Le temps de la peur

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Cinci
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Le temps de la peur

Message non lu par Cinci » jeu. 08 avr. 2021, 0:46

Bonjour,

Une article bien branché sur notre actualité

[...]

Une société dans laquelle l’autonomie personnelle, qui devrait en soi reposer sur l’usage de la raison, l’honnêteté et l’exercice de la vertu de prudence, est réduite à l’illusion de la liberté plonge aisément dans le désarroi dès lors que ceux qui la composent sont sommés de juger et de définir une conduite pratique. D’une certaine manière, l’homme-masse a le choix entre le malaise qui naît de l’impossibilité de trancher et la soumission. En ce sens on peut comprendre qu’il éprouve un besoin de peur.

Une comparaison – lointaine – peut être suggérée avec la situation qui a donné naissance à la « pastorale de la peur », telle que l’avait analysée, non sans apriorismes, Jean Delumeau, en référence à une prédication insistant sur les fins dernières, cela au cours des périodes critiques de la fin du moyen âge et jusqu’à celles du XVIIIe siècle. Guillaume Cuchet, sociologue de la religion qui a consacré un travail à ce sujet, donne le commentaire suivant :

« Dans ce contexte général très sombre, sans même parler des conditions ordinaires de la vie quotidienne et notamment de la mortalité, la “pastorale de la peur” était à la fois ambiante et utile paradoxalement, parce qu’elle substituait à une angoisse diffuse, résultat de stress accumulés, une série de peurs théologiques bien définies, segmentées et face auxquelles on pouvait agir. Contre la peur de la mort, on ne pouvait pas grand-chose, mais contre le diable, le péché, l’enfer, avec l’aide de l’Église, on n’était pas impuissant. De ce point de vue, la “pastorale de la peur” se présentait comme une “médication héroïque” […] là où autrement il n’y avait que le vide, les esprits errants et la mort. »


Sans discuter le fond historique du jugement ainsi porté, mais en considérant seulement l’analogie des attitudes psychologiques observées, la « peur de la liberté » (c’est-à-dire, pour Erich Fromm, auteur de la formule, la peur de la responsabilité) et la peur irrationnelle que l’on constate aujourd’hui de par le monde se rejoignent, alors même que la doxa prétend les esprits plus que jamais libérés des contraintes attribuées à la morale chrétienne.

Article complet :

https://www.catholica.presse.fr/2021/04 ... e-la-peur/

On doit également noter dans la culture contemporaine l’existence de certaines impasses spécifiques. Giulio Meiattini, moine bénédictin et théologien italien, a eu l’occasion d’en relever au moment où le premier confinement avait à peine commencé, dans un texte intitulé « La peur qui tue et le courage qui manque». Il y faisait ressortir que si l’impréparation politique à la survenue d’un virus ravageur avait été patente, l’impréparation morale l’avait été plus encore.

Parmi les raisons immédiates, la société occidentale et occidentalisée a été frappée par une inversion des valeurs entre corps et âme, au bénéfice exclusif du premier. La constitution de l’OMS pose ainsi que « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

Et au fil des années, ce principe est devenu un impératif, le but de la vie sur cette terre se réduisant à la possession d’un corps idéal toujours plus recherché. Il faudrait relire ici l’ouvrage très significatif, et critique de cette promotion disproportionnée du corps, de Lucien Sfez, La santé parfaite. Narcissisme de masse ?

Peut-être, mais bien plus encore, perte de toute aspiration collective supérieure, vide de toute perspective future. Quelle cause mérite-t-elle encore que l’on donne sa vie pour elle ? Que pense-t-on du sacrifice des martyrs ? Ce sont là des questions devenues inaccessibles à la majeure partie des masses actuelles et objet des ricanements des doctes. « Cela signifie que nous n’avons plus d’avenir – la gloire immortelle avec la postérité ou l’unité de la patrie ou une société d’égaux, le progrès, le ciel et la vie éternelle.

Notre culture n’a que le présent, ce qui apparaît maintenant, l’éphémère. Et nous voulons désespérément la préserver, car il n’y a pas d’alternatives ou d’issue de sécurité possible. » Dom Meiattini note encore que l’espérance cultivée aujourd’hui est celle d’une surhumanité située quelque part entre l’animal et la machine : « Un être humain, d’une part, qui régresse au niveau d’une instinctivité débridée, satisfaisant tous ses besoins sans scrupules (émotivité instantanée) et, d’autre part, un homme technologiquement transplanté, équipé de prothèses et d’applications sophistiquées qui le rapprochent d’un assemblage mécanique. »

Le théologien constatait, au moment où la discipline imposée impliquait la fermeture des églises, avec l’acquiescement des épiscopats : « Mais le plus triste et le plus inquiétant pour l’avenir de l’humanité est que l’Église elle-même (ou plutôt les hommes d’Église) ont oublié que la grâce de Dieu vaut plus que la vie présente. C’est pourquoi les églises sont fermées et alignées sur des critères de santé et d’hygiène. L’Église s’est transformée en une agence de santé au lieu d’être un lieu de salut. »
Le rapprochement avec la pastorale de la peur est intéressant.

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nicolas-p
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Re: Le temps de la peur

Message non lu par nicolas-p » jeu. 08 avr. 2021, 10:09

Merci.

Je cite:
"L’Église s’est transformée en une agence de santé au lieu d’être un lieu de salut. »

Oui et non:
Oui l'église ne doit pas s'aligner sur le sanitaire et il faut comme les manifestations suivies de réfèrés l'on fait faire condamner l'état quand il outrepasse ses droits et ne respecte pas le culte.

Mais il faut aussi rendre à César ce qui est à César:
On doit obéir aux autorités civiles tant que cela ne s'oppose pas au catholicisme.

Difficile équilibre à trouver.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par Fée Violine » jeu. 08 avr. 2021, 16:25

nicolas-p a écrit :
jeu. 08 avr. 2021, 10:09
l'église ne doit pas s'aligner sur le sanitaire et il faut comme les manifestations suivies de référés l'on fait faire condamner l'état quand il outrepasse ses droits et ne respecte pas le culte.

Mais il faut aussi rendre à César ce qui est à César:
On doit obéir aux autorités civiles tant que cela ne s'oppose pas au catholicisme.

Difficile équilibre à trouver.
Tout à fait.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par Cinci » jeu. 08 avr. 2021, 20:49

Bonjour,
nicolas-p :
Oui et non: Oui l'église ne doit pas s'aligner sur le sanitaire et il faut comme les manifestations suivies de référés l'on fait faire condamner l'état quand il outrepasse ses droits et ne respecte pas le culte. Difficile équilibre à trouver.
Je suis d'accord avec vous sur le principe.

Mais - encore ? - il y a que le comportement «peureux» de beaucoup m'insatisfait pas mal. Cela me choque, me heurte, m'ennuie énormément. Et, à ce compte-là, je trouve que la réflexion de l'auteur évoquant un climat de peur vécu, éprouvé, amplifié, fabriqué ou nourrit garde toute sa pertinence.

L'analogie réalisée est assez plausible, entre la peur du diable ou des maléfices de sorcellerie au XVIIe siècle et la panique sanitaire d'aujourd'hui, il y a des similitudes. Ce sont la médecine de pointe ou la recherche médicale qui vont se substituer aux prédicateurs religieux et grands théologiens savants d'hier. C'est indéniable que la santé du corps est autrement plus importante que la santé de l'âme pour nos dirigeants et pour les masses inquiètes.

C'est la raison pourquoi, moi, je suis incommodé, mais quand je retrouve cette peur infuse pour la santé du corps (d'abord et avant tout !) jusque dans le clergé catholique; ou pouvant simplement s'exprimer, par force de loi, à l'église, au travers du protocole sévère mis en place. Dans ce dernier cas, ce ne sera pas de la faute aux curés certes ! Ceux-ci vont se trouver coincés à devoir respecter les fameuses consignes. Mais c'est justement là ce qui m'ennuie souverainement, cette emprise du politico-médical sur l'Église. Pour moi, c'est un peu comme si les politiciens forçait l'expression du blasphème (pour sûr j'exagère ici, pour faire comprendre), une sorte de blasphème; dis-je, jusque dans les temples, et toujours au nom de la vertu bien sûr. J'y vois le forcing d'une imposition de valeurs qui me sont étrangères.

Ça me dérange.

Je ne sais pas si je l'ai déjà dit ici, ce sera une petite répétition au pire.

L'automne dernier, à la Toussaint : je me rends à l'une des églises près de chez moi pour l'office de 16 heure. Je sortais d'un court séjour de 16 heures à l'hôpital. Très content d'avoir pu me libérer pour cette Messe de 16 heure. Puis testé négativement à la covid la veille, etc. J'arrive, je m'installe, j'observe les consignes (masque pour me rendre à mon banc, lavage de main). Il n'y a pas plus d'une quinzaine de personnes dans l'église, pas moins de 3 mètres de distance entre moi et le fidèle le plus proche. Une fois assis, j'enlève le masque en prévision de la Messe. Or voici que la Messe est commencée depuis cinq minutes au moins, une des fidèles se lève, vient interrompre la Messe et viens m'intimer l'ordre de remettre mon masque ou de sortir. Je me suis levé tranquillement, je n'ai pas dit un mot, ramassé mes trucs et je suis parti au nez et à la barbe du célébrant. Fini la Messe ! Bonsoir la compagnie.

Durant les semaines précédentes, dans une autre église, le protocole n'exigeait pas du tout le port du masque durant la Messe, pas quand chacun est assis immobile à sa place (*). Rien n'avait changé dans les conditions sanitaires du pays entre la dernière d'octobre et la première de novembre.. Rien, si ce n'est le seul souci de monsieur le curé à tel endroit, et qui, lui, est plus inquiet pour la santé physique de ses paroissiens. Comme dans l'article cité : c'est le danger hypothétique pour la santé physique du corps de monsieur X ou madame Y qui passe avant tout !

Tout cela est tellement absurde pour moi. A l'église ! Forcer les gens à ceci et cela, au nom de la crainte que monsieur X de 90 ans pourrait éprouver pour sa propre santé, les risques éventuels pour lui de contracter un microbe. C'est un peu le monde à l'envers. Dans un monde normal, la personne trop peureuse reste chez elle, le vieillard trop fragile ne va pas à l'église (il la regarde à la télé), le cancéreux en rémission qui vient de subir sa chimio ne va pas s'exposer aux virus qui circulent. Mais les personnes en santé ?

Résultat des courses ? Je ne remettrai plus jamais les pieds dans cette église. Le lieu est comme désormais "souillé" pour moi en quelque façon (une certaine mentalité ...).


(*) Durant la même période chez nous, les gens pouvaient diner au restaurant, chacun à sa table et sans masque.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par nicolas-p » ven. 09 avr. 2021, 20:33

Je comprends votre réaction cinci.

Certains prêtres effectivement devraient avoir plus peur de ce qui tue l'âme que le corps.

Certains fidèles sont parfois aussi un peu à côté de l'essentiel...et peuvent avoir un comportement parfois déplacé. Tous ne sont pas ainsi heureusement.

Néanmoins, rentrer en rébellion c'est aussi tendre le bâton pour se faire battre et l'Etat n'attend qu'un faux pas pour tomber sur les catholiques.

Nombreux sont les prêtres qui ont bien compris qu'il faut éviter de donner des arguments pour se faire " interdire " et sans aucune complaisance de leur part, de "bonne grâce " et contraints aussi, appliquent les injonctions dans le sens de "rendre à César..."

La question est : faut il actuellement tout foutre en l'air en s'opposant à l'Etat ouvertement alors que le culte est ( encore...) autorisé ? Et avec des conditions bien moins difficiles que ce que connaissent ou ont connus les chrétiens persécutés ( régimes communistes...) au risque de finir avec une interdiction du culte?

Honnêtement au début de l'épidémie j'ai eu tendance à réagir comme vous et vouloir entrer en rébellion ouverte, j'ai écrit sur le coup de l'énervement à 2 évêques pour leur faire part d'un certain mécontentement et d'impression de lâcheté face à l'état.
puis j'ai compris les " pressions" que subissent les évêques de la part du gouvernement à majorité hostile aux catholiques ou au moins méfiants et qui seraient ravis de pouvoir nous museler, allons nous leur faire ce cadeau?

Donc fort de ce constat certains prêtres serrent un peu la vis du sanitaire pour pouvoir continuer à célébrer et ne pas aboutir à une situation pire: un moindre mal...

Une (minorité ?) De catholiques ont peur, ou sont un peu "complices" de dérives sanitaires et font passer leur santé physique avant tout... c'est ainsi et il faut faire avec.

L'exercice est difficile pour l'Eglise entre soumissions "légitimes" ou "illégitimes" aux injections .

Ils ne sont pas médecins, ils n'ont pas réellement les compétences pour argumenter et surtout " s'opposer " aux arguments des autorités qui profitent ou ont profité largement du caractère inconnu de ce virus, de leur " incompétence scientifique " pour imposer un certain climat de "peur".
Les autorités n'ayant aucune sensibilité aux arguments spirituels que peuvent ils réellement faire?

On voit bien avec l'actualité...( traditionalistes sans masques à Paris ) que certains n'attendent que ça... un faux pas...

Malheureusement, sans entrer dans le complotisme nos assemblées ne sont pas constituées que de personnes bienveillantes.

Un simple exemple :
Notre évêque à voulut organiser une réunion pour discuter de l'accueil de l'église face aux personnes qui se sentaient une tendance homosexuelle et se posaient des questions sur la FOI.
Réunion bienveillante faite pour discuter sans moraliser où les gens étaient libres de venir ou non, aucune publicité extérieure .

Un groupe de lobby LGBT a hurlé au scandale via la presse locale ( choux gras...) et fait pression et la réunion a du être annulée de peur de débordements...

Seules des annonces à l'église ou dans la paroisse...avec très peu de monde attendu.

Ces groupes LGBT viennent en fait à l'église histoire d'écouter les sermons et pouvoir attaquer l'église...véridique!

Je comprends que certains prêtres soient prudents.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par Cinci » dim. 11 avr. 2021, 0:16

Bonjour nicolas-p,

Merci pour le commentaire.
Ces groupes LGBT viennent en fait à l'église histoire d'écouter les sermons et pouvoir attaquer l'église...véridique!
Ils viennent écouter aux portes. Comme les démons qu'il y a dans l'air. C'est un curé de ma connaissance qui disait cela, non à propos des gays mais des démons.

:)

L'écornifleux (le diable) aime venir rôder du côté des églises, pour savoir ce qui s'y passe et savoir ce qu'on dirait de lui. C'est savoureux comme dans les contes et légendes mais faudrait faire gaffe car une certaine vérité pourrait s'en trouver à la base. Enfin, ce n'est pas le padre Pio de Pietrelcina qui aurait dit le contraire.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par Cinci » dim. 11 avr. 2021, 1:04

Honnêtement au début de l'épidémie j'ai eu tendance à réagir comme vous et vouloir entrer en rébellion ouverte, j'ai écrit sur le coup de l'énervement à 2 évêques pour leur faire part d'un certain mécontentement et d'impression de lâcheté face à l'état.
puis j'ai compris les " pressions" que subissent les évêques de la part du gouvernement à majorité hostile aux catholiques ou au moins méfiants et qui seraient ravis de pouvoir nous museler, allons nous leur faire ce cadeau?
Je ne doute pas que les évêques puissent subir une certaine pression. C'est vrai. Mais, en même temps, tous ne vont pas réagir de la même façon, autant le simple curé qu'un évêque.

En fait, les ecclésiastiques sont comme tout le monde dans ce domaine : chacun a sa propre opinion.

J'ai moi-même vu des prêtres capables de tenir des discours fort contrastés sur le sujet. J'en ai vu un conciliaire, de prêtre, qui tenait pourtant en privé des propos que Pathos n'aurait pas reniés. Genre : «... pour moi-même je ne m'en fais pas avec le virus et je suis certain que le risque est nul dans l'église», «aucun fidèle ne va attraper le virus en communiant» Mais ce même prêtre n'avait d'autre choix sinon que suivre la consigne. Ce n'est pas lui qui décidait. On comprend aussi qu'il ne va pas s'énerver si un paroissien ne porte pas son masque. Pour le curé de l'autre église dont je parle plus haut, il est soumis à la même consigne sauf qu'il ne va pas hésiter à donner lui-même dans l'excès de zèle. Parce qu'il endosse à 200% les mesures. Il ajoute du sien. Il entre peut-être de cela du côté de l'archevêque de Paris. Même sans pression : il nous en ajouterait peut-être du sien. Je ne le connais pas suffisamment pour être sûr dans son cas. Mais du côté de la perception première, on pourrait le penser.

Un autre évêque aurait pu défendre tant soit peu son curé face à la meute, et quitte ensuite à le gronder un peu en privé pour les raisons que vous soulèverez. Cela nous vaudrait ainsi une autre coloration à l'affaire.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par nicolas-p » dim. 11 avr. 2021, 10:02

Oui bien sûr.
Chacun réagi différemment et des prêtres qui sont plus soucieux de respecter les consignes que d'évangéliser il y en a c'est sûr.

Pour Mgr Aupetit, médecin à l'origine, je ne le connais pas.
Il est dans une situation extrêmement délicate :

Quel que soit son avis, s' il soutient officiellement ce prêtre, il met l'ensemble des catholiques à dos du gouvernement et sera alors montré comme un diviseur face aux injonctions nationales qui concernent tout citoyen.

Il prend le risque de la fermeture des églises, d'attaques publiques de toute part, de lynchage public de l'Eglise etc...

En réagissant comme il l'a fait, il a éteint le feux, éteint toute polémique.
Plus aucun média n'en parle à ce jour.

Si soutien officiel il y avait eu: cela ferait encore la une de tous les médias et pas sûr que la messe dominicale soit conservée en temps de " confinement "

Rien ne dit qu'en privé il n'a pas soutenu ces prêtres ou en tout cas assuré de l'absence de toute sanction contrairement à ce que les déclarations laissent entendre ( enquête canonique )

Il y a ce que l'on voit ( médias, déclarations des évêques etc...) et la réalité.

Il est possible que la réalité soit toute autre et la complaisance des évêques bien moindre que ce que on pourrait penser.

Les apparences peuvent être trompeuses.

Nous ne sommes pas au courant de tout( teneur des réunions avec l'Etat, positions personnelle et officieuse des évêques etc..) nous n'avons pas tous les éléments pour juger:

Donc il nous reste seulement à faire ou non confiance à nos évêques et accepter de bonne grâce leurs décisions en espérant qu'elles soient dictées uniquement par le souhait de faire au mieux pour la FOI catholique dans la situation actuelle.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par ademimo » dim. 11 avr. 2021, 14:10

Cinci a écrit :
jeu. 08 avr. 2021, 0:46
Bonjour,

Une article bien branché sur notre actualité

[...]

Une société dans laquelle l’autonomie personnelle, qui devrait en soi reposer sur l’usage de la raison, l’honnêteté et l’exercice de la vertu de prudence, est réduite à l’illusion de la liberté plonge aisément dans le désarroi dès lors que ceux qui la composent sont sommés de juger et de définir une conduite pratique. D’une certaine manière, l’homme-masse a le choix entre le malaise qui naît de l’impossibilité de trancher et la soumission. En ce sens on peut comprendre qu’il éprouve un besoin de peur.

Une comparaison – lointaine – peut être suggérée avec la situation qui a donné naissance à la « pastorale de la peur », telle que l’avait analysée, non sans apriorismes, Jean Delumeau, en référence à une prédication insistant sur les fins dernières, cela au cours des périodes critiques de la fin du moyen âge et jusqu’à celles du XVIIIe siècle. Guillaume Cuchet, sociologue de la religion qui a consacré un travail à ce sujet, donne le commentaire suivant :

« Dans ce contexte général très sombre, sans même parler des conditions ordinaires de la vie quotidienne et notamment de la mortalité, la “pastorale de la peur” était à la fois ambiante et utile paradoxalement, parce qu’elle substituait à une angoisse diffuse, résultat de stress accumulés, une série de peurs théologiques bien définies, segmentées et face auxquelles on pouvait agir. Contre la peur de la mort, on ne pouvait pas grand-chose, mais contre le diable, le péché, l’enfer, avec l’aide de l’Église, on n’était pas impuissant. De ce point de vue, la “pastorale de la peur” se présentait comme une “médication héroïque” […] là où autrement il n’y avait que le vide, les esprits errants et la mort. »


Sans discuter le fond historique du jugement ainsi porté, mais en considérant seulement l’analogie des attitudes psychologiques observées, la « peur de la liberté » (c’est-à-dire, pour Erich Fromm, auteur de la formule, la peur de la responsabilité) et la peur irrationnelle que l’on constate aujourd’hui de par le monde se rejoignent, alors même que la doxa prétend les esprits plus que jamais libérés des contraintes attribuées à la morale chrétienne.

Article complet :

https://www.catholica.presse.fr/2021/04 ... e-la-peur/

On doit également noter dans la culture contemporaine l’existence de certaines impasses spécifiques. Giulio Meiattini, moine bénédictin et théologien italien, a eu l’occasion d’en relever au moment où le premier confinement avait à peine commencé, dans un texte intitulé « La peur qui tue et le courage qui manque». Il y faisait ressortir que si l’impréparation politique à la survenue d’un virus ravageur avait été patente, l’impréparation morale l’avait été plus encore.

Parmi les raisons immédiates, la société occidentale et occidentalisée a été frappée par une inversion des valeurs entre corps et âme, au bénéfice exclusif du premier. La constitution de l’OMS pose ainsi que « la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

Et au fil des années, ce principe est devenu un impératif, le but de la vie sur cette terre se réduisant à la possession d’un corps idéal toujours plus recherché. Il faudrait relire ici l’ouvrage très significatif, et critique de cette promotion disproportionnée du corps, de Lucien Sfez, La santé parfaite. Narcissisme de masse ?

Peut-être, mais bien plus encore, perte de toute aspiration collective supérieure, vide de toute perspective future. Quelle cause mérite-t-elle encore que l’on donne sa vie pour elle ? Que pense-t-on du sacrifice des martyrs ? Ce sont là des questions devenues inaccessibles à la majeure partie des masses actuelles et objet des ricanements des doctes. « Cela signifie que nous n’avons plus d’avenir – la gloire immortelle avec la postérité ou l’unité de la patrie ou une société d’égaux, le progrès, le ciel et la vie éternelle.

Notre culture n’a que le présent, ce qui apparaît maintenant, l’éphémère. Et nous voulons désespérément la préserver, car il n’y a pas d’alternatives ou d’issue de sécurité possible. » Dom Meiattini note encore que l’espérance cultivée aujourd’hui est celle d’une surhumanité située quelque part entre l’animal et la machine : « Un être humain, d’une part, qui régresse au niveau d’une instinctivité débridée, satisfaisant tous ses besoins sans scrupules (émotivité instantanée) et, d’autre part, un homme technologiquement transplanté, équipé de prothèses et d’applications sophistiquées qui le rapprochent d’un assemblage mécanique. »

Le théologien constatait, au moment où la discipline imposée impliquait la fermeture des églises, avec l’acquiescement des épiscopats : « Mais le plus triste et le plus inquiétant pour l’avenir de l’humanité est que l’Église elle-même (ou plutôt les hommes d’Église) ont oublié que la grâce de Dieu vaut plus que la vie présente. C’est pourquoi les églises sont fermées et alignées sur des critères de santé et d’hygiène. L’Église s’est transformée en une agence de santé au lieu d’être un lieu de salut. »
Le rapprochement avec la pastorale de la peur est intéressant.
Bonjour Cinci, j'espère qui vous allez bien. Je continue d'évoluer sur ces questions, et je finis par arriver à des conclusions qui vont peut-être vous étonner. A première vue, le monde occidental semble s'adonner au laïcisme et à l’athéisme les plus effrénés. Hé bien, je pense qu'en réalité, il n'en est rien. Ou du moins, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Vous remarquerez peut-être que beaucoup de contradictions agitent notre monde contemporain. Malheureusement, je ne peux pas entrer dans les détails, car la "liberté d'expression" interdit d'aborder certaines thématiques. Donc je vais rester très elliptique. Je me contenterai de dire que les dirigeants du monde occidental - et le pape et l’Église en général sont parfaitement alignés sur leur politique - œuvrent en vue d'un chaos généralisé. ça saute aux yeux. Tout est fait pour arriver à ce résultat. A première vue, ça semble illogique, incompréhensible.

A moins que !

J'ai plusieurs fois lu que le capitalisme d'influence protestante avait pour principe, totalement assumé, d’appauvrir les masses populaires comme pour exercer une Justice divine sur la terre : les pécheurs, qui s'adonnent au vice, à la paresse, aux loisirs primaires, ne font finalement que recevoir le salaire de leurs turpitudes, tandis que le travailleur austère et industrieux reçoit la récompense de son labeur. L'idée est assez ancrée chez les partisans du libéralisme ("personne ne doit haïr les milliardaires, car eux, au moins, ont travaillé dur, et ceux qui les haïssent sont des jaloux, ils n'ont qu'à travailler eux aussi, etc.", ce genre de discours imbécile). Il y aurait donc en réalité un principe religieux à la base de notre système économique.

Le reste en découle naturellement. J'arrive à la conclusion que nous vivons sous le règne des religions "millénaristes", à savoir les trois religions du Livre. Ces trois religions tendent vers l'eschatologie messianique, dans des versions certes très différentes puisque les Chrétiens attendent la Parousie, le retour du Christ ; les Juifs attentent la première venue du Messie ; les Musulmans attendent le Mahdi. Tout cela va bien ensemble. Au fond, toutes ces religions préparent la Fin des Temps, et jugent le bien-être du monde comme totalement négligeable, considérant même comme impie l'idée d’œuvrer pour améliorer le sort de l'humanité sur la Terre, y voyant une démarche profane qui ne se soucie pas de Dieu.

Dans cette perspective de Fin des Temps qui s'approche à grands pas, je crois personnellement que les responsables religieux de ces trois grandes Religions du Livre, assument totalement de faire entrer le monde dans le chaos final, qui forcera Dieu à intervenir (chacun espérant qu'il leur donnera enfin raison contre les deux autres et contre toutes les hérésies et dissensions internes, et nous allons enfin bien voir ce que nous allons voir, hihihi...)

Et lorsqu'on prend conscience de cela, alors on peut être à bon droit effrayé, en réalisant que nous sommes gouvernés mondialement par des fous fanatiques.

C'est pour cela que je trouve assez intéressant que la Chine, pays qui ne dépend pas du fanatisme du "Livre", s'invite inopinément dans la partie, et sauvera peut-être le monde. En tout cas, c'est l'idée que je commence à me faire.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par nicolas-p » dim. 11 avr. 2021, 14:38

Je suis plus que perplexe sur votre réflexion .

Oui nous sommes dans la fin des temps ( fatima, la sallette, akita etc...,) enfin au moins la "fin d'un temps " et allons semble t'il après des tribulations vers le triomphe du cœur immaculé de Marie uni au cœur sacré de Jésus
( et non la fin du monde )

Sur ce point ok
Mais,
La chine communiste donc résolument anti christique viendrai sauver le monde??

Un peu tiré par les cheveux

ademimo
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Re: Le temps de la peur

Message non lu par ademimo » dim. 11 avr. 2021, 14:55

nicolas-p a écrit :
dim. 11 avr. 2021, 14:38
Je suis plus que perplexe sur votre réflexion .

Oui nous sommes dans la fin des temps ( fatima, la sallette, akita etc...,) enfin au moins la "fin d'un temps " et allons semble t'il après des tribulations vers le triomphe du cœur immaculé de Marie uni au cœur sacré de Jésus
( et non la fin du monde )

Sur ce point ok
Mais,
La chine communiste donc résolument anti christique viendrai sauver le monde??

Un peu tiré par les cheveux
Dans la perspective eschatologique, la Fin des Temps, c'est la Fin du Monde. C'est la même chose. Relisez l'Apocalypse : on retira le Ciel comme on enroule un livre..., je vis une nouvelle terre descendre du Ciel pour remplacer l'ancienne terre, etc.

Si la Chine est capable de faire échouer le plan d'une Troisième guerre mondiale, qui serait forcément nucléaire, oui, on peut dire qu'elle aura sauvé le monde. Très clairement.

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nicolas-p
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Re: Le temps de la peur

Message non lu par nicolas-p » dim. 11 avr. 2021, 15:18

Oui je me suis mal exprimé.
Nous sommes probablement plus à la fin d'une ère d'un temps donné et non à la fin des temps telle que décrite par l'évangile et en particulier l'apocalypse.

En quoi la Chine ferait avorter un tel projet nucléaire ? D'ou sortez vous cela?

Moi je vois une Chine qui persécute ses catholiques, détruit des églises, essaye de soumettre l'évangile au communisme en créant sa propre église "officielle" soumise au pouvoir ( nomme des évêques complaisants réinterprétant les écritures à la lumière du communisme )et veut régner au niveau mondial.
Rien de bien catholique...

Après, Notre Seigneur d'un mal peut sortir un bien! Rien est impossible.

Cette fin des temps n'adviendra de toute façon qu'après que l'évangile fut prêché à tous les peuples, une apostasie comme jamais vu. Y sommes nous?

Bien des signes visibles ou révélations privées montrent que nous sommes dans un temps trouble pour l'Eglise et le monde, c'est tout.

Bien des tribulations bien pires on déjà eu lieu ( nazisme, communisme, révolution française etc...) qui avaient largement de quoi faire croire à la fin des temps. Or, il ne s'est agit que de simples précurseurs de l'antichrist comme l'histoire en a connu depuis 2000 ans.

Nous ne savons ni l'heure ni le jour. Et quoi que nous fassions nous ne le saurons pas.
DIEU seul s'est réservé cela.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par ademimo » dim. 11 avr. 2021, 17:10

nicolas-p a écrit :
dim. 11 avr. 2021, 15:18
Oui je me suis mal exprimé.
Nous sommes probablement plus à la fin d'une ère d'un temps donné et non à la fin des temps telle que décrite par l'évangile et en particulier l'apocalypse.

En quoi la Chine ferait avorter un tel projet nucléaire ? D'ou sortez vous cela?

Moi je vois une chine qui persécute ses catholiques, détruit des églises, essaye de soumettre l'évangile au communisme en créant sa propre église "officielle" soumise au pouvoir ( nomme des évêques complaisants réinterprétant les écritures à la lumière du communisme )et veut régner au niveau mondial.
Rien de bien catholique...

Après notre seigneur d'un mal peut sortir un bien! Rien est impossible.

Cette fin des temps n'adviendra de toute façon qu'après que l'évangile fut prêché à tous les peuples, une apostasie comme jamais vu. Y sommes nous?

Bien des signes visibles ou révélations privées montrent que nous sommes dans un temps trouble pour l'église et le monde c'est tout.

Bien des tribulations bien pire on déjà eu lieu ( nazisme, communisme, révolution française etc...) qui avaient largement de quoi faire croire à la fin des temps hors il ne s'est agit que de simples précurseurs de l'antichrist comme l'histoire en a connu depuis 2000 ans.

Nous ne savons ni l'heure ni le jour. Et quoi que nous fassions nous ne le sauront pas.
DIEU seul s'est réservé cela.
Si quelqu'un agit puissamment dans le monde pour l'amener à un conflit général, c'est bien l'Occident... La Chine ne fait qu'organiser sa défense dans cette perspective. Cette montée en puissance est déjà un frein dissuasif efficace.
Reste à expliquer pourquoi l'Occident développe une politique aussi suicidaire. Ma réponse à cette question est ci-dessus.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par Cinci » dim. 11 avr. 2021, 19:15

nicolas-p :
Si soutien officiel il y avait eu: cela ferait encore la une de tous les médias et pas sûr que la messe dominicale soit conservée en temps de " confinement "
Soutien officiel ? ... pas au point que l'évêque soit obligé de dire qu'il aurait fait pareil. Simplement : éviter de dramatiser, paraître vouloir traiter son curé comme un criminel. Agir comme il l'aurait fait avec des migrants quoi ! Faire une mise au point, replacer en perspective la chose, relativiser, faire ressortir d'autres aspects, faire appel à la mesure dans le jugement, etc. Ce qui ne l'empêche pas de rappeler ses consignes aux intéressés, téléphoner au ministre pour le rassurer.

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Re: Le temps de la peur

Message non lu par nicolas-p » dim. 11 avr. 2021, 20:46

Cinci a écrit :
dim. 11 avr. 2021, 19:15
nicolas-p :
Si soutien officiel il y avait eu: cela ferait encore la une de tous les médias et pas sûr que la messe dominicale soit conservée en temps de " confinement "
Soutien officiel ? ... pas au point que l'évêque soit obligé de dire qu'il aurait fait pareil. Simplement : éviter de dramatiser, paraître vouloir traiter son curé comme un criminel. Agir comme il l'aurait fait avec des migrants quoi ! Faire une mise au point, replacer en perspective la chose, relativiser, faire ressortir d'autres aspects, faire appel à la mesure dans le jugement, etc. Ce qui ne l'empêche pas de rappeler ses consignes aux intéressés, téléphoner au ministre pour le rassurer.
J'acquiesce.
Il en a un peu trop fait.

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