par etienne lorant » jeu. 25 sept. 2008, 10:27
Livre de l'Ecclésiaste 1,2-11.
Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité !
Quel profit l'homme retire-t-il de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ?
Une génération s'en va, une génération arrive, et la terre subsiste toujours.
Le soleil se lève, le soleil se couche ;il se hâte de retourner à sa place, et de nouveau il se lèvera.
Le vent part vers le midi, il tourne vers le nord ;il tourne et il tourne, et il recommence à tournoyer.
Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est pas remplie ;dans le sens où vont les fleuves, les fleuves continuent de couler.
Tout discours est fatigant, on ne peut jamais tout dire. L'oeil n'a jamais fini de voir, ni l'oreille d'entendre.
Ce qui a existé, c'est cela qui existera ;ce qui s'est fait, c'est cela qui se fera ;il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Y a-t-il une seule chose dont on dise :« Voilà enfin du nouveau ! »- Non, cela existait déjà dans les siècles passés.
Seulement, il ne reste pas de souvenir d'autrefois ;de même, les événements futurs ne laisseront pas de souvenir après eux.
Psaume 90(89),3-4.5-6.12-13.14.17.
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos coeurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains ; oui, consolide l'ouvrage de nos mains.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,7-9.
Hérode, prince de Galilée, apprit tout ce qui se passait, et il ne savait que penser, parce que certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d'entre les morts.
D'autres disaient : « C'est le prophète Élie qui est apparu. » D'autres encore : « C'est un prophète d'autrefois qui est ressuscité. »
Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l'ai fait décapiter ; mais qui est cet homme dont j'entends tellement parler ? » Et il cherchait à le voir.
A première lecture, le texte de Qoéleth, l’Ecclésiaste, paraît terriblement pessimiste. Mais à le lire jusqu’au bout, puis le relire et le relire encore, il s’en dégage une telle poésie que, pour ma part, j’ai fini un jour par le recopier entièrement et le poser sur un des murs de ma chambre. C’est qu’en réalité, la musicalité des mots employés par l’auteur finit par contredire le pessimisme apparent du message.
Dans ce texte, j’ai trouvé le plus bel éloge de la création, du cycle perpétuel des saisons et de l’amour tout simple de la vie – dont notre enfance garde la trace. Outre la beauté du texte, il y a tout de même une explication à la situation de l’homme au chapitre 3 :
Dieu a mis toute la durée du temps dans l'esprit de l'homme,
et pourtant celui-ci est incapable d'embrasser
l'oeuvre que Dieu a faite du début jusqu'à la fin.
Et spécialement au verset 4 : J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu'il n'y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu'on le craigne.
Or, je sais depuis assez longtemps les multiples nuances que prend, dans la Bible, le verbe « craindre », pour pouvoir traduire que cette crainte est plus proche de l’adoration et de l’amour que de la peur. C’est pourquoi, je me sens libre de traduire : « Dieu agit ainsi afin que l’homme désire Le connaître »
A partir de là, la prière qui figure au Psaume 90 devient limpide : « Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants. Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! ». La condition véritable de l’homme n’est pas du côté de la plainte, mais de la louange. Craindre Dieu, c’est accepter notre besoin de Lui afin de vivre chaque jour de son Amour.
L’Evangile du jour nous montre Hérode en proie à cette interrogation qui est commune à tout homme, depuis l’Ecclésiaste jusqu’à nous : « Qui est cet homme dont j’entends tellement parler ? » Ici, dans son homélie, le prêtre a rappelé que « Nul ne connaît le Fils, si ce n’est le Père, et celui à qui le Fils veut bien Le révéler ». La nouveauté de l’Evangile, c’est que désormais, Dieu s’est fait proche en Jésus-Christ. Quiconque veut dont rompre avec l’enchaînement monotone des événements de l’existence, qu’il se tourne vers le Christ et son cœur se réjouira.
A l’instant où j’écris ces lignes, la terre a tourné autour du soleil, et le système solaire a continué de progresser dans l’univers à une vitesse inconcevable, en sorte que pour voyager dans le passé, il faudrait aussi accomplir un formidable bond en arrière dans l’espace… Tout de même, voici du neuf, n’est-ce pas ? Et cependant, depuis le « Big-Bang », l’univers n’a cessé d’être en expansion… et il n’y a que la découverte scientifique qui est neuve. Mais pour le reste, « Dieu agit ainsi afin qu’on le craigne » et l’homme continue de chercher Dieu dans sa vie. Si je dis que toutes ces lectures m'ont mis le coeur en fête, j'ai dit peu de choses !
Livre de l'Ecclésiaste 1,2-11.
Vanité des vanités, disait l'Ecclésiaste. Vanité des vanités, tout est vanité !
Quel profit l'homme retire-t-il de toute la peine qu'il se donne sous le soleil ?
Une génération s'en va, une génération arrive, et la terre subsiste toujours.
Le soleil se lève, le soleil se couche ;il se hâte de retourner à sa place, et de nouveau il se lèvera.
Le vent part vers le midi, il tourne vers le nord ;il tourne et il tourne, et il recommence à tournoyer.
Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n'est pas remplie ;dans le sens où vont les fleuves, les fleuves continuent de couler.
Tout discours est fatigant, on ne peut jamais tout dire. L'oeil n'a jamais fini de voir, ni l'oreille d'entendre.
Ce qui a existé, c'est cela qui existera ;ce qui s'est fait, c'est cela qui se fera ;il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Y a-t-il une seule chose dont on dise :« Voilà enfin du nouveau ! »- Non, cela existait déjà dans les siècles passés.
Seulement, il ne reste pas de souvenir d'autrefois ;de même, les événements futurs ne laisseront pas de souvenir après eux.
Psaume 90(89),3-4.5-6.12-13.14.17.
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos coeurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ? Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Consolide pour nous l'ouvrage de nos mains ; oui, consolide l'ouvrage de nos mains.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,7-9.
Hérode, prince de Galilée, apprit tout ce qui se passait, et il ne savait que penser, parce que certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d'entre les morts.
D'autres disaient : « C'est le prophète Élie qui est apparu. » D'autres encore : « C'est un prophète d'autrefois qui est ressuscité. »
Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l'ai fait décapiter ; mais qui est cet homme dont j'entends tellement parler ? » Et il cherchait à le voir.
A première lecture, le texte de Qoéleth, l’Ecclésiaste, paraît terriblement pessimiste. Mais à le lire jusqu’au bout, puis le relire et le relire encore, il s’en dégage une telle poésie que, pour ma part, j’ai fini un jour par le recopier entièrement et le poser sur un des murs de ma chambre. C’est qu’en réalité, la musicalité des mots employés par l’auteur finit par contredire le pessimisme apparent du message.
Dans ce texte, j’ai trouvé le plus bel éloge de la création, du cycle perpétuel des saisons et de l’amour tout simple de la vie – dont notre enfance garde la trace. Outre la beauté du texte, il y a tout de même une explication à la situation de l’homme au chapitre 3 :
Dieu a mis toute la durée du temps dans l'esprit de l'homme,
et pourtant celui-ci est incapable d'embrasser
l'oeuvre que Dieu a faite du début jusqu'à la fin.
Et spécialement au verset 4 : J'ai reconnu que tout ce que Dieu fait durera toujours, qu'il n'y a rien à y ajouter et rien à en retrancher, et que Dieu agit ainsi afin qu'on le craigne.
Or, je sais depuis assez longtemps les multiples nuances que prend, dans la Bible, le verbe « craindre », pour pouvoir traduire que cette crainte est plus proche de l’adoration et de l’amour que de la peur. C’est pourquoi, je me sens libre de traduire : « Dieu agit ainsi afin que l’homme désire Le connaître »
A partir de là, la prière qui figure au Psaume 90 devient limpide : « Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants. Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! ». La condition véritable de l’homme n’est pas du côté de la plainte, mais de la louange. Craindre Dieu, c’est accepter notre besoin de Lui afin de vivre chaque jour de son Amour.
L’Evangile du jour nous montre Hérode en proie à cette interrogation qui est commune à tout homme, depuis l’Ecclésiaste jusqu’à nous : « Qui est cet homme dont j’entends tellement parler ? » Ici, dans son homélie, le prêtre a rappelé que « Nul ne connaît le Fils, si ce n’est le Père, et celui à qui le Fils veut bien Le révéler ». La nouveauté de l’Evangile, c’est que désormais, Dieu s’est fait proche en Jésus-Christ. Quiconque veut dont rompre avec l’enchaînement monotone des événements de l’existence, qu’il se tourne vers le Christ et son cœur se réjouira.
A l’instant où j’écris ces lignes, la terre a tourné autour du soleil, et le système solaire a continué de progresser dans l’univers à une vitesse inconcevable, en sorte que pour voyager dans le passé, il faudrait aussi accomplir un formidable bond en arrière dans l’espace… Tout de même, voici du neuf, n’est-ce pas ? Et cependant, depuis le « Big-Bang », l’univers n’a cessé d’être en expansion… et il n’y a que la découverte scientifique qui est neuve. Mais pour le reste, « Dieu agit ainsi afin qu’on le craigne » et l’homme continue de chercher Dieu dans sa vie. Si je dis que toutes ces lectures m'ont mis le coeur en fête, j'ai dit peu de choses !