La situation politique en Grèce

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
etienne lorant
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » lun. 20 juil. 2015, 15:57

"Nous sommes en train de tourner le dos à ce que doit être l'Europe", déclare DSK
Dominique Strauss-Kahn agace l'exécutif... et fait le bonheur des frondeurs. Dans un billet publié sur son blog samedi 18 juillet, l'ancien directeur général du FMI a jeté un pavé dans la mare en dénonçant le "diktat" de l'Allemagne et les conditions de l'accord conclu entre la Grèce et ses créanciers, "proprement effrayantes pour qui croit encore en l'avenir de l'Europe".
Hollande pris à contre-pied

La prise de position de DSK prend François Hollande à contre-pied, puisque le président français se présente comme l'un des principaux facilitateurs de cet accord conclu à l'arraché. Pire : la tribune de l'ancien ministre de l'Economie a eu pour effet d'éclipser celle du chef de l'Etat, qui plaidait dans le Journal du dimanche pour la mise en place d'un "gouvernement de la zone euro".

Aujourd’hui chacun semble l’avoir oublié. Notre modèle européen peut être un modèle pour d’autres peuples qui refusent de se couler dans un moule unique venu d’Outre Atlantique. Mais pour être un modèle, l’Europe doit voir loin, refuser les mesquineries, jouer son rôle dans la mondialisation, en un mot, continuer à façonner l’Histoire»
L'intégralité du texte est lisible (avec de bonnes lunettes) dans le texte qui suit intitulé : "A nos amis allemands"

http://www.liberation.fr/monde/2015/07/ ... rs_1350274
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

Christian
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par Christian » lun. 20 juil. 2015, 19:09

Effectivement, il faudrait des yeux meilleurs que les miens pour déchiffrer l’intégralité du billet de DSK. Le résumé qu’en fait Libé amène deux commentaires.

Le premier est qu’il ne s’agit pas "de se couler dans un moule unique venu d’Outre Atlantique". Que je sache, l’arithmétique n’a pas de patrie. Celui qui dépense chaque année 100, mais n’engrange que 90 de revenus va découvrir tôt ou tard qu’il doit réduire son train de vie ou trouver d’autres sources de gain. La Grèce est arrivé à ce point. Elle l’a même atteint il y a 8 ans.

Le problème de tous les gens qui font la leçon de générosité aux Européens est qu’ils ne déploient jamais, jamais, l’ombre du début d’un programme alternatif. Que proposent-ils pour redresser la situation en Grèce ? Collecter plus d’impôts ? Mais ponctionner 40% d’un revenu minimal, ou 60% d’un revenu minimal ne produit qu’une rentrée fiscale minimale. Même en taxant les armateurs. Le vrai sujet est comment augmenter l’activité économique d’un pays qui refuse résolument la croissance.

Il est très compréhensible de vouloir préserver son style de vie, récolter ses olives, ou devenir fonctionnaire en surnombre, et prendre sa retraite à 50 ans, mais on ne peut pas rationnellement s’attendre à faire payer par les copains européens un manque d’entrain pour la vie productive.

Le deuxième commentaire est la réduction de la dette. C’est un faux sujet. Même si la dette est épongée, totalement effacée, tant que la Grèce continuera de vivre au dessus de ses moyens, l’arithmétique s’imposera. La Grèce n’a toujours pas d’excédent primaire. Les recettes fiscales ne couvrent pas les dépenses, même avant le paiement de la dette.

(le pays avait réussi à équilibrer son budget il y a 8 mois, grande réussite, et puis Syriza est arrivé, avec la réembauche des fonctionnaires, la remise en route de la télé d’Etat, les interdictions de licenciement dans les entreprises nationalisées, et le bateau a pris l’eau à nouveau).

Encore une fois, ni de Syriza, ni des bonnes âmes qui veulent culpabiliser les Européens, je n’ai entendu ou lu une proposition sérieuse de création de richesses. Le seul programme est "svp, donnez-nous de l’argent".

Est-ce une proposition viable à long terme ?

Christian

PS L’intertitre de Libé indique que Paul Krugman, qui chantait les louanges de Varoufakis, se demande aujourd’hui s’il n’a pas ‘surestimé la compétence du gouvernement grec’. Il lui en a fallu du temps pour s’en apercevoir !

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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » dim. 26 juil. 2015, 14:07

Pendant près de quatre années, les créanciers ont eu les mains libres en Grèce en agissant en lui et place de la Commission de Bruxelles, de la Banque Centrale Europénne et du FMI. Pour un bilan catastrophique sur tous les plans : la dette grecque n'a pas été maîtrisée, elle a explosé comme les pétards d'un feu d'artifice Loin de maîtriser la dette grecque, loin de renouer avec la croissance, elles ont fait chuter le PIB du pays de près de 25 % .
La pauvreté en Grèce n’est pas une donnée intrinsèque : l’austérité a fait continuellement augmenter le nombre de personnes concernées, qui sont aujourd’hui plus de 3 millions (sur une population de 11 millions d’habitants) à être sous le seuil de pauvreté.

Evidemment, chacun lira et comprendra selon ce qu'il aura envie de croire, on n'en doute pas du tout ...

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... PIsxd0S.99
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » ven. 07 août 2015, 17:39

Yaris Varoufakis dénonce un Eurogroupe dominé par l'Allemagne.



Yanis Varoufakis critique également l'attitude de l'Eurogroupe au cours des six mois de négociations qui n'ont abouti à rien. «Il y avait un refus catégorique d'engager un débat économique au sein de l'Eurogroupe», assure-t-il. «Ils nous demandaient ce que nous comptions faire au sujet des privatisations. Nous proposions quelque chose et ils le rejetaient. Puis ils passaient à un autre sujet, comme les retraites, le marché du travail… C'était comme un chat qui se mordait la queue», décrypte Yanis Varoufakis. «Vous évoquez un argument sur lequel vous avez travaillé, vous êtes sûr qu'il est cohérent, et vous faites face à des regards vides. Comme si vous n'aviez pas parlé. Vous pouvez tout aussi bien chanter l'hymne national suédois, vous obtiendrez la même réponse», lance-t-il.

Un membre en particulier concentre les critiques de l'ex-ministre: son homologue allemand Wolfgang Schäuble. L'Eurogroupe est «complètement, totalement» dominé par lui, selon Yanis Varoufakis. «C'est comme un orchestre extrêmement bien dirigé, dont il serait le chef», raconte-t-il. «Sa position consistait à dire ‘je ne rediscuterai pas le programme d'aide accepté par le précédent gouvernement. Nous ne pouvons permettre qu'une élection y change quoi que ce soit'. Donc je répondais: ‘peut-être que nous devrions simplement ne plus organiser d'élections dans les pays endettés?'. Et je n'avais pas de réponse», déplore Yanis Varoufakis. «Il n'y a que le ministre des Finances français (Michel Sapin, ndlr) qui émettait une tonalité différente de la ligne allemande, et

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015 ... emagne.php
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » jeu. 20 août 2015, 18:46

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras va remettre ce jeudi sa démission au chef de l'Etat afin d'ouvrir la voie à la tenue d'élections législatives anticipées le 20 septembre ,vient d'annoncer un responsable gouvernemental. Arrivé au pouvoir en janvier, Alexis Tsipras est confronté à une fronde de l'aile la plus à gauche de son parti, Syriza, depuis qu'il a conclu un accord avec les créanciers d'Athènes sur l'octroi d'un troisième plan d'aide financière à la Grèce en échange de nouvelles mesures d'austérité.

Le Premier ministre, qui a perdu sa majorité parlementaire, devrait faire une déclaration télévisée dans la soirée. "L'objectif est d'avoir des élections le 20 septembre", a dit une source gouvernementale après une rencontre entre Alexis Tsipras, les principaux dirigeants de son parti Syriza et des ministres pour discuter de cette question. La Constitution grecque prévoit une procédure relativement complexe pour l'organisation d'élections anticipées lorsque celles-ci doivent se tenir moins de douze mois après le scrutin précédent.

Une fois que le Premier ministre aura remis sa démission, le chef de l'Etat, Prokopis Pavlopoulos, ne pourra pas convoquer immédiatement un nouveau scrutin mais d'abord consulter les dirigeants des autres partis pour voir s'ils sont en mesure de former un gouvernement. Ce n'est qu'en cas d'échec de ces consultations -- plus que probable compte tenu de la composition du Parlement -- que des élections seront organisées.

http://lci.tf1.fr/monde/europe/grece-ts ... 46638.html
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » ven. 21 août 2015, 10:52

Alexis Tsipras fera donc appel une troisième fois au soutien du peuple grec en l'espace de huit mois. Le signe d'un zèle démocratique louable, souligneront ses défenseurs. Mais le Premier ministre, qui a remis son mandat ce jeudi soir entre les mains du président Pavlopoulos, y était avant tout stratégiquement et symboliquement contraint.

Le leader de Syriza fait ici preuve d'une belle application du concept millénaire de "kairos", cette aptitude chère aux sages antiques à saisir les opportunités au bon moment. Ce coup de poker – le dernier en date d'une longue série – intervient en effet quelques heures après le premier bol d'air financier depuis un an, un versement de 23 milliards d'euros* dans le cadre du nouveau plan d'aide à la Grèce... et avant la mise en application des contreparties les plus dures.

Des 23 milliards d'euros versés ce jeudi, le gouvernement ne verra en fait jamais la couleur. 13 ont été immédiatement absorbés dans des remboursements de créances précédentes, tandis que les 10 restants sont désormais consignés sur un compte en vue d'une future recapitalisation des banques grecques.

http://tempsreel.nouvelobs.com/la-crise ... venir.html
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » ven. 21 août 2015, 17:35

Une intervention du Comité pour l'annulation de la Dette du Tiers-Monde


Madame Lagarde, Monsieur Juncker : c’est vous qui ne respectez pas vos engagements !

A quelques jours des élections en Grèce, le FMI et la Commission européenne récidivent. Mettant en garde contre toute mesure d’allègement de la dette grecque, Christine Lagarde, directrice du FMI, vient de déclarer qu’« une dette est une dette, c’est un contrat » tandis que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, martèle que « l’Europe attend que la Grèce respecte ses engagements pris vis-à-vis de ses partenaires ». Pour forcer le prochain gouvernement à continuer à appliquer les programmes d’austérité et à rembourser la dette, Mr Juncker et Mme Lagarde en appellent donc à la moralité et à la légalité (au respect des engagements pris par les États et au droit du contrat). Le droit international dit pourtant tout autre chose et permet à un État de répudier ses dettes.

Dans son rapport sur la « dette odieuse » commandé par l’ONU |1|, le juriste Robert Howse rappelle que l’obligation pour un État de rembourser les dettes n’a jamais été reconnue dans l’Histoire comme étant inconditionnelle. L’obligation de payer une dette n’est pas absolue et rencontre deux limites fondamentales.

Premièrement, il est établi en droit international que l’État a d’abord des engagements à l’égard de sa population. En effet, l’obligation de respecter les droits humains l’emporte sur tous les autres engagements pris par l’État comme ceux à l’égard de ses créanciers. L’article 103 de la Charte de l’ONU l’indique très clairement. L’argument juridique de l’ « état de nécessité » est encore plus explicite en matière de dette : « On ne peut attendre d’un État qu’il ferme ses écoles et ses universités et ses tribunaux, qu’il abandonne les services publics de telle sorte qu’il livre sa communauté au chaos [...] simplement pour ainsi disposer de l’argent pour rembourser ses créanciers étrangers ou nationaux. Il y a des limites à ce qu’on peut raisonnablement attendre d’un État, de la même façon que pour un individu ». L’état de nécessité et la Charte de l’ONU permettent donc à un État de fonder juridiquement une suspension unilatérale du paiement de la dette lorsque son budget ne lui permet pas de subvenir aux besoins fondamentaux de sa population. Ce qui est indubitablement le cas en Grèce.

Ajoutons que sur le plan économique, une suspension du remboursement de la dette a des résultats très positifs. Comme l’ont souligné Eduardo Levy Yeyati et Ugo Panizza, deux anciens économistes de la Banque interaméricaine de développement, suite à leurs recherches sur les défauts de paiement concernant une quarantaine de pays, « les périodes de défaut de paiement marquent le début de la récupération économique ». Le Prix Nobel de l’économie, Joseph Stiglitz, partage le même constat et démontre que les conséquences catastrophiques d’un moratoire sur la dette annoncées par les créanciers pour faire peur au pays débiteur ne sont pas réelles : « Empiriquement, il y a très peu de preuves accréditant l’idée qu’un défaut de paiement entraîne une longue période d’exclusion d’accès aux marchés financiers (....) Dès lors, en pratique, la menace de voir le robinet du crédit fermé n’est pas réelle ».

Deuxièmement, l’obligation de rembourser une dette ne vaut que si cet engagement est valide, quelque soit la capacité financière de l’État à payer sa dette. Comme le souligne Howse, le principe de continuité de l’État et le droit du contrat sont limités par des considérations d’équité, la fraude, le changement fondamental de circonstance, la mauvaise foi, l’incompétence du signataire, l’abus de droit, etc.

Une commission d’audit de la dette grecque mise en place par le prochain gouvernement (avec participation citoyenne) permettrait d’identifier avec précision les irrégularités dans la constitution de ces dettes, à commencer par la dette à l’égard de la Troïka (FMI, Union Européenne, Banque centrale européenne) qui détient à elle seule 80% de la dette totale, suite aux sauvetages des banques privées intervenus en 2010 et 2012. Rappelons que les prêts octroyés par la Troïka à la Grèce à partir de 2010 ont servi très largement à rembourser les anciens créanciers, principalement les banques françaises et allemandes qui possédaient la moitié du total des titres de la dette grecque avant l’intervention de la Troïka.

Cette intervention s’est accompagnée de plusieurs irrégularités qui ont pour effet de remettre en cause la validité des engagements sur la dette si chers à Mr Juncker et Mme Lagarde.

"les memoranda de la Troïka violent une série de droits fondamentaux" La Troïka a tout d’abord commis un abus de droit. Comme le rappelle l’Expert des Nations Unies sur la dette en 2012, « les créanciers et les entreprises privées sont tenus de respecter les droits humains et de ne pas tirer profit d’une crise pour imposer au débiteur des réformes structurelles ». Or, la Troïka a fait le contraire puisqu’elle a profité de la détresse financière de la Grèce pour lui imposer des programmes d’austérité (les memoranda) en échange de prêts.

De plus, ces mesures d’austérité sont illégales au regard du droit grec mais aussi du droit européen et international. Dans un rapport commissionné par la Chambre du travail de Vienne |2|, le juriste Andreas Fischer-Lescano démontre que les memoranda de la Troïka violent une série de droits fondamentaux tels que le droit à la santé, à l’éducation, au logement, à la sécurité sociale, à un salaire juste, à la propriété privée mais aussi la liberté d’association et de négociation collective. Tous ces droits sont protégés par de nombreux textes juridiques qui engagent non seulement les États mais aussi les institutions européennes et internationales comme celles qui composent la Troïka.

La validité des memoranda et des prêts qui les accompagnent est aussi entachée par le fait que la Troïka n’est pas compétente, en vertu des Traités européens, à légiférer sur le droit de grève, la santé, le droit d’association, l’éducation et la réglementation des niveaux de salaire. Enfin, l’exclusion du Parlement européen dans l’élaboration et la signature des memoranda bafoue le principe de séparation des pouvoirs protégé par les traités européens.

Toutes ces violations permettent à la Grèce d’annuler ses engagements à appliquer les mesures d’austérité et à rembourser la dette à l’égard de la Troïka.

Elles montrent également le fossé entre les propres engagements du FMI et de l’Union européenne et la réalité. A cet égard, Mme Lagarde ferait bien de relire l’article premier des statuts de l’organisation qu’elle dirige et qui donne au FMI comme mission de « contribuer à l’instauration et au maintien de niveaux élevés d’emploi et de revenu réel et au développement des ressources productives de tous les États membres ».

http://cadtm.org/Madame-Lagarde-Monsieur-Juncker-c
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » lun. 21 sept. 2015, 19:34

TSIPRAS RÉÉLU ............ Le désenchantement est profond chez les Grecs


Chacun s’interroge sur sa capacité à gouverner et à conserver sa courte majorité.

Le stratège politique Alexis Tsipras force l’admiration. Un mois après avoir démissionné, le premier ministre grec a été réélu dimanche 20 septembre. S’il n’obtient pas la majorité absolue qu’il convoitait, son parti de gauche radicale Syriza remporte une franche victoire avec plus de sept points d’avance par rapport à Nouvelle Démocratie (ND). Tous les sondages faisaient pourtant état d’une remontée des conservateurs au fil des semaines et donnaient les deux formations politiques au coude-à-coude.


Mais les Grecs n’étaient pas prêts à accorder si vite un blanc-seing à la droite qu’ils jugent coresponsable avec les socialistes du Pasok de la déroute du pays, les deux partis ayant été alternativement au pouvoir depuis la fin de la dictature des colonels en 1974. Le capital de sympathie d’Alexis Tsipras a joué à plein, « y compris chez des électeurs du centre et de la droite désireux de lui donner sa chance », relève le politologue Ioannis Papadopoulos, de l’Université de Macédoine à Thessalonique.
L’aile gauche dissidente ne sera pas au Parlement

De plus, par ce troisième scrutin qu’il a provoqué depuis le début de l’année, Alexis Tsipras a réussi à neutraliser l’aile gauche de son parti farouchement hostile au mémorandum et favorable à un retour à la drachme, l’ancienne monnaie nationale.

Avec moins de 3 % de voix, les frondeurs de Syriza, regroupés dans le nouveau parti Unité populaire, n’ont en effet pas droit au chapitre dans le nouveau Parlement et retournent à leur marginalité historique dans le paysage politique grec. Même si certaines figures emblématiques, telle l’ancienne présidente du Parlement Zoé Konstantopoulou devenue adversaire d’Alexis Tsipras, entendent bien donner de la voix.
Une abstention record

Pourtant, la victoire n’a pas suscité la liesse de janvier dernier, quand le jeune et charismatique Alexis Tsipras, devenu le premier dirigeant de gauche radicale en Europe, avait soulevé une immense vague d’espoir dans le pays et par-delà les frontières. C’est que les déçus de Syriza, qui avait bâti son identité sur l’opposition au mémorandum, sont légion à avoir boudé les urnes. Le taux d’abstention a grimpé à environ 45 %, un niveau inédit en Grèce, soit 9 % de plus qu’en janvier dernier.

Au soir du scrutin, à Bruxelles comme à Athènes, le son de cloche a été le même. « Il y a beaucoup de travail à faire et pas de temps à perdre », a déclaré Margaritis Schinas, le porte-parole de la Commission européenne. Alexis Tsipras, qui devait prêter serment dès lundi soir, s’est dit prêt à former son « gouvernement de combat ».
Une alliance critiquée avec les souverainistes

Mais, première ombre au tableau, s’il avait dernièrement laissé ouverte l’hypothèse d’une coalition avec le Pasok et les centristes de To Potami, il a préféré rester fidèle à son allié de la première heure, le parti souverainiste des Grecs indépendants (Anel), qui a de justesse réussi à entrer au Parlement.

Et le gouvernement devrait être globalement identique. « Il y avait d’autres options » a déploré Martin Schulz, le président du Parlement européen, lundi au micro de France Inter, que de s’allier avec « ce parti populiste de l’extrême droite ».

Ce mariage de la carpe et du lapin sera-t-il assez solide pour mener à marche forcée le train de réformes et de mesures d’austérité contenues dans le plan d’aide à la Grèce ? Syriza et Anel disposent en effet d’une courte majorité de 155 sur 300 députés au Parlement, plus courte que les 162 sièges qu’ils occupaient dans le Parlement sortant. Anel s’était désolidarisé de Syriza, notamment en ne votant pas la loi sur la nationalité (pour accorder la citoyenneté aux enfants d’immigrés) en juin dernier.
Syriza, un parti à reconstruire

Et, surtout, Alexis Tsipras est à la tête d’un parti traumatisé et démantelé. L’aile gauche qui a fait défection occupait la plupart des postes de cadres du parti et les militants ont déserté. « Derrière Alexis Tsipras, c’est la déroute. Le parti est à réinventer et à reconstruire, il n’a pas d’expertise et n’a toujours pas expliqué ce que recouvrait son programme mémorandum + justice sociale, il aura de gros problèmes pour gouverner », redoute Ioannis Papadopoulos.

D’autant que Syriza contient déjà les germes d’une opposition. Les potentiels nouveaux frondeurs – dont l’ex-ministre des finances Euclide Tsakalotos – se sont constitués en « groupe des 53 », augurant de tiraillements au sein du parti. « Syriza devra peut-être faire appel au Pasok et à son potentiel d’expertise, envisage Ioannis Papadopoulos, le problème est que ce parti est associé à la corruption et l’effondrement du pays. » Reste l’inconnue du positionnement des partis de l’opposition.

Le commissaire européen chargé de l’euro, Valdis Dombrovskis, s’est voulu rassurant lundi, en espérant que « le nouveau Parlement respectera les engagements qu’il a pris"

http://www.la-croix.com/Actualite/Europ ... 21-1359150
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » mer. 30 sept. 2015, 15:39

Le gouvernement grec de gauche d’Alexis Tsípras a fait adopter ce mercredi par le Parlement, avec le soutien des conservateurs, la première loi de sa mandature consacrée à un paquet de mesures sociales en faveur des pauvres.

La loi a été votée dans ses principes par les 149 députés Syriza et ses 13 alliés des Grecs indépendants, mais aussi par les partis conservateur Nouvelle Démocratie et socialiste Pasok.

La loi concerne la fourniture d’électricité gratuite aux plus pauvres, d’une aide au logement pour 30 000 foyers et d’une aide alimentaire pour 300 000 personnes. Elle comprend également une aide pour les personnes qui ont perdu leur emploi ces derniers mois et sont privées de sécurité sociale. Outre ces mesures sociales, la loi prévoit «la création d’un secrétariat général pour la lutte contre la corruption», sur laquelle le gouvernement mise pour augmenter les recettes publiques.

La veille, mardi, la présidente du Parlement, Zoé Konstantopoulou, a annoncé la création d'une commission d'audit de la dette grecque, qui sera chargée d'en déterminer la part illégitime. Ce sera une étape cruciale pour permettre ensuite au gouvernement de négocier une annulation partielle de la dette du pays.

Pour défendre sa loi sociale, le Premier ministre grec, Aléxis Tsípras, a livré un discours très offensif avant le vote, affirmant que son gouvernement n’avait «pas peur» des «menaces» exercées sur la Grèce. «Certains technocrates essaient de nous effrayer avec des ultimatums», a déclaré le Premier ministre, évoquant «50 jours de menaces» depuis sa victoire le 25 janvier.

Des menaces qui n'avaient pas cessé avant l'adoption du texte : Jean-Claude Juncker a ainsi réitéré lors d’une conférence de presse mercredi à Bruxelles qu’il était «inquiet» à propos de la Grèce et qu’il «n’était pas satisfait des progrès réalisés au cours des derniers jours». A Berlin, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a indiqué que «le temps était compté» pour la Grèce.

http://www.liberation.fr/monde/2015/03/ ... te_1223210

«Nous savions depuis le début que le chemin était miné, que le danger de l’asphyxie financière guettait mais nos partenaires commencent à nous connaître aussi et à savoir que nous ne sommes pas dans la continuité des gouvernements précédents. Ils ont dû être déçus, c’est sûr», a lancé le Premier ministre

Mardi soir, le gouvernement avait soudain durci le ton contre la Commission européenne après des informations de presse affirmant que Bruxelles tiquait sur le vote du projet de loi humanitaire, jugeant qu'il s'agissait d'une action "unilatérale" en désaccord avec l'accord de l'Eurogroupe du 20 février. Le porte-parole du gouvernement Gabriel Sakellaridis a dénoncé mercredi un "veto", une "pression".

Quelques heures plus tard, le commissaire européen Pierre Moscovici a dû expliquer la position de la Commission. Celle-ci défend "pleinement l'objectif d'aider les plus vulnérables" en Grèce et n'oppose "pas un quelconque veto" aux mesures d'urgence prise pour les plus pauvres, a-t-il assuré.

Syriza n'a cessé ces deux dernières années de condamner la poursuite de la politique d'austérité, imposée au pays depuis le début de la crise en 2010, et qui a causé "une crise humanitaire", plongeant des centaines de milliers de Grecs dans la misère, en raison d'une explosion du chômage, du rabotage des salaires et des retraites, ainsi que de la hausse des taxes.

"Quand tous les indices sont dans le rouge, chômage, pauvreté etc. on ne fait que ce qui est nécessaire pour faire face à ces problèmes", a lancé à l'Assemblée mercredi le ministre de l'Emploi, Panos Skourletis.

http://lexpansion.lexpress.fr/actualite ... 62625.html
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » lun. 12 oct. 2015, 15:58

Le temps des élections est passé. Le gouvernement grec doit désormais se mettre au travail en lançant notamment l’application du nouveau mémorandum adopté le 14 août par le Parlement. Les créanciers du pays (Banque centrale européenne, Commission européenne, Fonds monétaire International [FMI], Mécanisme européen de stabilité) attendent des résultats rapides. Ils ont donné au ministre des finances grec, Euclide Tsakalotos, jusqu’au prochain Eurogroupe – la réunion des ministres des finances de la zone euro – du 5 octobre pour établir une liste des actions à mener prioritairement avant que ne soit débloquée une première tranche de trois milliards d’euros de prêts d’ici à la fin novembre. Athènes aura besoin de cet argent frais pour faire face à de nouveaux remboursements au FMI en décembre.

Le gouvernement d’Alexis Tsipras s’est engagé à adopter près de 223 nouvelles mesures d’austérité dans les trois prochaines années, contre 86 milliards d’euros de prêts. 127 mesures doivent être lancées dans les quatre prochains mois, dont près d’une soixantaine de mesures prioritaires dès octobre.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/ ... uoQD837.99

Note personnelle : 223 nouvelles mesures d'austérité ! Jusqu'où peut-on aller ? Une loi obligeant à ne respirer qu'une fois sur deux ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Grèce : première mise à l'épreuve du 2eme gvt Tsipras

Message non lu par etienne lorant » sam. 17 oct. 2015, 15:11

Huit jours après le vote de confiance au deuxième gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras, la majorité gouvernementale grecque a adopté dans la nuit de vendredi à samedi de nouvelles mesures de rigueur douloureuses, dictées par les créanciers, pour la poursuite du versement des prêts internationaux.

La loi-balai prévoyant notamment de nouvelles coupes dans les retraites et des hausses d’impôts a été adoptée «sur le principe» par 154 députés sur 300, ceux de la majorité soutenant la coalition gouvernementale alliant le Syriza de Tsipras (145 députés) à la droite souverainiste Anel de Panos Kammenos (10 députés).

Le «oui» communiqué par lettre par une députée Syriza absente n’a pas été comptabilisé, tandis qu’un député Anel a voté contre six articles, portant notamment sur les taxes immobilières. Toute l’opposition des communistes aux néonazis d’Aube Dorée a voté contre la loi dans son ensemble, même si des députés en ont approuvé divers articles en particulier en matière de réforme des retraites.

http://www.liberation.fr/monde/2015/10/ ... rs_1406021
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Re: Grèce : première mise à l'épreuve du 2eme gvt Tsipras

Message non lu par elenos » lun. 26 oct. 2015, 11:26

etienne lorant a écrit :Huit jours après le vote de confiance au deuxième gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras, la majorité gouvernementale grecque a adopté dans la nuit de vendredi à samedi de nouvelles mesures de rigueur douloureuses, dictées par les créanciers, pour la poursuite du versement des prêts internationaux.
C'est plutôt triste

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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » ven. 13 nov. 2015, 19:57

Paradoxalement, Syriza, le parti d’Alexis Tsipras, a appelé les Grecs à suivre « massivement » la grève, appelant à poursuivre la lutte contre « les politiques antisociales, d’un néolibéralisme extrême » menées par le gouvernement… Syriza.

La grève se déroule alors que se trouvent à Athènes des représentants des principaux créanciers du pays, de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international et du Fonds européen de stabilité financière. Ils sont là pour étudier la manière dont se mettent en place les réformes promises par la Grèce en échange d’un nouveau plan d’aide de 86 milliards d’euros sur trois ans, conclu en juillet.

L’ensemble des services publics, transports inclus, seront touchés par cette première grève générale en un an. Des dizaines de vols intérieurs ont dû être annulés et es navires resteront à quai. Le syndicat du secteur privé GSEE et son équivalent du secteur public, ADEDY, attendent des milliers de manifestants, qui marcheront en direction du Parlement à Athènes. Les premières estimations parlent de 25 000 personnes dans trois cortèges différents.

http://www.lemonde.fr/europe/article/20 ... 5_3214.htm
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » mar. 17 nov. 2015, 17:35

Rien à voir avec la politique... et cependant, n'y a-t-il, en tout ce qui survient ces derniers temps, comme l'un de petits signes apocalyptiques ? Oh, je sais bien que le mot d'apocalypse - a pour nous le sens de "révélation". Eh bien que peut nous révéler ce tremblement de terre au sens de révélation ? Je me suis dit ceci : ce séisme est le signe que l'homme commence a peser trop lourdement sur la planète terre, le bien commun de l'humanité...


http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html
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Re: La situation politique en Grèce

Message non lu par etienne lorant » sam. 20 févr. 2016, 19:34

Le parlement grec, la Vouli, va adopter ce samedi un programme de mesures visant à compenser socialement celles imposées au gouvernement par les créanciers.

Ce « programme anti-austérité » prévoit la mise en place d'une couverture santé pour près de 2,5 millions de grecs, salariés ou non, qui n'en possèdent pas. Des soins gratuits sont prévus pour les personnes les plus fragiles, comme les handicapés, les personnes âgées, les enfants. Enfin, des centres sociaux locaux seront mis en place.
Rejeté par les créanciers en décembre

Cet ensemble de mesures avaient été envisagé en décembre dernier, mais, devant l'opposition des créanciers, qui menaçaient, s'il était voté, de ne pas verser la tranche du soutien financier à la Grèce d'un milliard d'euros, il avait été retiré de l'ordre du jour de la Vouli. Cette fois, Alexis Tsipras entend bien le faire adopter avec la majorité gouvernementale, formé par Syriza et ANEL, les Grecs Indépendants. Un accord a été trouvé sur ce point avec les créanciers.

Le gouvernement grec avait, il est vrai, des arguments, désormais, à faire valoir. D'abord, il a fait voté toutes les "réformes" demandées par les créanciers. Ensuite et surtout, en 2015, il est parvenu à dégager un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de 350 millions d'euros, soit 0,2 % du PIB, bien au delà des prévisions du programme qui prévoyait pour l'an passé un déficit de 0,25 % du PIB. Contrairement aux propos accusateurs réguliers de l'Eurogroupe, le gouvernement d'Alexis Tsipras s'est montré, depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2015, particulièrement prudent sur le plan budgétaire. Quant à la récession provoquée par le contrôle des capitaux et les mesures d'austérité prises depuis juillet dernier, elles ont provoqué un recul du PIB inférieur aux estimations du programme.

Etroite marge de manoeuvre

Dès lors, Athènes peut espérer disposer d'une certaine marge de manœuvre. Mais elle reste très étroite. Selon les termes du mémorandum, un quart de cet excédent inattendu doit être consacré au remboursement de la dette. Par ailleurs, l'Etat grec dépend encore des versements du MES pour pouvoir honorer ses créanciers, à commencer par la BCE à qui la Grèce va devoir rembourser en juillet 2016 2,3 milliards d'euros. La Grèce reste donc, malgré cet excédent, sous perfusion des fonds européens. Un excédent primaire n'est pas un excédent tout court. Enfin, le programme prévoit pour 2016 un excédent primaire de 0,5 % du PIB : il faudra donc encore augmenter cet excédent cette année. Le "programme parallèle" ne pourra s'inscrire que dans ce cadre étroit et les créanciers y seront sans nul doute attentifs.

Rôle politique

En relançant ce programme anti-austérité, Alexis Tsipras entend montrer que son parti, Syriza, mène une politique différente de celles de ses prédécesseurs. Depuis son retour au pouvoir le 20 décembre, cette politique a été de "préserver" les plus fragiles des effets des politiques menées. Avec ce programme, il en donne une nouvelle fois la preuve et peut affirmer qu'il mène une politique de "rééquilibrage" de l'effort vers les classes plus aisées.
Colère généralisée

Ce discours a aussi été appliqué à la réforme des retraites. Le gouvernement a voulu préserver les retraites actuelles et, dans le futur, les plus petites pensions. Mais ce programme a fortement déplu aux salariés et, cinq mois après sa victoire aux élections du 20 septembre, Alexis Tsipras doit faire face à une fronde de grande ampleur contre... cette même réforme des retraites. Après une journée de grève très suivie le 4 février dernier, les paysans grecs, déjà très touchés par les mesures imposées par les créanciers, notamment la fin des subventions sur le fuel, et par la situation générale des prix agricoles, ont pris le relais. Très remontés contre les hausses d'impôts et de cotisations prévues, ils ont organisé des blocus de plusieurs villes, ont occupé les rues de Thessalonique et d'Athènes, et ont fermé le 18 février dernier la frontière avec la Bulgarie.

Syriza en difficulté

Cette colère paysanne de plus de deux semaines a provoqué une tension au sein de la majorité. Un vice-ministre des Grecs Indépendants, l'allié de Syriza, Panayiotis Sgouridis, a ainsi été « démissionné » pour avoir proclamer dans le nord du pays, à Alexandroúpolis qu'Alexis Tsipras avait « menti aux électeurs agriculteurs, comme Samaras et Papandréou », les deux précédents premiers ministres. Dans les sondages, la situation de Syriza se déteriore sérieusement. La dernière enquête de MRB donne Nouvelle Démocratie, le parti de centre-droit à 26,9 % des intentions de vote contre 23,2 % à Syriza.
Pression des créanciers

Alexis Tsipras doit donc donner rapidement des gages de l'efficacité de son action. Et prouver son rôle de "défenseur" contre les exigences du quartet, formé par le FMI, l'UE, la BCE et le MES. C'est le but de ce programme parallèle. Mais il doit aussi réaliser un numéro d'équilibriste. La revue du quartet se passe assez mal et la réforme des retraites déplaît aussi aux créanciers qui voudraient des coupes plus larges et dans les retraites actuelles. Or, Alexis Tsipras a besoin d'une revue rapidement conclue pour pouvoir exiger l'ouverture des négociations sur la restructuration de la dette. le premier ministre est donc pris entre deux exigences contradictoires : apaiser la colère de la rue et plaire aux créanciers.
Problème de la dette

La stratégie basée sur la restructuration pourrait cependant encore mener à une impasse. Le directeur européen du FMI Poul Thomsen a en effet prévenu la semaine dernière qu'il faudra des mesures d'austérité radicales pour la Grèce s'il n'y avait pas de coupes dans le stock de dettes. Or, France et Allemagne sur ce point : il n'y aura pas d'annulation de dettes. Bref, Alexis Tsipras, qui a besoin d'une victoire sur ce terrain de la dette pour prouver qu'il a réussi où ses prédécesseurs ont échoué, pourrait se voir demander encore plus de mesures d'austérité en échange. Ce serait alors transformer une victoire en défaite.

Le premier ministre grec, pris également dans la crise migratoire qu'il peine à gérer et pour laquelle il subit de fortes pressions européennes, est donc dans une situation difficile. Sous pression à l'extérieur et à l'intérieur, il semble devoir faire face, partout, à des issues qui ont des allures d'impasses.

http://www.latribune.fr/economie/union- ... 52386.html
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