par etienne lorant » mar. 14 oct. 2008, 11:40
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,37-41.
Comme Jésus parlait, un pharisien l'invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et se mit à table. Le pharisien fut étonné en voyant qu'il n'avait pas d'abord fait son ablution avant le repas. Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l'extérieur de la coupe et du plat, mais à l'intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.
Insensés ! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ? Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.
Ce pharisien a invité Jésus à prendre un repas, ce qui est un geste louable, mais il manifeste aussitôt un étonnement d'observateur pointilleux: il voit la règle non observée par Jésus, tandis que Jésus voit chez son hôte tout ce que cet ordonnancement des choses peut cacher.Ainsi, dans cette scène, le beau geste de l'invitation est aussitôt gâché - parce que "le coeur n'y est pas".
Dans la vie courante, rien n'est plus pénible que de participer à une réunion de famille en sachant que l'on aurait été invité de toute façon, par simple obligation, par respect des bonnes manières, ou par crainte de ne pas être reçu plus tard. Autrement dit quand c'est l'intérêt qui précède le geste, cela gâche tout : pauvre fête, pauvre repas tout guindé, avalé sans plaisir, car on est pressé d'en avoir fini ! Mais si c'est la joie de se retrouver, si c'est l'amitié profonde et le réconfort qui ont présidé à cette réunion, alors la fête sera belle, elle se prolongera, laissera un beau souvenir et sera riche en promesses.
Il m'apparaît donc ici que la règle découlant de la Loi se trouve inversée par l'avènement de l'Amour. Ce n'est pas ce qui est apparent qui compte, mais ce que l'on a sorti de son coeur. La belle nappe et les verres en cristal sont inutiles et ne remplaceront jamais l'invitation improvisée, née de retrouvailles peut-être espérées depuis longtemps.
L'image du repas est intéressante et tout à fait à caractère "évangélique". Dans la première lecture, extraite de l'Epître aux Galates, saint Paul s'en prend à la circoncision comme la marque visible d'un assujettissement de l'être à une loi extérieure, alors que ce qui prévaut dans le Christ, c'est le geste tout à fait libre, qui est la manifestation de l'Amour:
"En effet, dans le Christ Jésus, peu importe qu'on ait reçu ou non la circoncision : ce qui importe, c'est la foi agissant par la charité." Les deux textes se répondent bien l'un à l'autre, ce qui n'est pas toujours le cas, mais ici cela saute aux yeux - quelle belle cohérence !
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,37-41.
Comme Jésus parlait, un pharisien l'invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et se mit à table. Le pharisien fut étonné en voyant qu'il n'avait pas d'abord fait son ablution avant le repas. Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l'extérieur de la coupe et du plat, mais à l'intérieur vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté.
Insensés ! Celui qui a fait l'extérieur n'a-t-il pas fait aussi l'intérieur ? Donnez plutôt en aumônes ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.
Ce pharisien a invité Jésus à prendre un repas, ce qui est un geste louable, mais il manifeste aussitôt un étonnement d'observateur pointilleux: il voit la règle non observée par Jésus, tandis que Jésus voit chez son hôte tout ce que cet ordonnancement des choses peut cacher.Ainsi, dans cette scène, le beau geste de l'invitation est aussitôt gâché - parce que "le coeur n'y est pas".
Dans la vie courante, rien n'est plus pénible que de participer à une réunion de famille en sachant que l'on aurait été invité de toute façon, par simple obligation, par respect des bonnes manières, ou par crainte de ne pas être reçu plus tard. Autrement dit quand c'est l'intérêt qui précède le geste, cela gâche tout : pauvre fête, pauvre repas tout guindé, avalé sans plaisir, car on est pressé d'en avoir fini ! Mais si c'est la joie de se retrouver, si c'est l'amitié profonde et le réconfort qui ont présidé à cette réunion, alors la fête sera belle, elle se prolongera, laissera un beau souvenir et sera riche en promesses.
Il m'apparaît donc ici que la règle découlant de la Loi se trouve inversée par l'avènement de l'Amour. Ce n'est pas ce qui est apparent qui compte, mais ce que l'on a sorti de son coeur. La belle nappe et les verres en cristal sont inutiles et ne remplaceront jamais l'invitation improvisée, née de retrouvailles peut-être espérées depuis longtemps.
L'image du repas est intéressante et tout à fait à caractère "évangélique". Dans la première lecture, extraite de l'Epître aux Galates, saint Paul s'en prend à la circoncision comme la marque visible d'un assujettissement de l'être à une loi extérieure, alors que ce qui prévaut dans le Christ, c'est le geste tout à fait libre, qui est la manifestation de l'Amour:
"En effet, dans le Christ Jésus, peu importe qu'on ait reçu ou non la circoncision : ce qui importe, c'est la foi agissant par la charité." Les deux textes se répondent bien l'un à l'autre, ce qui n'est pas toujours le cas, mais ici cela saute aux yeux - quelle belle cohérence !