par Fée Violine » ven. 02 oct. 2009, 16:37
Extraits du livre
"ABC monastique" (d'un bénédictin de La-Pierre-Qui-Vire, le Père Jean-Noël, 1964) :
Badaud :
Diable ! Qu'est-ce que ça vient faire ici ?
Si, vous allez comprendre. Essayez un peu ; faites le badaud, place de la République, par exemple. Arrêtez-vous, regardez en l'air en montrant du doigt.
Tout le monde s'arrêtera pour voir aussi : "Il voit quelque chose - il y a quelque chose à voir".
Eh bien ! Le moine sert à ça : dans un monde qui court, mais qui court... il est celui qui s'arrête et regarde là-haut.
Résultat : 1° ça fait plaisir au Bon Dieu. Il aime tellement rencontrer le regard de ses petits hommes.
2° plaisir aussi au moine, bien sûr ! puisque effectivement il voit quelque chose (il verra mieux après sa mort quand il sera bien en face).
3° et puis ça ne fait pas de mal aux gens qui courent ; ça leur donne envie de relever le nez pour voir eux aussi.
Défricher:
Les moines ont défriché l'Europe.
Tout le monde sait ça. Mais ce qu'on ne dit pas, c'est qu'ils ne l'ont pas fait exprès. C'était pour planter leurs radis. Dame ! il faut bien vivre.
Maintenant ils font des fromages, ou du cirage.
Il y en a qui font des gros livres. Au fond, ça leur est bien égal. Le principal, c'est de vivre du travail de ses mains, et de pouvoir aider les malades, les pauvres gens, les sans argent.
Ecoute :
Premier mot de la "Règle des moines".
C'est le B.A. Ba de la vie de prière qui tente les moines : "Ecouter Dieu dans le secret" comme dit Jésus, à l'oratoire, au jardin, en cellule, assis, debout, en marchant, toujours et partout.
Si parfois le moine chante sa prière, c'est pour arriver à un silence plus profond encore.
Si parfois même, il s'unit à d'autres moines pour chanter en choeur, c'est pour prier entre frères, fils du même Père qui est aux cieux.
Joie :
Ce qui reste quand on a tout donné.
Moine :
Pas facile à définir - c'est trop simple.
Il faut bien toute une vie pour le comprendre, et surtout pour le devenir. Pour ça, vous n'avez qu'à entrer au noviciat, un ou deux mois, histoire de voir. Vous recevez l'habit.
Après un an d'essai - de l'habit et du reste ! - vous vous engagez pour trois ans, puis pour toujours, si vous voulez.
- Et qui ne veut pas être le plus heureux des hommes ? Mais attention, cette joie-là, ça ne se forge pas comme ça.
O que c'est beau !
C'est tout l'Amen du passant d'un jour en sortant d'un office au monastère.
Il se trompe deux fois :
1) parce qu'en fait les moines chantent souvent faux (Allez donc être en forme après un après-midi à bêcher le jardin).
2) parce que l'office n'est pas pour la galerie. D'ailleurs, l'hiver, la nuit, pas de galerie ! - Mais Dieu, Il est toujours là !
Extraits du livre
"ABC monastique" (d'un bénédictin de La-Pierre-Qui-Vire, le Père Jean-Noël, 1964) :
[b]Badaud :[/b]
Diable ! Qu'est-ce que ça vient faire ici ?
Si, vous allez comprendre. Essayez un peu ; faites le badaud, place de la République, par exemple. Arrêtez-vous, regardez en l'air en montrant du doigt.
Tout le monde s'arrêtera pour voir aussi : "Il voit quelque chose - il y a quelque chose à voir".
Eh bien ! Le moine sert à ça : dans un monde qui court, mais qui court... il est celui qui s'arrête et regarde là-haut.
Résultat : 1° ça fait plaisir au Bon Dieu. Il aime tellement rencontrer le regard de ses petits hommes.
2° plaisir aussi au moine, bien sûr ! puisque effectivement il voit quelque chose (il verra mieux après sa mort quand il sera bien en face).
3° et puis ça ne fait pas de mal aux gens qui courent ; ça leur donne envie de relever le nez pour voir eux aussi.
[b]Défricher:[/b]
Les moines ont défriché l'Europe.
Tout le monde sait ça. Mais ce qu'on ne dit pas, c'est qu'ils ne l'ont pas fait exprès. C'était pour planter leurs radis. Dame ! il faut bien vivre.
Maintenant ils font des fromages, ou du cirage.
Il y en a qui font des gros livres. Au fond, ça leur est bien égal. Le principal, c'est de vivre du travail de ses mains, et de pouvoir aider les malades, les pauvres gens, les sans argent.
[b]Ecoute [/b]:
Premier mot de la "Règle des moines".
C'est le B.A. Ba de la vie de prière qui tente les moines : "Ecouter Dieu dans le secret" comme dit Jésus, à l'oratoire, au jardin, en cellule, assis, debout, en marchant, toujours et partout.
Si parfois le moine chante sa prière, c'est pour arriver à un silence plus profond encore.
Si parfois même, il s'unit à d'autres moines pour chanter en choeur, c'est pour prier entre frères, fils du même Père qui est aux cieux.
[b]Joie [/b]:
Ce qui reste quand on a tout donné.
[b]Moine [/b]:
Pas facile à définir - c'est trop simple.
Il faut bien toute une vie pour le comprendre, et surtout pour le devenir. Pour ça, vous n'avez qu'à entrer au noviciat, un ou deux mois, histoire de voir. Vous recevez l'habit.
Après un an d'essai - de l'habit et du reste ! - vous vous engagez pour trois ans, puis pour toujours, si vous voulez.
- Et qui ne veut pas être le plus heureux des hommes ? Mais attention, cette joie-là, ça ne se forge pas comme ça.
[b]O que c'est beau ![/b]
C'est tout l'Amen du passant d'un jour en sortant d'un office au monastère.
Il se trompe deux fois :
1) parce qu'en fait les moines chantent souvent faux (Allez donc être en forme après un après-midi à bêcher le jardin).
2) parce que l'office n'est pas pour la galerie. D'ailleurs, l'hiver, la nuit, pas de galerie ! - Mais Dieu, Il est toujours là !