Épiscopat, clergé : disparitions. Paix à leur âme !

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ChristianK
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Re: Disparition du chanoine Jacques Grand'Maison

Message non lu par ChristianK » mer. 12 juil. 2017, 5:06

Exact, il n'était pas un défroqué à proprement parler. Mais il était incohérent, solidaire de la génération défroquée. Une sorte d'inconscient qui disait qu'il ne fallait pas faire table rase mais qui se disait dissident.
Les défauts du passé n'étaient pas une excuse pour la décadence spectaculaire des années 70 dont il fut partie prenante. Sans juger de sa responsabilité précise et subjective, bon débarras.
Ne parlons pas de l'horreur de la fac de l'UM, dont il fut l'une des inspirations principales même aux pires moments (défroquage le Lucier, sj, 74-77)

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Quand l'abbé Laurentin rejoint l'éternité

Message non lu par Cinci » mar. 12 sept. 2017, 18:14

Né en 1917 — l’année des apparitions de Marie à Fatima — l’abbé Laurentin a rejoint la maison du père ce dimanche 10 septembre, deux jours après la fête de la Nativité de la Vierge Marie. Avec lui, c’est une grande figure de l’histoire contemporaine de l’église de France qui s’est éteinte. Ordonné prêtre en 1946, sous Pie XII, il s’est retrouvé engagé dans certains des débats les plus complexes qui ont traversé le monde catholique au cours des dernières décennies.

https://fr.aleteia.org/2017/09/11/labbe ... -est-mort/

L'abbé René Laurentin 1917-2017
Dernière modification par Cinci le mer. 13 sept. 2017, 11:11, modifié 1 fois.

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Re: Naissance au ciel de l'abbé Laurentin

Message non lu par Relief » mar. 12 sept. 2017, 21:37

Paix à son âme. C'était un homme de Dieu à n'en point douter.
C'était un expert des apparitions mariales. J'ai lu plusieurs de ses ouvrages traitant des apparitions à Medjugorje. Ces livres sur le sujet sont des références.

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Re: Naissance au ciel de l'abbé Laurentin

Message non lu par axou » mar. 12 sept. 2017, 22:27

C'est juste et il a également écrit des biographie passionnantes de Soeur Yvonne-Aimée de Malestroit,

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Re: Naissance au ciel de l'abbé Laurentin

Message non lu par Cinci » mar. 12 sept. 2017, 23:40

L'ange qui nous emmène au ciel

Chez tous les peuples, on retrouve l'image de l'ange de la mort, celui qui nous fait passer en sécurité la porte de la mort. Certains chercheurs spécialisés en thanatologie, comme Raymond Moody ou Elisabeth Kübler-Ross, parlent d'entités lumineuses qui apparaissent aux mourants et se tiennent à côté d'eux avec amour. Il s'agit là des anges qui nous accompagnent pendant l'agonie et nous accueillent dans le monde de l'au-delà. Dans le récit évangélique de l'homme riche et du pauvre Lazare qui gît à sa porte, malade, couvert d'ulcères, apparaît l'image de l'ange de la mort : "Or il advint que le pauvre Lazare mourut et fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham" (Luc 16,22)

La croyance en des anges qui nous emportent au ciel est très largement répandue. Quand chez nous, au couvent, le cercueil d'un frère mort est porté de l'église au cimetière. Nous chantons la vénérable antienne : In paradisum deducant te angeli (Que les anges te conduisent au paradis). Là, les martyrs doivent accueillir le défunt et l'emmener vers la Jérusalem céleste. l'antienne se termine ainsi : Chorus angelorum paupere aeternam habeas requiem (Que le choeur des anges t'accueille, et puisses-tu avoir le repos éternel, avec Lazare qui fut pauvre jadis), ici, l'antienne se réfère à l'histoire du pauvre Lazare. Puisent les anges nous emporter au ciel, comme ils y emportèrent Lazare! Ce nom signifie "Dieu aide".

Dans la mort, nous ne serons pas sans assistance; Dieu lui-même envoie ses anges afin qu'ils continuent à nous venir en aide quand, dans la mort, nous ne pouvons plus rien faire. Les anges nous emmeneront dans la Cité sainte, dans ce ciel où ils adorent le Très-Haut. Là, le choeur des anges se réjouira de notre venue et entonnera un chant de gratitude. Il est un beau tableau, peint vers l'an 1200 par un vieux maître, qui représente les deux archanges Raphaël et Gabriel emportant au ciel l'âme d'un défunt; cette image est un réconfort pour les malades et les mourants. Ils me tomberont pas dans les ténèbres de la mort, mais seront portés avec douceur, par des anges plein d'amour, jusqu'au sein maternel de Dieu.

Dans l'offertoire de la Messe des morts, c'est Michel qui est invoqué comme l'ange qui doit nous conduire à la lumière éternelle. Après la prière demandant à Dieu de préserver les croyants défunts des tourments de l'enfer, le texte dit : "Qu'au contraire saint Michel, le porteur de l'étendard, les guide vers la sainte lumière que tu promis jadis à Abraham et à sa descendance." La liturgie connaît donc elle aussi cette image des anges qui doivent nous conduire au ciel. L'image est réconfortante : un ange nous accompagne ici tout au long de notre vie; il nous protège sur nos chemins, il ne cesse de nous inciter à vivre vraiment, il guérit nos blessures, il nous tire de nos prisons, et même dans la mort il ne nous abandonnera pas; il nous conduira en toute sécurité jusqu'au-delà de cet abîme qui depuis toujours épouvante les hommes. Dans notre agonie non plus, l'ange ne nous quittera pas; sa présence ôtera à la mort ce qu'elle a d'effrayant.

La mort n'est pas sans analogie avec la naissance, avec un sein maternel. En elle, nous connaîtrons éternellement cette sécurité à laquelle. ici-bas, nous aspirons et dont il nous est certes donné de faire l'expérience, mais qui reste toujours assez éphémère et fragile. Dans la mort, nous reposerons à jamais dans le sein maternel de Dieu, à jamais nous connaîtrons la joie de l'amour divin.

A. Grün, Chacun cherche son ange, p. 174

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Suliko
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Re: Naissance au ciel de l'abbé Laurentin

Message non lu par Suliko » mer. 13 sept. 2017, 10:22

Cinci,

Votre titre n'est pas catholique. On ne sait rien de la destinée éternelle de l'abbé Laurentin. Le propulser directement au ciel, sans même envisager les autres solutions possibles (enfer - Dieu l'en préserve ! - ou purgatoire) n'a rien de juste. Comment voulez-vous faire comprendre aux catholiques mal catéchisés qu'il faut prier pour le salut de l'âme de nos défunts et que les funérailles ont ce but bien précis, si vous suggérez qu'untel va directement auprès du Père après sa mort ?
La nouvelle mode, c'est de parler d'"enciellement". J'ai lu ce terme récemment dans des avis mortuaires. Exit l'enseignement traditionnel de l'Eglise sur les fins dernières : tout le monde ou presque va illico au Paradis. Plus besoin d'avoir la foi (catholique), d'être en état de grâce, de faire pénitence pour ses péchés...
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)

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Quand l'abbé Laurentin rejoint l'éternité

Message non lu par Cinci » mer. 13 sept. 2017, 11:10

Chère Suliko,

Je n'y songeais pas au moment d'éditer. C'est vrai qu'il pourrait toujours y avoir un petit délai avant le paradis, au minimum un petit délai. Possible. Je vais modifier le titre.

Merci.

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Eloge funèbre du père Maurice Verhaegen

Message non lu par etienne lorant » mer. 08 nov. 2017, 23:03

"IL N'Y PAS LE ROYAUME DES MORTS
ET LE ROYAUME DES VIVANTS. IL N'Y 'A QUE
LE ROYAUME DE DIEU ET NOUS SOMMES DEDANS"

                                  (Bernanos)              


    Sous la forme laconique et ordinaire , d'un avis dans la rubrique nécrologique, les quotidiens locaux nous ont appris le ce décès du Père Maurice Verhaeghe,  Rédemptoriste. Ainsi s'en est allé dans la plus grande discrétion non seulement un homme de Dieu, mais aussi un "homme des hommes" qui avait tracé profondément son sillon sur la terre, en retournant vigoureusement l'apathie des cœurs humains qui se confiaient à lui.

    Au cours de ces dix dernières années, sa silhouette étai, alors  devenue familière aux habitants du quartier : un  grand et fort bonhomme enveloppé d'un manteau gris et qui portait chapeau surtout pour vous donner le bonjour et qui jouait de sa canne avec dextérité pour un mot d'esprit bien sonnant par lequel il vous saluait.  Ses lunettes à la forme ancienne révélaient plus qu'elles ne cachaient des yeux brillant d'une intelligence parfois ironique et malicieuse (héritage sans doute son expérience de philosophe !), mais toujours en quête d'un nouveau point de vue sur la réalité.

    J'ai dit qu'il était un "homme des hommes", c'est qu'il renoncé à vouloir "décortiquer" l'être humain par la seule raison, pour le considérer "au naturel", avec sa masse de chair et d'os et son lot d'émotions et de passions.
Aux questions angoissées et apparemment insolubles qu'on lui soumettait parfois. Il excellait à donner procurer des réponses originales et pleines de bons sens.  Puis il concluait: "Allez, mettez de côté pour l'instant, car elles ne vous valent rien. Efforcez-plutôt d'être comme ce bon gros bœuf qui broutent paisiblement l'herbe de sa prairie. Alors seulement, vous vous trouverez des réponses !"  Alors on éclatait de rire, bien sûr, c'était le but recherché ! jn
... pour se souvenir un peu plus tard que le grand Dostoïevsky n'avait pas dit autre chose : "Si vous voulez comprendre le sens de la vie, efforcez vous d'abord de l'aimer. Aimez la vie profondément, longuement et passionnément, c'est seulement ensuite que vous en comprendrez le sens !"

   Le père Verhaeghe réconfortait et rassurait. Mais sur un point particulier, les divorces et les abandons d'enfants, il ne cachait pas sa préoccupation.  Les divorces et les abandons d'enfants, il ne cachait pas sa profonde profonde préoccupation. Sa longue et douloureuse préoccupation sur ces drames domestiques avait fini par déborder du seul cadre du mariage en tant que sacrement, pour englober la problématique du couple humain et de son avenir. Je me souviens qu'il reprenait sans cesse, pour mieux le sonder, le mystérieux extrait de la  Genèse (Gen 1 -26-27) rapportant la création unique mais "double" de l'homme... une mine pour la méditation !

   Toujours est-il qu'il prédisait, non sans frémir que l'avenir, tout l'avenir, de la civilisation entière se jouerait sur ce plan-là et à partir de ce plan-là et à partir de ce plan-là.  Si  le couple humain prétend se passer du surnaturel, il échouera immanquablement et entraînera avec lui, dans une chute en cascade et entraînera avec lui, dans une chute en cascade, tout le reste des constructions humaines. Fondamentalement, c'est l'Amour qui est d’orle des choses et, hors de l'amour, tout est désordre, à commencer par l'égoïsme...

   Le père Verhaeren croyait à l'intervention effective, quoique discrète et subtile de la divine providence:  "Tout se passe comme si Dieu n'agissait pas, mais attention : rien ne se fait sans Lui !"  En tant que prêtre, il était fasciné non seulement du nombre d’âmes que la Providence lui avait confiées, mais aussi de la sûreté absolue de ces "octrois divins":  Quand  Dieu vous a confié le soin d'une personne, vous pouvez être sûr qu'elle vous rejoindra un jour, fut-ce après vingt années de silence et d'absence.

   Pour terminer ce témoignage, je citerai à mon tour, comme il le faisait souvent lui même, cette parole de sainte Thérèse de Lisieux: "Ce qu'Il veut me donner, Il me le fait désirer avec force."  Or, bien avant sa dernière heure ici-bas, le père Verhaegen m'avait dit avoir obtenu de Dieu ce qu'il avait désiré et recherché avec force". Il n’était plus un homme divisé et incomplet, il avait atteint la plénitude. De sorte qu'il ne redouati plus la mort, puisque les pieds bien posés sur la terre, il avait, pourtant, déjà franchi le seuil de la vie éternelle et il était prêt, aussi prêt qu'un homme peut espérer l'être...

FB - 8/11/2017
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Disparition du chanoine Jacques Grand'Maison

Message non lu par ChristianK » lun. 18 déc. 2017, 20:12

Voici, plus précisément les problèmes et sa nuisance:

http://catholique.exprimetoi.net/t188-jacques-grand-maison-ces-valeurs-dont-on-parle-si-peu-2016

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Re: Disparition du chanoine Jacques Grand'Maison

Message non lu par Cinci » lun. 18 déc. 2017, 22:38

Salut ChristianK,

Merci pour les illustrations choisies. Je vous fais confiance.

Vous aurez prouvé que notre chanoine ne tenait pas un discours de traditionaliste en effet. Vous aurez suffisamment de matériel pour que la mémoire du chanoine soit tenue en piètre estime par l'immense majorité des catholiques français conservateurs qui fréquentent assidûment les forums Internet.

Mais est-ce que ça signifie qu'il faille lui faire porter l'odieux de la déchristianisation de toute une société? Je ne pense pas.

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Re: Disparition du chanoine Jacques Grand'Maison

Message non lu par ChristianK » mar. 19 déc. 2017, 23:37

Il n'est certes pas le seul responsable. Mais sa responsabilité est grande.
Le point n'est pas qu'il ne soit pas traditionaliste, mais qu'il était mondain, ou bien trop mondain. Il n'y a pas que les abbés de cour qui sont mondains... Et surtout décadent. Il ne s'agit pas de doctrine, mais de vocations tuées et de séminaires vides, et de défroquages à la fac de Mtl, professeurs et étudiants inclus.

Pas de coupure explicite avec le monde, pas de vocations...

Les non Canadiens peuvent le lire s'ils veulent connaitre le jeune prêtre à la page des années 60, d'origine antiduplessiste. Mais je pense qu'ils connaissent déjà... ils peuvent lire F. Charles, La génération défroquée, 1986.

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Re: Disparition du chanoine Jacques Grand'Maison

Message non lu par Cinci » jeu. 21 déc. 2017, 19:17

Bonjour ChristianK,

Je ne connais pas cet ouvrage. Peut-être qu'il y aurait profit à le lire ... Possible. Merci pour la référence.

Mais ...
ChristianK a écrit :
Pas de coupure explicite avec le monde, pas de vocations...
C'est une idée qui est la vôtre. Elle serait discutable en réalité.

Déjà, rien que dans l'Espagne du temps de Thérèse d'Avila : la mondanité s'infiltrait de partout dans l'Église et jusque dans le fond des monastères et les communautés de soeurs. Pourtant? Non, l'Espagne catholique était sûrement le pays d'Europe où le personnel de l'Église était le plus nombreux au prorata de la population totale du pays. La mondanité ne constituait en rien un frein efficace à l'embrigadement de la jeunesse dans les ordres religieux ou pouvant nuire à ce que celle-ci embrasse une carrière dans la prêtrise.

[...]

Dans le fond, - en rester à Jacques Grand'maison- , votre accusation repose plus sur le fait qu'un prêtre (cette génération ...) de l'an 60 aurait pu être immodeste, manquant de respect pour ses devanciers, s'imaginant trop facilement que le futur de l'Église chez lui devrait passer par ses choix à lui, son goût de ceci ou cela. C'est comme l'accusation à l'effet que le "bonhomme" aurait dû être lui-même déficitaire sur le plan du sacré.


Certes!

Il serait difficile pour quiconque de se défendre d'une accusation à l'effet d'être un pécheur ou de manquer de respect "convenable" envers Dieu, l'Église et tout. Je suis pas mal sûr qu'à peu près personne pourrait s'éviter de tomber sous de semblables reproches. La sous-performance, ça nous connaît.

Alors c'est quoi le but de semblables accusations? Se venger d'un pécheur? Expliquer pourquoi des millions de Québécois seraient en froid avec l'Église catholique? C'est l'approche "humaniste" de Jacques Grand'maison qui explique que les Québécois désertent les autels et l'eucharistie le dimanche?

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Re: Disparition du chanoine Jacques Grand'Maison

Message non lu par ChristianK » jeu. 21 déc. 2017, 19:57

rien à voir avec pécheur en général. Mais prêtre et théologien mondain: censure totale de l'extra mondain, surtout les fins dernières, ce qui arrive quand l'antimondain est insuffisant.
La comparaison avec l'Espagne est intéressante, mais le mot mondain n'a pas le même sens en ce dernier cas. Certes il y avait pression mondaine mais aussi féroce lutte antimondaine, et sur fond extramondain. Les luttes antimondaines de G. étaient à base mondaine horizontalisante, comme son dernier livre le montre. Pire encore, base québécoise de 1970.
Oui, son approche "humaniste" est un crime spirituel, pour lequel sa descendance spirituelle est condamnée à mort par la providence. L'effet a été un recul devant les troupeaux de l'époque, pire encore en pleine faculté de Théologie, aux défroquages notoires.
Encore pire, se dire "dissident" dans les années 2000...

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Re: Au regretté Père Tardif (vidéo renouveau charismatique)

Message non lu par Débora » sam. 14 avr. 2018, 23:19

Oui le père Émiliano Tardif a été une grande grâce pour notre monde.. Dans nos contemporains, je vous invite à découvrir le père James Manjackal.. Super aussi..! :)

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Re: Épiscopat, clergé : disparitions

Message non lu par Cinci » lun. 02 sept. 2019, 19:37

Trouvé dans un texte de Jacques Grand'Maison et à l'époque où il envisageait de se présenter en politique, en 1979, c'est à dire avant la tenue d'un premier référendum portant sur la souveraineté du Québec. Il est intéressant de relire ce qu'il disait.

Ici :
... mais comment ne pas rappeler en même temps l'importance de ne pas repousser indéfiniment certains choix historiques face à notre avenir ? Qu'on le reconnaisse ou pas, dans la foulée actuelle, il est possible que nous devenions les Cajuns du Canada au prochain siècle. Quelles conséquences aura ce processus d'assimilation et de folklorisation que plusieurs réfutent de voir comme une possibilité ? Considérer comme refus des autres et repli de ghetto cette aspiration d'un peuple qui cherche une société qui lui permette d'être lui-même selon son histoire et sa culture propre, c'est un peu faire de la vertu un vice. En tout cas, il y a là une attitude très malsaine de mépris ou de déconsidération de soi. On se prive ainsi d'une dynamique fondamentale qui retentit jusque dans sa façon de vivre, de penser et d'agir.

Récemment, les évêques du Québec livraient un message sur "le peuple québécois et son avenir". Ils rappelaient aux chrétiens qu'on ne saurait tirer de l'Évangile soit une politique fédéraliste, soit une politique souverainiste. D'autre part, ils affirmaient, sous forme de principe abstrait, le droit à l'autodétermination, tout en reconnaissant la spécificité culturelle et historique d'un peuple original qui a besoin d'institutions en accord avec sa personnalité. Mais, au bilan, la pensée des évêques se tenait dans une position de surplomb semblable à la fameuse doctrine sociale de l'Église qui a pu servir tout autant au libéralisme capitaliste qu'aux dictatures de "civilisation chrétienne".

Mes perceptions du moment m'amenaient à penser que les évêques n'avaient pas oser dire clairement que l'Église d'ici, après avoir été le lieu principal de façonnement de ce peuple original, ne pouvait pas s'installer dans une neutralité olympienne au moment où ce peuple fait de plus en plus face à un avenir très problématique quant à son identité particulière dans un continent anglophone.

Il est trop facile de se limiter à dire que ce peuple devenu adulte fera ses choix et que l'Église s'en accommodera. Eh quoi, cette Église, qui était hier partie prenante de ce peuple au point d'en être le moule et le définisseur, peut se situer carrément à côté ou au-dessus des graves décisions qui engagent l'avenir ? Un avenir, répétons-le, extrêmement fragile et incertain, comme nous l'avons vu plus haut. Je le redis : c'est mon évaluation du moment.

J'ai lu ce texte des évêques au moment où l'on me pressait d'accepter une candidature souverainiste. Ce texte, au premier regard, m'a choqué, scandalisé. Est-ce que mon refus n'allait pas ajouter à ce manque de courage des autorités ecclésiales en milieu québécois francophone ? Ne devais-je pas signifier par mon acceptation qu'il existe ici des croyants et aussi des prêtres qui veulent précisément assumer cette responsabilité historique fuie par les évêques ? Ces derniers répètent peut-être, dans les circonstances, la reddition aux pouvoir les plus forts pour protéger leur propre pouvoir clérical, comme au temps des patriotes de 1837, où ils ont joué leurs cartes avec la reine et le pape, face à une nouvelle élite qui les menaçaient sur leur propre terrain, tout cela surtout au grand dam d'un peuple qui cherchait son autonomie. Aujourd'hui leur insistance sur la paix a une étrange rémanence de statu quo politique au profit des pouvoirs les plus forts. [ = le grand Capital $$$]

Dans leur message, les évêques ignorent, sinon taisent les situations injustes qu'ont connues les francophones du Québec et du reste du Canada. Peut-on s'abstraire à ce point de la réalité historique sous prétexte d'éviter certaines attitudes répréhensibles de revanche ? C'est la plus pure veine du moralisme clérical. Précisément celui qui apporte dans l'histoire sa contribution à la condamnation du prétendu fanatisme des révoltes de pauvres, de classes ou d'ethnies violées, révoltes qui n'étaient qu'une réponse désespérée devant la violence institutionnelle des plus forts.

Évoquer dans le cadre du débat actuel, avec un tel relief, l'affirmation de Paul : "Il n'y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre", est une entourloupette cléricale qui cache mal son refus de prendre en considération des situations injustes. Celles-ci commandent autre chose qu'une invitation à l'unité spirituelle au-dessus et malgré des injustices à combattre. Eh oui, cette sorte d'abstention stratosphérique permet au pouvoir religieux de conserver son image de pureté, sa crédibilité devant les uns et les autres.

L'abstentionnisme des évêques québécois, à mes yeux, avait un sens politique qu'Ils ne voulaient pas avouer. J'en avais discuté avec quelques uns. Ils fuyaient le problème que je soulevais, en utilisant la manoeuvre bien connue : "Ce sera pour le prochain message." Bien sûr, je ne m'attendais pas à ce que l'Église institutionnelle, et particulièrement son clergé, s'aligne sur un parti. Mais de là à ne rien dire sur l'avenir très problématique de la communauté francophone; de là à refuser de voir les conséquences politiques d'une telle abstention; de là à se taire devant le cardinal irlandais Carter de Toronto qui, à la télévision anglaise, accusait les catholiques francophones de pécher contre l'unité, c'est vraiment faire preuve de veulerie.

Je connais assez le pouvoir clérical d'hier et d'aujourd'hui¸pour savoir comment dans tout cela, il ne défend que lui-même, et comment il se range du côté du plus fort.
Remarque :

Ce texte du chanoine Grand'Maison* est assez fantastique, et il synthétisait déjà parfaitement bien (en rétrospective, je peux le dire) le pourquoi du comment et la raison pour laquelle la récente sortie du pape François au sujet du souverainisme n'aura recueilli chez moi que du mépris en retour. Le chanoine faisait fort avec sa critique et administrait un oeil au beurre noir à l'échelon supérieur de l'épiscopat catholique romain.

En tout cas, il explique le pourquoi du fait que je ne voudrai jamais m'abaisser à idolâtrer le comportement politique (même nié, non assumé, occulté par plusieurs dans ce forum) qui sera celui retenu par nos dirigeants au Vatican.


____
* Jacques Grand'Maison, Une foi ensouchée dans ce pays, Leméac, 1979, p. 29

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