archi a écrit :Et soit dit en passant, il n'est pas illégitime de critiquer de façon raisonnable le pontificat qui se termine (ou même en cours), dans la mesure où on est conscient du peu de recul disponible (c'est toujours plus facile quelques années après). Mais si George Weigel, le biographe attitré de Benoît XVI, se permet lui-même de dire que Benoît XVI a bien rempli les tâches d'enseignement et de sanctification qui lui incombaient, mais a été très décevant dans la 3e tâche épiscopale, celle de gouverner (en l'occurrence, toute l'Eglise), notamment dans la direction de la Curie romaine, je pense qu'il n'est pas choquant d'en dire autant.
Ce que vous rapportez correspond à la nouvelle image que les medias donnent de Benoit XVI. Après avoir espéré exploité le filon du Panzerkardinal, je veux dire après avoir donné de Benoit XVI l'image d'un réactionnaire obtus et autoritaire que le monde adorera haïr, il a fallu se rendre à l'évidence de l'infidélité de cette image. Dorénavant, Benoit XVI est présenté comme un intellectuel épris de spiritualité, dépourvu de charisme et dépassé par sa tâche. Cette deuxième image est probablement moins fausse. Mais qu'aurait-il pu faire qu'il n'a pas fait? C'est une vraie question que je pose. Que Benoit XVI paraisse impuissant devant les désordres du monde et de l'Eglise, c'est exact, mais est-ce de son fait, ou du fait de la situation?
archi a écrit :Nous devons aussi nous attendre à des épreuves bien plus redoutables encore. Je crains qu'un attachement sentimental excessif à une personne publique ne soit pas la meilleure façon de se préparer à ce genre d'épreuves.
J'ai bien peur que vous n'ayez raison, qui que ce soit qui puisse être désigné par ce "nous".
archi a écrit :Il se peut que nous ayons un jour un très mauvais Pape, il y en a eu dans le passé. Il se peut aussi que nous n'ayons pas de Pape du tout pendant un certain temps; ou encore que 2 personnes (ou plus!) se disputent le Siège de Pierre sans qu'on sache clairement qui est légitime, c'est également arrivé dans le passé et ça a quand même duré 39 ans.
Là aussi vous avez bien raison, la papolâtrie est un péché mignon assez répandu chez les catholiques, plus à l'époque de Jean-Paul II cependant. Ceci dit, quand le siège de Pierre est occupé par une personne d'une aussi haute valeur intellectuelle et spirituelle, autant que je puisse en juger, que Benoit XVI, c'est assez normal que cela suscite de l'admiration de la part des fidèles. Cela ne se reproduira peut-être pas de sitôt.