Situation familiale difficile

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Situation familiale difficile

Message non lu par CyberTruc » dim. 17 oct. 2021, 22:41

Bonjour à tous,
je me permets d'écrire ici car je sens que j'ai besoin d'avis et de conseils de personnes qui partagent ma foi.
Je devine à l'avance que mon post sera assez long.

J'ai 39 ans. Je vis avec mon épouse depuis 16 ans. Quand je l'ai rencontrée, elle avait une fille qui a aujourd'hui 19 ans, et nous avons une fille qui a 10 ans.
Mon parcours "religieux" n'est pas glorieux. J'ai eu la chance de naître dans une famille catholique, j'ai été à la messe toute mon enfance jusqu'à environs 22 ans. Alors je me suis éloigné de l'église tout en restant croyant et en me considérant comme "catholique non pratiquant". J'ai vécu depuis des moments de grâce durant lesquels ma foi reprenait un peu, et d'autres moments où au contraire elle était anesthésiée. J'ai aussi vécu des moments d'angoisse, n'arrivant pas à trouver le sommeil par peur de la mort, et priant pour obtenir une foi que ma raison m'empêchait d'obtenir (pourquoi croire ? pourquoi le Christ plutôt qu'autre chose ? comment croire sans preuve ?). Je voulais désespérément croire, je priais parfois pour croire, mais j'étais comme Saint Thomas.

Mon épouse n'est pas croyante. Elle a vécu une enfance troublée qui a peut-être perturbé son "sens de la famille". Elle m'a parlé de certaines choses et m'en a caché d'autres. J'ai toujours respecté son silence tout en la laissant savoir que je serai à l'écoute le jour où elle voudra m'en parler.
Nous avons vécu 16 ans ensemble. Notre vie familiale a toujours été bizarre. Mon épouse n'est pas démonstrative en matière d'affection, ni envers moi, ni envers les enfants. Je trouve ça dommage mais cela fait partie de sa personne. J'ai malheureusement toujours eu une relation conflictuelle avec notre aînée. L'ambiance chez nous était trop souvent tendue.

Il y a quelques mois (fin Mai, début Juin), mon épouse a commencé à changer et à s'éloigner de nous. Parallèlement à cela elle a commencé à boire trop (il y a eu plusieurs périodes dans notre vie de couple durant lesquelles l'alcool est devenu un problème). J'ai essayé de faire preuve de patience. Mais un jour, alors que je rentrais à la maison avec les enfants, elle m'a annoncé qu'elle ne m'aimait plus et voulait partir. Elle avait trop bu mais je l'ai prise très au sérieux malgré tout. J'ai tout de suite pensé à notre plus jeune fille. Avec mon travail de nuit, je serais incapable de la garder. J'ai été terrorisé, je me suis senti horriblement mal, triste et angoissé.
Moi dont la foi était tiède depuis si longtemps, je me suis quasi immédiatement replongé dans des lectures : la Bible, l'Imitation de Jésus-Christ, un traité sur la Divine Providence. Je cherchais du réconfort, et sans doutes du sens dans une situation qui n'en avait aucun.
Et j'ai trouvé les deux. En y réfléchissant depuis, j'ai souvent eu l'impression qu'à travers cet événement, Dieu m'avait envoyé deux grandes claques dans le visage pour me secouer et me réveiller. En tout cas ça a marché. J'ai retrouvé la foi, grâce à Dieu. Je prie plus que je n'ai jamais prié, je lis beaucoup de saines et saintes lectures, je me suis confessé, je suis retourné à la messe.

Mais je reste confus sur beaucoup de choses.
Je comprends que je dois faire preuve de charité, d'amour, de patience, spécialement dans ma famille. Mais en même temps j'ai l'impression qu'en laissant tout passer je fais preuve de faiblesse et que je manque à mes responsabilités de père et de mari. Un simple exemple est le souper en famille. C'est pour moi un moment important, le seul d'ailleurs dans la journée où toute la famille est rassemblée. C'est pourquoi j'insiste pour que tout le monde soit présent. Mais cette volonté de ma part provoque des tensions. Alors que faire ? Laisser courir, faire preuve de patience, éviter les disputes ? Ou essayer de préserver cette dernière forme de normalité familiale ?

Je ne comprends pas non plus ce que je dois faire par rapport à mon épouse. Mes lectures me suggèrent que je dois me laisser conduire par la Providence, m'abandonner à la Volonté de Dieu. Je dois "chercher d'abord le Royaume de Dieu, et tout le reste me sera donné par surcroît". Plus que la nourriture et le vêtement, "tout le reste" ne pourrait-il pas inclure le bonheur de ma famille ?
Mais j'ai l'impression de marcher inéluctablement vers un divorce. Comment cela pourrait-il être la volonté de Dieu ? Lui qui l'a interdit, et a dit que l'homme ne devait pas séparer ce que Dieu avait unit ? Et pourtant les divorces existent même dans les couples croyants.
J'ai souvent l'impression que Dieu cherche à me donner une leçon, ce dont je lui suis reconnaissant. Je reconnais que sans cette situation je vivrais encore dans le péché et ma foi serait toujours endormie. Objectivement, Dieu m'a fait des grâces énormes ces derniers mois.
Mais je ne peux pas croire que Dieu pousse mon épouse à l'alcoolisme et fasse souffrir nos enfants juste pour me donner une leçon. Je sais que Dieu m'aime d'un amour que je ne peux même pas appréhender, mais je sais qu'il aime ma femme et mes enfants de la même façon.
Depuis des mois, mon épouse n'est plus chez nous les week-end. En semaine elle s'arrange pour rentrer le plus tard possible, et à peine arrivée à la maison elle commence à boire. Elle n'a plus aucune patience, et on dirait qu'elle tient à nous montrer par 1001 choses qu'on ne compte plus pour elle. Ce week-end elle est partie vendredi et devait revenir aujourd'hui. Mais elle m'a envoyé un message pour me dire qu'elle ne revenait pas ce soir. Elle n'a encore rien de prévu pour le week-end prochain mais je sais qu'elle trouvera. Je pourrais encore raconter tant et tant de choses. Et malgré tout cela, elle ne montre en aucune façon qu'elle est inquiète de ce que tout cela me fait à moi, et même à nos enfants.
Je sais que notre situation familiale n'a jamais été idéale. Mais on dirait qu'elle a complètement jeté l'éponge pour se consacrer uniquement à son propre amusement. Parfois même j'ai le sentiment que pendant que j'essaye de sauver notre famille, elle agit activement pour sa destruction. J'ai souvent l'impression d'être face à une adolescente. Elle s'est remise à fumer (elle avait arrêté pendant 10 ans), elle nous reproche à tous des choses (à moi elle me reproche principalement d'être vieux jeu, de me comporter "comme un vieux", de ne pas savoir m'amuser). Elle n'assume plus aucune responsabilité. Je m'occupe d'absolument tout chez nous. Des fois je me dis qu'elle est dépressive (d'autres choses du passé tendent à me faire penser cela), d'autres fois je me demande si tout ne serait pas dû à une mauvaise utilisation de son médicament pour la thyroïde. Mais je suis probablement en train d'essayer de me rassurer en cherchant des solutions simples à un problème qui ne l'est pas. De toutes façons, aucune de mes suggestions ne serait accueillie avec intérêt. En réalité, je n'arrive même pas à mettre le doigt sur le problème, et donc je ne peux pas le résoudre. Ce qui m'angoisse le plus, c'est qu'il n'y a peut-être pas de problème et rien à résoudre. Elle a peut-être simplement décidé de mettre un terme à notre vie de famille. Je n'ose même pas lui en parler, de peur de dire une chose ou l'autre qui lui ferait mettre un terme à notre famille.

Je n'ai aucune idée de ce que Dieu veut que je fasse. Je suis dans une situation complètement impossible et sans issue. Je le répète : je pense comprendre pourquoi il m'a mit dans cette situation. Je sais que c'est souvent dans les situations angoissantes que je me suis tourné vers Dieu.
Je sais aussi que d'une situation désespérée, Dieu peut faire sortir la paix. Mais je sens que j'arrive au bout de mes forces. Je ne suis pas un battant. Je suis quelqu'un d'assez introverti qui recherche une vie calme et sereine. Devoir tout assumer et faire continuellement face à des tensions et des rejets est exactement ce que je ne peux pas faire.
Je sais que Dieu n'a pas voulu que ma femme se mette à boire, ni qu'elle devienne égoïste. Dieu ne veut pas le péché. Mais Il a permit cette situation parce qu'elle peut être profitable à chacun d'entre nous (et pas seulement à moi). C'est ce que je crois d'après mes lectures. Mais ça n'a aucun sens pour moi, et j'ignore ce qu'Il attend de moi. Un abandon total, une soumission sans condition à Sa Volonté ? Très bien! mais comment ? Qu'attend-Il de moi ?

Je n'ai aucune idée noire et ne désire pas mourir. Je tiens trop à ma famille, et spécialement à ma jeune fille de 10 ans pour cela. Mais j'avoue que quand je prie le Notre Père il m'arrive de souhaiter ardemment que "Son règne vienne" pour mettre un terme à tout ceci.

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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par Fée Violine » lun. 18 oct. 2021, 9:20

Bonjour CyberTruc et bienvenue à vous ! :)

S'abandonner à Dieu ne signifie pas rester passif.
Mais certes, ce n'est pas vous seul qui pourrez arranger cette situation, il vous faudrait faire appel à des professionnels compétents, médecins, travailleurs sociaux...

Bon courage !

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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par nicolas-p » lun. 18 oct. 2021, 11:55

bonjour.

votre témoignage est touchant. toutes mes prières vous accompagnent.

on sent bien que vous faites tout ce que vous pouvez.

en tant que médecin je peux vous dire que des désordres thyroïdiens peuvent aboutir à un syndrome dépressif. il serait bon de s'assurer qu'une part de son état ne vienne pas de là, même si cela n'explique pas tout.

faites ce que vous pouvez, vous le faites et c'est déjà énorme. elle doit elle aussi faire sa part du chemin et personne ne peut la forcer.

il faut prier mais aussi agir.

pour les repas, si parfois céder permet d'éviter de rajouter des conflits au conflit, il faut savoir céder (un peu).

connaissez vous un prêtre ou avez vous un prêtre à proximité à qui vous pourriez parler? (en plus d'amis bien sur) ce serait un soulagement pour vous et une source de conseil.

avant de songer à divorcer (c'est elle je sais bien) peut être envisager si c'est intenable une pause (départ du domicile pour une durée déterminée: 1sem? 1 mois?) pour qu'elle réfléchisse.

il serait bon si cela est possible d'arriver calmement à discuter avec elle de ce qui la pousse à faire cela et si possible en dehors du domicile (neutre).

bon courage et vous pouvez compter au moins sur un soutien spirituel

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Kerniou
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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par Kerniou » lun. 18 oct. 2021, 13:45

S'il est important de nous en remettre à Dieu, n'oublions pas qu' Il nous laisse la liberté d'agir et nous avons à faire des choix, nous positionner, dialoguer ...
Les conseils de consulter un prêtre ou des organismes sont judicieux; il est possible que vous ayez besoin d'aide.
même si votre épouse ne voulait pas y participer, vous pouvez le faire pour vous et réaliser ainsi votre part du travail ... Tout n'est pas de la faute de l'autre ...
Bon courage à vous deux !
Udp.
Dernière modification par Kerniou le ven. 29 oct. 2021, 11:20, modifié 1 fois.
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par CyberTruc » jeu. 21 oct. 2021, 6:37

Merci à tous pour vos réponses :)

Pas d'amélioration pour le moment. Elle est revenue lundi mais n'a été sobre qu'hier (mercredi).
Quand elle est sobre elle ne parle quasiment pas, a l'air tantôt fâchée, tantôt triste. Elle est terriblement froide et distante, parfois désagréable.
Quand elle n'est pas sobre elle a un comportement irrationnel, et elle est aussi renfermée sur elle-même. J'ai malgré tout eu une discussion avec elle lundi durant laquelle elle m'a redit qu'elle comptait s'en aller, prendre un appartement (malgré l'impact énorme que ça aura sur notre vie de famille, nos enfants, nos finances,...). Elle m'a aussi répété qu'elle ne m'aime plus. Elle n'a aucune volonté d'arranger les choses.
Tout montre qu'elle ne veut pas nous voir. Elle a l'air d'être avec nous à contre-coeur et je pense que c'est le cas.
Pourtant je crois qu'il y a autre chose. Elle n'a jamais été l'épouse ou la mère la plus tendre ou affectueuse. Mais un changement pareil, ça doit cacher quelque chose. Je pense que d'une certaine façon nous sommes les boucs émissaires. Elle nous rend responsables, soit d'un problème dont elle a connaissance, soit d'un problème plus profond qu'elle ignore. Ce n'est pas la première fois qu'elle a des passages difficiles mais ces derniers mois c'est pire que tout. J'ai vraiment l'impression d'être en présence de quelqu'un d'autre, une personne mauvaise qui aurait prit la place de mon épouse.
Fée Violine a écrit :
lun. 18 oct. 2021, 9:20
S'abandonner à Dieu ne signifie pas rester passif.
Justement! Que veut dire "s'abandonner à Dieu" ? Si je ne me trompe pas, tout ce qui nous arrive est la volonté de Dieu, et c'est ce qui pourrait nous arriver de meilleurs. Les saints ont réussi à fondre leur volonté dans celle de Dieu, ne voulant plus que ce qu'Il veut. N'est-ce pas ce à quoi nous devons tous tendre ? J'en conclu que je dois accepter cette situation comme étant bonne pour moi, et en être reconnaissant. Et je le suis d'une certaine façon car grâce à ça j'ai beaucoup changé de façon positive (prière, retour à la messe,...). Mais cela n'enlève pas la souffrance, l'inquiétude et la peine surtout que je ressens pour mon épouse et mes filles.
Alors ? Dois-je simplement avoir confiance, sûr que Dieu ne permettra pas que ma famille soit détruite ?
Et si elle est détruite quand même, dois-je l'accepter comme étant l'effet de la Providence en me disant que c'est ce qui pouvait arriver de meilleur ?
nicolas-p a écrit :
lun. 18 oct. 2021, 11:55
en tant que médecin je peux vous dire que des désordres thyroïdiens peuvent aboutir à un syndrome dépressif. il serait bon de s'assurer qu'une part de son état ne vienne pas de là, même si cela n'explique pas tout.

faites ce que vous pouvez, vous le faites et c'est déjà énorme. elle doit elle aussi faire sa part du chemin et personne ne peut la forcer.
Concernant sa thyroïde je me souviens qu'elle m'avait dit avoir elle-même adapté le dosage, d'où mes soupçons. Je trouve que ce serait vraiment trop bête si tout venait de là.
Je sais que je ne peux pas la forcer à faire sa part du chemin. Je pense que mon rôle est plutôt de protéger nos enfants, essayer que l'ambiance ne soit pas trop pesante malgré tout, garder un semblant de normalité, et de montrer à mon épouse que je reste là et que je l'aime malgré tout.
nicolas-p a écrit :
lun. 18 oct. 2021, 11:55
connaissez vous un prêtre ou avez vous un prêtre à proximité à qui vous pourriez parler? (en plus d'amis bien sur) ce serait un soulagement pour vous et une source de conseil.
Je pourrais prendre contact avec le prêtre de ma paroisse. Je n'ai pas envie de l'embêter (il n'est pas assistant social ni conseiller conjugal) mais ce serait probablement utile car toute cette situation me pose beaucoup de questionnements d'ordre spirituel (d'où ma présence ici).
nicolas-p a écrit :
lun. 18 oct. 2021, 11:55
avant de songer à divorcer (c'est elle je sais bien) peut être envisager si c'est intenable une pause (départ du domicile pour une durée déterminée: 1sem? 1 mois?) pour qu'elle réfléchisse.
Je ne pense pas qu'elle accepterait. Elle a l'air vraiment décidée à s'en aller définitivement.
nicolas-p a écrit :
lun. 18 oct. 2021, 11:55
bon courage et vous pouvez compter au moins sur un soutien spirituel
Merci beaucoup
Kerniou a écrit :
lun. 18 oct. 2021, 13:45
S'il est important de nous en remettre à Dieu, N'oublions pas qu' Il nous laisse la liberté d'agir et nous avons à faire des choix, nous positionner, dialoguer ...
Je pense que vous avez raison. Mais je pense aussi qu'il faut tout rapporter à Dieu.
Ainsi il (Jésus) attribue les douleurs et les ignominies de sa Passion, non aux Juifs qui l'accusent, à Judas qui le trahit, à Pilate qui le condamne, aux bourreaux qui le tourmentent, aux démons qui excitent tous ces malheureux, bien qu'ils soient les causes immédiates de ses souffrances; mais à Dieu, et à Dieu considéré non sous la qualité d'un Juge rigoureux, mais sous celle d'un Père aimant et bien-aimé. N'attribuons donc jamais ni aux démons ni aux hommes, mais à Dieu, comme à leur vraie source, nos pertes, nos déplaisirs, nos afflictions, nos humiliations. «Agir autrement, remarque sainte Dorothée, ce serait faire comme le chien qui décharge sa colère sur une pierre au lieu de s'en prendre à la main qui la lui a jetée». Ainsi, gardez-vous de dire: Un tel est cause de ce malheur que j'ai éprouvé; il est l'auteur de ma ruine. Vos maux sont l'ouvrage, non de cet homme, mais de Dieu. Et ce qui doit vous rassurer, c'est que Dieu souverainement bon procède à tout ce qu'il fait avec la plus profonde sagesse, et pour des fins saintes et sublimes.
Confiance en la Divine Providence, Père Jean-Baptiste Saint-Jure (https://livres-mystiques.com/partieTEXT ... dence.html)

Pour être franc, je pense que vous avez raison et qu'on ne peut pas faire la volonté de Dieu en ne faisant rien. Je ne sais juste pas vraiment quoi faire. L'idée que ma famille soit détruite me terrifie.
Kerniou a écrit :
lun. 18 oct. 2021, 13:45
même si votre épouse ne voulait pas y participer, vous pouvez le faire pour vous et réaliser ainsi votre part du travail ... Tout n'est pas de la faute de l'autre ...
"Tout n'est pas de la faute de l'autre" Je vais méditer là dessus.

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Fleur de Lys
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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par Fleur de Lys » ven. 22 oct. 2021, 9:18

Bonjour CyberTruc,

Votre histoire est bien triste et je compatis à votre peine. Je ne suis pas médecin mais on dirait bien une forme de dépression, votre femme cherchant de l'amusement car la vie de famille ne l'amuse plus... comme si elle avait besoin de sensations fortes. Je crains bien que ce ne soit qu'une illusion... pas sûre que l'herbe soit plus verte ailleurs.
Est-ce qu'elle vous exprime son mal-être et ses attentes?
Déjà noyer son ennui dans l'alcool n'est pas signe de bonne santé mentale ni d'esprit responsable. Elle est la mère d'une enfant de 10 ans tout de même. Si elle divorce, va-t-elle boire, seule avec sa fille chez elle?!

L'ennui c'est qu'on ne peut pas forcer quelqu'un à consulter... et votre femme semble aimer les petits secrets. C'est peut-être d'ailleurs cela qui la hante?

C'est touchant de voir aussi que l'épreuve vous redonne la foi quand tant de gens jettent l'éponge et se détournent de Dieu car ils en attendent trop comme des enfants gâtés (="Dieu n'existe pas car il n'a pas répondu positivement à ma prière"). Mais je ne pense pas non plus que Dieu pousse votre femme à l'alcoolisme pour vous éprouver. Non. C'est le manque d'amour et de foi qui pousse votre femme au bord du gouffre.
Qu'une famille soit détruite, ce n'est certes pas ce qui pourrait arriver de meilleur. Mais Dieu n'agit pas par la force sur nous: il ne contrôle pas nos vies "fais ci, fais ça" il montre un chemin et nous sommes libres de le suivre ou non. Si votre famille éclate, ce n'est pas la volonté de Dieu, c'est un enchainement de choix et de non choix qui éloignent de Dieu et de la famille.

Ne restez pas seul dans cette situation en tout cas. Courage!

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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par cmoi » ven. 22 oct. 2021, 11:36

CyberTruc a écrit :
dim. 17 oct. 2021, 22:41
Bonjour à tous,
je me permets d'écrire ici car je sens que j'ai besoin d'avis et de conseils de personnes qui partagent ma foi.
Bonojour,
combien il est difficile d'intervenir dans cette rubrique et je m'étais promis de ne plus le faire...
Combien il est difficile de s’aventurer à vous répondre car c’est mettre le doigt dans un engrenage dont on ne sait pas si on pourra l’y laisser quand il y sera nécessaire et si ce ne sera pas créer un besoin.

Vous avez besoin d‘une assistance réelle et de proximité, pas de la nôtre !

Croyez bien que ce que je vais vous dire à présent relève d’un ton froid et didactique qui ne correspond en rien à ce que me fait éprouver votre témoignage. Vous m’apparaissez comme quelqu’un de très responsable, mais qui doit payer aujourd’hui pour tout ce qu’il a dû laisser de côté, sans doute parfois pour de bonnes intentions. Je vous crois donc capable de vous en sortir non pas « tout seul », mais pas à pas. Ne précipitez rien mais n’oubliez ni n’omettez plus rien, prenez vos précautions…
Même s’il n’y a pas d’adultère, il serait temps de regarder du côté de ses fréquentations.
Compte tenu de la façon dont votre couple semble s’être construit, de l’indépendance laissée à chacun, si elle veut se détruire, vous ne pourrez rien faire pour l’en empêcher.
Ce que vous devez faire c’est en préserver votre fille et donc pourquoi n’envisagez-vous pas d’en avoir la garde ? Avez-vous adopté l’aîné ? Si non, la charge financière pourrait se répartir en la garde d’un enfant chacun et se moduler par la part qu’elle vous verserait – ou même pas.
Il vous faut penser aux constats (alcool, « fugues », etc.) car aussi « embarquée » serait-elle, quand elle aura vu un(e) avocat(e), croyez-moi qu’elle défendra sa cause contre vous avec pugnacité. En tout cas c'est à prévoir...
Avez-vous « enquêté » sur son comportement à son travail ? S’il a « changé » ?
Concernant le divorce, il vaut mieux préparer la guerre pour avoir la paix, que rêver de paix et n’être pas préparé.
Les états d’âme et les regrets, la nostalgie, les habitudes, ne vous seront d’aucun secours : l’amour est mort, vous et votre fille êtes en danger. Préservez votre équilibre.

Venons-en à la foi : elle ne vous aidera qu’à traverser l’épreuve la tête haute, mais ne la résoudra pas, elle pourrait même l’envenimer si vous l’évoquez…
N’essayez pas d’établir de corrélation entre votre foi et ce qui vous est arrivé ou vous arrivera. Vivez en vous abandonnant à Dieu, ne cherchez pas à acquérir une connaissance exacte de ce qui vous échappera toujours, et qui ne vous aiderait pas. Faites confiance et pensez à profiter de chaque jour qui passe comme d’un cadeau…
Abandonnez toute idée préconçue serait -elle excellente et vertueuse ou spirituelle.
Etes-vous marié religieusement ?

Tous ces propos ne sont que des conseils pour vous aider à réfléchir et vous faire votre propre avis, désolé si je suis allé au plus court en employant un ton trop intimatif par facilité…
Tout ce que je vous ai écrit s’inspire de ce que vous avez-vous-même écrit et sa justesse en dépend qu’il vous revient de corriger. J’ai évidemment pensé à un détective privé, ensuite à ce que vous pouvez faire pour la soigner et qu’elle reconnaisse son état ou que du moins il soit acté que vous aurez fait ce que vous pouviez pour l’en sortir (devoir d’assistance et de secours).
Honnêtement, si j’étais vous, je me prémunirai ensuite de la preuve de son désir irrévocable de divorcer et je la devancerai… Ce sera plus supportable que de subir !
Et si "la menace" la fait changer de comportement et d'objectif, alors tant mieux !
Mais il vous faut impérativement prendre de la distance, du recul, et c'est le plus difficile.
Il existe des consultations gratuites d'avocat en mairie, etc. : renseignez-vous !

CyberTruc
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Inscription : dim. 17 oct. 2021, 20:58
Conviction : Catholique

Re: Situation familiale difficile

Message non lu par CyberTruc » ven. 22 oct. 2021, 18:29

Fleur de Lys a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 9:18
Bonjour CyberTruc,

Votre histoire est bien triste et je compatis à votre peine. Je ne suis pas médecin mais on dirait bien une forme de dépression, votre femme cherchant de l'amusement car la vie de famille ne l'amuse plus... comme si elle avait besoin de sensations fortes. Je crains bien que ce ne soit qu'une illusion... pas sûre que l'herbe soit plus verte ailleurs.
Est-ce qu'elle vous exprime son mal-être et ses attentes?
Déjà noyer son ennui dans l'alcool n'est pas signe de bonne santé mentale ni d'esprit responsable. Elle est la mère d'une enfant de 10 ans tout de même. Si elle divorce, va-t-elle boire, seule avec sa fille chez elle?!

L'ennui c'est qu'on ne peut pas forcer quelqu'un à consulter... et votre femme semble aimer les petits secrets. C'est peut-être d'ailleurs cela qui la hante?

C'est touchant de voir aussi que l'épreuve vous redonne la foi quand tant de gens jettent l'éponge et se détournent de Dieu car ils en attendent trop comme des enfants gâtés (="Dieu n'existe pas car il n'a pas répondu positivement à ma prière"). Mais je ne pense pas non plus que Dieu pousse votre femme à l'alcoolisme pour vous éprouver. Non. C'est le manque d'amour et de foi qui pousse votre femme au bord du gouffre.
Qu'une famille soit détruite, ce n'est certes pas ce qui pourrait arriver de meilleur. Mais Dieu n'agit pas par la force sur nous: il ne contrôle pas nos vies "fais ci, fais ça" il montre un chemin et nous sommes libres de le suivre ou non. Si votre famille éclate, ce n'est pas la volonté de Dieu, c'est un enchainement de choix et de non choix qui éloignent de Dieu et de la famille.

Ne restez pas seul dans cette situation en tout cas. Courage!
Bonjour à vous
Je suis tout à fait d'accord avec vous. Je pense que ce qu'elle vit est une forme de dépression et d'auto-destruction (alcool, reprise des cigarettes alors qu'elle avait arrêté pendant 10 ans, destruction de sa famille,...). Et je pense comme vous que ce n'est qu'une illusion. Dans le pire des cas, si elle détruisait effectivement notre ménage et se retrouvait seule, je pense qu'après un certain temps elle se rendrait compte que ses sorties et amusements ne peuvent sembler combler le vide qui est en elle que pour un temps.
Elle ne m'exprime pas son mal-être ni ses attentes. Elle ne me parle quasiment plus. Dans ses bons jours je l'écoute parler de son travail, de ses activités. Je n'aime pas de parler avec quelqu'un qui a bu et les vrais problèmes ne sont pas abordés mais au moins nous communiquons. C'est toujours mieux que le silence.
J'ignore comment elle voit l'avenir. D'après ce qu'elle me dit elle veut vivre seule. J'ai cru comprendre qu'elle n'envisage pas de prendre sa fille de 19 ans avec elle mais bien de la laisser avec moi. Quand à la plus jeune, elle veut bien la garder "chez elle" la nuit pendant que je travaille pour que je ne sois pas dans l'embarras. Pour diverses raisons (financières entre autre), je ne pense pas que cela soit réalisable. Dans tous les cas cela nous plongerait dans de graves problèmes. Mais je ne pense pas que ce soit en mesure de l'arrêter.
Il y a des années, elle a eu un autre passage dépressif pendant lequel elle buvait beaucoup. A l'époque je ne faisais pas que la nuit, je faisais toutes les pauses. Donc je sais par expérience qu'être seule avec notre enfant de 10 ans ne l'empêchera pas de boire. Cette fois là j'avais réussi après plusieurs mois à l'emmener chez une psychologue. Elle n'y est allée que quelques fois puis a arrêté, mais (coïncidence ou pas) les choses se sont calmées à partir de là.

Effectivement dans cette épreuve j'ai retrouvé la foi. Je me suis toujours considéré comme catholique malgré mon absence de pratique pendant des années. Mais il y a quelques mois j'étais tellement mal que je me suis jeté dans les bras du Seigneur. Cela ne m'empêche pas de réagir parfois comme "un enfant gâté". Je me demande bien souvent pourquoi Dieu continue à m'infliger cela, et pourquoi mon épouse doit se sentir si mal, et pourquoi un tel danger plane sur mon enfant. Mais dans ces moments je continue de prier. Je veux m'accrocher à cette foi que j'ai retrouvée.
Vous dites que "Dieu n'agit pas par la force sur nous". Mais pourtant les Écritures sont remplies d'exemple où Dieu le fait (il est par exemple écrit qu'Il endurcit le cœur de pharaon). N'est-il pas également en son pouvoir d'attendrir et apaiser le cœur de mon épouse ?
cmoi a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 11:36
Compte tenu de la façon dont votre couple semble s’être construit, de l’indépendance laissée à chacun, si elle veut se détruire, vous ne pourrez rien faire pour l’en empêcher.
Ce que vous devez faire c’est en préserver votre fille et donc pourquoi n’envisagez-vous pas d’en avoir la garde ? Avez-vous adopté l’aîné ? Si non, la charge financière pourrait se répartir en la garde d’un enfant chacun et se moduler par la part qu’elle vous verserait – ou même pas.
Il vous faut penser aux constats (alcool, « fugues », etc.) car aussi « embarquée » serait-elle, quand elle aura vu un(e) avocat(e), croyez-moi qu’elle défendra sa cause contre vous avec pugnacité. En tout cas c'est à prévoir...
Avez-vous « enquêté » sur son comportement à son travail ? S’il a « changé » ?
Concernant le divorce, il vaut mieux préparer la guerre pour avoir la paix, que rêver de paix et n’être pas préparé.
Les états d’âme et les regrets, la nostalgie, les habitudes, ne vous seront d’aucun secours : l’amour est mort, vous et votre fille êtes en danger. Préservez votre équilibre.

Venons-en à la foi : elle ne vous aidera qu’à traverser l’épreuve la tête haute, mais ne la résoudra pas, elle pourrait même l’envenimer si vous l’évoquez…
N’essayez pas d’établir de corrélation entre votre foi et ce qui vous est arrivé ou vous arrivera. Vivez en vous abandonnant à Dieu, ne cherchez pas à acquérir une connaissance exacte de ce qui vous échappera toujours, et qui ne vous aiderait pas. Faites confiance et pensez à profiter de chaque jour qui passe comme d’un cadeau…
Abandonnez toute idée préconçue serait -elle excellente et vertueuse ou spirituelle.
Etes-vous marié religieusement ?

(...)
Honnêtement, si j’étais vous, je me prémunirai ensuite de la preuve de son désir irrévocable de divorcer et je la devancerai… Ce sera plus supportable que de subir !
Et si "la menace" la fait changer de comportement et d'objectif, alors tant mieux !
Mais il vous faut impérativement prendre de la distance, du recul, et c'est le plus difficile.
Il existe des consultations gratuites d'avocat en mairie, etc. : renseignez-vous !
Bonjour à vous,
je pense comme vous que je ne peux rien faire pour l'empêcher. Il y a des choses que je ne peux pas faire à sa place. Mon but est d'être là, présent malgré tout. Peut-être que si elle se rend compte que même si je suis constamment rejeté je reste présent pour elle, que je ne la laisse pas tomber, elle reviendra vers nous ?

Je ne sais pas encore ce que je ferai si on en arrivait à une séparation. Je voudrais avoir la garde de mon enfant. Ce serait logique puisque c'est toujours moi qui m'en suis occupé. Et en être séparé si brutalement me semble insupportable. Le problème se pose avec mes horaires de nuits. Je ne peux pas laisser une enfant de 10 ans seule à la maison. Je n'ai pas officiellement adopté l'aînée. Je me comporte avec elle comme si j'étais son père et je m'en suis toujours occupé, mais il n'y a rien d'officiel.
Je m'attends, comme vous le dites, à ce que dans le pire des cas, elle défende sa cause "avec pugnacité". Des remarques du genre "si tu me mets des bâtons dans les roues, j'ai les moyens de te pourrir la vie. J'irai au tribunal et tu sais très bien que dans ces cas là c'est toujours la mère qui gagne" ne laissent pas vraiment de place au doute.

Je ne sais pas si l'amour est mort. Ce n'est pas comme cela que j'approche la situation en ce moment et Dieu me préserve d'en arriver là. Pour l'instant je pense que mon épouse est malade et qu'elle a besoin de soutien. J'essaye de préserver nos enfants, de préserver une ambiance la meilleure possible chez nous, d'apaiser les tensions et d'être simplement présent.

J'ignore si la foi m'aidera à résoudre la situation ou non. Vous me conseillez de ne pas "établir de corrélation entre ma foi et ce qui m'est arrivé ou m'arrivera". Mais je pensais justement qu'il faut tout rapporter à Dieu et tout recevoir comme venant de Sa main. C'est ce que je me suis efforcé de faire jusqu'ici. Mais j'avoue que cette situation me pose beaucoup de question. Dans toutes ces épreuves, je ne ressens pas cette "joie profonde" ni cette "paix intérieure" propre à ceux qui mettent leur confiance en Dieu. Mais je n'ai probablement pas assez de foi. Mon amour-propre et mon égo sont encore bien trop présents.
Je confirme que nous sommes mariés religieusement.

Concernant votre dernier paragraphe, je pense que cela pourrait marcher dans d'autres circonstances. Mais mon épouse est une personne assez fière et obstinée. Une menace de divorce ne la ferait pas changer de comportement, empirerait probablement les choses et serait en totale inadéquation avec mon envie de justement lui montrer que quoiqu'il arrive, je suis là.
Cette situation est une épreuve pour nous tous. Mon épouse ne va pas bien, je le vois. Nos enfant ne sont pas encore trop affectés, heureusement. Mais pour moi c'est une situation extrêmement difficile. J'y pense dès le réveil, j'y pense dans mes prières, j'y pense avant de m'endormir, j'y pense à mon travail, j'y pense en embrassant mon enfant le soir. J'en ai l'appétit coupé (j'ai perdu 5 kilos depuis). J'ai découvert les chants du "Chemin neuf" qui sont magnifiques, mais je me force souvent à n'écouter que les musiques joyeuses car les autres me feraient pleurer. Je n'écris pas ceci pour inspirer la pitié, mais juste pour souligner que je suis bien conscient que moi aussi j'ai besoin d'aide.
Mais comme je l'ai écris, cette situation est une épreuve pour nous tous, et je me suis marié pour le meilleur et pour le pire. Étant marié religieusement, même dans le pire des cas (divorce) je resterais marié à elle religieusement. Mon rôle est de l'aimer jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Je réfléchis beaucoup à ce que je peux faire, à ce que je devrais faire. Est-ce que je dois continuer à attendre ? Est-ce que je dois taper du poing sur la table ? Est-ce que je dois forcer le dialogue ? Est-ce que je dois menacer d'un divorce ? Mais parfois je me dis que c'est justement pour cela que Dieu me met dans cette situation. Pour que j'arrête de vouloir contrôler les choses, que je lâche prise et que je m'abandonne totalement à Lui.

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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par Fée Violine » ven. 22 oct. 2021, 21:28

"Continuer à attendre" ? Le problème ne va pas se régler tout seul.
Il me semble que le conseil de cmoi est judicieux :
Concernant le divorce, il vaut mieux préparer la guerre pour avoir la paix, que rêver de paix et n’être pas préparé.

cmoi
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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par cmoi » sam. 23 oct. 2021, 11:30

Bonjour,
Vous avez manifestement besoin d‘en parler et ces dialogues vous font par eux-mêmes du bien semble-t-il, alors soit…
CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
Peut-être que si elle se rend compte que même si je suis constamment rejeté je reste présent pour elle, que je ne la laisse pas tomber, elle reviendra vers nous ?
Pas si son souhait est précisément que vous lui « lâchiez les basket ». Mais vous seul pouvez savoir quelle idée elle peut avoir de ce en quoi vous pourriez l’aider et comment, par vos souvenirs communs (les siens n’y donnant probablement pas la même teinte que les vôtres).
CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
Je ne sais pas encore ce que je ferai si on en arrivait à une séparation. Je voudrais avoir la garde de mon enfant. Ce serait logique puisque c'est toujours moi qui m'en suis occupé. Et en être séparé si brutalement me semble insupportable. Le problème se pose avec mes horaires de nuits. Je ne peux pas laisser une enfant de 10 ans seule à la maison. Je n'ai pas officiellement adopté l'aînée. Je me comporte avec elle comme si j'étais son père et je m'en suis toujours occupé, mais il n'y a rien d'officiel.
Vous seul pouvez y trouver une solution, mais là vous pouvez aussi prier pour un « petit coup de pouce » du destin au moment opportun.
CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
tu sais très bien que dans ces cas là c'est toujours la mère qui gagne" ne laissent pas vraiment de place au doute.
Pas si elle est avérée alcoolique et « néfaste », Pas si c’est vous qui vous en occupez le plus et le mieux. Mais il faut pour cela y penser à l’avance, avoir des témoignages, etc. Et ce serait mieux de vous en occuper avant qu’il y ait urgence, d’en profiter pour faire un bilan et améliorer ce qui peut l’être. Et inutile de l’en prévenir, bien sûr… !
CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
Je ne sais pas si l'amour est mort. Ce n'est pas comme cela que j'approche la situation en ce moment et Dieu me préserve d'en arriver là. Pour l'instant je pense que mon épouse est malade et qu'elle a besoin de soutien. J'essaye de préserver nos enfants, de préserver une ambiance la meilleure possible chez nous, d'apaiser les tensions et d'être simplement présent.
Certes, mais alors ce devrait être l’occasion comme vous l’avez compris d’améliorer ce qui peut l’être, mais pas seulement vis-à-vis de vos enfants, mais à l’égard de ce que doit être toute relation conjugale et que la vôtre n’était pas. Réfléchissez-y bien et trouvez ce qui ne remet pas directement en cause le conflit ou « déraillement » présent, et changez, vous, d’attitude, sans lui faire aucun reproche mais en l’informant de ce que vous êtes en droit d’attende d’elle, ne l’auriez-vous jamais exprimé jusqu’alors et même, en auriez-vous été satisfait(s) du contraire.
Cette démarche relève aussi de la conversion et vous pourrez dans tous les cas la poursuivre ensuite.
Faites ce qui vous semble devoir être fait pour sa femme malade. Elle y répondra comme elle y répondra, risquera de vous jeter à la figure ce qu’elle avait pu attendre et que vous n’aviez jusque-là pas fait, etc. Ce sera à vous de garder le nouveau cap donné à votre vie et de vous en expliquer sans la prendre en référence, sinon par ce que vous estimez être désormais votre devoir et exprimer vos sentiments – trouvez aussi comment lui exprimer ceux qui seront avouables et positifs (non et plus que des promesses ou des souhaits), à vous de corriger les autres..
Faites-là parler pour dire autre chose que ce qu’elle dit et qui lui permette au moins de faire un bilan, pas seulement d’exprimer son mal-être d’une façon qui ne l’en soulage même pas.
Dans votre situation, il faut faire preuve de beaucoup d’humilité et avoir l’empathie discrète, efficace, et sans espoir de « rétribution ».
Vous en sentez-vous capable ?
CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
J'ignore si la foi m'aidera à résoudre la situation ou non. Vous me conseillez de ne pas "établir de corrélation entre ma foi et ce qui m'est arrivé ou m'arrivera". Mais je pensais justement qu'il faut tout rapporter à Dieu et tout recevoir comme venant de Sa main. C'est ce que je me suis efforcé de faire jusqu'ici.
;
Et je ne vous ai pas dit le contraire. Je vous ai dit de ne pas rechercher d’explication surnaturelle, c’est différent. Car vous n’avez pour en juger que votre passé et le présent, il vous manque le futur, et même avec ce serait très insuffisant – sauf à ce que ce soit le fruit d’une grâce directe immédiate, mais les grâces sont extrêmement rarement de cet ordre et seraient même dans ce cas dangereuses.

CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
Mais j'avoue que cette situation me pose beaucoup de question. Dans toutes ces épreuves, je ne ressens pas cette "joie profonde" ni cette "paix intérieure" propre à ceux qui mettent leur confiance en Dieu. Mais je n'ai probablement pas assez de foi. Mon amour-propre et mon égo sont encore bien trop présents.

Là vous en demandez vraiment beaucoup trop ! Cela n’arrive qu’à l’issu d’un cheminement intérieur et comme le résultat d’une intimité acquise et confirmée, ce serait vous mettre en danger que de vous « donner » cela maintenant même si vous croyez que vous en feriez bon usage. Acceptez le contraire comme ce dont vous avez à faire l’expérience, à titre de « joyeuse » pénitence et en remerciement d’en avoir une : ce fardeau alors pourra vous devenir léger, mais il sera un fardeau.
CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
mon envie de justement lui montrer que quoiqu'il arrive, je suis là.

Attention à l’orgueil : il faut le montrer activement, pas passivement, et en s‘effaçant. Et je suis certain qu’il serait meilleur de n’avoir rien à montrer, d’oublier cela, mais de simplement vous ajuster aux besoins immédiats en les anticipant.
CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
mais je me force souvent à n'écouter que les musiques joyeuses car les autres me feraient pleurer.

Pourquoi ne pas en écouter une bien sombre et poignante et qui vous permette de vider vos yeux et votre cœur de vos larmes ?
CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
Je réfléchis beaucoup à ce que je peux faire, à ce que je devrais faire. Est-ce que je dois continuer à attendre ? Est-ce que je dois taper du poing sur la table ? Est-ce que je dois forcer le dialogue ? Est-ce que je dois menacer d'un divorce ?
C’est toute la question de la liberté humaine, que Dieu a voulu grande. Vous seul pouvez savoir et décider : qui est l’époux sinon vous ! Et qui connaît mieux l’épouse que l’époux ? La meilleure attitude sera la vôtre si elle exprimera qui vous êtes et votre désir d’avoir la meilleure. Bien sûr, vous pouvez vous efforcer de l’améliorer, et pour cela demander de l’aide.
Il ne faut pas seulement qu’elle soit la vôtre, il faut qu’elle soit chaste, c’est-à-dire qu’elle s’inspire de ce que vous n’aimiez, en elle, rien d’autre qu’elle-même. Inutile de le montrer, elle le sentira. Comment pourriez-vous le mieux lui faire sentir que nul ne l‘aimera autant ou aussi bien que vous, voilà une meilleure préoccupation que celle de lui montrer que vous êtes là, mais peut-être était-ce ce que vous vouliez dire. Et comment lui permettre d’en profiter pour elle-même se retrouver, s’apprécier, vous confier son mal, quitte à passer par l’intermédiaire d’un spécialiste mais pas nécessairement, pas si elle s’y refuse,

J’apprécie chez vous cette distinction que vous faites entre votre nouvelle vie de foi, et cette épreuve dont vous voudriez vous débarrasser pour mieux progresser. Et aussi que vous ne les sépariez pas ; que vous soyez conscient que votre progrès passe par cette réalité-là que vous ne fuyez pas. Grâce à cela je pense que vous vous en sortirez. Sachez garder chaque chose à sa place et avancez lentement vos pions (un pion ne recule jamais, aux dames comme aux échecs !)

CyberTruc a écrit :
ven. 22 oct. 2021, 18:29
Mais parfois je me dis que c'est justement pour cela que Dieu me met dans cette situation. Pour que j'arrête de vouloir contrôler les choses, que je lâche prise et que je m'abandonne totalement à Lui.
Je suis catégorique : non ! Dieu n’est pas aussi binaire que cela et sa stratégie est plus ouverte, amoureuse et non « punitive » (votre punition n’est que provisoire et par le manque de joie et il n’en est pas l’auteur !), plus « long terme » aussi.. Au pire ou au mieux, dites-vous que cela vous permet de prendre conscience de cela et qu’il vous faut vous « reposer en lui » !
La confiance sans repos n’est plus de la confiance. Du repos nous viennent des idées nouvelles et l’énergie pour faire le reste du temps ce qu’il faut.

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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par CyberTruc » lun. 25 oct. 2021, 13:06

Bonjour à tous,
j'hésite à l'écrire car j'ai bien souvent remarqué que quand je dis que les choses vont mieux, elles s'agravent, et quand je dis qu'elles vont mal, elles s'améliorent... appelez ça de la superstition.
Mais je l'écris quand même : ces derniers jours ont été meilleurs. Mon épouse n'a pas beaucoup été avec nous mais quand elle était là, j'ai eu l'impression de retrouver mon "épouse d'avant" à quelques détails près. En tout cas elle était plutôt de bonne humeur, nous avons pu parler et discuter normalement, et elle n'a pas bu d'alcool (chez nous en tout cas).
Je ne veux pas m'emballer et risquer d'être déçu plus tard, mais je ne peux m'empêcher d'espérer qu'on soit en train de remonter la pente.
Dans tous les cas, je compte bien profiter de ce sentiment de paix que je n'avais plus éprouvé depuis longtemps.

Je compte aussi en profiter pour faire le point maintenant que j'ai l'esprit plus clair.
Tous vos messages m'ont donné énormément à réfléchir au sujet de mon couple, de ma foi, de moi.
Je me rend compte que dans l'enthousiasme de cette foi retrouvée subitement et de façon assez intense, j'ai peut-être fait fausse route.
Particulièrement, les mots de cmoi m'ont fort marqué :
cmoi a écrit :
sam. 23 oct. 2021, 11:30
Là vous en demandez vraiment beaucoup trop ! Cela n’arrive qu’à l’issu d’un cheminement intérieur et comme le résultat d’une intimité acquise et confirmée, ce serait vous mettre en danger que de vous « donner » cela maintenant même si vous croyez que vous en feriez bon usage. Acceptez le contraire comme ce dont vous avez à faire l’expérience, à titre de « joyeuse » pénitence et en remerciement d’en avoir une : ce fardeau alors pourra vous devenir léger, mais il sera un fardeau.
C'est absolument vrai. Il y a une différence entre vouloir imiter les saints et vouloir en devenir un; et se prendre pour un saint. Sans vraiment l'admettre, je pense que d'une certaine façon je me voyais déjà arrivé.
Je me rend compte que j'ai cruellement besoin de beaucoup d'humilité. Je suis terriblement orgueilleux et rempli d'amour-propre. Je vais devoir méditer là-dessus.
De plus, tout en voulant faire la volonté de Dieu, j'ai aussi essayé qu'Il fasse la mienne. J'ai voulu qu'Il intervienne dans ma situation, qu'Il arrange les choses, qu'Il réponde à mes prières. Mais ne devons-nous pas tout accepter de sa main, la joie comme les peines ? Ce point-là me pose d'énorme difficultés. Je voudrais pouvoir dire "que Ta Volonté s'accomplisse, quelle qu'elle soit". Mais en mon fort intérieur, j'espère que les choses continuent de s'améliorer. J'ai bien trop peur de revivre ce que j'ai vécu. Je sais que les pénitences qu'Il nous envoie sont celles qu'un père donne à son fils pour le corriger. Je sais que : "Ainsi surtout, le père obligé de châtier un fils tendrement chéri ne le fait qu'avec contrainte et parce que le bien de son fils l'exige; mais la main lui tremble d'émotion et il se hâte de finir. De même, Dieu nous traite comme des créatures nobles qui sont en grande considération auprès de lui, comme des enfants chéris qu'il châtie parce qu'il les aime. Même les épreuves et les châtiments sont des bienfaits de Dieu, des signes de sa miséricorde."

Peut-être que comme à mon habitude je me pose beaucoup trop de questions. Je gagnerais peut-être à cesser de me tourmenter, continuer mes prières quotidiennes avec simplicité et humilité, et faire de mon mieux pour vivre chrétiennement dans les situations que je vis.

Concernant mon épouse, je vais profiter de l’accalmie pour apaiser les tensions. Je vais continuer comme j'ai toujours fais : être présent et à l'écoute, et essayer de mettre un peu de vie et de bonne humeur chez nous. Je vais aussi réfléchir à ce que je dois changer chez moi, à ce qui aura pu la pousser à ne plus me faire confiance et à vouloir partir. Comme ont dit : il est plus facile de se changer soi-même que de changer les autres.
Au delà de ça, je la laisserai "diriger sa barque". Peut-être est-elle en train de faire des efforts pour redresser la situation. Peut-être se laisse-t-elle seulement porter au gré d'une dépression qui nous replongera en plein cauchemar aujourd'hui ou demain. Je verrai bien et je serai là pour elle.
Mais si je vois que ça ne s'améliore pas, je pense que j'appliquerai vos conseils et que je commencerai à me protéger en vue du pire afin de ne pas être pris au dépourvu.

J'espère ne pas revenir bientôt ici pour écrire que les choses ont empiré. J'espère vraiment revenir avec de bonne nouvelles.
Mais dans tous les cas, je veux remercier toutes les personnes qui ont prit la peine de lire mes messages, et ceux qui y ont répondu. Sachez que si je ne répond pas à tout, j'ai lu attentivement toutes vos réponses et bien souvent plusieurs fois.
Merci aussi à la personne qui m'a envoyé un message privé et auquel je ne peux malheureusement pas répondre, étant trop nouveau sur ce forum (je ne peux pas envoyer d'MP).

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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par Fée Violine » lun. 25 oct. 2021, 14:27

Merci aussi à la personne qui m'a envoyé un message privé et auquel je ne peux malheureusement pas répondre, étant trop nouveau sur ce forum (je ne peux pas envoyer d'MP).
Normalement, maintenant vous pouvez puisque vous avez plus de 3 messages publiés.
je la laisserai "diriger sa barque"
Votre rôle de mari est tout de même de veiller sur elle.
Quand vous pensez que cette situation est une épreuve que Dieu vous envoie à vous, vous vous mettez au centre. Pensez plutôt à son bien à elle, et surtout au bien de votre fille.
Laisser votre épouse diriger sa barque signifie certes respecter sa liberté, mais ne l'abandonnez pas à elle-même si elle se met en danger.

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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par cmoi » mar. 26 oct. 2021, 5:11

CyberTruc a écrit :
lun. 25 oct. 2021, 13:06
Bonjour à tous,
j'hésite à l'écrire car j'ai bien souvent remarqué que quand je dis que les choses vont mieux, elles s'agravent, et quand je dis qu'elles vont mal, elles s'améliorent... appelez ça de la superstition.
Ne croyez pas que pour ma part je me sois contenté de vous répondre.
J'avais certes attendu de savoir si vous étiez marié religieusement ou non, car cela influencerait la teneur de ma prière pour la rendre plus adaptée et pertinente.
Dieu exauce toujours une prière sincère ! Ce n'est pas de la superstition...
Ce qui ne veut pas dire qu'il faut se décourager quand cela ne semble pas vrai, ni être envieux.
Faites de votre mieux et Dieu vous accompagnera. Persévérez sur la voie où vous êtes à présent.
Et que Dieu vous bénisse.

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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par CyberTruc » mar. 26 oct. 2021, 19:37

Malheureusement je m'étais fais une fausse joie.
Je ne comprends pas comment c'est possible. Ce week-end, malgré qu'elle soit peu présente à la maison, ça s'est relativement bien passé. Puis lundi elle revient du travail, m'adresse à peine la parole et me dit de lui f**** la paix. Elle a passé la soirée d'hier à m'ignorer.
Aujourd'hui, j'ai essayé de l'appeler vers 18h pour avoir des nouvelles (elle termine de travailler à 15h30). Elle ne m'a pas répondu mais m'a envoyé un message pour me dire de ne pas l'attendre et qu'elle ne rentrait pas.
Je ne comprends pas.
Je me souviens que dimanche elle a mentionné qu'elle avait oublié ses médicaments. Ça me conforte dans mes soupçons qu'il y a peut-être un problème de ce côté-là. Comment expliquer autrement un changement de comportement si brutal du jour au lendemain ?
Ma femme me manque. Celle qui réclamait que je la prenne dans mes bras. Celle qui venait se blottir contre moi pour regarder la télé le soir. Celle qui me disait soudainement "moi aussi je t'aime" d'un air de reproche, parce qu'elle voulait que je le lui dise. Elle me manque. Qu'aurait-elle dit à l'époque si j'avais pu lui dire ce que seraient les choses aujourd'hui ? C'est comme si mon épouse était morte ou disparue. Et je voudrais la retrouver. Je l'aime tellement, et je souffre tant d'être rejeté par elle mais qui n'est pourtant plus elle. Je ne comprends pas. Je ne sais pas quoi faire. J'ai beau écrire des romans ici pour tout expliquer, la vérité c'est que je suis complètement perdu.

S'il vous plaît, continuez de prier pour mon épouse, pour ma famille et pour moi.
Fée Violine a écrit :
lun. 25 oct. 2021, 14:27
Votre rôle de mari est tout de même de veiller sur elle.
Quand vous pensez que cette situation est une épreuve que Dieu vous envoie à vous, vous vous mettez au centre. Pensez plutôt à son bien à elle, et surtout au bien de votre fille.
Laisser votre épouse diriger sa barque signifie certes respecter sa liberté, mais ne l'abandonnez pas à elle-même si elle se met en danger.
Que pourrait être mon rôle de mari quand elle veut que je n'en ai aucun ? Comment l'accompagner quand elle ne veut pas me voir ? Être à l'écoute si elle ne veut pas me parler ? Je ne veux pas l'abandonner. Je veux être là pour elle. Je ne sais juste plus comment, à part en étant simplement présent.
Je pense à son bien à elle et encore plus à celui de notre fille. La situation dans laquelle pourrait être plongée notre enfant me terrifie. Je ne pense pas être capable de me séparer d'elle pour aller la déposer chez sa mère. Et comment le vivrait-elle elle ? Si elle me disait qu'elle veut rester avec moi, et que je devais lui répondre que ce n'est pas possible, que je dois aller travailler la nuit, et la déposer quand même. Je crois que je ne m'en remettrais pas.
cmoi a écrit :
mar. 26 oct. 2021, 5:11
Ne croyez pas que pour ma part je me sois contenté de vous répondre.
J'avais certes attendu de savoir si vous étiez marié religieusement ou non, car cela influencerait la teneur de ma prière pour la rendre plus adaptée et pertinente.
Dieu exauce toujours une prière sincère ! Ce n'est pas de la superstition...
Ce qui ne veut pas dire qu'il faut se décourager quand cela ne semble pas vrai, ni être envieux.
Faites de votre mieux et Dieu vous accompagnera. Persévérez sur la voie où vous êtes à présent.
Et que Dieu vous bénisse.
Merci pour vos prières et vos conseils. Je veux continuer de croire que Dieu exauce toujours une prière sincère, même si ce n'est pas de la façon qu'on attendait. Je veux continuer de croire que Dieu est mon soutien. Mais je sens que je lâche prise.
cmoi a écrit :
sam. 23 oct. 2021, 11:30
Pourquoi ne pas en écouter une bien sombre et poignante et qui vous permette de vider vos yeux et votre cœur de vos larmes ?
J'ai suivi vos conseils aujourd'hui, dès le réveil. Mais j'ai pleuré toute la journée et cela ne me fait aucun bien. J'ai été à l'église, j'ai pleuré et j'ai prié. Mais je pleure encore chez moi ce soir.

cmoi
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Re: Situation familiale difficile

Message non lu par cmoi » mer. 27 oct. 2021, 7:51

Cher cyber,

si lâcher-prise peut être déstabilisant au début, cela reste une bonne chose.
Il ne s'agit pas de s'abandonner à sa souffrance pour s'y enfermer ou la laisser vous dominer, mais de la laisser s'épancher, sortir, vous traverser, de ne pas lui résister. De garder le contrôle non sur elle (car c'est perdu d'avance !), mais sur vous...
Ainsi de prendre conscience d'une distinction qui vous donne ou laisse votre liberté, au lieu de vous la reprendre.

Votre long message me laisse entendre que vous avez su vous en sortir. Vous y exprimez vos émotions qui si elles ne touchent pas votre femme en ce moment, moi me touchent et je ne suis certainement pas le seul.
Vous êtes un homme qui a un évident sens de ses responsabilités, peut-être est-ce ce que votre femme a cherché en vous, car elle semble en revanche en manquer, je ne sais, et du coup cela vous empêche de savoir comment lui parler.
Je ne peux qu'essayer de vous donner les mots pour décrire ces choses que vous-même vivez sans le pouvoir, parce que vous êtes pris par votre tourment. Certains vous aideront, d'autres pas.
Comme je l'écrivais, vous seul pouvez savoir, mais ce n'est pas une raison pour "vous mettre la pression", vous n'êtes pas responsable de ce qui vous dépasse, et le manque affectif qui est le vôtre actuellement vous paralyse en plus et vous est de trop.
Je vous ai indiqué une manière d'en atténuer l'effet, il peut y en avoir d'autres. Il n'est pas facile d'être attentif aux autres et à leurs besoins, quand on est soi-même en manque.
Alors ne le soyez pas vis à vis de votre fille, profitez bien de chaque instant avec elle sans pour autant être envahissant, mais sans doute qu'elle aussi a ce besoin et que vous pouvez vous épauler (même si cela n'en a pas pour elle le symbole).
Sachez aussi profiter de vos moments de solitude pour vous ressourcer, d'une manière ou d'une autre : vous avez besoin de temps et que tout celui qui vous est donné soit bon à prendre !

Jeune reconverti, aussi forte que soit votre foi elle est fragile. Ne cherchez pas tout de suite à la porter à un sommet, elle en retomberait. Avancez pas à pas, modestement, gardez pour plus tard les grandes envolées..
Dans tout ce que vous écrivez, malgré tout, je sens que vous progressez... Alors ne lâchez pas, lâchez prise ce n'est pas cela, ce n'est qu'une façon de vous reposer en Lui qui ne vous abandonnera pas, de vous vider de tout ce qui est polluant.
Faites-lui confiance, sans exagération ni défiance, et ne vous jugez pas : il est normal qu'il y ait des hauts et des bas, même en vous..
J'ai confiance en vous et je suis sûr que pouvez autant en avoir en vous appuyant sur votre nouvel ami : Jésus.

Vous le savez bien que ce ne sont pas là que "des mots", mais qu’ils répondent certes à une réalité invisible mais présente. Autant que vos maux : alors à vous de choisir lesquels promouvoir et défendre.

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