par etienne lorant » mar. 09 déc. 2008, 16:02
Etonnant, de lire en parallèle Julien Green et Simenon... mais il y a d'évidentes correspondances psychologiques entre les personnages de l'un et les héros de l'autre (et vice versa).
La boule rouge, c'est celle qu'un membre du Country Club de Williamson (ville quelconque aux USA) a introduit dans l'urne (en fait un sachet de toile) qui sert lors de l'élection d'un nouveau venu. La boule noire veut dire "non" et la règle de vote exige l'unanimité du "oui". Higgins, l'homme dont le choix vient d'être repoussé pour la seconde fois est un honnête père de famille (il a cinq enfants) qui est un honnête américain, qui a progressé honnêtement dans une honnête communauté américaine. Et cette seconde boule rouge lui fait voir rouge. A la trente-cinquième page, le voici prêt à liquider tout le comité du Club!
De nouveau, c'est une histoire sombre. Dans les romans de Simenon, quand Maigret n'est pas là pour auréoler d'une volute de tabac de sa pipe l'ambiance générale d'une enquête..., c'est souvent signe d'un cauchemar très ordinaire. Je ne suis qu'au début de ce roman, mais je le sens déjà ainsi. Higgins, tel que je le vois (tel qu'il nous est montré) manque de panache, voilà tout. C'est un homme à l'esprit un peu étriqué. Il a suivi un parcours de travail, d'ordre et de discipline, mais il ne fait sourire qu'à ses dépends. Il est comme quelqu'un qui porte des vêtements noirs : une seule touche de couleur vive suffirait à le distinguer parmi tous, mais il n'y songe même pas.
Chez Julien Green, les héros sont plus "charnels", mais encore faut-il s'entendre sur le mot: ils sont plus entraînés par leur instinct. Chez Simenon, je les dirais plus refoulés, ils intellectualisent beaucoup trop. Ce sont des orgueilleux qui vont à leur perte sans illusion. (Je me demande vraiment pourquoi je lis !)
J'ai lu ces premières pages à la table de la Stradda, petit resto italien où j'ai goûté une délicieuse escalope de veau "a la piccata lombarda" - il y a du vin blanc et du jus de citron dans la sauce... mélangé au parmesan, c'est que du bonheur !
Etonnant, de lire en parallèle Julien Green et Simenon... mais il y a d'évidentes correspondances psychologiques entre les personnages de l'un et les héros de l'autre (et vice versa).
La boule rouge, c'est celle qu'un membre du Country Club de Williamson (ville quelconque aux USA) a introduit dans l'urne (en fait un sachet de toile) qui sert lors de l'élection d'un nouveau venu. La boule noire veut dire "non" et la règle de vote exige l'unanimité du "oui". Higgins, l'homme dont le choix vient d'être repoussé pour la seconde fois est un honnête père de famille (il a cinq enfants) qui est un honnête américain, qui a progressé honnêtement dans une honnête communauté américaine. Et cette seconde boule rouge lui fait voir rouge. A la trente-cinquième page, le voici prêt à liquider tout le comité du Club!
De nouveau, c'est une histoire sombre. Dans les romans de Simenon, quand Maigret n'est pas là pour auréoler d'une volute de tabac de sa pipe l'ambiance générale d'une enquête..., c'est souvent signe d'un cauchemar très ordinaire. Je ne suis qu'au début de ce roman, mais je le sens déjà ainsi. Higgins, tel que je le vois (tel qu'il nous est montré) manque de panache, voilà tout. C'est un homme à l'esprit un peu étriqué. Il a suivi un parcours de travail, d'ordre et de discipline, mais il ne fait sourire qu'à ses dépends. Il est comme quelqu'un qui porte des vêtements noirs : une seule touche de couleur vive suffirait à le distinguer parmi tous, mais il n'y songe même pas.
Chez Julien Green, les héros sont plus "charnels", mais encore faut-il s'entendre sur le mot: ils sont plus entraînés par leur instinct. Chez Simenon, je les dirais plus refoulés, ils intellectualisent beaucoup trop. Ce sont des orgueilleux qui vont à leur perte sans illusion. (Je me demande vraiment pourquoi je lis !)
J'ai lu ces premières pages à la table de la Stradda, petit resto italien où j'ai goûté une délicieuse escalope de veau "a la piccata lombarda" - il y a du vin blanc et du jus de citron dans la sauce... mélangé au parmesan, c'est que du bonheur !