Syndrome d'Asperger

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Kerniou
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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Kerniou » lun. 17 déc. 2018, 11:37

Petit récapitulatif, si vous le permettez:
Le syndrome d'Asperger qui, auparavant, était classé comme une maladie mentale évolutive est, maintenant, classé dans le registre du handicap. C'est à dire que la maladie psychique en étant considérée, désormais, comme un handicap peut être considérée comme congénitale voire génétique ... et définitive.
Il est à préciser que:
- un syndrome est un ensemble de symptômes,
- la maladie mentale se soigne, parfois à vie,
- le handicap se rééduque longtemps, très difficilement et doit être accompagné parfois tout au long de la vie.
Pour moi, le terme "aider" serait moins violent que "soigner" ou "rééduquer" qui soulignent le caractère médical quasi définitif, voire indélébile du syndrome. On peut, dans la vie de tous les jours, aider un parent, un voisin, un ami en lui rendant service, par exemple. Aider reste un mot du vocabulaire habituel et non médical.
Le terme "accompagner" serait sans doute le mieux adapté bien qu'il souligne, aussi, la nécessité passagère, pas forcément définitive, d'une assistance ...
Le syndrome d'Asperger peut concerner des personnes très intelligentes ou mentalement déficientes qui présentent des difficultés de relation et d'adaptation au monde.
Bon courage à vous, chère Visle.
Pourquoi ne pas vous adresser à l'évêché pour savoir s'il existe une association catholique ?
En union de prière.
Dernière modification par Kerniou le mar. 18 déc. 2018, 19:45, modifié 1 fois.
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Visle
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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Visle » lun. 17 déc. 2018, 12:41

Bonjour Kerniou.

Merci infiniment pour votre récapitulatif. Il est très pertinent et certainement utile pour toutes les personnes qui vont/lisent ce post.

Pour donner du courage à la maman du jeune Antoine, je peux affirmer, qu'en vieillissant, mon besoin de faire et d'être comme tout le monde m'a passé. Le temps qui passe à du bon :-)

Je n'oserai jamais contacter l'évêché pour savoir si il y a une association ici en Suisse où je pourrais me sentir en "lien" avec d'autres personnes partageant la même foi que la mienne. Ce n'est pas grave. Je suis une solitaire c'est un fait établi. Même si la solitude me pèse parfois, je n'en souffre pas. J'aurais voulu avoir des ami-es, mais peut-être que ça ne se fera pas, alors je préfère me débrouiller avec moi-même et faire au mieux.

Je suis en train d'apprendre ce qu'est l'oraison et je viens de finir d'écouter cette incroyable et belle émission sur RCF :
https://rcf.fr/spiritualite/vie-interie ... -chretiens

C'est une belle pratique, on ne fait rien et en même temps cela est un temps qui est offert à Dieu et au monde ! :D

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Kerniou » lun. 17 déc. 2018, 17:39

Sans doute existe-t-il, en Suisse, des associations de familles, de parents des personnes atteintes du syndrome d'Asperger ... La Suisse, à ma connaissance, est un pays où le handicap est bien pris en charge tout comme l'entourage de la personne handicapée.
Cependant, je ne connais pas du tout, veuillez m'en excuser, le fonctionnement des institutions et instances helvétiques, en la matière.
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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Philon » jeu. 28 nov. 2019, 22:14

Bonjour,
je me reconnais tellement dans les diverses descriptions lues dans les manuels sur le syndrome d'Asperger que j'ai fini par contacter un CRA ( plus exactement Centre Expert Asperger) dans ma ville. Mon dossier est en cours, il y aura des examens très précis d'ici 6 mois ou un an en vue d'un diagnostic mais je pense l'avoir.

Très schématiquement je dirais que les "aspies" ont un point commun : les difficultés relationnelles. Ils ont peu ou pas d'amis et ne les gardent pas longtemps. Et ce ne sont pourtant pas de mauvaises personnes . Bien des aspies sont honnêtes, fiables, droits, avec un grand sens de la justice et de
la générosité. Alors où est le bug ?
Je perçois cela comme un sens qui nous manquerait, de manière analogue au sens de la vue qui manque chez les aveugles ( qui touchent et entendent), aux daltoniens qui ne différencient pas le rouge du vert( mais voient les degrés clairs , foncés etc), aux sourds qui ne peuvent pas entendre du Chopin ( mais lire une partition).
J'ai réellement un "sens" relationnel manquant, comme quelqu'un qui ne peut pas voir. Je suis donc très maladroite, gaffeuse, toujours à contretemps, jamais dans la "justesse", et d'une naiveté hallucinante.
Courant après des gens que je saoule, ignorant ceux qui tiennent à moi et ne sachant pas distinguer un vrai ami d'une paire de claques.
Dans les relation hommes femmes j'ai mis 40 ans à comprendre qu'on n'a pas intérêt à se déclarer la première comme femme et que d'être trop "directe" fait fuir les hommes ( mais peut hélas attirer les pervers qui semblent apprécier des naifs). Et encore a-t-il fallu que je lise bien des choses sur la différences homme femme et que je comprenne que c'est la Volonté du Seigneur qu'on soit différents. Grâce à ma conversion et à une forme d'obéissance à des "codes sociaux" assez classiques j'ai fini par m'en tirer un peu mieux qu'avant quand je manquais de repères stables. La Foi peut drôlement aider les Asperger, foi d'internaute ! Déjà parce que je constate que les Saintes Ecritures sont aussi le "mode d'emploi" de l'être humain. ( pas seulement) . C'est par l'examen de conscience et la confession que je me suis rendue compte de mes gaffes . Avant on pouvait m'expliquer que je mettais les pieds dans le plat, je ne "voyais" pas le bord du plat.
Sinon si on est laissés "libre" de se gérer tout seul, en étant asperger, on ne peut pas apprendre beaucoup de choses dans ce domaine car il nous manque ce "sens" des relations. On a donc besoin d'un guide et je trouve que c'est Jésus notre meilleur guide.

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Philon » ven. 29 nov. 2019, 10:06

J'aimerais ajouter à cela qu'en Amérique on a une augmentation des personnes diagnostiquées asperger de 100 pour 100 par an.
Les travaux d'Asperger sont traduits par Wing dans les années 80.
Auparavant l'autisme était connu, l'autisme grave avec retard intellectuel et langagier.Mais asperger devient connu surtout à partir des années 90.

Cela a suscité ma curiosité car il apparait qu'avant Asperger ( années 40 en Autriche ) les caractéristiques de ce syndrome ne se faisaient donc pas tellement remarquer. Sa description et son diagnostic sont des phénomènes récents et apparemment un phénomène social en Amérique.
Ceci soulève plusieurs questions :
est-ce parce que la médecine est plus avancée et plus précise ?
Est-ce un besoin, une tendance à "médicaliser" plus de monde ?
Est-ce parce que les déficiences des Asperger ne posaient pas trop de problème dans les sociétés d'avant les années 40 et surtout 80 ? Cette dernière hypothèse retient mon attention.

Dans un monde stable et structuré par des valeurs objectives, externes à l'individu et reconnues par tous ( un monde christianisé), l'individu suit le lien social ( et ne le précède pas), il apprend par l'éducation et il est intégré dans un monde où il n'a qu'à occuper une place qui lui est déjà préparée, qu'il "hérite" Il n'a pas à se faire des relations, des amis, l'entourage est stable et les structures sociales lui dictent la façon de se conduire avec chacun selon son rang. Dans le monde moderne, l'individu précède le lien social et il n'existe pas de repères ni de structures stables, chaque individu doit faire sa place et les liens de dépendances mutuelles se dissolvent ( cf Tocqueville "De la démocratie en Amérique").
Donc les compétences relationnelles sont une priorité et acquièrent une importance qu'elles n'avaient pas autrefois. Il faut se faire sa place à la force de son individualité et de sa capacité à s'affirmer, à convaincre , à se "vendre", à se faire sa propre pub, et cela commence dès le collège.
On ne se réfère plus aux valeurs chrétiennes mais à la rentabilité, à l'efficacité et à la popularité. Même dans les milieux chrétiens car l'Eglise se "modernise" elle aussi.....
Il se peut donc que des pans entiers de la population qui n'ont pas ces compétences soient en difficulté même si elles ont des valeurs chrétiennes et des qualités traditionnelles qui leur auraient permis de bien fonctionner dans le monde de jadis. Exemple :
Une femme qui vit de façon ritualisée est bien perçue dans un monde traditionnel où l'on n'attend d'elle que des activités de bonne épouse et de bonne ménagère. On ne la dira pas "maniaque" mais "bonne ménagère". Ce ne sera pas un obstacle à la vie professionnelle puisque sa vie professionnelle est justement de bien tenir sa maison, d'éduquer ses enfants ( on ne lui demande pas de les aider à s"épanouir" ni d'être leur coach psychologique, donc c'est relativement simple même si elle a beaucoup d'enfants)
Autre exemple :
entrer dans les ordres ( j'y ai pensé adolescente) peut tout à fait convenir à un asperger : environnement familier, vie calme, rituels, relation à Dieu et à des domaines intellectuels élevés...mais de nos jours il y a de moins en moins de vocations dans ce sens, ce qui est valorisé c 'est la vie professionnelle du riscophile, le changement, la vitesse, les "projets" , la "communication", il faut passer des entretiens d'embauches, s'intégrer à une équipe....Donc un asperger peut se sentir "anormal " dans nos sociétés et en souffrir ( et consulter) alors que dans le monde d'hier de nombreuses voies socialement valorisantes s'offraient à lui, où ces caractéristiques étaient des avantages et non des obstacles. Donc, tout asperger qu'il ait pu être, il ne souffrait pas (ou moins qu'aujourd'hui) et ne venaient pas consulter de psychiatre.
Le grand public n'était pas informé comme aujourd'hui et l'on appelait de telles personnes des personnes "renfermées" ou "peu sociables" mais avec des qualités morales, cela passait ( épouse honnête et fidèle, bon mari et travailleur sérieux, etc). Aujourd'hui avec les conditions modernes cela ne suffit plus. D'où aussi sans doute la célèbre fatiguabilité des aspergers qui rament et galèrent...

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par la Samaritaine » sam. 30 nov. 2019, 18:37

Vos témoignage et vos propos sont très intéressants Philon !


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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Joseph-Diego » mer. 04 déc. 2019, 0:39

Philon a écrit :
ven. 29 nov. 2019, 10:06

Autre exemple :
entrer dans les ordres ( j'y ai pensé adolescente) peut tout à fait convenir à un asperger : environnement familier, vie calme, rituels, relation à Dieu et à des domaines intellectuels élevés...mais de nos jours il y a de moins en moins de vocations dans ce sens, ce qui est valorisé c 'est la vie professionnelle du riscophile, le changement, la vitesse, les "projets" , la "communication", il faut passer des entretiens d'embauches, s'intégrer à une équipe....Donc un asperger peut se sentir "anormal " dans nos sociétés et en souffrir ( et consulter) alors que dans le monde d'hier de nombreuses voies socialement valorisantes s'offraient à lui, où ces caractéristiques étaient des avantages et non des obstacles. Donc, tout asperger qu'il ait pu être, il ne souffrait pas (ou moins qu'aujourd'hui) et ne venaient pas consulter de psychiatre.
Le grand public n'était pas informé comme aujourd'hui et l'on appelait de telles personnes des personnes "renfermées" ou "peu sociables" mais avec des qualités morales, cela passait ( épouse honnête et fidèle, bon mari et travailleur sérieux, etc). Aujourd'hui avec les conditions modernes cela ne suffit plus. D'où aussi sans doute la célèbre fatiguabilité des aspergers qui rament et galèrent...
Je suis Asperger également, à un certain pourcentage (l'autisme est un spectre, ce n'est pas soit on l'est soit on ne l'est pas, ça va de "0 à 100%" ) et j'ai justement pensé à rentrer dans un monastère pour les raisons que vous avez énumérés (et d'autres bien sûr).
Seulement, malgré toutes mes envies d'aider les autres dans des missions apostoliques, j'en serai tout bonnement incapable vu mes problèmes sociaux ...
Seul le silence et la solitude me mettent à l'aise, la moindre interaction sociale me vide de mon énergie très rapidement... même quelqu'un que j'aime énormément.
Dieu merci, j'ai étais un enfant très renfermé sur moi-même et du coup très observateur du coup j'ai appris par "copie" beaucoup des codes sociaux ce qui me facilite la vie actuellement, en comparaison avec un autre frère en Christ qui lui à le syndrome à 100%, et se retrouve quotidiennement dans des situations qu'il ne comprend pas.

Resteraient donc les ordres comme les trappistes où il n'y a pas de temps de récréation et que le silence est quasi constant.
Mais même là cela reste une communauté et je pense que je ne tiendrais pas longtemps entouré d'autant de personnes.
L'eremitisme semble la voie qui me correspond la mieux, n'ayant aucun soucis à vivre la solitude, bien au contraire, et je crois que c'est en quelque sorte un don de Dieu car tous n'en sont pas capables.
Parmi mes "intérêt restreint", très courant chez les Asperger, se trouve les Saintes Écritures !
Je peux passer des heures et des heures à les lire, les méditer, les étudier.
J'ai une soif Infinie pour tout ce qui touche à la Bible et une fois de plus je remercie le Seigneur, car ce qui socialement semble handicapant ( le fait de vivre seul, ne pas souvent être embauché, ne pas arriver à vivre dans le monde etc,) je le prends comme une grâce car j'ai du coup énormément de temps pour me nourrir de Sa Parole.


Pour votre analyse sur la différence d'époque, je n'y avais jamais pensé mais maintenant je pense que c'est une des explications fort possible !
Merci

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Philon » ven. 06 déc. 2019, 22:55

Vous avez raison...l'embauche, le succès mondain et professionnel, ce sont des choses secondaires pour une vie chrétienne.
Une société déchristianisée va les prendre comme référence principale et ne pas ce soucier de la vie spirituelle, la médecine ne regarde pas ces questions. Je pense qu'il y a beaucoup de caractéristiques asperger qui ne sont des problèmes que dans un monde libéral, matérialiste et déchristianisé comme le nôtre. Les personnes qui manquent de cette intelligence relationnelle qu'il faut pour réussir aujourd'hui sont peut-être perçues comme des handicapées, des "pauvres d'esprit" surtout par les savants.

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Altior » sam. 07 déc. 2019, 7:35

Philon a écrit :
ven. 29 nov. 2019, 10:06

Cela a suscité ma curiosité car il apparait qu'avant Asperger ( années 40 en Autriche ) les caractéristiques de ce syndrome ne se faisaient donc pas tellement remarquer. Sa description et son diagnostic sont des phénomènes récents et apparemment un phénomène social en Amérique.
Ceci soulève plusieurs questions :
est-ce parce que la médecine est plus avancée et plus précise ?
Partiellement vrai, mais hors-sujet. Le plus (bien relatif, d'ailleurs) en avancement et précision de la médecine n'est pas la cause pour laquelle des flots compacts de la population sont encadrés dans le syndrome Asperger.
Est-ce un besoin, une tendance à "médicaliser" plus de monde ?
Vrai. C'est ça la cause. Veuillez noter que l'Asperger est un exemple parmi beaucoup d'autres qui sont circonscrits dans une tendance générale. Les gens, tous les gens, doivent être persuadés qu'il ont un problème: ils sont malades. Et cela depuis leur âge le plus tendre. Votre fils a du mal à s'exprimer, il ne trouve pas ses mots pour énoncer une idée clairement ? Forcement il est dyslexique. Il écrit «le mûr est mur» ? Il souffre de dysorthographie, il doit faire un bilan orthophoniste et être suivi par le psychologue scolaire. Par contre, il est bien avant sa classe où on apprend en CM2 ce qu'on est censé avoir appris en CM1 ? Il est malade, il souffre de précocité. On ne peut pas le laisser comme ça. Et j'en passe. Voilà la cause pour laquelle en France, tout comme dans bon nombre de pays, on parle de «désert médical», quoique le nombre des médecins par tête d'habitant ne fût jamais aussi grand.
Est-ce parce que les déficiences des Asperger ne posaient pas trop de problème dans les sociétés d'avant les années 40 et surtout 80 ?
Vrai. Ici on a une autre cause de la même épidémie d'Asperger. Avant, dès l'enfance, les gens était habitués à travailler de façon individuelle. Maintenant c'est le contraire. Petit à petit, on n'a pas gagné en «habiletés de communication», en échange on a perdu appétit et aptitude pour travailler individuellement et prendre ses responsabilité. Avant, le but du fils du charcutier d'à côté était de devenir un bon charcutier pour pousser plus loin le commerce de son père. Maintenant, pendant que cette entreprise familiale ait déposé son bilan et un Intermarché se lance à sa place, le but du même est de promener quelque paperasse dans une multinationale. Il est mal préparé pour ça, mais il ne sait pas faire autre chose non plus. C'est pourquoi il vient le médecin pour lui prescrire du Xanax et un arrêt de travail. Voyons, il est en déprime, il est malade, quoi!


Joseph-Diego a écrit :
mer. 04 déc. 2019, 0:39
Seul le silence et la solitude me mettent à l'aise, la moindre interaction sociale me vide de mon énergie très rapidement... (...)
les Saintes Écritures !
Je peux passer des heures et des heures à les lire, les méditer, les étudier.
J'ai une soif Infinie pour tout ce qui touche à la Bible et une fois de plus je remercie le Seigneur, car ce qui socialement semble handicapant ( le fait de vivre seul, ne pas souvent être embauché, ne pas arriver à vivre dans le monde etc,) je le prends comme une grâce car j'ai du coup énormément de temps pour me nourrir de Sa Parole.
Effectivement, vous êtes heureux. C'est écrit dans la Bible, ici.
Rendez grâce à Dieu!

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Fleur de Lys » lun. 09 déc. 2019, 10:37

Dans un monde stable et structuré par des valeurs objectives, externes à l'individu et reconnues par tous ( un monde christianisé), l'individu suit le lien social ( et ne le précède pas), il apprend par l'éducation et il est intégré dans un monde où il n'a qu'à occuper une place qui lui est déjà préparée, qu'il "hérite" Il n'a pas à se faire des relations, des amis, l'entourage est stable et les structures sociales lui dictent la façon de se conduire avec chacun selon son rang.
Dans le monde moderne, l'individu précède le lien social et il n'existe pas de repères ni de structures stables, chaque individu doit faire sa place et les liens de dépendances mutuelles se dissolvent ( cf Tocqueville "De la démocratie en Amérique").
La perte du sens de l'existance me semble une source d'angoisse importante. Dans le monde moderne tout va trop vite (c'est épuisant) mais plus rien n'a de sens (Dieu n'existant pas, nous sommes sur Terre pour... rien, et nous avançons vers le néant). C'est hyper angoissant ce vide en sourdine dont on ne prend plus conscience et on noie notre angoisse dans des plaisirs futiles qui ne "nourrissent" pas..

Quant aux diagnostiques médicaux, d'un côté cela permet de mieux se comprendre "asperger, haut potentiel, autiste, dyslexique" et de s' adapter en conséquence. De là à en faire des "maladies". Ne sommes-nous pas tous différents?
Evidemment dans des classes de 29 élèves la différence est difficile à gérer par les enseignants.

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Kerniou » mar. 10 déc. 2019, 18:19

Il y a toujours eu des gens "pas comme les autres "!
A la campagne, dans les villages, ils étaient connus et reconnus comme tels ... On leur faisait une place à la mesure de ce qu'ils pouvaient faire ... Mais ils devaient travailler ... de leurs mains ... C'était la forme de travail , alors, valorisée
Des gens très intelligents, étaient considérés comme des incapables qui ne savaient pas manier la fourche ..
_" il ne sait rien faire de ses dix doigts! ..."... "A part écrire" !
Mais écrire et lire, quand on était fils de paysan, n'était guère apprécié ni valorisé si on ne savait pas travailler de ses mains ! ... C'était une forme de handicap et l'on devenait une bouche à nourrir qui ne gagnait pas son pain ...
Dans ce contexte, les "asperger",comme les personnes qui avaient un handicap, d'ailleurs, se débrouillaient comme ils pouvaient avec le degré d'acceptation de leur différence par leur entourage ...
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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Philon » ven. 13 déc. 2019, 18:41

C'est vrai qu'il y a une surmédicalisation...
c'est la pièce de théatre "Knock" ( "tout bien portant est un malade qui s'ignore").
C'est vrai aussi que dans le monde paysan de jadis, on demandait des bras. Avec l'école devenue obligatoire, le paysan pouvait espérer que son fils devienne instituteur si il travaillait bien.
C'est vrai aussi que l'avenir professionnel et familial est éloigné du monde où l'on a grandi pour la majorité d'entre nous : on doit même souvent aller travailler à l'étranger, dans une autre ville, etc. et on rencontre des gens pour la plupart inconnus. C'est cela qui fait que l'on doit avoir de l'habileté relationnelle. C'est même une question de survie dans un contexte de précarité.
Donc tout cela fait que l'on va plus diagnostiquer les gens et les médicaliser.
Je pense que ce devait être plus simple autrefois car on était intégré, plus rassurant psychiquement mais plus dur physiquement. La nourriture était très dure à gagner. Mais cette dureté de la vie faisait la grande solidarité des communautés villageoises et la solidité de leurs valeurs.

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Philon » sam. 14 déc. 2019, 18:39

A propos de la surmédicalisation, je vois aussi que le DMS augmente chaque année ses critères pour dire que tel ou tel comportement est pathologique. Ainsi le temps du deuil "normal" , au delà duquel on est diagnostiqué dépressif, a été raccourci au fil des éditions. Cela appuie dans le sens de ce que je disais sur les maladies d'époque : non seulement certains changements socio économique favorisent certaines pathologies (exemple l'hystérie au XIXe siècle, la dépression au XXe, l'anorexie à partir des années 70) mais encore les attentes des sociétés changent et déclarent pathologique à une époque ce qui ne l'est pas à une autre (exemple : faire un long deuil autrefois était le signe d'une grande noblesse d'âme. Cela signifiait qu'on avait profondément aimé la personne. Aujourd'hui le deuil doit être modéré, ne pas trop gêner la reprise du travail, ne pas trop faire obstacle à l'"épanouissement". Trop longtemps pleurer la personne serait plutôt perçu comme le signe d'une "dépendance" dont il faudra se "libérer" chez un psy.)
Vu les attentes et les critères d e nos sociétés qui croient rejeter les dogmes mais qui adhèrent à la religion de l'Homme et au dogme libéral, qui désertent les confessionnaux mais remplissent les cabinets des psychologues et des coaches, certains comportements asperger sont envisagés comme problématiques :

1 les difficultés relationnelles à une époque où tout passe par la relation, l'aisance rhétorique, la force de conviction, la confiance e n soi...
Surtout que notre valeur ne dépendant plus ou presque plus d'une autorité suprême ou d'un cadre social et familial, on est constamment à l'affût de la reconnaissance par autrui, en "lutte pour la reconnaissance" ( Honneth)...donc une personne seule est d'autant plus facilement considérée comme sans valeur.( voir aussi la sociologue Eva Illouz"Pourquoi l'amour fait mal")

2 La vie ritualisée à l'heure où l'imprévu est le lot quotidien du travail à flux tendu, où il faut gérer les crises, où la précarité de l'emploi et de la famille nous oblige à faire face à l'imprévu tout le temps. On vit dans une société libérale et donc en changement permanent.

3L'hypersensorialité , la sensibilité aux bruits, à la vitesse, aux avions, aux open spaces... tant de caractéristiques de la vie moderne urbaine. Rien à voir avec le monde paysan où les choses se déroulent avec lenteur et sans gros bruits.

4Les intérêts dits "restreints", je me demande si il n'y a pas là aussi un moyen de déclarer symptomatiques la pensée critique de certains aspies vis à vis du monde moderne, l'intérêt pour l'histoire, la philo, la sociologie, les Saintes Ecritures ... Si certaines idées peuvent mettre en cause le libéralisme, il vaudra peut-être mieux pour la médecine de ce dernier parler d’intérêts restreints et en faire des symptômes plutôt que d'écouter la parole du "fou" ( surtout s'il est lucide). La baisse du niveau culturel et de la capacité de pensée induite par les écrans (temps de cerveau disponible) et la société du spectacle va de pair avec une manière superficielle et efficace de considérer quelque chose, à l'opposé de la pensée analytique et perspicace des aspergers. Les anorexiques le savent toutes, les psys n'aiment pas beaucoup que leurs patients soient eux-mêmes intellos.

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Joseph-Diego » dim. 15 déc. 2019, 8:26

Philon, je pense que vous avez bien cerné le problème.

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Re: Syndrome d'Asperger

Message non lu par Philon » mer. 18 déc. 2019, 13:06

Merci :)

De plus Tony Attwood, la Référence actuelle en matière d'Asperger, donne un chiffre de 95 % de personnes non diagnostiquées...d'où sort ce chiffre et comment peut-il être fiable si justement on n'a pas diagnostiqué les personnes ? Il y aurait pour un cas diagnostiqué 20 qui ne le sont pas. Comment peut-on évaluer cette probabilité ?
Est-on sûr de manière scientifique que ce soit inné ?

Attwood affirme des choses comme cela sans étayer ses propos. Que l'on observe des ressemblances Asperger dans une même famille l'amène à conclure à la génétique du syndrome. Mais dans une famille il y a aussi éducation, mimétisme, etc.

Autre critique, celle, commun à tous les "psys" ( surtout aux USA) ,du "credo" en un moi authentique , un individu "libéré" de l'éducation, de la morale, du "passé" et si authentiquement "lui-même" ( quelle ingratitude envers nos aînés) qu'il serait épanoui. Un individu qui précède le lien social et ne s'en sert que lorsque son intérêt est en jeu. Par exemple en amour, il noue des relations contractuelles avec des "partenaires" mais après les inévitables ruptures, il reprend ses billes...sinon c'est un "malade". Toute relation sociale de devoir et de responsabité serait de l'ordre du "faux self" ( ben voyons). En gros, l'idéal, pour ces psys, c'est l'individu déraciné...

D'où ma méfiance.

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