Cette phrase est terrible; c'est sa fête, et le seul sentiment qui hante son Cœur c'est la peur, l'angoisse; cette plainte montre de façon stupéfiante la méchanceté de mon cœur.
Est-ce bien au travers de ces yeux remplis de larmes, de ce Cœur torturé que je juge les festivités de Noël qui m'entourent ?
Ma mollesse n'a-t-elle pas réussi à me faire penser que c'est normal, après tout, que les gens se réunissent pour des soupers, échangent des cadeaux, se procurent de beaux vêtements… tout cela dans l'oubli de celui qui est venu dans l'humiliation pour le salut de tous.
Il n'y a rien d'heureux en ce temps de Noël, rien qui mérite mon estime, hormis cet Enfant adorable, le reste fait partie des coups qu'on lui porte: grave bien cela dans ton âme D…., et quand tu verras les tiens dans cette euphorie de Noël, dans ces mondanités de toutes sortes, de ce luxe de cadeaux, demande pardon à Jésus et pleure avec lui en ce jour si triste où l'homme se sert d'une fête si sainte pour satisfaire ses vanités les plus coupables.
Ce n'est que la méditation continuelle de la souffrance inouïe de Dieu qui pourra détacher ton esprit de tout et te faire trouver amertume là où le monde trouve sa joie.
Le Père Louis de Grenade disait :
" Le jour de Noël, ils s'assiéront près de tables chargées de nourriture et ils riront, ils joueront, ils chanteront, ils jureront se parjureront, et le vin aidant, ils en viendront à se disputer, s'injurier, et à élever contre le ciel une voix sacrilège…voilà la fête à laquelle ils accourent en foule. Célébrez-les, vous mes frères, avec piété avec dévotion et avec larmes ; célébrez-les par des louanges, par une joie spirituelle, par des actions de grâces, par la considération des bienfaits que le ciel vous accorde en ces jours ; célébrez-les enfin en distribuant aux pauvres d'abondantes aumônes"



