L'idée que cette langue devienne ainsi la langue qui permettra la création d'un grand espace de citoyenneté en Europe me semble encore moins amusante.
L'espéranto est un
moyen que nous défendons, pas une
fin, parce que nous pensons qu'il est très supérieur aux autres (tout à l'anglais, parler 5 langues). Mais tant mieux si d'autres proposent autre chose que l'eo !
L'espéranto est une langue de clubs, d'associations privées, de personnes particulières
A bon ? Vous connaissez le monde espérantiste ?
ui pensent sincèrement qu'un jour leur langue sera enseignée dans le monde entier comme langue seconde
Non, les espérantistes sont aussi divers que les francophones. Il y en a qui tout en connaissant les avantages de cette langue, ne souhaitent pas la répandre et préfèrent la garder pour un usage égoïste et privé (raŭmistes). Seuls 16% des espérantistes soutiennent la démarche d'EDE (j'ai lancé un sondage sur le thème dans un forum en espéranto). Moi, je fais partie de ceux qui essaient de la faire connaitre, de la sortir du boisseau, je ne m'en cache pas...
Ce, malgré l'écrasante réalité du fait que dans la vie réelle les gens se débrouillent très bien sans utiliser aucunement l'espéranto.
On se débrouillait aussi très bien avec le système de mesure impérial et les chiffres romains, pour faire des multiplications par exemple.

Il n'empeche, l'adoption progressive des chiffres arabo-indiens et du système métrique nous ont permis de faire un bond civilisationnel énorme.
S'il s'agit pour vous de changer de tactique, de vous présenter aux élections, de vous faire connaître, d'obtenir le soutien des centre de décision, grand bien vous fasse. Mettre le pourvoir de votre côté, obtenir une reconnaissance et en fin de compte recourir au décret des pouvoirs constitués, ne changera la réalité que pour le pire. Comme d'habitude avec ce genre de projet.
On voit que vous savez de quoi vous parlez : pour l'instant, les décrets, c'est : interdiction de l'enseignement de l'espéranto à l'école, interdiction de le présenter au bac. Ca date des années 20, quand la France avait peur pour le rôle de langue internationale du français, et ça n'a pas changé depuis.
Et s'efforcer ainsi de fournir aux européens un tel outil commun de communication, c'est essentiellement et toujours refuser de constater un certain nombre de réalités, par ailleurs très complexes, au sujet des langues vivantes et de la façon dont les gens les utilisent.
Je vous retourne le compliment.

Je peux, si vous le souhaitez, vous faire prendre conscience de certaines réalités au sujet des langues vivantes, notamment de leurs limites pour la communication internationale. Y compris de certaines réalités qui vous échappent peut être au sujet de la langue anglaise. A votre servive !
C'est aussi se lancer à la poursuite de solutions impraticables. Avant de créer un "grand espace citoyen" en Europe, il faudrait d'abord recréer un "grand espace culturel" en Europe
Je suis d'accord, mais les deux sont liés. Quand j'entendais espace commun, je mettais la question culturelle dedans, même si ça vous a échappé.
pour ce faire maintenir et soutenir à tout prix la diversité et la richesses des langues européennes.
En voilà une nouvelle qu'elle est bonne ! Les espérantistes sont quasi les seuls en Europe à s'occuper de plurilinguisme de façon concrète, et de la défense des langues. C'est nous qui avons porté plainte pour les annonces d'emploi au sujet des natifs anglophones exigés par la commission européenne. C'est nous qui avons traduit dans une dizaine de langues européennes le blog de la commissionnaire Wallstrom. Nous nous sommes aussi impliqués fortement dans la défense des salariés de Gems. etc.
Il est assez révélateur que vous me posiez la question de savoir "ce que la culture vient faire là-dedans".
Parce que vous disiez : l'espéranto n'a aucune culture (a priori), et que donc, il ne peut convenir pour la communication internationale. Or, c'est faux.
En ce qui me concerne, il me semblerait préférable de consacrer mon temps libre à apprendre le romanche pour le sauver de l'extinction plutôt que de consacrer une seule heure à l'apprentissage de l'espéranto.
Bonne chance ! Dites moi de temps en temps où vous en êtes !
