Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

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Per Mariam
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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Per Mariam » dim. 23 févr. 2020, 17:18

Foxy a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 15:19
Merci Boris II pour le texte de l'Arche.

Teano, je reste sur ma position, que ces femmes étaient majeures, non handicapées et qu'en plus, Jean Vannier n'était pas prêtre, donc pas non plus "directeur de conscience". Je dirais plutôt à la limite qu'il était peut-être considéré comme un "gourou" par ces femmes. Un lien affectif s'était créé qui peut avoir basculé, cela peut arriver entre homme et femme, en dehors même de la religion.

Apparemment, l'histoire de 2016 que vous citez a été réglée par lui, puisqu'il croyait que la femme était consentante.

C'est bizarre aussi que cela sorte pour encore éclabousser les frères Philippe.

Ces femmes n'ont pas porté plainte tout de suite et maintenant, il va s'en trouver peut-être une centaine… que personne ne peut vérifier, tout comme avec "la Parole Libérée" concernant le P.Preynat où certain(es) ont fabulé.

Bon après-midi.
Ce que vous écrivez, Foxy, est insupportable. Vous insinuez que la parole des victimes n’a pas de valeur, vous vous placez du côté des agresseurs « éclaboussés » (les pauvres !) Vous rendez-vous compte de la violence de vos propos, du mépris que vous affichez pour les victimes de ces agissements ? Avez-vous seulement pris la peine de lire le texte publié par l’Arche, d’écouter l’interview de son responsable actuel sur KTO ? Si ce n’est pas le cas, je vous encourage vivement à le faire. Vous y découvrirez – si du moins vous ne voulez pas demeurer aveugle – que l’on est loin d’une simple relation entre homme et femme qui aurait « basculé ». Ce dont il est question ici, c’est de manipulation, d’abus de pouvoir, d’utilisation nauséabonde de la Parole de Dieu pour y trouver des justifications pseudo-spirituelles.

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Per Mariam
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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Per Mariam » dim. 23 févr. 2020, 19:29

Encolie, vous touchez un point essentiel : l’illusion. Malheureusement, la religion comporte ce risque de nous faire vivre dans l’illusion.

Jean-Mic
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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Jean-Mic » dim. 23 févr. 2020, 19:42

Foxy a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 15:19
C'est bizarre aussi que cela sorte pour encore éclabousser les frères Philippe.
Désolé de vous rappeler que les deux frères Philippe étaient des "salauds", auteurs de crimes sexuels !
Prêtres et dominicains, certes, mais "salauds" quand même !

Le P. Thomas Philippe, co-fondateur de l'Arche avec Jean Vanier :

  • 1956 : une enquête canonique avait aboutir à lui interdire - au moins temporairement - tout ministère sacerdotal et en particulier tout ministère d'accompagnement spirituel.
    Que s'est-il passé pour qu'il revienne en grâce, ou pour qu'on oublie cet interdit ? cela ne semble pas très clair pour l'instant.
  • 2014-2015 : Suite à l'enquête menée par les dominicains eux-mêmes, extrait d'un article paru dans La Croix en octobre 2015
    ... Le P. Philippe étant décédé, aucune poursuite civile ou pénale ne pouvait être engagée. Mais une instruction canonique a été confiée en décembre 2014 au P. Paul-Dominique Marcovits, dominicain, sous la conduite de Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et accompagnateur de l’Arche.
    Quatorze personnes – des témoins et une petite dizaine de victimes – ont été entendues et les conclusions ont confirmé les faits qui remontent aux années 1970 et jusqu’à ce que le P. Philippe parte vivre, à sa demande, à Saint-Jodard, dans la Loire, en 1991, où il mourra deux ans plus tard.
  • dans le même article :
    « Le P. Thomas Philippe a eu des agissements sexuels sur des femmes majeures, par lesquels il disait rechercher et communiquer une expérience mystique, peut-on lire dans le rapport dont des passages sont cités dans la lettre. Ils attestent une emprise psychologique et spirituelle sur ces femmes auxquelles il demandait le silence car, selon lui, cela correspondait à des ‘’grâces particulières” que personne ne pouvait comprendre ».
    « L’enquête a permis de confirmer que ces témoignages étaient dignes de foi. On est bien dans la répétition des mêmes faits. Après sa conclusion, deux autres victimes se sont déclarées. Il est possible qu’il y en ait d’autres, mais aucun témoignage ne permet de penser que des personnes handicapées puissent être concernées », précise à la Croix Patrick Fontaine...
La seule consolation est d'apprendre que les faits n'auraient pas touché des personnes handicapées accueillies par l'Arche.

Le P. Marie-Dominique Philippe, fondateur des Communautés des Frères de Saint-Jean ("Petits Gris") :

  • 1957 : (cité dans un autre article de La Croix) ... L’accès aux archives des dominicains a permis de découvrir qu’il avait été condamné par Rome en 1957 pour avoir couvert les abus commis par son frère Thomas Philippe.
  • 2013 : article sur Wikipedia citant La Croix, La Vie, Le Point et Le Parisien
    À la suite du chapitre général d'avril 2013, le supérieur général de la communauté, le père Thomas-Joachim, écrit aux frères une lettre dans laquelle il fait part de l'existence de témoignages convergents affirmant que le père Philippe a eu des gestes inappropriés sur des femmes adultes. Pour le Vatican, il s'agit même de « déviances dans sa vie affective et sexuelle ».
    Le 5 février 2019, le pape François a parlé d’une congrégation féminine où « s’était installé cet esclavage des femmes, esclavage allant jusqu’à l’esclavage sexuel des femmes par des clercs et le fondateur », se référant à la Communauté Saint-Jean.

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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Teano » dim. 23 févr. 2020, 20:24

Foxy a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 15:19


Ces femmes n'ont pas porté plainte tout de suite et maintenant, il va s'en trouver peut-être une centaine… que personne ne peut vérifier, tout comme avec "la Parole Libérée" concernant le P.Preynat où certain(es) ont fabulé.

Bon après-midi.
Ah bon ? Personne ne peut vérifier ? Qui a fabulé ? Les enquêteurs ? Bernard Preynat lui-même qui a eu tout un tribunal correctionnel pour décrire les attouchements auxquels il s'est livré sur des centaines de jeunes garçons, pendant 3 décennies ? Ou bien le procureur qui a requis 8 ans de prison ferme, sans doute sur des fariboles invérifiables et que personne n'a pris la peine de vérifier ?

Quant à Jean Vanier, entre autres faits accablants, il y a la chronologie : il a rencontré le dominicain en 1950 et a donc connu les faits qui lui étaient reprochés et les sanctions ecclésiastiques dont il a fait l'objet. C'est Jean Vanier qui remplace l'abbé à la tête de l'Eau vive
April 1952: following tes1monies and accusa1ons from women against Father Thomas Philippe, the Master General of the Dominicans removed him from l’Eau Vive. The Holy Office conducted an inquiry. Father Thomas Philippe appointed Jean Vanier to replace him as director of L’Eau Vive.

Quant aux lettres de 2015 et 2016, de la main de Jean Vanier lui-même, elles confirment que Jean Vanier était informé précisément et suffisamment des agissement du frère Thomas, et qu'en fin de compte, il l'a toujours défendu et soutenu. On comprend mieux pourquoi.



"Le comportement ambigu du violeur- mettre une main sur son épaule en signe de remerciement- est en fait assez fréquent. En adoptant des gestes de familiarité, le violeur nie la réalité de la violence et renforce la honte et la culpabilité chez la victime"

"[les femmes adultes et non handicapées...] ont surtout livré un combat, pied à pied, jour après jour, contre les effets délétères et mortifères du viol. Toutes disent l'énorme effort, la force colossale qu'il leur a fallu mobiliser pour s'en sortir"


Lise Poirier-Courbet, "Vivre après un viol, chemins de reconstruction", 2015, p. 147 & 188 : elle-même victime à 16 ans, elle est devenue psychologue et a suivi le parcours de 8 femmes à 10 ans d'intervalle. Certaines ont porté plainte et ont vu leur agresseur jugé et condamné ; d'autres ont gardé pour elle ce qui leur était arrivé.

Il n'est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.


Teano
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


Messages dans cette couleur (ou à peu près...) : modération du forum

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Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Boris II » dim. 23 févr. 2020, 20:45

Pour ceux qui penseraient que c'est peut-être exagérer le préjudice causé aux victimes que de faire mousser cette affaire, je peux ressentir personnellement que c'est gravissime. Ayant moi-même fait les frais d'un conditionnement mental, d'une manipulation en vue d'aboutir à un acte sexuel par une personne ayant autorité (responsable de communauté + titre de psychologue + aidant des religieux en difficulté).
C'est d'autant plus grave que ce sont des personnes vraisemblement fragilisées sur le terrain de l'identité, ou ayant vécu des expériences traumatiques étant enfant. Combien sont-ils a avoir vécu ça ? Des milliers et des milliers, traînant leur histoire dans l'indifférence générale et ce depuis des décennies...
Qu'est-ce qui ne va pas sur le plan spirituel ? Il faudrait qu'on nous dise.

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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Altior » dim. 23 févr. 2020, 20:48

Bonjour, Teano!
Teano a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 20:24
Bernard Preynat lui-même qui a eu tout un tribunal correctionnel pour décrire les attouchements auxquels il s'est livré sur des centaines de jeunes garçons, pendant 3 décennies ?
(...)

"Le comportement ambigu du violeur- mettre une main sur son épaule en signe de remerciement- est en fait assez fréquent. En adoptant des gestes de familiarité, le violeur nie la réalité de la violence et renforce la honte et la culpabilité chez la victime"

"[les femmes adultes et non handicapées...] ont surtout livré un combat, pied à pied, jour après jour, contre les effets délétères et mortifères du viol. Toutes disent l'énorme effort, la force colossale qu'il leur a fallu mobiliser pour s'en sortir"


Lise Poirier-Courbet, "Vivre après un viol, chemins de reconstruction", 2015, p. 147 & 188 : elle-même victime à 16 ans, elle est devenue psychologue et a suivi le parcours de 8 femmes à 10 ans d'intervalle.

Teano
À ce que j'ai compris, on a des indices de la violation du 6-ème commandement, pas de viol. Cela n'a rien à voir avec les vrais viols, de plus pédérastes et homosexuels, de Père Preynat.
Mais peut-être je me trompe ? Suis-je à côté de la plaque ? Je n'ai pas bien compris de quoi il est accusé ?

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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Fée Violine » dim. 23 févr. 2020, 23:24

Lu sur facebook :
Le danger de faire d'un homme un Dieu... encore un fois ce qui me garde la tête hors de l'eau face à tous ces scandales c'est "la vérité vous rendra libre". Les victimes sortent enfin de leur enfer-mement. Un appel aussi à sortir de la naïveté, de l'aveuglement, de l'endormissement dans lesquels on nous a enfermé.
Par contre, je garderai tous ses messages qui m'ont construite et étaient authentiques de Foi telle que je la vis aujourd'hui. Ce sont des grains de blé dans l'ivraie.
Mes prières s'envolent pour son âme et tous ces abusés attaqués, oui au plus profond de leur intimité et de leur développement, et hélas souvent, de leurs blessures ou leur quête.
Mais restons unis dans la Foi et l'Espérance. L'Église traverse une profonde période de nettoyage parce que tout était ficelé et muselé. Le pire était dans le "caché", le pouvoir, l'autorité abusive. Aujourd'hui place à la Parole, la cohérence et la Vérité pour rester en cohésion.
et :
Ce n'est pas par hasard que pour être déclaré Saint, il y a un long procès à charge par "l'avocat du diable" et à décharge par les postulants de la cause !
Je ne crois pas que ce soit une bonne chose pour personne de déclarer quelqu'un Subito Sancto, ni pour lui-même non plus et pas non plus pour certaines personnes fragiles systématiquement attirées par les auréoles ! Nous devrions nous souvenir que d'une manière ou d'une autre, dans un domaine où dans un autre,à l'un ou l'autre moment de notre vie, nous sommes tous et toutes traversé(e)s par le mal et que nous devrions nous tenir à distance de "la pureté dangereuse". Reste que son amour des plus pauvres et des plus abandonnés lui sera compté comme justice. "Il lui sera beaucoup pardonné car il a beaucoup aimé".
Un article de La Vie :
http://www.lavie.fr/religion/catholicis ... bYQA8EiXrM

Ce que j'ai du mal à comprendre, ce sont ces étranges méthodes" thérapeutiques" qu'il tenait du P. Thomas Philippe.

Le P. Thomas Philippe étant aussi à l'origine de la conversion de Tim Guénard, j'espère qu'il n'y aura pas aussi de mauvaises surprises avec celui-ci... ?

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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Foxy » dim. 23 févr. 2020, 23:54

A @ Ancolie :

J'espère que vous allez passer par ici, car j'ai fait une mauvaise manipulation et ai supprimé votre post par erreur, alors que c'était pour vous répondre, car vous aviez vu juste.

Vous serait-il possible de le remettre ?

Je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par la Samaritaine » dim. 23 févr. 2020, 23:56

Altior a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 20:48
Bonjour, Teano!
Teano a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 20:24
Bernard Preynat lui-même qui a eu tout un tribunal correctionnel pour décrire les attouchements auxquels il s'est livré sur des centaines de jeunes garçons, pendant 3 décennies ?
(...)

"Le comportement ambigu du violeur- mettre une main sur son épaule en signe de remerciement- est en fait assez fréquent. En adoptant des gestes de familiarité, le violeur nie la réalité de la violence et renforce la honte et la culpabilité chez la victime"

"[les femmes adultes et non handicapées...] ont surtout livré un combat, pied à pied, jour après jour, contre les effets délétères et mortifères du viol. Toutes disent l'énorme effort, la force colossale qu'il leur a fallu mobiliser pour s'en sortir"


Lise Poirier-Courbet, "Vivre après un viol, chemins de reconstruction", 2015, p. 147 & 188 : elle-même victime à 16 ans, elle est devenue psychologue et a suivi le parcours de 8 femmes à 10 ans d'intervalle.

Teano
À ce que j'ai compris, on a des indices de la violation du 6-ème commandement, pas de viol. Cela n'a rien à voir avec les vrais viols, de plus pédérastes et homosexuels, de Père Preynat.
Mais peut-être je me trompe ? Suis-je à côté de la plaque ? Je n'ai pas bien compris de quoi il est accusé ?
Cher Altior,

outre le rapport de synthèse de l'Arche, de l'interview du responsable de l'Arche France, il faut voir le documentaire d'Arte de mars 2019 qui donne en long, en large et en travers la parole aux victimes des frères Philippe. Les victimes de J Vanier racontent exactement la même chose : l'emprise insidieuse à un moment ou ces femmes sont particulièrement paumées (en manque de reconnaissance d'un regard masculin et paternel sur leur personne et leurs blessures), la sidération et la soumission lors des actes qui leur sont imposés sans qu'elles se sentent capables de dire non, tétanisées et prise au piège spiritualo-psychique comme une mouche prise dans une toile d'araignée.
Les actes ? elles l'ont toutes raconté : sexe oral et tous gestes sexuels hormis la pénétration.. (et oui, c'est plus que...des mains baladeuses…à un moment, il faut dire les choses).

L'horreur subie dans l'incapacité de se défendre et de demander de l'aide. Vous avez raison, elles étaient adultes et pas enfants. Un enfant ne peut pas se défendre. Un adulte est sensé se défendre ou au moins aller chercher de l'aide et se plaindre mais ces pervers ne choisissent pas n'importe quelle femme !! Les loups s'attaquent aux brebis, pas aux louves ou aux lionnes. Ils ont choisi des femmes extrêmement fragiles et qui n'ont pas parlé pendant toutes ces années, pour les mêmes raisons qu'elles se sont laissée faire : une vraie paralysie intérieure liée à la fois à leur psychisme immature (sans jugement) et au traumatisme subi qui a majoré leur fragilité.

Les femmes qui ont parlé ont toutes suivi un parcours thérapeutique important qui leur a permis (en partie) de se reconstruire et trouver le courage de parler. Parce qu'il faut du courage d'avouer qu'on n'a pas su se défendre adulte, c'est une culpabilité énorme qu'il leur a fallu dépasser. Lorsqu'on se libère d'un gourou, il faut à un moment regarder en face ce qui en soi a consenti et ne s'est pas protégé.

Quand on a été victime enfant, on doit regarder en face qu'on a pas été protégée par ses parents.
Quand on a été victime adulte, on doit regarder en face qu'on pas été capables de se protéger soi-même c'est particulièrement ravageur pour l'estime de soi, certainement déjà défficiente avant l'agression. En fait, ces femmes sont comme des enfants et elles ont déployé des efforts titanesques pour retrouver leur dignité.

Je suis attérée. Jean Vanier était vraiment la dernière personne que je voyais dans ce cas. A qui faire confiance ???
J'ai lu ses livres, toutes ces magnifiques paroles sur la vulnérabilité. Et lui qui abusait des personnes qui, en toute confiance, s'ouvraient à lui au cœur de leur vulnérabilité. Je suis sous le choc. Oui, la phrase de Saint-Paul prend tout son sens, c'est immédiatement à cela que j'ai pensé :
Satan se déguise en ange de lumière.

Ce qui est fou, c'est cette petite communauté initiale dans les années 50, (rapport de l'Arche, si j'ai bien lu), le père Philippe et quelques autres hommes et femmes, partouzant ensemble entre adultes consentants, une secte porno-mystique, rien d'illégal encore mais on a déjà en place une situation glauquissime avec un gourou et ses adeptes qui vont ensuite mettre en pratique leurs délires sur des personnes non consentantes, derrière une sainte façade. C'est hallucinant. Hallucinant.

En Christ,

Samaritaine

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ancolie
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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par ancolie » lun. 24 févr. 2020, 1:05

Foxy a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 23:54
A @ Ancolie :

J'espère que vous allez passer par ici, car j'ai fait une mauvaise manipulation et ai supprimé votre post par erreur, alors que c'était pour vous répondre, car vous aviez vu juste.

Vous serait-il possible de le remettre ?

Je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
Bonjour Foxy,

Malheureusement je n'ai pas enregistré mon envoi mais je peux m'expliquer de nouveau.

En fait, je crois que vous avez réagi 'à chaud' sous le coup de l'émotion et de l'immense déception qui vous attendait et que vous entrevoyiez très bien avec appréhension. Je pense qu'il vous fallait un peu de temps pour accuser le coup. En effet, je ne vous imagine pas vous placer en toute connaissance de cause du côté des agresseurs et mépriser ceux (celles) que vous sauriez être des victimes.

Le problème dans ces cas est souvent la difficulté de reconnaître que le présumé agresseur qu'on admirait tant est réellement un agresseur. Le coeur s'y oppose, au détriment même des victimes. On s'en prend ainsi aux victimes parce qu'on leur en veut d'avoir fait éclater notre ballon rose , d'avoir brisé un rêve, détruit une illusion.

Des illusions, on en perd tout au long de notre vie. Il faut cesser de vivre cela comme une tragédie mais plutôt comme un pas vers une meilleure connaissance de la réalité des choses et de la vie, et vers la paix intérieure. Les illusions ne sont que des mirages. Il ne faut pas s'y attacher. C'est évident que ces événements malheureux font mal, mais s'ils sont véridiques, il faut y faire face honnêtement et ne pas les nier. Il n'y a pas autre chose à faire. Et continuer d'aimer.

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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Altior » lun. 24 févr. 2020, 2:13

la Samaritaine a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 23:56

Quand on a été victime enfant, on doit regarder en face qu'on a pas été protégée par ses parents.
Quand on a été victime adulte, on doit regarder en face qu'on pas été capables de se protéger soi-même
Mais ce n'est pas du tout la même chose. Quand on a été victime enfant, on ne peut pas se protéger. Quand on est «victime» adulte responsable, on peut et on doit se protéger. C'est la différence entre innocence et culpe. Aucune «emprise spirituelle» ne vaut pas incapacité de discernement. Et de quelle «emprise spirituelle» on parle ? La débauche, le sexe oral en dehors du mariage c'est de «l'emprise spirituelle» ? Ces «victimes» dont vous parlez, n'étaient pas adultes ? N'étaient pas catholiques ? Ou bien ont-elles manqué la séance de caté concernant la vertu de l'obéissance et ses limites ? Et obéissance envers qui, envers un laïc par personne mandaté ? Eh bien, pour faire court, la limite de l'obéissance est le péché. Si non pas le curé du coin, ni même l'évêque, mais le Pape en personne me téléphone ce soir pour me dire «Cher Altior, en tant que vicaire du Christ je t'appelle dans mon lit!», alors j'ai pas seulement le droit, mais le devoir de dire «Écoute, François, je suis occupé ce soir avec ma femme. Cherche plutôt de te marier avec quelqu'un de ta Curie. L'éminentissime McCarrick, peut-être ?».

Désolé, Samaritaine, mais le fait que sieur Vanier fut perçu comme gourou (sans titre, ni délégation) est une circonstance aggravante dans son immoralité, mais ne fait pas de lui un violateur, prédateur sexuel, agresseur et je ne sais quoi. Un professeur universitaire qui couche avec une étudiante, on appelle ça «relation non-principiale» et on licencie le petit malin qui joue sur la confusion des rôles. Un professeur de collège qui fait la même chose avec une collégienne, alors là il s'agit d'un viol. On ne licencie plus le prédateur sexuel, on le ligote et on le met en prison.

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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Foxy » lun. 24 févr. 2020, 2:54

ancolie a écrit :
lun. 24 févr. 2020, 1:05
Foxy a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 23:54
A @ Ancolie :

J'espère que vous allez passer par ici, car j'ai fait une mauvaise manipulation et ai supprimé votre post par erreur, alors que c'était pour vous répondre, car vous aviez vu juste.

Vous serait-il possible de le remettre ?

Je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
Bonjour Foxy,

Malheureusement je n'ai pas enregistré mon envoi mais je peux m'expliquer de nouveau.

En fait, je crois que vous avez réagi 'à chaud' sous le coup de l'émotion et de l'immense déception qui vous attendait et que vous entrevoyiez très bien avec appréhension. Je pense qu'il vous fallait un peu de temps pour accuser le coup. En effet, je ne vous imagine pas vous placer en toute connaissance de cause du côté des agresseurs et mépriser ceux (celles) que vous sauriez être des victimes.

Le problème dans ces cas est souvent la difficulté de reconnaître que le présumé agresseur qu'on admirait tant est réellement un agresseur. Le coeur s'y oppose, au détriment même des victimes. On s'en prend ainsi aux victimes parce qu'on leur en veut d'avoir fait éclater notre ballon rose , d'avoir brisé un rêve, détruit une illusion.

Des illusions, on en perd tout au long de notre vie. Il faut cesser de vivre cela comme une tragédie mais plutôt comme un pas vers une meilleure connaissance de la réalité des choses et de la vie, et vers la paix intérieure. Les illusions ne sont que des mirages. Il ne faut pas s'y attacher. C'est évident que ces événements malheureux font mal, mais s'ils sont véridiques, il faut y faire face honnêtement et ne pas les nier. Il n'y a pas autre chose à faire. Et continuer d'aimer.
Merci Ancolie d'avoir reproduit ce que vous vouliez dire : c'est en effet, tout à fait cela : j'ai réagi à chaud et j'ai encore du mal à réaliser.

Bien sûr que non que je ne me place pas du côté des agresseurs comme certains le laissent penser ! mais que l'affectif joue pour beaucoup. Ayant été "manipulée" moi-même dans ma jeunesse, je sais ce qu'il en est.

Par contre, qu'il y ait de la fabulation pour certaines soi-disant "victimes", là j'en suis sûre. Il y a eu des suicides de prêtres accusés par vengeance et nous avons eu notre prêtre qui a raté le sien heureusement, il y a quelques années, car il ne supportait pas avoir été calomnié.
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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par ancolie » lun. 24 févr. 2020, 3:17

Foxy a écrit :
lun. 24 févr. 2020, 2:54

Merci Ancolie d'avoir reproduit ce que vous vouliez dire : c'est en effet, tout à fait cela : j'ai réagi à chaud et j'ai encore du mal à réaliser.

Bien sûr que non que je ne me place pas du côté des agresseurs comme certains le laissent penser ! mais que l'affectif joue pour beaucoup. Ayant été "manipulée" moi-même dans ma jeunesse, je sais ce qu'il en est.

Par contre, qu'il y ait de la fabulation pour certaines soi-disant "victimes", là j'en suis sûre. Il y a eu des suicides de prêtres accusés par vengeance et nous avons eu notre prêtre qui a raté le sien heureusement, il y a quelques années, car il ne supportait pas avoir été calomnié.
Je suis d'accord aussi avec votre dernier point. Il y a des gens qui ont eu leur vie brisée à cause de fausses accusations, dont des professeurs qui n'avaient absolument rien à se reprocher. Quand les accusateurs finissent par avouer leurs mensonges, le pire est évité mais il y a en amont beaucoup de dommages déjà faits et certains ne s'en remettent jamais.

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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Nanimo » lun. 24 févr. 2020, 3:37

Foxy a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 15:19
(…) je reste sur ma position, que ces femmes étaient majeures, non handicapées et qu'en plus, Jean Vannier n'était pas prêtre, donc pas non plus "directeur de conscience". Je dirais plutôt à la limite qu'il était peut-être considéré comme un "gourou" par ces femmes. Un lien affectif s'était créé qui peut avoir basculé, cela peut arriver entre homme et femme, en dehors même de la religion.

Apparemment, l'histoire de 2016 que vous citez a été réglée par lui, puisqu'il croyait que la femme était consentante.

C'est bizarre aussi que cela sorte pour encore éclabousser les frères Philippe.

Ces femmes n'ont pas porté plainte tout de suite et maintenant, il va s'en trouver peut-être une centaine… que personne ne peut vérifier, tout comme avec "la Parole Libérée" concernant le P.Preynat où certain(es) ont fabulé. (…)
Qu'il y en ait qui en profite pour "fabuler" comme vous dites, rien de surprenant, ces drames attirent tous les esprits dérangés. Laissons tout cela aux psys.

Quant aux victimes il vaut mieux être prudent à l'excès, ne pas passer de jugement et là encore, laisser les spécialistes des comportements humains traiter la question. Je vais même aller plus loin que le soi-disant consentement dont on parle dans certains cas : savez-vous que de nombreuses victimes sont les meilleurs défenseurs de leurs bourreaux, abuseurs, etc. Cela se nomme le syndrome de Stockholm. Pouvez-vous imaginer la révolution qu'il doit y avoir dans leur tête avant d'en venir à mettre en cause leurs bourreaux, leurs abuseurs, leurs violeurs? Cela prend souvent toute une vie... si jamais cela arrive.

Je vais vous dire pourquoi je sais que je ne sais rien sur les victimes et que jamais je ne me permettrais aucun jugement, c'est tout simplement trop complexe : une fois une victime m'a reproché - tenez-vous bien car vous non plus vous n'allez rien comprendre - m'a reproché d'avoir fait du mal à son bourreau (ce terme est juste mais je n'en dirai pas plus). Je suis restée sans voix.
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Jean-Mic
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Re: Jean Vanier n'était pas le saint qu'on imaginait

Message non lu par Jean-Mic » lun. 24 févr. 2020, 13:08

Altior a écrit :
dim. 23 févr. 2020, 20:48
À ce que j'ai compris, on a des indices de la violation du 6-ème commandement, pas de viol. Cela n'a rien à voir avec les vrais viols, de plus pédérastes et homosexuels, de Père Preynat.
Mais peut-être je me trompe ? Suis-je à côté de la plaque ? Je n'ai pas bien compris de quoi il est accusé ?
De quoi est-il accusé ? D'avoir user de son emprise spirituelle pour obtenir par la contrainte morale des relations sexuelles avec des adultes non consentantes. Dans la loi française, cela s'appelle un viol.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Bernard Preynat n'est pas accusé de viol, mais de crime sexuel. En droit français, le viol suppose pénétration, ce qui n'est pas le cas de Preynat, qui pratiquait et imposait la masturbation mutuelle.

C'est évidemment un détail de vocabulaire, voire une argutie juridique. Dans les deux cas, on a affaire à des criminels, à d'authentiques "salauds". On peut juste dire que l'un a été encore plus loin dans l'abomination : pire que pire, est-ce imaginable ? sans dédouaner celui qui aurait fait moins pire que pire ?

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