par etienne lorant » mar. 29 sept. 2009, 13:42
Voici une tentation subtile: si Jésus descend juste au-dessus du Temple, tous les Juifs le reconnaîtront d'office comme étant le Messie. Sa mission sera accomplie sans en passer par la Croix. C'est "le" signe même que lui réclameront plus tard les scribes et les pharisiens comme "preuve" de ce qu'Il est.
Je songe qu'en répondant positivement à la suggestion démoniaque Jésus allait mettre Dieu à l'épreuve parce qu'il demanderait son intervention, mais j'ai trouvé ce commentaire d'Origène, beaucoup plus complet que le mien :
« Il le conduisit donc à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du temple et lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas. » Il le conduisit sur le faîte, au sommet du temple et il l’exhorte à se précipiter de là-haut. Mais cette proposition était hypocrite et, sous prétexte de révéler la gloire du Christ, elle visait un autre but ; aussi le Sauveur répondait : « Il est écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu » Considérez aussi la façon dont le diable tente le Christ. Il n’ose le faire qu’en invoquant le témoignage des livres saints et des psaumes : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il a donné pour vous des ordres à ses anges, ils vous porteront sur leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre une pierre » Comment sais-tu, ô diable, que ces mots sont dans l’Écriture ? As-tu lu les Prophètes ou connais-tu la Parole de Dieu ? Tu peux bien te taire, je répondrai pour toi. Tu as lu les livres saints, non pour devenir toi-même meilleur, mais pour tuer au moyen de la simple lettre les amis de la lettre. Tu sais que si tu veux parler au Christ d’autres ouvrages, tu ne le tromperas pas et que tes assertions ne pourront avoir aucune autorité.
(Certains lisent) les Écritures, comme le diable, lorsque avec le diable ils disent au Sauveur : « Il est écrit : Il a donné pour vous des ordres à ses anges, ils vous porteront sur leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre une pierre. » S’il vous arrive parfois d’entendre invoquer le témoignage de l’Écriture, veillez à ne pas y souscrire immédiatement. Considérez plutôt la vie de votre interlocuteur, ses pensées et son intention ; il simule, peut-être, une sainteté qu’il n’a pas, sous la toison d’une brebis peut se cacher un loup infecté du poison de l’hérésie et ce peut être le diable qui parle en lui, dans son commentaire de l’Écriture. Voilà comment, selon l’occasion du moment, le diable parle en s’appuyant sur l’Écriture. [...]
L’exégèse du diable : 4. Voyons donc le passage de l’Écriture que le diable propose au Seigneur : « Il est écrit : Il a donné pour vous des ordres à ses anges ; ils vous porteront sur leurs mains de peur que votre pied ne heurte contre une pierre. » Voyez comme il est sournois dans le choix même des témoignages. Il veut diminuer la gloire du Sauveur, comme si Jésus avait besoin du secours des anges, comme s’il allait faire un faux pas sans le soutien de leurs mains. Le diable allègue un témoignage et applique au Christ un verset de l’Écriture qui ne concerne pas le Christ mais les saints en général. En toute liberté et avec une entière assurance, j’affirme, contrairement au diable, que ces paroles ne peuvent pas s’entendre de la personne du Christ. Car il n’a pas besoin du secours des anges, lui qui est plus grand qu’eux et possède en héritage un nom bien supérieur au leur. À aucun ange Dieu n’a jamais dit : « Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui. » A aucun d’entre eux il ne s’est adressé comme à un fils, quand il a dit : « Il a fait de ses anges des souffles et de ses serviteurs, un feu brûlant », mais [il adresse ces mots : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré »], à son propre Fils, dont il parle dans les prophètes en des passages innombrables. 5. Le Fils de Dieu, dis-je, n’a pas besoin du secours des anges. Sache donc plutôt, ô diable, que les anges feront des faux pas, si Jésus ne leur vient pas en aide. Et si, parmi eux, on a vu trébucher tel ou tel dont on vient de lire : « Nous jugerons les anges », il a trébuché parce qu’il n’a pas tendu la main à Jésus, afin que, saisi par lui, il ne bronchât pas. Si on se fie à ses propres vertus, sans invoquer l’assistance de Jésus, on trébuche et on tombe. Et toi, diable, si tu es tombé « comme la foudre du ciel », c’est que tu n’as pas voulu croire en Jésus-Christ, Fils de Dieu.
Voici une tentation subtile: si Jésus descend juste au-dessus du Temple, tous les Juifs le reconnaîtront d'office comme étant le Messie. Sa mission sera accomplie sans en passer par la Croix. C'est "le" signe même que lui réclameront plus tard les scribes et les pharisiens comme "preuve" de ce qu'Il est.
Je songe qu'en répondant positivement à la suggestion démoniaque Jésus allait mettre Dieu à l'épreuve parce qu'il demanderait son intervention, mais j'ai trouvé ce commentaire d'Origène, beaucoup plus complet que le mien :
« Il le conduisit donc à Jérusalem, le plaça sur le pinacle du temple et lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas. » Il le conduisit sur le faîte, au sommet du temple et il l’exhorte à se précipiter de là-haut. Mais cette proposition était hypocrite et, sous prétexte de révéler la gloire du Christ, elle visait un autre but ; aussi le Sauveur répondait : « Il est écrit : Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu » Considérez aussi la façon dont le diable tente le Christ. Il n’ose le faire qu’en invoquant le témoignage des livres saints et des psaumes : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il a donné pour vous des ordres à ses anges, ils vous porteront sur leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre une pierre » Comment sais-tu, ô diable, que ces mots sont dans l’Écriture ? As-tu lu les Prophètes ou connais-tu la Parole de Dieu ? Tu peux bien te taire, je répondrai pour toi. Tu as lu les livres saints, non pour devenir toi-même meilleur, mais pour tuer au moyen de la simple lettre les amis de la lettre. Tu sais que si tu veux parler au Christ d’autres ouvrages, tu ne le tromperas pas et que tes assertions ne pourront avoir aucune autorité.
(Certains lisent) les Écritures, comme le diable, lorsque avec le diable ils disent au Sauveur : « Il est écrit : Il a donné pour vous des ordres à ses anges, ils vous porteront sur leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre une pierre. » S’il vous arrive parfois d’entendre invoquer le témoignage de l’Écriture, veillez à ne pas y souscrire immédiatement. Considérez plutôt la vie de votre interlocuteur, ses pensées et son intention ; il simule, peut-être, une sainteté qu’il n’a pas, sous la toison d’une brebis peut se cacher un loup infecté du poison de l’hérésie et ce peut être le diable qui parle en lui, dans son commentaire de l’Écriture. Voilà comment, selon l’occasion du moment, le diable parle en s’appuyant sur l’Écriture. [...]
L’exégèse du diable : 4. Voyons donc le passage de l’Écriture que le diable propose au Seigneur : « Il est écrit : Il a donné pour vous des ordres à ses anges ; ils vous porteront sur leurs mains de peur que votre pied ne heurte contre une pierre. » Voyez comme il est sournois dans le choix même des témoignages. Il veut diminuer la gloire du Sauveur, comme si Jésus avait besoin du secours des anges, comme s’il allait faire un faux pas sans le soutien de leurs mains. Le diable allègue un témoignage et applique au Christ un verset de l’Écriture qui ne concerne pas le Christ mais les saints en général. En toute liberté et avec une entière assurance, j’affirme, contrairement au diable, que ces paroles ne peuvent pas s’entendre de la personne du Christ. Car il n’a pas besoin du secours des anges, lui qui est plus grand qu’eux et possède en héritage un nom bien supérieur au leur. À aucun ange Dieu n’a jamais dit : « Tu es mon Fils, je t’ai engendré aujourd’hui. » A aucun d’entre eux il ne s’est adressé comme à un fils, quand il a dit : « Il a fait de ses anges des souffles et de ses serviteurs, un feu brûlant », mais [il adresse ces mots : « Tu es mon Fils, aujourd’hui je t’ai engendré »], à son propre Fils, dont il parle dans les prophètes en des passages innombrables. 5. Le Fils de Dieu, dis-je, n’a pas besoin du secours des anges. Sache donc plutôt, ô diable, que les anges feront des faux pas, si Jésus ne leur vient pas en aide. Et si, parmi eux, on a vu trébucher tel ou tel dont on vient de lire : « Nous jugerons les anges », il a trébuché parce qu’il n’a pas tendu la main à Jésus, afin que, saisi par lui, il ne bronchât pas. Si on se fie à ses propres vertus, sans invoquer l’assistance de Jésus, on trébuche et on tombe. Et toi, diable, si tu es tombé « comme la foudre du ciel », c’est que tu n’as pas voulu croire en Jésus-Christ, Fils de Dieu.