Salut gérardh,
Merci de reconnaître enfin cette évidence.
Rien du tout.
L'évidence c'est que personne ne vous donne raison sur cette histoire d'abandon. Heraclius veut être gentil en tentant de prendre un langage qui vous serait familier. Sauf, il viendra vous dédire quand même.
Voyez :
- Maintenant, ce que les catholiques refusent aux évangéliques, c'est de dire que cet abandon est un abandon total, infernal, ontologique.
Ah ? Je ne savais pas que les évangéliques avaient des vues aussi élaborées de cet abandon, eux que les catholiques taxent par ailleurs d’être simplistes en matière de doctrine.
Mais si, mais si, vous le savez. C'est juste le credo protestant de la «substitution pénale» et que, vous-même, vous irez répéter partout dès que l'occasion s'y prêtera, savoir que Jésus aurait dû subir à notre place le châtiment que nous méritions, etc.
On trouve cette idée partout sur l'Internet, dans les forums protestants, comme sur le défunt TopC, comme dans les vidéos d'apologistes protestants. La vérité c'est qu'il n'y a
rien d'innocent dans cette formule, ni avec le «à notre place» ni avec le «châtiment», ni non plus le «nous méritions». D'un point de vue catholique, tout est faux dans cette formule, tout est théologiquement faussé.
Ce que les hommes méritent ce n'est pas le châtiment mais le bonheur pour lequel Dieu les a crée. Un enfant qui meurt à l'âge de six moins ne mérite pas un châtiment ressortant de Dieu-le-Père; pas plus à six mois, à un an, à six ans, à douze ans qu'à trente ans. Il n'existe tout simplement pas de Dieu obnubilé par l'envie de châtier des populations entières mourant de faim littéralement comme en Afrique! Les hommes méritent le bonheur auquel Dieu les a prédestinés.
Encore une fois, l'idée toute moderne d'une colère de Dieu et comprise comme une "colère exigeant une satisfaction de vengeance à l'encontre d'une humanité entièrement corrompue jusqu'à la moëlle" –
ce qui est l'idée protestante de Luther – c'est une hérésie, une idée étrangère aux Pères de l'Église comme le dit le père de Sesboüé, une erreur à rejeter comme disait la Commission théologique internationale.
En page 23, le Vatican :
La mort de Jésus fut louange et exaltation de Dieu. Il resta fidèle jusqu’à la mort ; il manifesta le règne de Dieu : ainsi,
dans la mort de Jésus, Dieu était présent. C’est
pourquoi la première Église attribua à la mort de Jésus une puissance rédemptrice
Le sacrifice de Jésus sur la croix fut non seulement passio mais aussi actio. Ce dernier aspect,
l’offrande volontaire de soi-même au Père, avec sa dimension pneumatique, est
l’aspect le plus important de sa mort. Le drame n’est pas un conflit entre le destin et l’individu. Au contraire, la croix est une liturgie d’obéissance manifestant l
’unité du Père et du Fils dans l’éternel Esprit.
http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... ne_fr.html
En somme, l'Église va comprendre l'événement du Calvaire (le salut des hommes) d'une manière bien différente de ce que vont véhiculer les idées interprétatives des dissidents et réformateurs protestants du XVIe (et puis schismatique finalement), cette orientation qu'ils finiront par s'assimiler d'une manière durable.
Après avoir bien tardé à admettre les évidences des Ecritures, mes interlocuteurs catholiques m’en expliquent maintenant les détails tels qu’ils les perçoivent ! Soit ! Donc, pour vous l’abandon de Dieu lors de ces trois heures se limite à son silence
Personne n'a tardé à admettre quoi que ce soit. On explique la position catholique versus celle des réformés.
Le Père n'intervient pas lors de la mort de Jésus, en le sens qu'il n'y a pas douze légions d'anges qui descendent du ciel pour sauver Jésus de la main de ses ennemis, ou il n'y a pas non plus une armée de partisans surgissant de nulle part pour empêcher le crime d'être commis. Le Père n'intervient
ni d'une manière ni d'une autre. Traduction :
il cache sa Face.
Et les «vilains pécheurs» en concluent que le Grand Juge s'est prononcé contre le condamné. Dieu n'est pas avec Jésus. Un athée dira : «Dieu n'existe pas. C'est clair!» Le pharisien corrompu déclare : «C'est la preuve expérimentale en quoi ce Jésus n'est pas le Messie». La croix est la condamnation du jugement (révèle le faux calcul) qui est celui des hommes en révolte contre Dieu.
[...]
La posture satanique, diabolique ou luciférienne est une posture qui prétend vouloir défendre les prérogatives divines les plus élevées (une représentation de Dieu tellement haute; ce que dev
rait être l'ordre divin idéal, etc.) contre la bassesse des créatures inférieures, minables, faibles, limitées, pécheresses, etc.
La position diabolique prétend se faire une haute idée du divin, une idée tellement meilleure qu'elle surpasserait même les avenues que Dieu serait supposé avoir privilégiées de son côté. C'est comme l'agnostique qui dit avoir une telle révérence pour le concept «Dieu» qu'il lui est impossible de croire aux bêtises proposées par l'Église, comme l'athée qui va se croire plus pure que les dévots en ne voulant pas abîmer l'image de Dieu («Ce serait déchoir en ayant la prétention de penser pouvoir connaître quelque chose sur Dieu. Qui? Des hommes? Des vermisseaux, des mochetés … Pas question! Comme le dissident de l'Église refusant de mêler l'Église sur terre au Dieu du ciel. Pas question! L'Église c'est trop moche! Parlez-moi de l'Esprit, ne me parlez pas du corps!
C'est Satan ou l'accusateur du genre humain qui décréterait la nécéssité d'un châtiment exemplaire pour les fautifs, les coupables, les incorrects. C'est une fausse revendication, comme dans le cas des adversaires de Jésus voulant poser en «défenseurs des droits de Dieu bafoués» alors qu'ils voulaient défendre que leurs privilèges personnels en réalité. Dieu est notre avocat, pas un accusateur. Le Christ est notre avocat comme il est dit dans l'épitre aux hébreux et chez Jean.