Je recopie ici les propos de Robert Maggiori que j'ai lus ici :
Je trouve cette analyse de la morale très pertinente. Finalement, la morale, c'est le bien et le bien, c'est l'amour. C'est exactement ça la morale chrétienne qui dépasse le légalisme et le "licite/illicite" pour viser l'amour. Comment ne pas penser à la célèbre phrase de saint Augustin : aime et fais ce que tu veux.<< Le bien est ce qu'on fait. Il est, autrement dit, même si le terme a quelques rides, bien-faisance. Pour l'amour, de même : on n'aime pas son enfant parce qu'il est beau (parce qu'il posséderait préalablement la valeur de beauté), il est beau parce qu'on l'aime. Les choses, en droit, sont plus simples, parce qu'il suffit pour être ''dans le droit'' de respecter les règles qu'il prescrit […] L'acte moral, lui, n'a aucune règle à suivre : c'est pourquoi il est dérisoire, et vain, de vouloir de gré ou de force ''rendre les gens moraux''. Il se définit comme moral lorsque, dans ses intentions, son déploiement et ses effets, il crée le bien, la charité, la générosité, l'amour, en, aidant, en donnant, en pardonnant. […] Avoir fait ce qui pourrait être le bien ne me dispense pas de le faire et de le refaire – sans espérer ni paradis ni panthéon d'ailleurs. Et là encore revient l'amour, qui ne peut qu'aimer davantage... La morale, c'est l'amour. Aussi ne peut-elle s'apprendre, ni s'enseigner – sauf à vouloir manipuler non ce que l'homme pense, mais ce qu'il ressent... >>
Juste un bémol tout de même : l'auteur semble s'arrêter à l'amour comme "ressenti". Il lui manque cette dimension de l'amour choisi librement. Le chrétien n'est pas invité à aimer ceux pour qui il ressent de l'affection, mais même ses ennemis.
Cordialement,





