Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions ecclésiales

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par Altior » jeu. 28 mars 2024, 20:12

Je trouve très juste cette analyse de l'Église Orthodoxe Russe. Je remarque concision et langage clair.

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par Gaudens » jeu. 28 mars 2024, 11:23

La commission biblique et théologique de l’Eglise orthodoxe russe vient de publier une étude sur Fiducia Suplicans (lien ci-dessous et texte de la conclusion).L’Eglise russe a certes donné un mauvais exemple ces dernières années en suivant aveuglément les pratiques poutiniennes, jusqu’à justifier l’agression contre l’Ukraine.Ce n’est pas cependant de nature à invalider toutes ses prises de position,d’autant que cette commission est présidée par l’archevêque Hilarion Alfeiev,ancien responsable des relations extérieures du Patriarcat de Moscou et marginalisé il y a quelques années en lui confiant le maigre troupeau orthodoxe de Hongrie . Le brillant Mgr Alfeiev est connu pour un certain philocatholicisme et ses bonnes relations avec les catholiques.
Du reste la lecture de ce document équilibré et prudent dans sa formulation donne l'impression d'un certain recentrage par rapport à des propos antérieurs très agressifs de l'Eglise russe et de son patriarche sur ces sujets, peut-être l'amorce de virages ecclésiaux à venir dans cette Eglise.

https://orthodoxie.com/document-de-legl ... ucia-suppl
(source :orthodoxie.com)
Conclusions:
La Déclaration « Fiducia supplicans », tout en proclamant formellement la fidélité à la conception chrétienne du sacrement du mariage et à la pratique des bénédictions, postule en fait une rupture aiguë avec cette fidélité. Comme le montre l’analyse ci-dessus, cette rupture signifie un rejet de l’idéal moral chrétien.
L’introduction d’un nouveau concept des bénédictions en dehors du concept « classique » (lié à l’accomplissement de la volonté de Dieu par ceux qui sont bénis) ne trouve pas, dans le texte, de fondement dans la sainte Écriture. Il ne peut y avoir au demeurant un tel fondement, du fait que la pratique introduite des bénédictions se trouve en radicale contradiction avec l’enseignement moral biblique.
La compréhension unilatérale et déficiente de l’amour de Dieu pour l’homme reflétée dans cette déclaration est théologiquement fort dangereuse. Dans celle-ci, les concepts de péché et de repentir sont de facto écartés de la relation entre Dieu et l’homme, ce qui conduit à une logique si paradoxale, que lorsque des personnes ont des relations pécheresses, elles recourent non pas au repentir et au labeur spirituel, mais à une forme de bénédiction dans l’espoir de recevoir la « guérison » et la « croissance » La déclaration n’articule pas le fait que la « guérison » et la « croissance » doivent au moins être précédées par l’intention d’abandonner la relation pécheresse.
Dans le contexte des processus en cours dans la communauté chrétienne, ce document peut être perçu comme une étape vers la pleine reconnaissance par l’Église catholique romaine des « unions de même sexe » en tant que norme, ce qui s’est déjà produit dans un certain nombre de communautés protestantes.
Tous les croyants, y compris ceux qui ont des aspirations homosexuelles, ont besoin de soins pastoraux. Toutefois, ces derniers ne doivent pas viser à légitimer un mode de vie pécheur, mais à guérir l’âme de la personne qui souffre, comme il est écrit à juste titre dans les « Fondements de la conception sociale de l’Église orthodoxe russe » : « Les aspirations homosexuelles, ainsi que les autres passions qui tourmentent l’homme déchu, sont guéries par les Sacrements, la prière, le jeûne, la pénitence, la lecture des Saintes Écritures et des œuvres des saints Pères, ainsi que par les contacts chrétiens avec des personnes croyantes prêtes à apporter un soutien spirituel. Tout en traitant les personnes ayant des tendances homosexuelles avec une responsabilité pastorale, l’Église s’oppose aussi fermement aux tentatives de présenter la tendance au péché comme une “norme »[39].
Bien que la déclaration « Fiducia supplicans » soit un document interne de l’Église catholique, l’Église orthodoxe russe considère qu’il est de son devoir de réagir à de telles innovations radicales qui rejettent les normes de la morale chrétienne révélées par Dieu. L’Église, qui accepte avec amour maternel et condescendance chaque pécheur individuel qui demande sa bénédiction, ne peut en aucun cas bénir des « couples de même sexe », car cela signifierait que l’Église consent de facto à une union revêtant un caractère pécheur

Re: Se convertir en ces temps modernes

par poche » mer. 27 mars 2024, 8:22

Je vais maintenant expliquer pourquoi les enseignements actuels de l'Église catholique en matière d'homosexualité n'ont pas vraiment changé.
Le document, dit Fiducia Suplicans,Comme dans la réponse déjà mentionnée du Saint-Père aux Dubia de deux Cardinaux, cette déclaration reste ferme sur la doctrine traditionnelle de l'Église concernant le mariage, n'autorisant aucun type de rite liturgique ou de bénédiction similaire à un rite liturgique qui pourrait prêter à confusion. La valeur de ce document, cependant, est qu'il offre une contribution spécifique et innovante à la signification pastorale des bénédictions, qui permet d'en élargir et enrichir la compréhension classique, étroitement liée à une perspective liturgique. Cette réflexion théologique, basée sur la vision pastorale du Pape François, implique un réel développement par rapport à ce qui a été dit sur les bénédictions dans le Magistère et les textes officiels de l'Église. Pour cette raison, le texte a pris la forme d'une « Déclaration ».

Trois situations illustrent cela. Le premier concerne un prêtre orthodoxe avec qui je parlais il y a environ 30 ans. Il me disait que nous, les catholiques, ne sommes pas en pleine communion avec les orthodoxes et qu'il ne pouvait pas me donner la communion dans son église.Il m'a raconté qu'une fois, il avait été appelé à l'hôpital pour apporter les sacrements à un chrétien orthodoxe très malade. Après lui avoir parlé pendant un moment, il a découvert que ce chrétien orthodoxe appartenait à une communauté orthodoxe avec laquelle ils n'étaient pas en communion. Au lieu de donner les derniers rites à cet homme très malade, il lui a donné une bénédiction spéciale dans laquelle il a prié pour la guérison de cet homme. Peu de temps après, l’homme s’est rétabli.

Une autre fois, j'amenais un groupe d'hommes à se confesser. L'un d'eux qui voulait vraiment y aller était quelqu'un qui n'avait jamais fait sa première communion. Il était à cette époque un adulte. Cette personne est entrée au confessionnal. Quand il est sorti, c'est ce qu'il m'a dit. Lorsque le prêtre s'est rendu compte qu'il ne s'était jamais confessé auparavant, il lui a demandé s'il connaissait les dix commandements. Il a dit non." Puis il lui a demandé s'il connaissait certaines de ses prières. Il a dit non." Au lieu de lui donner l’absolution, il lui donna une bénédiction particulière. Un an et demi plus tard, il termine sa catéchèse et fait sa première communion.

Troisièmement, avant Vatican II, il était très courant de faire la queue aux enfants des écoles ou aux membres des instituts religieux pour se confesser, qu'ils en aient besoin ou non. Le P. Jacques Alberione faisait cela dans sa communauté chaque fois qu'il avait un problème qu'il ne parvenait pas à résoudre. Saint Alphonse Ligouri a écrit à propos de cette pratique et a dit que si vous étiez dans cette lignée et n'aviez rien fait de mal, alors recevez simplement la bénédiction du prêtre et continuez votre chemin.

C'est ce que j'ai dit à propos de Vatican II. Ce ne sont pas les enseignements qui ont changé, mais plutôt la façon dont nous réagissons aux autres qui a changé.

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par cmoi » ven. 26 janv. 2024, 6:20

Bonjour Olivier,

Je suis tout à fait d’accord avec vos 2 idées principales : le discrédit, la valeur de mauvais exemple et non d’exception. Néanmoins, avant de répondre à la troisième et dernière, n’avons-nous pas l’obligation de chercher et de nous dire en quoi il pourrait avoir raison ?
Non pas tant dans l’écriture et la Tradition, après tout ce serait sa responsabilité à lui, mais dans le fait en résultant que cette bénédiction aboutirait à la destruction de ce qui aura été béni (d’où l’idée de piège déjà partagée avec au moins un autre membre).

Il est possible à cet égard de considérer que cette décision n’est pas fausse en soi, une erreur, mais neutre. De ne pas y accoler d ‘office le motif de céder devant et pour le contentement du monde comme une infamie.
Il est plus courtois et légitime de considérer que le pape y a pu penser (et bien qu’il ait aussi pu vouloir se prononcer en faveur du for interne et de la conscience des concernés : qui était-il pour les juger ?). Qu’en conséquence, car il ne le serait pas (ce serait le juger démissionnaire) de considérer qu’il a pu prendre cette décision pour interroger le Ciel (par les résultats probants du sort qui adviendrait à ces couples bénis), cette neutralité n’a rien d’une tolérance niaise, et donne bien à l’acte de bénédiction une portée miraculeuse proche comme je l’avais souligné de la bigoterie.
Mais il faut être prudent avec la bigoterie : n’arrive-t-il pas à Dieu d’en exhausser parfois une prière ?

Serait-il possible que ce soit pour permettre cette éventualité qu’il a pris cette décision ? Comme s’il avait voulu accélérer le jugement divin, et non la miséricorde, donnant à l’acte de bénir un sens tout à fait nouveau, ce qui est bien proposé, mais différent de celui exposé. Proche de placer des chardons ardents sur leur tête. Un sens lui échappant, à la façon dont selon Jean Caïphe prophétisa sur la mort de Jésus…
Il se pourrait néanmoins que cela n’accélère rien. Sauf pour ceux à qui sera donné une grâce de lumière et de salut.
La sorcellerie consiste à spéculer sur le sort et nous l’évitons de peu. Est-ce nous, ou y avons-nous été poussés ?

Au-delà du trouble dû à des connaissances théologiques qui nous y feraient voir un impair, quelque chose de retors ou de faux, après tout il y a en sens contraire des personnes et même chrétiennes qui applaudiront le pape et certaines l'auront en esprit devancé, il y a ce trouble-là et qui est bien plus profond et insidieux, déstabilisant, qui affecte même des personnes simples et peu férues en théologie, mais à la foi vivante.

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par Olivier JC » jeu. 25 janv. 2024, 14:21

Bonjour,

Il me semble que l'on aurait beau tourner le problème dans tous les sens, aucune interprétation neutralisante et orthodoxisante de cette déclaration n'est possible, contrairement à ce qui avait été possible avec Amoris Laetitia.

Ce qui est terrible est que la principale victime de cette déclaration, et plus globalement de tout le pontificat en cours, est précisément le ministère pétrinien. Car il est de foi que le ministère pétrinien jouit d'un pouvoir plénier et suprême sur l'Eglise dans son ensemble, de telle sorte que la seule limite à ce que le Souverain Pontife peut faire dépend de son appréciation des nécessités du salut, principe supérieur à toute autre règle existante au sein de l'Eglise universelle. Or, il apparaît de manière de plus en plus manifeste que l'appréciation des nécessités du salut par l'actuel occupant du Siège romain est discutable, surprenante et pour tout dire inquiétante.

La question de la bénédiction de situations objectivement peccamineuses est seconde, sans être secondaire naturellement, par rapport à cette problématique.

Que faire, hélas, lorsque le pouvoir est utilisé pour détruire l'autorité qui en justifie l'existence ?

+

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par cmoi » jeu. 25 janv. 2024, 6:09

nicolas-p a écrit : mer. 24 janv. 2024, 13:55 un autre article de théologien:
https://revuethomiste.fr/contenu-editor ... -de-la-foi
Pour moi, le cœur du sujet se trouve dans le point 5, qui met en exergue la contradiction entre 2 textes émanant de la même source.
La synthèse essentielle sur laquelle doit porter la réflexion se retrouve dans cette phrase:
la bénédiction d’un couple est la bénédiction des relations qui font ce couple, et ces relations elles-mêmes naissent et s’entretiennent par des actes humains. Par conséquent, si les actes humains sont désordonnés (c’est-à-dire, comme on l’a dit, perdant de vue le vrai bien pour s’attacher à un bien apparent), s’ils sont donc des péchés, la bénédiction du couple serait automatiquement la bénédiction d’un mal, quoi qu’il en soit des actes moralement bons exercés par ailleurs (comme par exemple le soutien mutuel).
Et qui impose pour nécessité et sa justification de
bâtir un dossier solide, montrant par le recours à l’Écriture et la Tradition, a) à quelles conditions il serait possible de bénir une réalité sans bénir le péché qui lui est attaché, b) comment cette solution s’harmoniserait avec le Magistère antérieur.
Je ne traiterai à présent que le point A et simplement pour analyser à quoi il tient et en exposer les attendus (le point B ne viendrait qu’en second et pour une illustration de confirmation).

Au nombre de ces actes humains précités, il en est de bons et de mauvais et parmi les mauvais il y a les relations sexuelles qui sont désordonnées.
  • La première question devient donc de savoir si ceux qui sont bons peuvent être estimés indépendants de celui qui est mauvais et suffisants pour estimer qu’ils suffisent à former le couple.
    Il est possible de répondre oui.
    Mais elle débouche sur une autre question subsidiaire : bien qu’indépendants, contribuent-ils ou non à maintenir l’existence de celui qui est mauvais ?
    Il me semble difficile de répondre non.
Par conséquent, cette bénédiction, pour autant qu’elle pourrait avoir lieu au regard des actes bons, ne pourrait pas avoir d‘autre finalité que de leur permettre de se poursuivre, de se développer et de se prolonger en dehors de ce couple, mais de le rompre pour faire disparaitre ceux qui sont mauvais.

Est-il possible d’envisager dans un tel cas une bénédiction ?

La réponse devra être trouvée dans l’Ecriture Sainte et/ou le point B.

(Il n'en reste pas moins qu'à défaut d'avoir été donnée (cette réponse comme une vérité révélée), et comme il n'y a pas d'urgence, la décision prise semble avoir été trop précipitée. Mais ce qu'il y a d'intéressant derrière le fait avéré, c'est qu'alors qu'il y a là manifestement de quoi s'interroger, on voit bien dans ce qui se passe la différence avec tous les autres cas qui jusqu'alors ont été montés en épingle par certains comme relevant du même, voire de pire, à d'autres occasions... et qui en cela montrent de la part des mêmes (et quelles que soient leurs tendances) un désordre de l'ordre de la désobéissance )

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par nicolas-p » mer. 24 janv. 2024, 13:55

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par Léon » mer. 24 janv. 2024, 13:04

Coco lapin a écrit : mar. 23 janv. 2024, 21:31
Léon a écrit :En réalité, les unions/couples irréguliers hors mariage n'existent pas. On peut parler de "pacte entre individus" mais pas de "couple", ni "union"...
[...]
En fait, on commence à mentir quand on triche sur la dénomination et qualification des choses.
Si vous êtes cohérent, vous en déduirez donc que l'auteur de FS a menti/triché.
J'en déduis d'abord que le coeur de l'homme est malade...
Lapider mon prochain ? Lapider l'auteur/ les auteurs de FS ? Non...
Je suis plutôt porté à défendre la Famille, le Mariage, le bien de la société et des Personnes, avec de petits moyens, à mon petit niveau.

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par prodigal » mer. 24 janv. 2024, 10:13

Mais ce n'est pas sérieux non plus que de dire que ce qui existe n'existe pas, sous prétexte que cela nous déplaît.

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par Léon » lun. 22 janv. 2024, 10:06

Bonjour Altior,

La clarté que vous attendez des Pasteurs légitimes est déjà là, de mon point de vue. C'est peut-être nous qui sommes "bouchés" d'oreilles et de coeur comme en intelligence.

Si le Conseil permanent de la CEF ne cite pas le terme de couples/unions irréguliers dans ce premier discernement, c'est bien qu'il y a une raison, non ? Il est donc nécessaire de revenir au principe de réalité et donc de bien nommer les choses.

En réalité, les unions/couples irréguliers hors mariage n'existent pas. On peut parler de "pacte entre individus" mais pas de "couple", ni "union"... même avec de grands sentiments et tout le volontarisme du monde pour parodier ou singer le mariage. Idem, un "contrat civil" comme le PACS ou un "contrat sentimental" dans le concubinage appelé "union libre", c'est un abus de langage, et ne peut être qualifié de couple ou d'union.

Ce qui caractérise une union, un couple, c'est l'engagement public définitif et l'ouverture à la procréation, au don de la vie, et à l'éducation du fruit de cette union: c'est l'institution de la Famille.

En fait, on commence à mentir quand on triche sur la dénomination et qualification des choses. C'est contraire à la vérité des choses, et contraire aussi au principe de réalité, c'est à dire un mal objectif envers les personnes et la société humaine. C'est pas facile comme sujet, parce que les notions et les mots ont leurs limites.

Aujourd'hui, j'ai pas le temps, mais nous devrions nous tourner vers l'Enseignement de l'Eglise et le Catéchisme CEC en vigueur. C'est sans doute plus solide que nous quoi.

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par Altior » sam. 20 janv. 2024, 19:39

Même si Léon a raison, c'est à dire que, dans l'intention de Fiducia Supp. il s'agisse de bénédiction des personnes et non des couples, le document sème la confusion, dans la droite descendance d'Amoris Laetitia. Car l'une est la conséquence logique de l'autre. Si on peut recevoir la Communion en état de péché mortel, qui ne serait pas si mortel que ça, alors pourquoi ne pourrait-on recevoir une bénédiction ?

Or, j'attends de la part des pasteurs de la clarté, j'attends surtout de la part de la tête de l'Église Militante qu'il milite pour les vertus enseignées par Dieu.

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par Gaudens » sam. 20 janv. 2024, 15:14

Je suis hélas plutôt de l'avis de Coco Lapin.
Léon écrit que l'important c'est l'esprit et non la lettre
Eh bien,je crois que l'esprit de tout cela, celui de la lettre Fiducia Supplicns en particulier c'est de se soumettre à la doxa occidentale post-chrétienne qui , en à peine une décennie, a mis la totalité de l'agenda du lobby LGBT au centre de ses valeurs. Retournement inoui ,surtout quand on pense aux opinions radicalement inverses - et souvent ignoblement méprisantes envers les personnes - qui régnaient dans nos sociétés depuis de très,très longs siècles. Appuyées sur l'Ecriture et la Tradition constantes de l'Eglise La pression est devenue telle,relayée par la quasi totalité des média et des gouvernements occidentaux qu'elle s'exerce maintenant de plus en plus sur les Eglises et communautés chrétiennes, au point d e menacer jusqu'à la liberté religieuse.
Il suffit d'observer la polémique que fait enfler à plaisir le lobby LGBT médiatique ( action judiciaire à la clé) autour de ce qui serait supposé se passer au collège Stanislas à Paris. Je ne connais pas le fond de l'affaire et d'éventuels faits concrets derrière cela mais je constate que l'administration dû collège a dû livrer en pâture au public et à la justice un catéchiste bénévole en raison de propos "homophobes" qu'il aurait tenu Le temps vient où l'Eglise n'aura plus le droit,aux yeux de la République française et quelques autres régimes politiques, d'affirmer que la seule union charnelle qui plaise à Dieu et soit conforme au plan divin de la Création, est celle qui unit un homme et une femme au sein du mariage . ll y a gros à parier que les condamnations en justice vont pleuvoir et les rétorsions matérielles et légales avec elles (la mairie de Paris,pour commencer ,qui vient de suspendre sa subvention au collège en question ). Bref la République se donnera le droit de faire changer la catéchèse de l'Eglise.

Ce que le pape François et le cardinal Tucho Besa Me Mucho (un surnom que lui ont donné les Argentins en raison de ses livres contestables) veulent, c'est bien se conformer à ces exigences sous peine d'être bientôt mis au ban du politiquement correct qui les a encensé jusqu'à présent et de perdre les riches Eglises de l'Europe du Nord. Tout le reste n'est que de l'écume,je le crains.

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes en couple hors mariage

par Coco lapin » sam. 20 janv. 2024, 13:09

Olivier JC, citant le CEC, a écrit :1858 La matière grave est précisée par les Dix commandements selon la réponse de Jésus au jeune homme riche : " Ne tue pas, ne commets pas d’adultère, ne vole pas, ne porte pas de faux témoignage, ne fais pas de tort, honore ton père et ta mère " (Mc 10, 18). La gravité des péchés est plus ou moins grande : un meurtre est plus grave qu’un vol. La qualité des personnes lésées entre aussi en ligne de compte : la violence exercée contre les parents est de soi plus grave qu’envers un étranger.
Dans ce cas, tout serait matière grave. Je pensais que « matière grave » désignait une catégorie de péchés (comme le vol, ou le mensonge) ou une sous-catégorie (comme le meurtre, inclus dans la catégorie "violence physique"). Mais le catéchisme de St Pie X distingue bien les différents types de mensonges, et il semble que même un mensonge pernicieux n'est pas forcément grave (ça dépend du préjudice). Bref, on dirait qu'il faut en conclure qu'il n'y a pas de catégories où tout péché est forcément grave, mais que la gravité du péché dépend surtout de la gravité du tort fait au prochain (ou à Dieu, ou à soi-même).
Cependant, je crois bien que l'impureté est une catégorie où tout péché est mortel (dès lors qu'il est commis en pleine conscience et avec une volonté délibérée).
Olivier JC a écrit :Il faudrait cependant une analyse de théologie morale plus poussée sur ces points, les deux Catéchismes cités ayant une visée propre qui constitue, en la matière, leur propre limite. Ainsi, dans le cas du mensonge et du vol, apparaît l'idée que la gravité dépend du tort fait au prochain, ce qui tendrait à placer la distinction non dans l'objectivité de l'acte, mais dans l'intention.
Dans l'intention, j'en doute. Un cambrioleur ne réfléchit généralement pas au tort qu'il va causer au propriétaire, mais se préoccupe essentiellement de se servir selon ses envies, en vue de son seul bénéfice. La ruine ou la dépression du proprio ne sont que des conséquences secondaires, non directement voulues. Pourtant le péché est grave dans tous les cas, donc je pense que la gravité repose plutôt sur le tort objectif fait au prochain, proportionnellement à sa situation, son état, etc.

Léon a écrit :C'est bien l'accueil et la bénédiction spontanée des personnes dont il s'agit, et non la bénédiction des couples = unions.
La bénédiction des couples irréguliers nécessiterait un rituel, tout à fait exclu du document au n°36.
FS ne précise pas qu'il s'agit de bénir seulement les personnes et non leur union. En plus, quand on lit "bénédiction d'un couple de même sexe", on le comprend évidemment dans le sens "bénédiction d'un couple homosexuel", et non "bénédiction d'un couple d'homosexuels". En effet, selon le texte, c'est la nature du couple (de l'union, donc) qui est "de même sexe" (c'est-à-dire homosexuelle), et non les personnes qui le composent. Sinon il fallait écrire "bénédiction de couples de personnes de même sexe" ou "bénédiction de personnes homosexuelles en couple". Mais c'est pas le cas. Il y a donc clairement une volonté de tromper.

Ce communiqué de la CEF est pathétique, et ne sert à rien. On dirait que chez eux, c'est pas simplement le mot "enfer" qui est devenu tabou, mais carrément le mot "péché" et le concept même "d'action contraire à la volonté de Dieu". Comme s'il fallait surtout pas froisser les gens. Bref, ils ont oublié le devoir de correction fraternelle. Pour bien faire, ils auraient au moins dû rappeler que toute union en dehors du mariage est contraire à la volonté de Dieu, et ne peut pas être bénie, même de façon non-liturgique. Car, tandis que le prêtre dit "je vais bénir ce couple" en pensant "ces deux personnes ici réunies", les deux personnes en question pensent "oui, c'est ça, bénissez notre couple (c'est-à-dire notre union)".

Léon a écrit :Je suggère donc vivement à la modération du forum, de corriger le titre du fil de discussion: "fiducia supplicans et la bénédiction des personnes hors mariage", et non "bénédiction des couples hors mariage", par exemple...
Hélas, ce n'est pas ce qui est écrit dans FS. Les média n'ont pas menti du tout quand ils ont clamé que le pape François autorisait la bénédiction des couples de même sexe.

Re: Fiducia supplicans et la bénédiction des personnes hors mariage

par Léon » sam. 20 janv. 2024, 10:57

Toto2,

le Conseil permanent de la CEF a exprimé un premier discernement sur la réception du document, document qui appelle justement au discernement des ministres ordonnés, et c'est ce qu'ils ont fait.
C'est l'esprit de la lettre l'important, pas la lettre en elle-même.
Donc c'est bien le discernement des ministres ordonnés et légitimes qui compte, parce que c'est lui qui va permettre l'accueil et la bénédiction des personnes qui se présentent.

Haut