfaitement au Christ et ne rend pas membre vivant de son corps. Pour cette raison, l'on dit en toute vérité que la foi sans les oeuvres est morte et inutile (Jc II, 17-20) , et que dans le Christ Jésus ni la circoncision, ni l'incirconcision n'ont de valeur, mais la foi "qui opère par la charité" (Ga. V, 6, VI, 15). C'est elle que, selon la tradition des apôtres, les catéchumènes demandent à l'Eglise avant le sacrement du baptême, quand ils demandent "la foi qui procure la vie éternelle " que, sans l'espérance et la charité, la foi ne peut procurer. Aussi entendent-ils immédiatement la parole du Christ : " Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements " (Mt. XIX,17). C'est pourquoi lorsqu'ils reçoivent la justice véritable et chrétienne, cette première robe (Lc. XV, 22) qui leur est donnée par le Christ à la place de celle que, par sa désobéissance, Adam a perdue pour lui et pour nous, il est ordonné aussitôt à ceux qui viennent de renaître de la conserver blanche et sans tache, pour l'apporter devant le tribunal de notre Seigneur Jésus Christ et avoir la vie éternelle. » Concile Œcuménique de Trente, Décret sur la justification, chapitre 7.
« Par cette constitution qui restera à jamais en vigueur, et en vertu de l’autorité apostolique nous définissons… En outre nous définissons que, selon la disposition générale de Dieu, les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel descendent aussitôt après leur mort en enfer, où elles sont tourmentées de peines éternelles, et que néanmoins au jour du jugement tous les hommes comparaîtront avec leurs corps « devant le tribunal du Christ » pour rendre compte de leurs actes personnels, « afin que chacun reçoive le salaire de ce qu’il aura fait pendant qu’il était dans son corps, soit en bien, soit en mal » (II Cor. V, 10). » Benoît XII, Constitution Benedictus Deus, 29 janvier 1336.
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Cordialement.