Ordination à la prêtrise & tendances homosexuelles

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. » (Mt 5.13-14)
Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions ecclésiales
Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8048
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Message non lu par Raistlin » mer. 25 avr. 2007, 17:17

Bonjour,

Concernant la vocation sacerdotale, je me posais la question des homosexuels qui souhaitent devenir prêtres.
Je sais que l'Eglise interdit le sacerdoce aux personnes dont les tendances homosexuelles sont "profondément enracinées", mais je me demandais pourquoi...

Est-ce que l'Eglise suppose que les homosexuels ont moins de chance de bien vivre l'abstinence que les hétérosexuels ? Considère-t-elle qu'ils ont plus de chance de virer vers la pédophilie ?

En effet, en se positionnant ainsi, l'Eglise suppose que le Christ n'appelle pas d'homosexuels à son service (ça me semble évident car sinon elle s'opposerait à la volonté de Dieu), mais sur quoi se base-t-ell pour défendre une telle position ?

En espérant que vous pourrez m'éclairer.
En Christ,

Avatar de l’utilisateur
L. Lawliet
Ædilis
Ædilis
Messages : 14
Inscription : mar. 24 avr. 2007, 21:28

Message non lu par L. Lawliet » mer. 25 avr. 2007, 18:49

Le seul point qui me pose problème, c'est lorsqu'on parle de "réalité biologique".


Parlons un peu de la problématisation, c'est-à-dire à la manière dont les choses font problème (direction Foucault).


Actuellement, nous avons tendance à polémiquer autour de "l'homosexualité est-elle génétique ?". Non seulement, on voit les choses à travers le prisme de la biologie, mais en plus, on est dans une problématique causaliste du genre "quelle cause est à l'origine de l'homosexualité ?" et ce genre de problématiques, si peu cher aux empiriste (ceux qui n'accordent du crédit qu'à l'expérience, grosso modo), témoigne des Lumières. Nous sommes les enfants des Lumières. De leur temps, on aurait plutôt polémiqué autour de "l'homosexualité est-elle la conséquence d'un dérèglement mécanique ?". Mais l'homosexualité n'a pas toujours "fait problème" de la même façon, les figures qu'elle a pris en tant que problème sont divers.


Alors voilà, je demande juste un peu de relativisme historique dans tout ça. Je n'ai rien contre la Sainte Écriture, en revanche je ne vois pas l'intérêt de la faire danser avec l'air, si fragil, du temps. La génétique ne sera pas toujours ... en odeur de sainteté et l'Écriture n'en n'a pas besoin, ni moins l'interprète.

Et alors, que dirons-nous, enfants des Lumières ? "l'homosexualité est-elle atomique ?"
« Si on ne peut pas rire au paradis, je ne tiens pas à y aller. »

Martin Luther.

Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8048
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Message non lu par Raistlin » jeu. 26 avr. 2007, 9:47

Merci pour ses réponses, je comprends mieux. Toutefois, j'ai du mal à trouver ces arguments très convaincants, pour plusieurs raisons. Je vais donc jouer au polémiste :P :

:arrow: Quant on parle de réalité biologique, on est évidemment tenté de parler de ce qui se passer dans l'ordre naturel des choses. Je ne peux donc m'empêcher de penser à ces grands singes qui pratiquent l'homosexualité... Comme ceux-ci n'ont pas de libre-arbitre et ne peuvent donc pécher, je serais tenter de conclure que ce sont de actes voulus (ou du moins tolérés) par Dieu...

:arrow: Le prêtre doit être Saint... Mais la sainteté, c'est la pureté. Un homosexuel qui vivrait dans l'abstinence serait donc aussi pur que n'importe quel hétérosexuel faisant de même, non ? Ou alors, ça signifie que le simple fait d'avoir une déviance sexuelle est un signe d'impureté ? Qui plus est, ça remet en cause la notion de miséricorde divine, il me semble, car un homosexuel demandant pardon et vivant dans l'abstinence serait lavé de ses péchés et serait donc pur, n'est-ce-pas ? Ou alors certains péchés se lavent mieux que d'autres...

:arrow: Le prêtre doit être configuré au Christ. Bien sûr ! Mais vous ne me ferez pas croire que les prêtres sont aussi parfaits que l'était le Christ. Si donc notre Seigneur peut s'accomoder des défauts de ses serviteurs, je ne vois pas ce qui l'empêche de faire de même avec un homosexuel. Le défaut est de taille - je vous l'accorde - mais est-ce vraiment un obstacle pour le Christ ?

:arrow: Maintenant, je trouve assez injuste que l'Eglise ne parle que de l'homosexualité comme déviance sexuelle :lol: . Quid d'un hétérosexuel sado-masochiste (ou tout autre forme de déviance sexuelle) ? A-t-il le droit de devenir prêtre ?

Franchement, je ne sais pas. Que les raisons soient génétiques ou psychologiques, l'homosexuel n'a pas choisi son orientation. Tout ce qu'il peut choisir, c'est de la vivre ou de pratiquer l'abstinence. Et le Christ lui refuserait le bonheur de le servir pour quelque chose qu'il n'a pas choisi et n'a pas voulu ? Là, je bloque... J'imagine l'Amour de Dieu différemment...

En Christ,

Avatar de l’utilisateur
el Padrecito
Quæstor
Quæstor
Messages : 301
Inscription : ven. 24 nov. 2006, 0:06
Localisation : Paris

Message non lu par el Padrecito » jeu. 26 avr. 2007, 13:09

Bonjour Raistlin, bonjour Sébastien,

Je suis tout à fait d'accord avec les dires de Sébastien, et je confirme, que les pères de séminaire ne sont pas obsédés, c'est le cas de le dire, par scruter et ne penser qu'à voir su un tel n'a pas un semblant de paraître qui pourrait laisser croire que...

Pour le discernement avec le séminariste, le mieux placé est le directeur spirituel, si on est honnête envers lui, il peut nous aider à voir plus clair, et éventuellement, à corriger les trajectoires; en cas, il pourrait aussi dire à son dirigé, que peut-être sa façon de vivre sa sexualité n'est pas compatible avec la voie choisie, mais le directeur spirituel ne peut parler à personne, même avec le supérieur, de ce qu'il a entendu en direction, c'est cela qui permet la relation de confiance.
Les autres pères du séminaire, eux peuvent plus discerner par le comportement extérieur, mais il ne faut pas non plus que cela devienne obsessionnel.

Aujourd'hui, ce qu'on regarde, qui regroupe aussi la sexualité, c'est la maturité affective, et je peux vous assurer qu'en la matière, la vie en communauté est un excellent test!
in Christo Rege.

Quentin.

Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8048
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Message non lu par Raistlin » jeu. 26 avr. 2007, 14:59

Donc un homosexuel qui, par exemple, vit sa chasteté de façon épanouie, c'est-à-dire dans la joie et sans frustrations pourra devenir prêtre ?
Parce que, comme vous l'avez dit, se configurer au Christ, c'est pratiquer la chasteté. Donc un homosexuel chaste (et qui le vit bien) serait tout à fait "conforme" au Christ, non ?
Ce qui est sûr c'est que si la tendance homosexuelle est profondément enracinée chez un individu c'est que celui-ci ne fait aucun effort pour vivre la pureté.
Je pense qu'on peut être homosexuel par nature (c'est-à-dire n'éprouver du désir que pour les personnes du même sexe) et pour autant faire des efforts pour vivre la pureté, par l'abstinence. La pureté ne signifie pas changer son orientation sexuelle, elle signifie la transcender, la sublimer, et le résultat est le même quelque soit cette orientation.
Le fait que certains animaux parodient la sexualité - car la masturbation, les actes homosexuels, ... ne sont que des parodies de sexualité - ne montre qu'une chose : c'est que l'Homme n'a pas de monopole en la matière. Mais il n'y a franchement pas de quoi se vanter !
Bien sûr, sauf que les animaux ne peuvent pas en théorie pécher... Donc c'est que ces actes sont tolérés et même voulus par Dieu, non ? Sauf si les animaux peuvent se faire les esclaves de Satan mais là, je vois pas trop l'intérêt... :blink:
Il est évident que l'Eglise condamne toutes les déviances, et qu'un candidat hétérosexuel au sacerdoce qui ne peut s'empêcher de se tripoter la nouille 15 fois par jour devant la photo de son caniche ou d'aller voir régulièrement des personnes de sexe féminin travaillant tard le soir a aussi peu de probabilités d'être ordonné qu'une personne aux tendances homosexuelles profondément enracinées !
:lol: :lol: :lol: Ca me paraît évident...
Bref, je ne pensais pas vraiment à ça. Je me demandais juste si un homme hétérosexuel sado-masochiste ayant rennoncé totalement à ses pratiques (en gros, est devenu chaste) pour devenir prêtre pouvait le devenir. Car le sado-masochisme est aussi une déviance (même si elle est transcendée, elle reste présente) et je voulais juste savoir si l'Eglise pardonnait plus certaines déviances que d'autres...

En Christ,

Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8048
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Message non lu par Raistlin » ven. 27 avr. 2007, 11:02

Petit rappel : la chasteté n'est pas la continence ! On peut très bien être continent sans être chaste et chaste sans être continent.
Oui, tout à fait ! Enfin pour moi, la chasteté d'une personne célibataire (que ce soit volontaire ou pas) doit se traduire par la continence. Est-ce que je me trompe ?
Par conséquent un homosexuel qui vit la chasteté de manière épanouie est un homosexuel redevenu hétéro.
Pas forcément, puisque pour lui, vivre de manière chaste sera peut-être de rester célibataire...
Donc, pour en revenir au sujet, puisque la maturité affective n'est pas atteinte chez les homosexuels dont la tendance est profondément enracinée, il est préférable que ceux-ci n'envisagent pas la prêtrise.
Pourquoi ? En fait, le coeur du problème vient de là... Quelle est la raison profonde de ce rejet ? Les homosexuels maîtrisent-ils moins leurs pulsions que les hétéros ? Sont-ils moins à même d'aimer le Christ et de servir leur prochain ?
Et puis, je ne suis pas d'accord avec vous quand vous parlez d'immaturité affective. Immaturité sexuelle, je suis d'accord, immaturité affective, certainement pas ! Une preuve ? J'ai vu des homos être plus fidèles dans leur couple, plus dévoué à l'être aimé que certains hétéros mariés devant Dieu... Il ne faut pas tout confondre je pense. L'Amour n'est pas qu'une affaire de sexualité, c'est avant tout un don de soi à l'autre, et ça on peut le vivre qu'on soit homo ou hétéro... Tout comme on peut donner sa vie au Christ, qu'on soit homo ou hétéro.
Pour les animaux : est-ce vraiment utile de chercher dans la natures des improbables approbations implicites de l'homosexualité alors qu'il y en a des condamnations tout à fait explicites dans les Ecritures ?
Oui mais les Ecritures sont susceptibles d'être interprétées de multiples façons. Du coup, ce que certains appellent "le livre de la nature" peut être également source d'enseignement et d'éclairage sur les paroles de l'Ecriture... Je ne sais quel père de l'Eglise (il me semble qu'il s'agit de Saint Augustin) s'émerveillait de la puissance de Dieu en regardant l'océan...

Bien à vous,

Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8048
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Message non lu par Raistlin » sam. 28 avr. 2007, 10:23

Bien dit ! :lol:
Vous avez raison concernant les exemples qu'on peut tirer de la nature. Il est dangereux de les appliquer à l'homme.

Bon WE !

patrick_mtl
Censor
Censor
Messages : 115
Inscription : lun. 19 févr. 2007, 5:04

Message non lu par patrick_mtl » sam. 05 mai 2007, 14:39

Salut!

Je crois utile à ce point du débat de retourner au texte du magistère. Il s'agit d'une instruction approuvée par Le Souverain Pontife Benoît XVI le 31 août 2005 et il en a ordonné la publication. A Rome, le 4 novembre 2005, en la mémoire de S. Charles Borromée, Patron des Séminaires. Écrite par ZENON Card. GROCHOLEWSKI, Préfet, et J. MICHAEL MILLER, C.S.B. Archevêque tit. de Vertara, Secrétaire.

Elle peut être consultée ici:

http://www.radiovaticana.org/fr1/Articolo.asp?c=57539

Avant, je voudrais juste rappeler quelques mythes et quelques précisions sur le vocabulaire utilisé par l'Église.

Commençons par le vocabulaire:

La société, influencé par le lobby pro-gay, utilise le terme d'homosexuel, gay ou lesbienne pour qualifier une personne qui présente une attirance dominante ou exclusive envers des personnes de mêmes sexes et qui choisissent d'adopter un mode de vie souvent appeler "culture gay".

Cette terminologie est a rejeté pour nous qui sommes catholiques car elle repose sur un certain nombre de mythes:

- Un nombre important de personnes seraient "homosexuels". On avance le chiffre de 10% qu'aucune étude ne justifie pour présenter le mode de vie homosexuel comme normal et sain.

- L'homosexualité serait irréversible.

Le vocabulaire juste

Première précision: en soi, l'homosexualité ça n'existe pas. Dieu a créé tous les hommes et les femmes pour l'autre sexe.

Ce qui existe c'est la tendance homosexuelle. Les études ont montré comment cette tendance naît chez les hommes et les femmes afin de les détourner de l'autre sexe.

L'Église distingue entre "tendance homosexuelle" et "acte homosexuel". La première est "objectivement désordonnée. Elle ne peut être qualifié de péché puisque la personne n'est pas responsable de cette tendance. Cependant, elle est responsable de ce qu'elle fait avec. Les actes homosexuels qui renforcent cette tendance sont considérés comme étant des péchés.

Toute la terminologie dérivée de "bisexuel" n'est pas approprié non plus dans un contexte théologique. Elle implique l'égalité des tendances vers l'autres sexes et homosexuelles. Ce qui n'est évidemment pas le cas.

Donc, par nature tous les humains sont "hétérosexuels". Cependant, certains présentent une tendance homosexuelle. Cette tendance peut être enraciné à des degrés divers. Il existe des thérapies éprouvées pouvant venir en aide aux personnes présentant une tendance homosexuelle. Il est très facile de se détourner de cette tendance quand elle n'est pas profondemment enracinée par des actes souvent répétés.

De retour au texte du magistère

L'Église empêche-t-elle les homosexuels d'accèder à la prêtrise comme on l'entend dans les médias? Non! Ça n'existe pas des homosexuels (c'est très dure à se sortir cette idée de la tête mais c'est essentiel pour comprendre la position de l'Église).

Refuse-t-elle l'ordination au personne présentant une tendance homosexuelle? La réponse est très nuancée, comme toujours dans les discours officiels de l'Église.

Dans certains cas, elle refuse:
Dans la lumière de cet enseignement, ce Dicastère, en accord avec la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements estime nécessaire d'affirmer clairement que l'Église, tout en respectant profondément les personnes concernées, ne peut pas admettre au Séminaire et aux Ordres sacrés ceux qui pratiquent l'homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu'on appelle la culture gay.
Dans certains cas, elle accepte lorsque la tendance homosexuelle a été présente dans le passé et guérie:
Par contre, au cas où il s'agirait de tendances homosexuelles qui seraient seulement l'expression d'un problème transitoire, comme, par exemple, celui d'une adolescence pas encore achevée, elles doivent de toute façon être clairement dépassées au moins trois ans avant l'Ordination diaconale.
Rappelons que l'Église demande aussi que les candidats à la prêtrises qui auraient vécus en concubinage d'attendre au moins 2 ans avant d'être ordonnés.

Puisque la tendance homosexuelle est dépendante d'une immaturité affective, dans tous les cas il est important d'user de discernement:
La formation du futur prêtre doit articuler, en une complémentarité essentielle, les quatre dimensions de la formation: humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale. Dans ce contexte, il faut noter l'importance particulière de la formation humaine, fondement nécessaire de toute la formation. Pour admettre un candidat à l'Ordination diaconale, l'Église doit vérifier, entre autres, qu'il a atteint la maturité affective du candidat au sacerdoce."
a+

patrick

Charles
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1642
Inscription : mer. 14 juil. 2004, 16:44

Message non lu par Charles » lun. 28 mai 2007, 18:13

Raistlin a écrit :
Donc, pour en revenir au sujet, puisque la maturité affective n'est pas atteinte chez les homosexuels dont la tendance est profondément enracinée, il est préférable que ceux-ci n'envisagent pas la prêtrise.
Pourquoi ? En fait, le coeur du problème vient de là... Quelle est la raison profonde de ce rejet ? Les homosexuels maîtrisent-ils moins leurs pulsions que les hétéros ? Sont-ils moins à même d'aimer le Christ et de servir leur prochain ?
Et puis, je ne suis pas d'accord avec vous quand vous parlez d'immaturité affective. Immaturité sexuelle, je suis d'accord, immaturité affective, certainement pas ! Une preuve ? J'ai vu des homos être plus fidèles dans leur couple, plus dévoué à l'être aimé que certains hétéros mariés devant Dieu... Il ne faut pas tout confondre je pense. L'Amour n'est pas qu'une affaire de sexualité, c'est avant tout un don de soi à l'autre, et ça on peut le vivre qu'on soit homo ou hétéro... Tout comme on peut donner sa vie au Christ, qu'on soit homo ou hétéro.
L'homosexualité est une situation ou l'amour dans sa dimension sexuée est impossible, c'est un ersatz d'amour conjugal comme le montre la revendication homo d'un simulacre de mariage. L'impossibilité de l'amour sexué vient de ce que l'Eglise appelle manque de maturité affective. C'est-à-dire d'un désir idolâtre qui est incompatible avec une conversion de la profondeur requise pour exercer la prêtrise. L'impossibilité homosexuelle résulte de l'idolâtrie du modèle de réussite du même sexe, ce que Molière appelle "obstacle sacré" dans son Don Juan. La relation homosexuelle est un servage... le service du Christ, le ministère sacerdotal requiert des hommes libres, non des esclaves.
Raistlin a écrit :Oui mais les Ecritures sont susceptibles d'être interprétées de multiples façons.
L'inflation herméneutique qui se produit depuis la Renaissance ne débouche que sur la nullité des opinions personnelles, sur le Café du Commerce ou l'incompréhension pure et simple. L'Eglise reconnaît quatre sens possibles aux Ecritures, quatre interprétations, et non pas de multiples façons.

Voir dans les Actes des apôtres, ch 8 :

30 Philippe s'approcha en courant, et il entendit que l'homme lisait le prophète lsaïe ; alors il lui demanda : « Comprends-tu vraiment ce que tu lis ? » 31 L'autre lui répondit : « Comment pourrais-je comprendre s'il n'y a personne pour me guider ? » Il invita donc Philippe à monter et à s'asseoir à côté de lui. Le passage de l'Écriture qu'il lisait était celui-ci :

32 Comme une brebis, on l'a conduit à l'abattoir,
comme un agneau muet devant le tondeur,
il n'ouvre pas la bouche.
33 A cause de son humiliation,
sa condamnation a été levée.
Sa destinée, qui la racontera ?
Car sa vie a été retranchée de la terre.

34 L'eunuque dit à Philippe : « Dis-moi, je te prie : de qui parle-t-il ? De lui-même, ou bien d'un autre ? » 35 Alors Philippe prit la parole, et, à partir de ce passage de l'Écriture, il lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus.
Raistlin a écrit :Du coup, ce que certains appellent "le livre de la nature" peut être également source d'enseignement et d'éclairage sur les paroles de l'Ecriture...
Non, pas dans le sens que vous dites. Sur le "livre de la nature", voir l'Itinéraire de l'Esprit vers Dieu, de saint Bonaventure, édité chez Vrin/BTP.

Ou encore, Yves Semen dans son article sur la théologie du corps de Jean-Paul II : http://www.djp.ch/amour-vrai/yves-semen ... corps.html

"La première chose importante à retenir de ce récit de la création est donc que la différence sexuelle et ses signes sont à prendre du côté de la ressemblance avec Dieu et non avec l'animal. C'est un point capital: du point de vue de son “sens théologique” nous ne devons pas chercher à comprendre notre sexualité à partir de ce que nous constatons dans le règne animal dans lequel la sexualité est entièrement subordonnée à la reproduction et dont la sexualité humaine serait une sorte de “sublimation culturelle”. Le texte de la Genèse nous invite à chercher le sens de notre sexualité dans le fait que par elle, nous sommes — en tant qu'homme et femme — image de Dieu."
Raistlin a écrit :Je ne sais quel père de l'Eglise (il me semble qu'il s'agit de Saint Augustin) s'émerveillait de la puissance de Dieu en regardant l'océan...
Quel est le rapport ?

Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8048
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Message non lu par Raistlin » mar. 29 mai 2007, 12:00

Bonjour,

En fait, l'Eglise parle d'immaturité affective concernant l'homosexualité. Si j'ai bien compris, pour elle, c'est une raison suffisante pour refuser l'ordination aux homosexuels dont la tendance est profondément ancrée.
Je ne suis pas d'accord avec ce point de vue. Il existe des hétérosexuels immatures sur le plan affectif et qui ne se voient pas refuser l'ordination. L'immaturité affective peut prendre bien des formes mais il me semble que seule la forme homosexuelle retienne l'attention de l'Eglise. Personnellement, ça ne me pose pas plus de problèmes que ça que l'Eglise refuse la prêtrise aux homosexuels mais ça me gêne un peu aux entournures lorsqu'elle invoque ce genre de raisons.

C'est-à-dire d'un désir idolâtre qui est incompatible avec une conversion de la profondeur requise pour exercer la prêtrise. L'impossibilité homosexuelle résulte de l'idolâtrie du modèle de réussite du même sexe, ce que Molière appelle "obstacle sacré" dans son Don Juan. La relation homosexuelle est un servage... le service du Christ, le ministère sacerdotal requiert des hommes libres, non des esclaves.
Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? :blink:
Que l'homosexualité résulte d'une certaine immaturité, soit ! Mais un désir idolâtre ? Un servage ? Mais croyez-vous vraiment que les relations hétérosexuelles sont exemptes d'idolâtrie (que ce soit d'un modèle ou carrément de la personne aimée) ou même d'esclavage ?
Le pire dans ce que vous dites, c'est que vous refusez ainsi la possibilité aux homosexuels d'aimer d'un amour véritable leur partenaire, puisque leur relation découle forcément soit d'un désir idolâtre soit d'un servage. D'accord, leur sexualité peut être considérée comme "désaxée" mais ils restent avant tout des êtres faits à l'image de Dieu, c'est-à-dire capables d'amour vrai, de don de soi et de sacrifice.

Quel est le rapport ?
Je me servais de cet exemple pour illustrer le fait que Dieu peut aussi être visible dans la nature.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)

Avatar de l’utilisateur
el Padrecito
Quæstor
Quæstor
Messages : 301
Inscription : ven. 24 nov. 2006, 0:06
Localisation : Paris

Message non lu par el Padrecito » mar. 29 mai 2007, 12:35

Raistlin a écrit :Bonjour,

En fait, l'Eglise parle d'immaturité affective concernant l'homosexualité. Si j'ai bien compris, pour elle, c'est une raison suffisante pour refuser l'ordination aux homosexuels dont la tendance est profondément ancrée.
Je ne suis pas d'accord avec ce point de vue. Il existe des hétérosexuels immatures sur le plan affectif et qui ne se voient pas refuser l'ordination. L'immaturité affective peut prendre bien des formes mais il me semble que seule la forme homosexuelle retienne l'attention de l'Eglise. Personnellement, ça ne me pose pas plus de problèmes que ça que l'Eglise refuse la prêtrise aux homosexuels mais ça me gêne un peu aux entournures lorsqu'elle invoque ce genre de raisons.
Je ne suis pas d'accord, sur quoi vous basez-vous pour affirmer cela?

Je suis séminariste, je sais ce qui s'y passe et de quoi je parle.

J'attends de vous des explications et des preuves, mais pas des preuves anecdotiques.
Dernière modification par el Padrecito le mar. 29 mai 2007, 23:05, modifié 1 fois.
in Christo Rege.

Quentin.

Avatar de l’utilisateur
Raistlin
Prætor
Prætor
Messages : 8048
Inscription : jeu. 01 mars 2007, 19:26
Localisation : Paris

Message non lu par Raistlin » mar. 29 mai 2007, 14:00

Bonjour à vous,

L'immaturité affective prend bien des formes et concerne aussi les hétérosexuels (incapacité à aimer une seule personne, ne pas se sentir prêt pour avoir des enfants, pour se fixer, ne pas faire confiance à l'être aimé, etc....)

Toutefois, je n'ai pas vu l'Eglise interdire la prêtrise à des hétérosexuels qui auraient ce genre d'immaturité ?
Mais peut-être que je me trompe... :oops:

Bref, je comprends que l'Eglise ne veuille pas ordonner de prêtres homosexuels - à mon avis plus par peur d'une éventuelle dérive pédophile qu'autre chose :-x - mais je ne suis pas convaincu par son explication sur l'immaturité affective et tout le toutim. Pour moi, l'immaturité affective n'est pas un frein à servir le Christ car ce qui compte dans ce service, c'est l'amour de Dieu et de son prochain ainsi que la volonté de servir et d'aider ses frères.

En Christ,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)

Avatar de l’utilisateur
Christophe
Consul
Consul
Messages : 7680
Inscription : mer. 28 avr. 2004, 0:04
Conviction : Catholique
Localisation : Frankistan

Un avis très personnel

Message non lu par Christophe » mar. 29 mai 2007, 15:37

[align=justify]Une fois n'est pas coutume, je suis assez d'accord avec Raistlin : l'interdiction de l'accès à la prêtrise de personnes à tendances homosexuelles me semble motivée par les scandales pédophiles qui ont lourdement entachées la réputation et les finances de l'Eglise. Mais l'Eglise n'a pas souhaité faire officiellement le rapprochement entre homosexualité et pédophilie, pour des raisons assez évidentes... Pour le reste, cela ne me semble effectivement que des prétextes, et l'Eglise aurait aussi bien pu autoriser, d'un point de vue disciplinaire, l'ordination de prêtres vivant chastement leur tendances homosexuelles.

Pax
Christophe[/align]
« N'ayez pas peur ! » (365 occurrences dans les Écritures)

patrick_mtl
Censor
Censor
Messages : 115
Inscription : lun. 19 févr. 2007, 5:04

Message non lu par patrick_mtl » mar. 29 mai 2007, 18:27

l'ordination de prêtres vivant chastement leur tendances homosexuelles.
Comme je l'indiquais dans un message précédant, l'Église accepte d'ordonner les personnes qui ont dépassé la tendance homosexuelle (ex. une thérapie) depuis au moins 3 ans.

Je rappelle ce que j'écrivais: l'homosexualité n'existe pas. Tous les êtres humains sont hétérosexuels. Certains, a cause d'une immaturité affective, ont une tendance homosexuelle. Tendance qui pour 90% des personnes peut être corrigé.

Il se trouve que le pourcentage de personne possédant cette tendance est entre 1% et 3%. Ainsi, l'instruction du Vatican concernant le refus a l'ordination s'adresse a ceux pour qui la tendance ne peut être corrigé... i.e. 10% des 3% (au plus 0,3% de la population). Il n'y a pas de quoi en faire un drame!

a+

patrick

patrick_mtl
Censor
Censor
Messages : 115
Inscription : lun. 19 févr. 2007, 5:04

Message non lu par patrick_mtl » mar. 29 mai 2007, 18:34

Le pire dans ce que vous dites, c'est que vous refusez ainsi la possibilité aux homosexuels d'aimer d'un amour véritable leur partenaire, puisque leur relation découle forcément soit d'un désir idolâtre soit d'un servage.
Ce n'est pas ça le pire! Alors que l'Église invite - au contraire - ses personnes a se tourner vers l'amour véritable, la société fait tout son possible pour les en détourner!

C'est qu'en présentant la tendance homosexuelle comme normale et saine... l'on empêche des hommes et des femmes l'accès a l'amour véritable!

Au contraire, nous devrions enseigner que cette tendance empêche de se développer pleinement comme homme ou femme et indiquer qu'elle peut être corrigée. Enseignement qui devrait être donné avant que la tendance s'enracine profondemment par des actes répétés. Ce qui n'est pas fait actuellement. La est le véritable drame!

a+

Patrick

Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 15 invités