Le Crédit Social

Écoles et doctrines - Économie politique - Politique monétaire - Comptabilité nationale
Christian
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Message non lu par Christian » dim. 09 oct. 2005, 12:04

Seth
Le système de banque privé, soutenu par la BCE, interdit toute monnaie autre que la sienne (au sein de l'Euroland) ... n'est ce pas "un monopole injustifiable moralement" ?
Vous avez tout à fait raison, Seth. Et c'est pourquoi j'écris dans mon intervention "Une banque centrale indépendante est une meilleure solution que la gestion de la monnaie par les politiciens eux-mêmes, mais ce n’est pas encore une solution idéale, puisque cette banque centrale détient un monopole"

Bien à vous
Christian

SETH
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Message non lu par SETH » dim. 09 oct. 2005, 17:19

Christian,

Nous nous rejoignons sur ce point... :)

En fait, fondamentalement je rejoins Allais qui préconise pour le privé...
1 - Dissociation totale des activités bancaires et leur attribution à 3 catégories d'établissements distincts et indépendants
a - Banques de dépôts: encaissements, paiements, garde de dépôts de leurs clients.
b - Banques de prêts: le montant global des prêts ne peut excéder le montant global des fonds empruntés
c - Banques d'affaires: investissent dans les entreprises les fonds empruntés au public ou aux banques de prêts.
2 - Réforme de l'indexation:
Indexation obligatoire de tous les engagements sur l'avenir: prêts, emprunts, salaires, etc… aussi bien entre particuliers, entreprises et Etat.

Egalement pour le privé associatif et humanitaire, autorisation d'émission de "monnaies de S.E.L."

Pour le financement public, il devrait être rendu constitutionnel le fait qu'un gouvernement peut:
1 - Emettre la monnaie dont il a besoin pour les investissements et détruire annuellement la quote part correspondant à l'amortissement des biens publics créés.
2 - N'utiliser les recettes fiscales que pour tout ce qui est fonctionnement

Voici un texte de Lucien Pfieffer ( chef d’entreprise "coopératif", banquier, inventeur du crédit-bail et des SICOMI en 1948, )...
LA NECESSAIRE REFORME DE LA COMPTABILITE ET DES BUDGETS PUBLICS AINSI QUE DE LA COMPOSITION DU P.I.B.

En grande partie, les politiques économiques et financières de notre gouvernement sont influencées par la comptabilité de l’Etat et des Collectivités Publiques et par les statistiques de l’évolution du produit intérieur brut.

Or, ces deux instruments sont pour le moins imparfaits.

Les Collectivités Publiques enregistrent recettes et dépenses un peu comme le ferait une ménagère. Dépenses de fonctionnement et d’investissements que ces derniers soient effectués pour l’économie en général, pour l’Etat ou les Collectivités Publiques, que l’argent dépensé le soit pour payer des fonctionnaires, des fournitures de bureau, une autoroute, un port, les immeubles de Bercy pour le Ministère des Finances ou un avion de chasse, toutes ces dépenses font partie de différentes rubriques de budgets annuels qui doivent s’équilibrer.

Tel n’est pas le cas de la comptabilité des entreprises où les dépenses et les recettes passent bien dans un compte d’exploitation annuel pour les dépenses d’exploitation mais où les dépenses d’investissement viennent s’inscrire dans des « comptes de bilan », le compte d’exploitation n’enregistrant dans l’année que les amortissements.

Les dépenses pour une autoroute, un port, un navire de guerre etc.. qui vont durer quelques dizaines d’années viennent s’imputer sur le budget public de l’année et entraînent des conséquences qui peuvent être dommageables, par exemple sur la fameuse notion d’équilibre budgétaire.

Un budget d’exploitation doit être équilibré par les impôts. Un budget d’investissement doit l’être par des emprunts dont la durée de remboursement doit être égale à celle de la durée de vie du bien. Pour qu’il en soit ainsi, il faudrait que les Collectivités Publiques adoptent la comptabilité à partie double, celle des entreprises.

Mais je suis de ceux qui vont plus loin.

Les investissements pour l’Economie devraient être financés non seulement par des emprunts mais, pour certains d’entre eux, par la création monétaire d’Etat. Est-il normal que les dépenses d’achats des terrains du littoral pour éviter le bétonnage de nos côtes le soient par le budget annuel alors que les terrains ne s’amortissent même pas ?

Avec l’adoption de la comptabilité à partie double complétée avec la création monétaire d’Etat, la puissance publique se doterait non seulement d’un instrument plus juste de connaissance de la réalité, mais également d’intervention pour financer des programmes de grands travaux permettant une réduction drastique du chômage.

Dans les Ministères, il y a des armoires pleines de dossiers d’investissements, facteurs de créations d’emplois (refaire nos milliers de kilomètres de canaux pour les mettre au gabarit international, chauffer les villes de plus de 100.000 habitants en pompant de l’eau chaude qui existe à des profondeurs accessibles etc…) Mais on ne sait pas les financer, faute des deux réformes préconisées. Et que l’on ne vienne pas nous opposer la Banque Centrale Européenne. Il y a dans les traités, les moyens pour les Etats, de faire attribuer à des institutions financières spécifiques l’équivalent des droits de tirages spéciaux (DTS) que la banque mondiale délivre aux Etats.

En ce qui concerne le produit intérieur brut (PIB) la situation est encore plus paradoxale. Il a été inventé après la fin de la guerre pour mesurer les variations des biens et services mis à la disposition des populations. Cet instrument de mesure permettait aussi des comparaisons internationales.

Aujourd’hui, on constate que notre représentation de la richesse est pour le moins contre-productive. Sait-on que plus il y a de blessés sur les routes, de naufrages, comme celui de l’Erika, de tempêtes dévastatrices, de drogués ou d’alcooliques à soigner, le PIB augmente grâce au travail rémunéré des médecins et infirmières, des dépollueurs, des bûcherons, bref, de tous ceux qui doivent intervenir suite à ces catastrophes ?

Les centaines de milliards de francs que nous coûtent ces destructions humaines ou de notre environnement ne sont pas comptabilisés comme des destructions mais comme des apports de richesses puisqu’elles génèrent des activités économiques exprimées en monnaie.

Il est temps de modifier nos thermomètres (comptabilité nationale, budget des Collectivités Publiques, PIB et il y en a d’autres) pour nous permettre une meilleure connaissance du réel et une meilleure adéquation de nos efforts pour le mieux-être de nos concitoyens.
Salutations
Seth

Christian
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Message non lu par Christian » dim. 09 oct. 2005, 19:28

Seth
Nous nous rejoignons sur ce point...
Peut-être, Seth, mais pour des raisons différentes. Je reproche au monopole de la Banque centrale d’être un monopole institué légalement. Si ce monopole venait de l’incapacité de la concurrence à offrir un aussi bon service, il ne serait pas dommageable ; le problème est que la concurrence n’a pas le droit d’exister.

Or vous suggérez d’autres interventions légales, voire ‘constitutionnelles’, pour interdire aux entreprises et aux particuliers de choisir les moyens de paiements et d’investissements qu’ils veulent utiliser entre eux. C’est ce dirigisme, si désastreux partout où il a été tenté et inacceptable moralement, qui nous sépare.

Christian

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Message non lu par SETH » dim. 09 oct. 2005, 20:03

Christian a écrit :
Seth
Nous nous rejoignons sur ce point...
Peut-être, Seth, mais pour des raisons différentes. Je reproche au monopole de la Banque centrale d’être un monopole institué légalement. Si ce monopole venait de l’incapacité de la concurrence à offrir un aussi bon service, il ne serait pas dommageable ; le problème est que la concurrence n’a pas le droit d’exister.

Or vous suggérez d’autres interventions légales, voire ‘constitutionnelles’, pour interdire aux entreprises et aux particuliers de choisir les moyens de paiements et d’investissements qu’ils veulent utiliser entre eux. C’est ce dirigisme, si désastreux partout où il a été tenté et inacceptable moralement, qui nous sépare.

Christian
Bien sur Christian, car moi je considère que si l'émission de la monnaie ne peut être contrôlée nationalement il est évident que que nous nous retrouverons vite dans une épouvantable tour de Babel.
Mais (actuellement) les entreprises peuvent très bien utiliser un système "parallèle" le système Barter, par exemple: il s'agit bien d'une monnaie créée et utilisée en dehors de la monnaie légale, mais qui est acceptable car les échanges sont quand même comptabilisés également en monnaie légale et donc les entreprises, malgré ce biais qui leur permet d'éviter "d'acheter" de la trésorerie aux banques, participent néanmoins à la collectivité (I.S. , TVA) .

Si une majorité de la production (et des producteurs) était payée en "grains de sels" (ou en cacahouettes) - ou ne faisait que l'objet de troc - la collectivité ne perçevant rien sur celle ci... comment dans ce cas financer les besoins collectifs, les services publics indispensables et les fonctions régaliennes... ?

Bonne soirée

Seth

Christian
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Message non lu par Christian » dim. 09 oct. 2005, 22:54

Seth
Bien sur Christian, car moi je considère que si l'émission de la monnaie ne peut être contrôlée nationalement il est évident que que nous nous retrouverons vite dans une épouvantable tour de Babel.
Bien évidemment non :!: Aujourd’hui chaque pays impose sa propre monnaie (avec qqs exceptions comme l’Euroland ou les pays de l’Ouest africain qui ont des monnaies transnationales). Croyez-vous que les Boliviens, les Argentins, les Albanais, les Biélorusses et autres Nigérians conserveraient leur monnaie de monopoly si elle n’était pas imposée ? Par tous les moyens, même illégaux, ils s’efforcent avec raison de détenir leur épargne dans une monnaie plus sûre, le dollar, l’euro, le franc suisse, le yen.

Et donc si les Etats laissaient à chacun la liberté de choix, sans doute pas plus de 3 ou 4 monnaies subsisteraient dans le monde, avec en plus, peut-être, des arrangements locaux, style SEL. C’est justement la volonté des Etats de disposer d’une monnaie nationale qui crée cette « Tour de Babel », coûteuse pour le commerce international, ruineuse pour les malheureux à la merci de gouvernants ineptes et corrompus.

L’analogie avec les cartes de crédit est éclairante. 3 ou 4 sont universelles, Visa, Mastercard, Amex, mais un très grand nombre de commerces émettent des cartes à disposition d’une clientèle locale pour des besoins spécifiques. Le troc (en anglais, barter) et les SEL feraient partie de ces petits systèmes parallèles de paiement.
Si une majorité de la production (et des producteurs) était payée en "grains de sels" (ou en cacahouettes) - ou ne faisait que l'objet de troc - la collectivité ne perçevant rien sur celle ci... comment dans ce cas financer les besoins collectifs, les services publics indispensables et les fonctions régaliennes... ?
Questions : Si un service est ‘indispensable’ et que la société possède le niveau de richesse pour le financer, pourquoi croyez-vous qu’il ne sera pas financé, même sans Etat ? Et s’il n’est pas financé par les gens eux-mêmes alors qu'ils le peuvent, peut-on encore dire qu’il est indispensable ?

Des grands canaux aux chemins de fer en passant par le métro de Paris et les téléphones portables, les entreprises et les particuliers ont financé avec enthousiasme nos services collectifs. L’Etat n’intervient que dans deux cas : (1) faire payer par les contribuables ce qu’ils ne considèrent justement pas indispensables : les dépenses militaires, somptuaires, administratives.. et (2) faire payer par les politiquement faibles les avantages dont jouissent les politiquement puissants (les plus proches des gouvernants ou les plus braillards dans la rue) : subventions aux grandes entreprises, aux clientèles électorales, aux agriculteurs…

Christian

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Message non lu par SETH » lun. 10 oct. 2005, 8:42

Bonjour Christian

Vos idées sont vraiment trop éloignées des miennes et je vais stopper cette discussion.
A trop vouloir défendre une dose de libéralisme (tout à fait nécessaire), vous en arrivez à défendre l'ultralibéralisme le plus destructeur.

La société que vous proposez, dans laquelle les multinationales ou d'autres sociétés privées gérent l'émission de la monnaie, la police, l'armée, la justice, l'éducation, la recherche, etc, ne me convient pas .. si cela devrait arriver je prèfère être de "l'autre coté" ...

Je pense que systématiquement vous oubliez que pour obtenir la satisfaction de notre 1/2 personne "consommateur" par des prix de plus en plus bas, cela nécessite que notre autre 1/2 personne "producteur" soit de plus en plus "pressurée"

Je veux d'un monde où il ne faut pas nécessairement être compétitif pour vivre ...

Il n'y aura plus aucune compassion dans ce genre de société que vous défendez... ils ne peuvent pas payer, tant pis pour eux ...
:twisted:

Christian
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Message non lu par Christian » lun. 10 oct. 2005, 9:18

Il n'y aura plus aucune compassion dans ce genre de société que vous défendez... ils ne peuvent pas payer, tant pis pour eux ...
C’est tout le contraire qui se passera, comme on l’a vu au 19ème siècle. Les sociétés d’entraide, les associations caritatives, les syndicats, les églises, viendront occuper la place laissée par l’Etat. Pourquoi aujourd’hui m’intéresserais-je à mon voisin chômeur, à ma tante grabataire, aux immigrés, aux handicapés ? Il y a l’ANPE et les services sociaux pour ça. La social-démocratie nous désolidarise du sort des autres. Elle crée le monde atomisé du ‘chacun pour soi, l’Etat pour tous’.
Vos idées sont vraiment trop éloignées des miennes et je vais stopper cette discussion.
A votre gré. Mais vous savez, Seth, c’est une marque d’intelligence que de se rendre aux arguments supérieurs d’autrui :P
‘Il n’y a que les huitres et les sots qui adhèrent’, notait Valéry.

Bonne semaine et bien cordialement

Christian

Renaud
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crédit social réponse à Christian

Message non lu par Renaud » dim. 23 oct. 2005, 18:01

Bonjour à tous,

Ce message sert de réponse à Christian après que je lui ai envoyé un message personnel. Voie que j'ai choisi un peu à contre coeur étant maladroit avec toutes les options du forum, (je ne suis jamais absolument sûr des options où je me trouve, ou que j'utilise, ou crois utiliser....) et après qu'il a eu la gentillesse de me répondre; message gardé en archive s'il y avait lieu (et possibilité) de le mettre sur le forum.

Message adressé à Christian donc, en le remerciant de sa réponse.

Je n'ai pas manqué de lire et méditer les échanges déjà publiés à propos du Crédit Social, bien compris tout oubli, distractions ou maladresses possibles de ma part, étant bien mal rodé au forum. Je crois avoir décelé de votre part, Christian, beaucoup d'idéologie libérale et de poncifs libéraux à plus d'un titre et dans beaucoup de vos propos.

J'ai entendu ça des centaines, ou des milliers de fois, durant ma vie professionnelle auprès d'innombrables patrons (PMEs et grandes entreprises), cadres (hauts et moyens), présidents de groupes, directeurs commerciaux, etc, etc.

Ceci dit, peut-être que la forme donnée par Christophe à la présentation du Crédit Social (que j'ai trouvé très bonne) ne vous plait pas. Je ne pense pas que vos arguments soient captieux (après vérification du sens de ce mot dans le dictionnaire) mais ils révèlent "nos réflexes" sur l'argent et la confusion entretenue par défaut sur des générations au sujet de l'argent, confirmant nos égarements. S'agissant d'un forum catholique, c'est encore plus significatif!

Vous dites: "A vrai dire le problème du Crédit Social est une invention des hommes d'Etats", c'est faux et archi FAUX! Lisez l'information que j'ai fai passer sur le forum il y a très peu de jours concernant le lancement, le 1er septembre dernier d'une Monnaie Créditiste au Québec, appelée: Unité. Lisez y les circonstances, ici rappelées, de la découverte par le major Douglas de ce qui allait devenir le Crédit Social. Ce serait plutôt l'inverse de ce que vous dites, car le major Douglas travaillait et était en mission comme directeur de travaux publiques aux Indes pour le gouvernement britanique. Il y a beaucoup de monnaie de cette catégorie, (parmi elles des monnaies, strictement réservées à l'échange, non capitalisables) à travers le monde actuellement, tant dans les pays riches, où, plus on développe le pays, plus l'on est étranglé par les innombrables impôts iniques qui servent à rembourser les dettes publiques qui montent en flêche, essentiellement les intérêts composés sur les dettes publiques, et l'on en arrive, comme en France, à dépasser en frais financiers les 60% du PIB, VRAIMENT IL FAUT SE REVEILLER!! SURTOUT qu'il s'agit des dettes contractées par l'Etat auprès de BANQUES COMMERCIALES PRIVEES qui font d'énormes bénéfices avec la complicité des gouvernements démissionnaires devant les banques! (ou achetés par elles) (Voir l'article 104 de Maastricht, alias l'article III-181 de la proposition du traité constitutionnel, refusé d'ailleurs le 29.05.2005) et tant dans les pays pauvres qui, eux, n'ont pas les mêmes réflexes que nous devant l'argent, tellement ils souffrent dans leur chair de ce système d'argent-dette des banquiers lesquels sont beaucoup plus puissants que les Etats des pays pauvres, ces derniers étant simplement les femmes de ménage et les concierges des empires financiers transnationnaux "propriétaires" de facto de ces pays et régions.

Vous dites plus loin: "Le principal reproche que je fais aux créditistes est moral (oui, j'ai bien lu moral); il n'est pas d'imaginer un système monétaire inepte, mais de vouloir utiliser la puissance publique pour forcer ceux qui n'en voudraient pas à l'adopter". Il y a vraiment erreur dans vos propos, je vous le dis avec respect. Dans le Crédit Social il ne s'agit pas du tout d'examiner si la puissance publique est bien fondée ou pas, ou de compter sur elle ou pas. Elle n'est que la référence de qui est, ou serait, chargée du bien public dans son strict domaine. Je parie que vous n'avez pas lu Louis Even, (je peux vous le faire avoir à bon marché) car il vous répond par anticipation sur ce dont vous faites allusion, ici à tort. Il ne faut pas se tromper de sujet. D'autre part, je vous rappelle que toutes les "politiques", marxistes, léninistes, anarchistes, libertaires, révolutionnaires ceci ou révolutionnaires cela, les libéraux pur jus, libéraux ceci et libéraux cela, les groupes et phalanstères des années 68, etc, à la sauce rousseauiste (encore et toujours Rousseau), etc, tous, sans exception que je sache, ont fait ou refait, dans leurs laboratoires d'idées, une forme qui redessine l'Etat sans faire "attention"... Non! Le projet du Crédit Social ne se préoccupe pas de ces choses qui se remettront en ordre, ou dans un ordre, lorsque l'on traitera ces problèmes d'argent en AMONT du politique, ou des politiques, c'est à dire de façon ORGANIQUE. Si l'on évite tous les Al Capone possibles qui pullulent partout, qui donc doit contrôler la monnaie? (et s'il devait y en avoir plusieurs, et je suis bien d'accord qu'il pourrait y avoir plusieurs monnaies dans un même espace sur ce point préçis, sans tomber dans le libéralisme qui confond, comme vous semblez le faire, le domaine public et le domaine privé, qui donc devraient les contrôler?). Et bien ce ne peut être qu'une instance de la société, de la société productrice des biens et des services.

Le création de l'argent est actuellement une CONTREFAçON DU CREDO.

L'argent n'est que le reflet de la production. Si l'on en fait autre chose, ce n'est que manoeuvres de banquiers avec les conséquences calamiteuses trop connues pour y revenir encore une fois. Le progrès dans la production n'est nullement suivi par un progrès vrai dans la distribution. Il faut mettre en parallèle ces deux progrès. Sinon nous restons commes des unijambistes, voyez le "manque d'argent" au milieu d'une société d'abondance... Sans aucun effet positif pour une quelconque communauté.
J'ai bien conscience que les Créditistes ressemblent un peu à ceux qui, autrefois, demandaient l'abolition de l'esclavage. Ils étaient regardés avec commisération et souvent avec mépris et incompréhension tellement l'esclavagisme étaient ancré dans les moeurs et les moeurs économiques. L'on démontrait déjà leurs "erreurs". Quand on est riche ou aisé, l'on n'a pas du tout envie de "changer de situation". Les riches et les aisés vont toujours très bien, il n'y a que leur système qui vaille ou qui est le moins mauvais nous dit-on avec "bonhomie"...

Lisez attentivement l'annonce du lancement, le 1er septembre dernier, d'une monnaie créditiste au Canada,
et lisez de la même façon ce que le forum a intitulé: brève histoire de la banque, que j'ai envoyé sur le forum le 6 octobre dernier, c'est la description détaillée du modèle historique de la banque d'Angleterre, très documentée et passionante de révélations de la plus brûlante actualité. A la place du mot Angleterre l'on pourrait lire: monde entier, et nous voilà au coeur du monde le plus contemporain dévoilé pour le soulagement de tous. L'horizon est dégagé, ne restons plus dans ce système financier et bancaire poison violent "après-coup"...

Très cordialement à vous.
Renaud

Christian
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Message non lu par Christian » lun. 24 oct. 2005, 8:58

Bonjour Renaud,
"A vrai dire le problème du Crédit Social est une invention des hommes d'Etats" [Christian dixit],

Renaud :
c'est faux et archi FAUX! Lisez l'information que j'ai fai passer sur le forum il y a très peu de jours concernant le lancement, le 1er septembre dernier d'une Monnaie Créditiste au Québec, appelée: Unité.
Epatant ! Que fleurissent des milliers de monnaies créditistes, et que les hommes de l’Etat ne les interdisent pas. Si elles possèdent les mérites que je ne leur trouve pas, elles seront adoptées massivement. Le problème est donc bien une conséquence de l’intervention des hommes de l’Etat qui érigent leur monnaie en monopole.
L'argent n'est que le reflet de la production
La monnaie est une marchandise comme une autre, qui n’a pour seule vertu que d’être échangeable contre n’importe quelle autre marchandise, du moins si acheteurs et vendeurs le souhaitent. Encore une fois, dans un régime de liberté, les gens choisissent leur monnaie. Si des banques s’interdisaient de prêter plus d’argent que leur encaisse, elles attireraient une vaste clientèle d’épargnants, et comme elles ne pourraient offrir que des intérêts faibles, elles ne prêteraient qu’avec les plus solides garanties (hypothèques de 1er rang, etc.). Les emprunteurs moins trapus paieraient plus cher auprès de banques pratiquant le système de réserves fractionnaires. Ou ils n’emprunteraient pas du tout.

Les hommes de l’Etat faussent le système en renflouant les banques défaillantes avec l’argent du contribuable (ex. Crédit Lyonnais). Banquiers et épargnants n’ont donc aucun intérêt à jouer la prudence. Puisque le risque de faillite bancaire n’existe pas, autant chercher la rentabilité maximale, donc prêter un très haut multiple de ses réserves.
Il y a vraiment erreur dans vos propos, je vous le dis avec respect. Dans le Crédit Social il ne s'agit pas du tout d'examiner si la puissance publique est bien fondée ou pas, ou de compter sur elle ou pas. […] Non! Le projet du Crédit Social ne se préoccupe pas de ces choses qui se remettront en ordre, ou dans un ordre, lorsque l'on traitera ces problèmes d'argent en AMONT du politique, ou des politiques, c'est à dire de façon ORGANIQUE. Si l'on évite tous les Al Capone possibles qui pullulent partout, qui donc doit contrôler la monnaie? […] Et bien ce ne peut être qu'une instance de la société, de la société productrice des biens et des services.
S’il y a erreur dans mon propos, il y a contradiction dans le vôtre. Vous m’écrivez qu’il ne s’agit pas «d'examiner si la puissance publique est bien fondée ou pas, ou de compter sur elle ou pas.» Puis vous m’annoncez que la monnaie doit être ‘contrôlée’ par une ‘instance de la société’. C’est quoi, cette instance ? la ‘puissance publique’ ?

Je vous ai déjà répondu : le meilleur contrôle d’une monnaie est l’usage ou le non usage que les gens en font. Il existe une centaine de pays de par le monde où la ‘puissance publique’ émet une monnaie, et je peux vous garantir que les gens inventent toutes sortes de ruses pour convertir cette monnaie en dollars à la première occasion. Souvent même en risquant la prison.

Alors pas besoin de puissance publique pour ‘contrôler’ (ce qui est de la novlangue pour dire ‘imposer aux gens ce dont ils ne veulent absolument pas’). Pétitionnez votre gouvernement pour qu’il autorise l’usage du ‘crédit social’. Ou les gens l’adoptent, ou ils ne l’adoptent pas. Et le débat sera clos. Comme il l’est pour moi désormais.

Cordialement

Christian

Renaud
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Message non lu par Renaud » lun. 24 oct. 2005, 12:20

(deuxième essai, suite à, peut-être un frôlement, du clavier, le texte que je tapais s'est envolé.... Ne prendre en compte que ce deuxième envoi si quelque chose est arrivé quelque part)

Rebonjour Christian,

Merci de votre prompte réponse.

J'ai vu que vous aviez croisé le fer avec Seth, il semblerait qui en soit de même avec moi.

Non! La monnaie, ou les monnaies ne sont pas une marchandise comme les autres. Elles sont, dans la vérité, (et non dans la tête des banquiers!! Tout comme elles ne sont pas dans la tête des hommes politiques, plus exactement des politiciens!!). Les monnaies sont le reflet EXACT de la production des biens et des services. On peut mettre en concurrence les techniques et les méthodes monétaires, cela est tout à fait secondaire.

S'agissant d'échanges, vous refaites, sans y prendre garde les mêmes étourderies (comme je fais avec mon clavier!) au mieux, et les mêmes erreurs ruineuses et mortifères au pire.

Entre les politiciens verreux et les banquiers qui se paient, ou sont payés pour faire le maximum de profit, où est donc l'amélioration du "bilan"?

Il faut bien une société où il y ait de la Responsabilité. Attention, car prôner la concurrence (qui de toute façon existe dans la "nature" humaine, et ne peut pas être prise, vraiment, comme "référence"), c'est, en général, une façon magistrale de se débiner devant la Responsabilité. Que les, (ou le) meillleurs gagnent! La "sortie de l'histoire" ainsi désignée nous y reintroduit au plus vite avec pertes et fracas!...

Au moins méditez la doctrine sociale de l'Eglise, cela vous fera le plus grand bien.Je ne peux guère répondre davantage.

Cordialement

Renaud
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conséquences sociales de la monnaie actuelle

Message non lu par Renaud » mer. 26 oct. 2005, 10:36

Bonjour à tous,

De la part de Renaud, voici une indication essentielle et capitale (sans jeu de mot) sur le diktat bancaire qui existe sur nos sociétés. Je ne crois pas, sauf erreur de ma part, qu'elle ait été transmise intégralement sur ce forum. Il faut, hélas, comprendre par défaut, en creux, sans aucune explication claire et directe et, le plus souvent, à nos frais, ce sujet crucial. Ceci indique que l'économie que nous pratiquons et ses conséquences ne vont nullement dans le sens de la doctrine catholique et que la justice dans le traitement de l'argent est le révélateur d'une voie chrétienne, ou non. Pour le moment, c'est non. Le romancier Honoré de Balzac avait pointé exactement la vérité en écrivant, je cite de mémoire, mais pense transmettre exactement le sens de son propos: "La bataille finale de la Chrétienté sera celle du problème de l'ARGENT, tant qu'il ne sera pas résolu, il ne pourra y avoir une application universelle du Christianisme."
Voici, ci-après, une preuve de la mainmise non chrétienne sur nos sociétés par le biais du législatif, comme presque toujours, surtout s'il s'agit de l' "Europe".

- Le système monétaire dans l' "Union européenne" est réglé par l'article III, 181 (page 36 de l'édition française officielle, mars 2005, du projet de traité constitutionnel soumis et refusé le 29 mai 2005):

"Il est interdit à la Banque Centrale européenne et aux banques centrales des Etats membres ci-après dénommées <<banques centrales nationales>> d'acorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l'Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales, aux autres organismes ou entreprises publics des Etats membres. L'acquisition directe auprès d'eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite"

Ce texte, transmis par l'Asociation pour les Droits Economiques et Démocratique, ADED, ainsi que le commentaire qui suit, est la reproduction de l'article 104 du traité de Maastricht qui avait déjà été le motif principal du rejet par un grand nombre de citoyens.
Cet article est d'une importance capitale car il interdit aux Etats d'émettre la monnaie nécessaire à leur économie. Dépouillés de cette fonction essentielle, ils en sont éduits à "emprunter" sur la place financière internationale, essentiellement privée pour avoir des liquidités (monnaie en circulation).
C'est ainsi que la dette artificielle augmente toujours depuis 1982, et si la France s'enfonce, les banques privées réalisent des bénéfices scandaleux. Pour les Français ce sont des intérêts à payer de plus en plus lourds qui se retrouvent dans le poids insupportable de la fiscalité. La dette représente près de 64% du PIB (contre 20% en 1980) c'est à dire plus de 1 000 milliards d'euros (17 000 euros par français!) c'est la pauvreté assurée à brève échéance, car à ces chiffres il faut ajouter les endettements communaux, régionaux, etc.
La faillite de l'Argentine, par exemple, est dûe essentiellement à ce système dont nous subissons tous la dure loi de l'usure. Dénoncé par de nombreux économistes dont Maurice Allais, prix Nobel d'économie, comme une vaste escroquerie.
Le surendettement des ménages et la paupérisation de pus en plus évidente sont les conséquences mathématiques inéluctables d'un procédé où toute la monnaie ne vient en circulation que par l'endettement.

Faut-il en rajouter? Il est grand temps de fouiller dans ce qui n'est pas "spectaculaire", car là se trouvent beaucoup d'explications que nous n'entendrons presque jamais dans nos "médias" ni dans le verbiage politicien insipide qui nous assomme d'ennui.
Cordialement à tous

Par Marie Mère de Dieu
Renaud

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Message non lu par MB » mer. 26 oct. 2005, 16:36

Bonjour

Tout cela est bien beau, mais si vous vous plaignez, avec raison, de la profondeur abyssale de la dette française, faites en sorte que l'Etat supprime ses déficits. C'est donc un problème de gestion des finances de l'Etat, et pas du monde de la finance tout court. Les fautifs, ici, ce sont nos hommes politiques incapables. Vous voudriez que la République vive toujours au-dessus de ses moyens, mais sans avoir à rembourser cela un jour ?

Bien à vous
MB

Renaud
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crédit social argent alternatif

Message non lu par Renaud » jeu. 27 oct. 2005, 21:50

Bonjour à tous ceux qui passent par là

C'est la lecture d'un message de Seth d'il y a plusieurs mois qui m'a donné l'idée d'indiquer à mon tour le très intéressant site :

http://tiki.societal.org

puis, aller au rajout ou modification N° 23 intitulé: page ADED, Association pour les Droits Economiques et Démocratique dont je fais partie et dont les écrits de Denis Gauci sont d'une pertinence peu égalée.

Sur ce même site aller aussi au rajout ou modification N° 55 intitulé: fin de l'argent (titre non choisi par moi) et qui est la traduction faite par votre serviteur de l'Espagnol au Français de l'intervention de mon grand ami méxicain Luis Lopezllera à México en décembre 2004 au 2ème Forum sur l'Economie Solidaire. Cette intervention constitue un excellent rapport sur tout ce qui se fait au Mexique pour se sortir de l'argent bancaire ruineux, voire tueur, et la situation terrible qui s'en suit dans ce très important et magnifique pays flanqué de 3000 kms de frontières avec les USA. Dans cette intervention il s'y révèle ce que j'appelle: la germination du Crédit Social. Luis Lopezllera, architecte passé au domaine économique et social, est l'inspirateur de nombreuses associations et réseaux d'échange effectuant de nombreuses expériences d'argent alternatif, en particulier depuis 1996. Ces réseaux sont encore insignifiant et marginaux, mais le plus important est qu'ils existent, vivent et se développent. Ils estiment en être encore au stade expérimental dans l'argent alternatif, mais des progrès indéniables sont accomplis. Ainsi, des gens sans capital ni patrimoine peuvent accéder à l'échange vrai et fécond et à un sens de la vie qu'ils n'avaient plus. Or le sens de la vie, lui, n'a pas de prix, et c'est bien cela qui compte au delà de toutes les "usines à gaz" monétaires.

Les Pèlerins de Saint Michel dont je fais partie, diffuseur du Crédit Social travaillent exactement dans le même sens. L'ADED étant laïque et les Pèlerins de Saint Michel surnommés les "Bérets-Blancs" sont catholiques tout en étant organisés en association de statuts laïcs. L'on peut aller sur leur site, si on ne l'a pas fait:

michaeljournal

Bonsoir à tous, par Marie
Renaud

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Vous préférez l'exploitation de l'Etat ou des banques?

Message non lu par Renaud » lun. 31 oct. 2005, 0:41

Dans mon "habilité", j'avais cru mettre cette réponse à MB dans le forum, peut-être est-elle partie dans une autre direction et je pense l'avoir "repêché" plus ou moins par hasard
À: MB
Posté le: Jeu 27 Oct 2005, 16:36
Sujet: en résumé, les banques ont remplacé l'Etat

de la part de Renaud

Bonjour MB

Je suis tellement peu dégourdi dans le forum que je "patauge" dans ses options sans savoir vraiment où je me "trouve" dans ce forum. C'est la première fois que je "participe" à un forum et n'y suis pas rodé. Il est vrai que j'ai beaucoup d'autres choses à côté.

Ce que vous dites est tout à fait vrai. "C'est un problème de gestion des finances de l'Etat". Cela ne devrait pas être celles des banques commerciales étant des entreprises privées, ayant des actionnaires et faisant des bénéfices. En simplifiant, mais en ne déformant rien, l'on peut dire que les problèmes cités balancent entre deux attitudes dont les défauts s'accumulent. D'une part le train de vie de la République résultant de politiciens ineptes et cupides, et d'autre part, (l'historique serait trop long à faire ici) la mainmise des banques commerciales sur le traitement monétaire, c'est à dire la création monétaire faite par ces entreprises privées que sont donc les banques commerciales qui lorsqu'elles prêtent à leurs clientèles (composées de particuliers, d'entreprises, de collectivités locales, l'Etat et ses gouvernements successifs) en créant l'argent prêté à 90% à partir du néant ou ex-nihilo. L'épargne et les marchés monétaires sont situés en AVAL de ce système et n'ont RIEN à voir, A LA BASE, avec cette création monétaire mieux connue sous le nom, banal à souhait, de: poliotique du crédit, désignation pudibonde qui occulte le pire des esclavagess modernes. C'est encore plus accentué pour les pays pauvres! Il y a une compromission profondément enfouie entre les gouvernements se succedant à l'Etat et le monde de la finance dont les critères et les objectifs n'ont aucun rapport avec la mission gouvernementale qui est en principe: oeuvrer le mieux possible pour le bien de la communauté dont les gouvernements ont "la charge" (?). L'hypothèque bancaire est quasi totale sur la société, sur les sociétés, et l'on tourne autour du pot depuis fort longtemps sans aller jamais au coeur du sujet qui est: Qui controle le traitement de l'argent?
L'on voit bien, ainsi que je l'ai fait remarquer à quelqu'un sur ce forum que le progrès technique si rapide et efficace, en augmentation exponentielle, n'est nullement accompagné du même progrès dans la distribution qui, elle, est restée comme autrefois (malgré les habits neufs de la modernité qu'elle nous montre dans la publicité et les services commerciaux) rare et chère et de toute façon chère par le crédit. Jusqu'à plus ample informé, la clé de la distribution c'est l'argent, si nous progressons techniquement, le contrôle de l'argent nous échappe complètement, comme il échappe surtout à nos bulletins de vote... C'est le monde financiers qui tient notre destin en main et avec sa tête. On ne l'apprend ni à l'école ni à l'université où l'on ne fait aucun lien entre le domaine financier et les conséquences calamiteuses qu'il entraîne dans le monde où: "la communauté internationale" désignation qu'on nous sert à tous propos sans en expliquer quoique ce soit, "l'Union européenne" qui serait le leurre de Dieu sait quel projet sans rapport avec ce que les gens croient, l'actualité de "l'Europe" parle d'elle même, "l'Organisation Mondiale du Commerce, OMC", et j'en passe beaucoup, n'ont rien à voir avec la lutte contre le chomage et une vraie politique des revenus des gens qui serait prioritaire sur la sempiternelle "politique pour l'emploi" dans un monde où l'automatisme ne fait que supprimer des emplois, donc des revenus. Il faut que ceux qui avaient des revenus par le travail (contribuant d'ailleurs au progrès dans l'automatisation) aient leur droits à leur revenus de base ayant contribué à l'amélioration des machines dont les gains de productivité vont dans des poches déjà gorgées et repues d'argent, spoliant ainsi ceux qui ont créé du vrai progrès avec leurs bras et leur cerveaux. Le progrès dans la production doit EGALER le progrès dans la distribution. Sans quoi le dit progrès n'a pas le moindre sens si ce n'est que distiller encore plus de poison dans les rapports entre les hommes. Il faut prendre la notion de progrès au pied de la lettre, sans quoi nous sommes sûrs de marcher à côté de nos chaussures (et de tout le reste!). Le progrès est universel, dans TOUS les domaine, ou alors, c'est le progrès d'Al Capone...
Le Crédit Social que je m'efforce de faire connaître autour de moi n'est pas partisan de ceci ou de cela en particulier, et encore moins est un parti politique. Il se situe en AMONT du politique, sur un plan purement organique et technique. Politiser le Crédit Social serait le dénaturer et faire en sorte qu'il soit inopérant. Je sais que des personnes ont des projets politiques où elles ont l'intention d'impliquer le Crédit Social. Cette attitude politicienne relève de calculs strictement personnels et n'est pas neutre. C'est plutôt une attitude qui travaille contre le Crédit Social. Il y a des exemples historiques, au Canada en particulier. Le Crédit Social veut appliquer une technique financière à la façon dont on améliore le rendement d'un moteur ou d'une machine, ni plus ni moins. C'est essentiellement un question de probité professionnelle. Il faut sortir d'urgence de ce dilemme insurmontable qui arrange tant les tenants de la politique et les tenants des finances. Ce dilemme est celui de s'en remettre à des politiciens cupides ou a des banquiers dont le but est de faire des bénéfices, fut-ce via les ponctions fiscales comme c'est le cas aujourd'hui, ce que les gens ne savent pas, et non administrer une quelconque société pour le bien de la dite société. Or, c'est ce qui se passe. L'Etat a abandonné son droit régalien d'émettre la monnaie pour le bon fonctionement de l'économie aux banques privées qui "roulent pour elles-mêmes". Les politicien, en échanges sont très grassement payés pour "passer ce relai" et continuer à faire "comme si"....
Voyez et fouillez les textes législatifs, c'est l'inroduction des intérêts privés payés par la sphère publique, vous, moi, eux, etc, etc.
Il y aurait beaucoup plus à dire et reste à votre disposition
Très cordialement.
Renaud

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La leçon de l'Argentine

Message non lu par Renaud » ven. 04 nov. 2005, 18:00

Rebonjour

Renaud à nouveau,

Je ne voulais pas faire trop long aussi, ce qui avait motivé mon précédent message d'il y a quelque minutes, c'est, ce que j'ai lu dans un supplément d'une petite revue argentine Patria Argentina. Ce supplément contient un article qui m'a beaucoup intéressé. J'ai traduit aussitôt de l'espagnol au français ce petit article.
J'ai eu la très heureuse surprise de constater que l'auteur, Santiago Roque Alonso, avait découvert il y a quelques mois seulement Louis Even. Il en fit paraître la fable " l'Ile des Naufragé" (qui est de L. Even) dans ce Bulletin accompagnant la dernière livraison (octobre 2005) de la petite revue Patria Argentina.
Comme quoi, et c'est très heureux, car l'auteur de cet article à mis exactement le doigt, avec une très rapide et conçise référence philosophique aussi utile que vraie pour le sujet, et ce sont les rives du Rio de la Plata qui nous mettent en garde. Faut-il qu'il nous arrive un jour quelque chose de comparable pour que nous comprenions où sont VRAIMENT les priorités??
Avant toute chose, il faut bien préciser que les malheurs économiques de l'Argentine (surtout l'épouventable crise de décembre 2001, en partie, seulement, surmontée) sont dus EN PARTIE SEULEMENT aux Argentins, et SEULEMENT ceux qui avaient de l'argent à l'étranger (c'est à dire grossomodo 5% des Argentins) et que la couverture bancaire en monnaie étant très loin du 100% (qui serait idéal et vrai mais qui n'arrive jamais...) a immédiatement été assèchée... du jour au lendemain, lors du décrochage du peso argentin par rapport au dollar, (le peso argentin étant passé de 1 peso pour 1 dollar à 3 pesos pour 1 dollar) affamant la moitié de la population. C'est un cas d'école sur lequel je ne peux pas beaucoup m'étendre ici, mais qui révèle en grande partie tous les dangers du système financier.
Ci-après cet article QU'IL FAUT MEDITER:

* * * * * *


LA PAUVRETE ET L'ARGENT

par Santiago Roque Alonso


Le précédent Bulletin des CENTRES CIVIQUES PATRIOTIQUES, CCP N°110 démontre comment un groupe de riches banquiers capitalistes, en apparente contradiction avec l'essence même de leur nature économique et financière, encouragèrent et financèrent ceux qui constituaient leurs antagonistes politiques et idéologiques (s'agissant des pauvres ou des prolétaires), pour qu'ils en arrivent à réaliser la Révolution communiste en Russie en 1917. Ce fait, malgré 80 ans écoulés, demeure incompréhensible pour ceux qui, à la lumière de la raison naturelle, soutiennent les principes d' "IDENTITE" et de "NON CONTRADICTION" (une chose ne peut être et ne pas être dans le même temps). Cependant, ces principes sont systématiquement violés, depuis plusieurs siècles par la pratique quotidienne de la méthode dialectique - quant à la façon de procéder pour l'action ou la pratique politique - par le principe immoral que "LA FIN JUSTIFIE LES MOYENS".

Avec cette présente publication nous poursuivons l'effort commencé depuis plusieurs mois dans le but de mettre au jour le PROCESSUS DIALECTIQUE HISTORIQUE MONDIAL dont nous les Argentins avons été les victimes ingénues et/ou ignorantes malgré notre jactance au sujet de notre grande débrouillardise caractéristique, quoique étrange pour d'autres peuples, appelée "VIVACITE CREOLE". Cependant, cette dernière a très peu servi lorsqu'il a fallu résoudre nos problèmes gravissimes de chomages, de pauvreté et de décadence croissante dont souffre le pays depuis des décennies.

POURQUOI DANS UN PAYS, RECONNU MONDIALEMENT COMME RICHE, PRESQUE 50% DE SA POPULATION EST AU DESSOUS DU SEUIL DE PAUVRETé ET UNE GRANDE PARTIE DANS L'INDIGENCE ?
POURQUOI EN ARGENTINE PLUS DE 4.000.000 DE PERSONNES SONT SANS TRAVAIL OU SE TROUVENT SOUS-EMPLOYéES ?

Le principal élément de référence de la pauvreté est donné par un niveau de revenu déterminé. Pour une famille type durant le premier semestre de cette année le revenu a été de: 778,3 pesos (250 dollars). C'est à dire la quantité d' "ARGENT" disponible qui détermine si l'on est pauvre ou non.

Si dans l'Argentine actuelle nous demandons pourquoi y a-t-il des pauvres? Ou pourquoi est-on pauvres? L'une des réponses la plus simple qu'on entend est: PARCE QU'ON A PAS DE TRAVAIL OU PAS SUFFISAMMENT DE TRAVAIL.

Si nous continuons notre recherche et demandons encore le pourquoi il n'y a pas de travail? Sûrement l'on vous répondra: PARCE QU'IL N'Y A PAS D'ENTREPRISE ET/OU L'ETAT N'OFFRE PAS D'EMPLOI.

Si nous insistons encore une fois pour trouver le pourquoi de la pauvreté et nous demandons a une personne, disons, d'un plus grand niveau intellectuel et de connaissances, pourquoi il n'y a pas d'entreprise ou pourquoi l'Etat n'emploie-t-il pas? L'on vous dira: PARCE QU'IL N'Y A PAS DE CAPITAL; ou s'il s'agit d'un libéral, il vous récitera: PARCE QU'IL N'Y A PAS D'INVESTISSEMENTS (SOUS-ENTENDU éTRANGERS)

Les gens des classes moyennes ou hautes, y compris ceux d'un certain niveau culturel, tout autant que celui qui est pauvre ou au chomage, ne comprennent pas et n'arrivent pas à trouver que la PAUVRETé comme le MANQUE DE CAPITAL OU D'INVESTISSEMENTS pour qu'existent des entreprises, EST UNE CONSéQUENCE DIRECTE DU MANQUE OU DE LA RARETé DE L'ARGENT. De la même façon, tous ceux-là font bien moins la relation entre l'argent et l'existence, ou non, du crédit qu'ils la font selon le volume (quantité grande ou petite) de l'argent que la population a dans ses mains, et que ces deux choses donc: le crédit ou son absence, et le volume grand ou petit d'argent qui en découle, sont une création absolue et discrétionnaire réalisée par LES BANQUES.

Cette situation met en évidence une dangereuse ignorance sur une question - celle de l'argent et du crédit - qui est vitale pour la subsistance économique de n'importe quelle société, c'est une grave faille éducative et culturelle.

Si personne ne connait l'origine et la nature de l' "ARGENT" et du "CRéDIT", il ne sert à rien alors que Pie XI ait défini et dénoncé très clairement dans sa lettre Encyclique "QUADRAGESIMO ANNO"(1931), peut-être le passage le plus énergique ayant très peu d'équivalence dans les autres documents semblables, l'existence d'un pouvoir économique despotique, tyranique et exessif "....LES MAÎTRES ABSOLUS DE L'ARGENT, GOUVERNENT LE CRéDIT ET LE DISTRIBUENT SELON LEUR BON PLAISIR. L'ON DIRAIT QU'ILS ADMINISTRENT LE SANG DE LA VIE éCONOMIQUE DE TELLE FAçON QUE SANS LEUR CONSENTEMENT NULLE PERSONNE NE PEUT RESPIRER".

COMPRENDRE QUE LE PROBLèME DE LA "PAUVRETé" RéSIDE RéELLEMENT DANS L' "ARGENT", EST LE POINT DéCISIF DE LA VIE MATéRIELLE, QUI CONDITIONNE GRAVEMENT LA VIE SPIRITUELLE.

Il est lamentable que très peu, ou personne, recherche, enquête ou s'interroge pourquoi l'argent manque, ou lorsqu'il y en a, l'argent fonctionne si mal. Beaucoup de ces déficiences se doivent à la distraction et au fait de tourner autour du pot indéfiniment, ce à quoi s'occupent notamment les gauches, le marxisme et le progressisme, ceux qui ignorent abyssalement cette question, détournant l'attention du principal en direction de l'accessoire. Aussi est-il juste de reconnaître que ni l'Eglise catholique, ni non plus la multitude des églises chrétiennes ne se préoccupent de rechercher, enquêter et éclairer leurs fidels respectifs sur cette problématique dominante du monde moderne; elles restent seulement dans l'attitude, au demeurant louable, de la charité, une solution transitoire qui est devenue permanente. Il ne suffit pas de donner à manger et de porter attention à la santé du pauvre, il est nécessaire de lui enseigner pourquoi il est pauvre et comment se résoud la cause de sa pauvreté, assurant ainsi avec conviction sa responsabilité, avec la parole et le vote, comme membre à part entière de la saciété nationale.

CELA NE SIGNIFIE PAS QUE LA QUESTION MONéTAIRE SOIT L'UNIQUE OU LA PLUS IMPORTANTE, MAIS - SANS AUCUN DOUTE - L'ARGENT REPRéSENTE LA QUESTION LA PLUS URGENTE QUI DOIT ÊTRE RéSOLUE, PARCE QUE TOUT LE RESTE DE L'ACTIVITé PROPREMENT HUMAINE DE SUBSISTANCE DéPEND DU PROBLèME DE L'ARGENT.

Voici la raison pour laquelle nous consacrons la totalité de ce BULLETIN du CCP à la QUESTION DE L'ARGENT. Notre intention étant de la compléter dans les deux prochaines livraisons mensuelles Dans ce présent bulletin nous voulons, à travers une "FABLE" de compréhension facile que tous puissent, à la base, comprendre comment fonctionne l'actuel système monétaire, où réside le problème de l'argent et quelles sont les solutions élémentaires à sa pénurie. Et que, dans le même temps, l'on puisse reconnaître deux axiomes de base:

QUE L'ARGENT N'EST PAS LA "RICHESSE" ET QUE LA "RICHESSE" NE SE DISTRIBUE PAS SANS "ARGENT".

Enfin que cette très modeste publication serve d'hommage à Monsieur LOUIS EVEN qui fut le théoricien, le fondateur de l'oeuvre des PèLERINS DE SAINT MICHEL et du journal SAN MIGUEL de ROUGEMONT, QUéBEC, CANADA, pour son activité éclairante dans la diffusion de la vérité, d'une réelle Justice Sociale, conforme au Magistère traditionnel de l'Eglise catholique dans les domaines économique et social, avec pour finalité d'atteindre le RèGNE SOCIAL DE NOTRE SEIGNEUR JéSUS-CHRIST.
(http://www.michaeljournal.org/espanol.htm)

Les CENTROS CIVICOS PATRIOTICOS et PATRIA ARGENTINA continueront à contribuer - sans bruit, dans la solitude presque absolue, au milieu de la plus froide indifférence et avec le peu qu'elle a - pour atteindre la victoire en cette bataille qu'a adroitement entrevu le romancier français Honoré de Balzac:

LA BATAILLE FINALE DE LA CHRéTIENTé SE FERA AUTOUR DU PROBLèME DE L'ARGENT,
ET TANT QUE CELA NE SERA PAS RéSOLU, IL NE POURRA Y AVOIR UNE APPLICATION
UNIVERSELLE DE LA CHRéTIENTé.

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L'essentiel des recommandations nous est faite ici par l'un de ceux qui ont vécu une telle crise financière. Ainsi que nous l'a dit Denis Gauci, président le l'Association pour les Droits Economiques et Démocratiques ADED, nous vivons dans les pays occidentaux le "ralenti cinématographique" de ce qui s'est passé en Argentine, donc, nous ne percevons à peu près rien qui nous fasse sursauter. Tandis que l'Argentine l'a vécu en "accéléré cinématographique"... Mais la structure est de même nature. Nous sommes prévenus! Et puis nous devrions être prévenus si, dans la recherche de la justice, nous sommes attentif un minimum à la doctrine catholique. Alors!?
Très cordialement
Renaud

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