Du grand cru du Boulevard Voltaire à propos d'un journaliste, M. Bories, qui a effectivement demandé à la police de voir les enregistrements complets... ce qui ne lui fut jamais accordé, malgré les promesses au lendemain de la manifestation.
http://www.bvoltaire.fr/francoisdelaitr ... ture,17770300.000 manifestants ? 1.400.000 ? Entre des policiers qui ne savent manifestement pas compter et des organisateurs qu’on accuse de voir double, il ne fallait pas s’en remettre aux journalistes pour arbitrer la partie de recomptage. Dans les rédactions, le mot d’ordre aux lendemains de la « Manif pour tous » était globalement d’attester la version officielle sans broncher, tout en s’étonnant, ensuite, qu’on les assimile à un ramassis de « collabos ».
Dans la profession, une voix discordante, pourtant, a bien tenté de se faire entendre en faisant son travail honnêtement. Il se nomme Pascal Bories et a eu la fantaisie de prendre au mot le communiqué de la préfecture de Police, qui promettait, à tout journaliste le réclamant, « l’intégralité des enregistrements » sur la base desquels ses experts ont dénombré les très officiels « trois cent mille » manifestants du 24 mars dernier.
Faute d’offrir cette « intégralité des enregistrements » promise à la presse, la préfecture contentait la plupart des journalistes en publiant sur son site une série de 23 clichés, extraits de la vidéo prise d’hélicoptère, filmée vers 15 h 30, soit bien avant la fin du rassemblement, et alors que les participants continuaient à affluer.
De ces images très médiocres, d’une résolution pas même digne des premiers prototypes d’appareils photo numériques, et sur lesquelles les abords du cortège apparaissent dans un flou pas très artistique semblant mélanger arbres, trottoirs et – éventuellement – manifestants portés disparus, de ces images donc, le site du journal Le Monde tirait une démonstration très savante validant la version officielle d’une manifestation somme toute très ordinaire quant au nombre de ses participants.
Pour sa part insatisfait de ces images on ne peut plus imprécises, Pascal Bories contactait la préfecture pour demander des documents de travail exploitables, et, pourquoi pas – soyons fous – « l’intégralité des enregistrements » promis. Réponse de la préfecture ? Oui… attendez… peut-être… vous êtes sûr de vouloir visionner ces images ? Bon, si vous insistez… ; oui, le journaliste insistait. Malheureusement pour lui, sa demande devait rester sans suite, par souci de transparence des autorités, très certainement.
Ainsi, la journée du 24 mars restera dans l’histoire officielle de notre bonne république égalitaire et fraternelle comme celle du rassemblement de 300.000 fascistes éparpillés entre la Défense et la place Charles-de-Gaulle ; un cortège si maigre – bien que trois fois supérieur aux attentes de la préfecture – qu’on ouvrit rapidement les avenues Foch et Carnot pour offrir encore un peu plus d’espace à cette foule clairsemée. De dangereux enfants en poussette, des octogénaires armés de cannes et des parents sanguinaires bien déterminés à sacrifier leur descendance en première ligne entonnèrent de féroces Marseillaise devant les forces de l’ordre, les bras levés dans un double salut nazi courageusement dénoncé par le député socialiste Yann Galut. Une violence intolérable à laquelle, sous l’égide d’un ministre de l’Intérieur replié dans son Q.G. du Grand Rex à admirer sa femme au violon, les CRS répondirent par des vaporisations d’aérosols et, plus anecdotiquement, quelques invitations courtoises à « dégager » à l’égard d’une poignée de « salopes » mères de famille.
C’était un dimanche presque ordinaire dans la république démocratique socialiste de France, et l’histoire ne dit pas si, avec son curieux goût de la vérification, le journaliste Pascal Bories trouvera encore longtemps du travail dans cette France-là…
François Delaître
texte sous cc-by-nc-sa
Et pourtant l'article du Monde m'avait convaincu jusqu'à la découverte de cette autre version des faits. En même temps, quelle naïveté! Avec Bergé à sa tête, -sur lequel je vous sort un article croustillant du même Boulevard-, sur le mariage gay, le Monde est aussi objectif que l'Humanité à propos des guerilleros style Guevara...
Bien à vous.
P.S.: dans le titre, "République démocratique socialiste de France" est une citation de M. Delaître, dans son article cité dans mon message plus haut.






