Le relativisme dans le dialogue islamo-chrétien
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Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Je suis d'accord avec Cinci : il faut cesser de croire que parce que l'on adore un seul dieu c'est automatiquement Dieu.
Pourquoi rejeter alors les polythéistes : ils adorent aussi le vrai Dieu en ayant juste commis l'erreur de faire de chacune de ses facettes un autre dieu.
Pourquoi rejeter alors les polythéistes : ils adorent aussi le vrai Dieu en ayant juste commis l'erreur de faire de chacune de ses facettes un autre dieu.
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Cinci
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Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Puis Fram :
Personnellement, je n'ai pas encore été convaincu en quoi le culte islamique devrait être un culte s'adressant bien au même Dieu que les chrétiens. C'est tout. Puis voyez donc ce que dit aussi lmx :
«Il me semble que cette déclaration n'engage pas l'infaillibilité car elle est pastorale. D'autre part, le concile ne parle jamais de l'islam»
Moi, je disais initialement que l'Église n'est pas venu dogmatiser à propos de l'Islam.
Vous me décevez, mon ami. Oui, à voir de l'excès où il n'y en a pas. C'est vous qui parlerez d'équiparer l'Islam à de la sorcellerie, du nazisme et quoi encore ? Ce n'est pas mon fait. Je veux dire : c'est vous qui projetez aimablement de pareilles idées à votre interlocuteur ci-présent. Je viens de le dire : l'Islam serait plutôt pour moi tel un ''archaïsme'' par rapport à la Révélation chrétienne, comme une religion pré-chrétienne. Je comparerais avec une religion de Samaritains de l'an 150 avant Jésus, tiens ! Mais est-ce que je tiens les Samaritains pour des monstres ? tous de dangereux maniacs ? Réponse : non. Ôtez donc vos oeillères et préjugés faciles. Il vous sert strictement à rien de vouloir diaboliser ceux qui peuvent ne pas être d'emblée d'accord avec vous, avoir une opinion autre que la vôtre au départ.Au passage, merci à tous les deux d'étayer mon propos qui était de considérer que les excès constatés ici ou là en matière de relativisme n'étaient pas plus graves que les excès inverses de certains.
Personnellement, je n'ai pas encore été convaincu en quoi le culte islamique devrait être un culte s'adressant bien au même Dieu que les chrétiens. C'est tout. Puis voyez donc ce que dit aussi lmx :
«Il me semble que cette déclaration n'engage pas l'infaillibilité car elle est pastorale. D'autre part, le concile ne parle jamais de l'islam»
Moi, je disais initialement que l'Église n'est pas venu dogmatiser à propos de l'Islam.
Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Bonjour,
Bien à vous,
Ce n'est pas comparable. Les faits que vous reprochez aux chrétiens ne dépendant pas de l'essence du christianisme, mais de certains chrétiens. Les évangiles ne disent rien sur l'Inquisition, les conquêtes de l'Amérique, etc, et ne les justifient en rien. En revanche, le caractère liberticide et violent de l'Islam se trouvent dans son texte fondateur, le coran.Aldous a écrit : L'islam a largement fait la preuve, au cours de son existence, de sa dimension violente et liberticide sur ce terrain je crains que le christianisme n'a guère fait mieux (inquisition, conquète de l'Amérique, etc...)
Bien à vous,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.
Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
C'est un peu plus que cela, parce que l'Eglise note la (bonne) volonté de se tourner vers un seul Dieu, le Dieu d'Abraham et de Jésus. C'est à ce titre, il me semble, qu'on peut parler de même Dieu.Que l'Église reconnaisse que les musulmans adorent le Dieu Unique, c'est là du simple bon sens puisqu'il n'y a qu'un seul Dieu.
Ca n'enlève rien aux erreurs et à l'incompatibilité forte entre le Coran et la Foi chrétienne.
Ca me paraît un peu théorique.Les authentiques chrétiens, poussés par la charité évangélique, doivent accueillir leurs frères musulmans ET leur annoncer le Christ
Parce qu'on peut-être un authentique chrétien et
- ne pas se sentir concerné par le dialogue avec nos frères musulmans (ou être occupé à d'autres tâches).
- ne pas être à l'aise/capable/en situation d'accueillir des musulmans.
- ne pas être à l'aise/capable/en situation de leur annoncer le Christ.
Il y a plusieurs membres dans le Corps de l'Eglise, la jambe n'est pas tenue de saisir et la main n'a pas à courir.
Auriez-vous des exemples précis de dogmes chrétiens rejetés à cause du dialogue avec les musulmans ??Ce qui est condamnable c'est que des chrétiens tentent d'islamiser insidieusement le christianisme en diluant ou affaiblissant ses dogmes pour ne pas offenser l'islam et pour ne pas être islamophobe
Ce n'est pas ce que je dis, et ce n'est pas ce que dit l'Eglise.Je suis d'accord avec Cinci : il faut cesser de croire que parce que l'on adore un seul dieu c'est automatiquement Dieu.
Elle dit simplement et justement que c'est le cas pour les musulmans et elle explique pourquoi (leur adoration d'un seul Dieu, leur filiation avec Abraham, leur respect de Jésus, de Marie, etc).
La différence avec les polythéistes est là : ils ne respectent aucun des points évoqués par l'Eglise.
Non, les comparaisons ont bien eu lieu, par PaxetBonum, c'est à ces propos que je répondais.c'est vous qui projetez aimablement de pareilles idées à votre interlocuteur ci-présent.
Pour le reste, si vous souhaitez mépriser une déclaration conciliaire et tout le travail intrer-religieux du magistère de ces cinquante dernières années, c'est votre problème.
Mais c'est du même niveau de pertinence que le relativisme décrié (à raison).
Des esprits taquins pourraient rétorquer, que si les évangiles n'en disent rien, notre Sainte Eglise Catholique n'y est pas étrangère.Les évangiles ne disent rien sur l'Inquisition, les conquêtes de l'Amérique, etc, et ne les justifient en rien.
Faut-il pour autant jeter l'Eglise avec le sang du bain ?
Et, encore une fois, il est logique que vous considériez le Coran comme un livre violent. Mais il peut être bon de laisser d'autres en avoir une autre compréhension.
On juge l'arbre à ses fruits (tous ses fruits, pas juste ceux qui sont pourris), pas à ses lectures.
«Écoutez et comprenez. Ce n'est pas ce qui entre dans la
bouche qui souille l'homme; mais ce qui sort de la bouche,
voilà ce qui souille l'homme.» (Mat, 15;10-11)
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Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Leur Abraham n'est pas notre AbrahamFram a écrit : C'est un peu plus que cela, parce que l'Eglise note la (bonne) volonté de se tourner vers un seul Dieu, le Dieu d'Abraham et de Jésus. C'est à ce titre, il me semble, qu'on peut parler de même Dieu.
Leur Jésus n'est pas Notre Seigneur Jésus-Christ
Leur dieu n'est donc pas Notre Dieu
Au début du Coran ils auraient dû marquer : "Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. "
Je n'ai pas dit cela non plusc'est vous qui projetez aimablement de pareilles idées à votre interlocuteur ci-présent.
Non, les comparaisons ont bien eu lieu, par PaxetBonum, c'est à ces propos que je répondais.
Mais je suis néanmoins tout disposé à vous en servir un couplet et argumentant
Pax et Bonum !
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lmx
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Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit , en tournant la question de cette façon vous savez que je ne pourrai pas répondre, c'est malhonnête.Auriez-vous des exemples précis de dogmes chrétiens rejetés à cause du dialogue avec les musulmans ??
Néanmoins j'ai mis un lien renvoyant sur un fichier audio où l'islamologue Marie Thérèse Urvoy professeur à l'université catholique de Toulouse traite de Massignon et son mouvement islamo-chrétien qui cherche à opérer une synthèse entre ces religions.
Précisément écoutez les théologiens islamiques classiques eux-mêmes , je vous ai cité Ibn Kathir , son tafsir (en anglais) est disponible sur internet. Il y aussi la biographie de Mahomet. D'autre part, l'islam étant une religion de la loi les textes (Coran+hadith) ont déjà été interprétés et leur sens fixés par les juristes musulmans de sorte qu'il existe pour chaque école (malékite, hanbalite, hanafite) une sorte de magistère , chaque école ayant fixé les modalités d'application concernant le mariage et les successions, la prière , le jihad (offensif et défensif), le port du voile etcEt, encore une fois, il est logique que vous considériez le Coran comme un livre violent. Mais il peut être bon de laisser d'autres en avoir une autre compréhension.
Les avis des juristes classiques quand il y a consensus sont source de loi à même titre que le Coran et les hadith.
Bref l'islam est d'abord une loi et il n'y a pas de place à l'improvisation comme le laisse croire les média , en d'autres termes ce n'est pas une "sola scriptura" où chacun interprète le texte à sa façon.
Si je dit que l'islam est violent j'ai une raison de le penser.
bref si vous aimez le mahométisme c'est votre problème mais renseignez vous sur sa nature et vous viendrez nous faire la leçon après.
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Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Islam et violence ? Christianisme et violence ? Religions issues d'un même héritage ? Valeurs partagées ?
Je crois intéressant de laisser parler Robert Redeker dont je viens de retrouver la tribune publiée dans Le Figaro le 19 septembre 2006.
Mon Dieu que c'est déjà vieux et que les choses ne bougent pas vite !
Quant à Nostra Aetate, le dernier paragraphe rappelé par DA95 vise, sans le nommer, l'Islam qui n'a pas la notion de fraternité universelle, qui réduit le Prochain en Proche, avec un glissement terrible de conséquences.
L'estime que je dois porter aux musulmans est utile à rappeler aux chrétiens que nous sommes qui, sans être tolérants de tout, doivent être accueillants de tous.
A méditer...
Allah, le Dieu, des musulmans, est riche de 99 noms, 99 attributs qui ne sont là que pour mieux montrer celui qu'il ne possède pas :
Allah n'est pas un Dieu d'Amour.
http://webcache.googleusercontent.com/s ... ent=safari
Vous voyez la différence entre lui et Notre Père ?
Je crois intéressant de laisser parler Robert Redeker dont je viens de retrouver la tribune publiée dans Le Figaro le 19 septembre 2006.
Mon Dieu que c'est déjà vieux et que les choses ne bougent pas vite !
Quant à Nostra Aetate, le dernier paragraphe rappelé par DA95 vise, sans le nommer, l'Islam qui n'a pas la notion de fraternité universelle, qui réduit le Prochain en Proche, avec un glissement terrible de conséquences.
L'estime que je dois porter aux musulmans est utile à rappeler aux chrétiens que nous sommes qui, sans être tolérants de tout, doivent être accueillants de tous.
NOTA : Ce que rappelle Robert Redeker sur la vie conjugale de Mahomet relève peut-être de la fable parce que nous ne saurons jamais rien de sa vie exacte, mais il ne fait que rapporter, après bien d'autres et avec bien d'autres, l'épopée retenue et exaltée par l'orthodoxie musulmane.Robert Redeker : Les réactions suscitées par l'analyse de Benoît XVI sur l'islam et la violence s'inscrivent dans la tentative menée par cet islam d'étouffer ce que l'Occident a de plus précieux qui n'existe dans aucun pays musulman : la liberté de penser et de s'exprimer.
L'islam essaie d'imposer à l'Europe ses règles : ouverture des piscines à certaines heures exclusivement aux femmes, interdiction de caricaturer cette religion, exigence d'un traitement diététique particulier des enfants musulmans dans les cantines, combat pour le port du voile à l'école, accusation d'islamophobie contre les esprits libres.
Comment expliquer l'interdiction du string à Paris-Plages, cet été ? Étrange fut l'argument avancé : risque de «troubles à l'ordre public». Cela signifiait-il que des bandes de jeunes frustrés risquaient de devenir violents à l'affichage de la beauté ? Ou bien craignait-on des manifestations islamistes, via des brigades de la vertu, aux abords de Paris-Plages ?
Pourtant, la non-interdiction du port du voile dans la rue est, du fait de la réprobation que ce soutien à l'oppression contre les femmes suscite, plus propre à «troubler l'ordre public» que le string. Il n'est pas déplacé de penser que cette interdiction traduit une islamisation des esprits en France, une soumission plus ou moins consciente aux diktats de l'islam. Ou, à tout le moins, qu'elle résulte de l'insidieuse pression musulmane sur les esprits. Islamisation des esprits : ceux-là même qui s'élevaient contre l'inauguration d'un Parvis Jean-Paul-II à Paris ne s'opposent pas à la construction de mosquées. L'islam tente d'obliger l'Europe à se plier à sa vision de l'homme.
Comme jadis avec le communisme, l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique. L'islam se présente, à l'image du défunt communisme, comme une alternative au monde occidental. À l'instar du communisme d'autrefois, l'islam, pour conquérir les esprits, joue sur une corde sensible. Il se targue d'une légitimité qui trouble la conscience occidentale, attentive à autrui : être la voix des pauvres de la planète. Hier, la voix des pauvres prétendait venir de Moscou, aujourd'hui elle viendrait de La Mecque ! Aujourd'hui à nouveau, des intellectuels incarnent cet oeil du Coran, comme ils incarnaient l'oeil de Moscou hier. Ils excommunient pour islamophobie, comme hier pour anticommunisme.
Dans l'ouverture à autrui, propre à l'Occident, se manifeste une sécularisation du christianisme, dont le fond se résume ainsi : l'autre doit toujours passer avant moi. L'Occidental, héritier du christianisme, est l'être qui met son âme à découvert. Il prend le risque de passer pour faible. À l'identique de feu le communisme, l'islam tient la générosité, l'ouverture d'esprit, la tolérance, la douceur, la liberté de la femme et des moeurs, les valeurs démocratiques, pour des marques de décadence.
Ce sont des faiblesses qu'il veut exploiter au moyen «d'idiots utiles», les bonnes consciences imbues de bons sentiments, afin d'imposer l'ordre coranique au monde occidental lui-même.
Le Coran est un livre d'inouïe violence. Maxime Rodinson énonce, dans l'Encyclopédia Universalis, quelques vérités aussi importantes que taboues en France. D'une part, «Muhammad révéla à Médine des qualités insoupçonnées de dirigeant politique et de chef militaire (...) Il recourut à la guerre privée, institution courante en Arabie (...) Muhammad envoya bientôt des petits groupes de ses partisans attaquer les caravanes mekkoises, punissant ainsi ses incrédules compatriotes et du même coup acquérant un riche butin».
D'autre part, «Muhammad profita de ce succès pour éliminer de Médine, en la faisant massacrer, la dernière tribu juive qui y restait, les Qurayza, qu'il accusait d'un comportement suspect». Enfin, «après la mort de Khadidja, il épousa une veuve, bonne ménagère, Sawda, et aussi la petite Aisha, qui avait à peine une dizaine d'années. Ses penchants érotiques, longtemps contenus, devaient lui faire contracter concurremment une dizaine de mariages».
Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.
De fait, l'Église catholique n'est pas exempte de reproches. Son histoire est jonchée de pages noires, sur lesquelles elle a fait repentance. L'Inquisition, la chasse aux sorcières, l'exécution des philosophes Bruno et Vanini, ces mal-pensants épicuriens, celle, en plein XVIIIe siècle, du chevalier de La Barre pour impiété, ne plaident pas en sa faveur. Mais ce qui différencie le christianisme de l'islam apparaît : il est toujours possible de retourner les valeurs évangéliques, la douce personne de Jésus contre les dérives de l'Église.
Aucune des fautes de l'Église ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le retour à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale. Le recours à Mahomet, au contraire, renforce la haine et la violence. Jésus est un maître d'amour, Mahomet un maître de haine.
La lapidation de Satan, chaque année à La Mecque, n'est pas qu'un phénomène superstitieux. Elle ne met pas seulement en scène une foule hystérisée flirtant avec la barbarie. Sa portée est anthropologique. Voilà en effet un rite, auquel chaque musulman est invité à se soumettre, inscrivant la violence comme un devoir sacré au coeur du croyant.
Cette lapidation, s'accompagnant annuellement de la mort par piétinement de quelques fidèles, parfois de plusieurs centaines, est un rituel qui couve la violence archaïque.
Au lieu d'éliminer cette violence archaïque, à l'imitation du judaïsme et du christianisme, en la neutralisant (le judaïsme commence par le refus du sacrifice humain, c'est-à-dire l'entrée dans la civilisation, le christianisme transforme le sacrifice en eucharistie), l'islam lui confectionne un nid, où elle croîtra au chaud. Quand le judaïsme et le christianisme sont des religions dont les rites conjurent la violence, la délégitiment, l'islam est une religion qui, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine.
Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran. Comme aux temps de la guerre froide, violence et intimidation sont les voies utilisées par une idéologie à vocation hégémonique, l'islam, pour poser sa chape de plomb sur le monde. Benoît XVI en souffre la cruelle expérience. Comme en ces temps-là, il faut appeler l'Occident «le monde libre» par rapport à au monde musulman, et comme en ces temps-là les adversaires de ce «monde libre», fonctionnaires zélés de l'oeil du Coran, pullulent en son sein.
http://www.lefigaro.fr/debats/2006/09/1 ... libre_.php
A méditer...
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Vous voyez la différence entre lui et Notre Père ?
Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Bonjour omicronomicron a écrit :L'estime que je dois porter aux musulmans est utile à rappeler aux chrétiens que nous sommes qui, sans être tolérants de tout, doivent être accueillants de tous.
votre dernière phrase m'amuse car je me fais la réflexion que l'on ne tolère qu'un mal, un bien est toujours accueilli voulu choisi librement.
"Amen, viens, Seigneur Jésus !" Ap 22,20
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Cinci
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Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Fram :
Le document conciliaire, mais il s'agit en fait d'un petit passage dans le texte. C'est le genre de phrase ''au détour'' qui mériterait plus ample explication de la part du Magistère. La preuve ? Raistlin lui-même n'en serait pas à espérer une clarification de la part des évêques si la chose était si claire. Dire que c'est mon problème ? Je ne pense pas. Je crois que la chose me dépasse un peu. Il suffit de lire les différentes interventions sur la cité catholique aussi.
Personnellement, je ne vois pas ''trop bien'' comment les évêques à l'époque aurait pu dogmatiser sur une religion non-chrétienne et à l'occasion d'une phrase de trois mots. On dirait que vous ne vous rendez pas compte de la portée de ce que vous dite comparativement à l'économie de moyen ( trois mots dans une phrase) et à l'égard de tout le reste de l'Église dans l'espace et dans le temps.
Comment l'Église pourrait-elle sérieusement reconnaître que le culte islamique devrait plaire à Dieu et s'adresser au même Esprit Saint qui est celui du Nouveau Testament ? Ça n'a pas de sens.
Après ? On peut facilement connaître que Dieu pourrait ''quand même'' agir dans la vie de tel ou tels musulmans. C'est sûr. Mais ce n'est pas la même chose. Il peut y avoir un respect de forme envers la Bible chez les musulmans, mais c'est sans garantie que les imams vont prier le Père de Jésus Christ et lorsqu'aucun n'est baptisé pour commencer. À part ça, la situation n'est pas la même entre juifs et musulmans par rapport à nous, sous l'angle du Dieu de la Bible. Il est un réel corpus de textes en commun avec les juifs et puis l'Église s'insère organiquement dans la foulée de la Révélation du Dieu des juifs. Il n'existe pas un tel rapport avec l'Islam.
Parce que vous pensez que ''le travail inter-religieux'' signifie peut-être devoir forcément révérer le même Dieu en conscience ?si vous souhaitez mépriser une déclaration conciliaire et tout le travail intrer-religieux du magistère de ces cinquante dernières années, c'est votre problème.
Le document conciliaire, mais il s'agit en fait d'un petit passage dans le texte. C'est le genre de phrase ''au détour'' qui mériterait plus ample explication de la part du Magistère. La preuve ? Raistlin lui-même n'en serait pas à espérer une clarification de la part des évêques si la chose était si claire. Dire que c'est mon problème ? Je ne pense pas. Je crois que la chose me dépasse un peu. Il suffit de lire les différentes interventions sur la cité catholique aussi.
Personnellement, je ne vois pas ''trop bien'' comment les évêques à l'époque aurait pu dogmatiser sur une religion non-chrétienne et à l'occasion d'une phrase de trois mots. On dirait que vous ne vous rendez pas compte de la portée de ce que vous dite comparativement à l'économie de moyen ( trois mots dans une phrase) et à l'égard de tout le reste de l'Église dans l'espace et dans le temps.
Comment l'Église pourrait-elle sérieusement reconnaître que le culte islamique devrait plaire à Dieu et s'adresser au même Esprit Saint qui est celui du Nouveau Testament ? Ça n'a pas de sens.
Après ? On peut facilement connaître que Dieu pourrait ''quand même'' agir dans la vie de tel ou tels musulmans. C'est sûr. Mais ce n'est pas la même chose. Il peut y avoir un respect de forme envers la Bible chez les musulmans, mais c'est sans garantie que les imams vont prier le Père de Jésus Christ et lorsqu'aucun n'est baptisé pour commencer. À part ça, la situation n'est pas la même entre juifs et musulmans par rapport à nous, sous l'angle du Dieu de la Bible. Il est un réel corpus de textes en commun avec les juifs et puis l'Église s'insère organiquement dans la foulée de la Révélation du Dieu des juifs. Il n'existe pas un tel rapport avec l'Islam.
Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Bonjour Fram,
je voudrai revenir sur l'argument du témoignage.
Regardons maintenant le temoignage Chrétien. Il est précédé de signes manifestant la puissance de Dieu. Les boiteux marchent, les sourds entendent et les aveugles voient. Le Christ accomplit les écritures, et meurt sur la croix faisant la volonté de son Père.
Divers témoins: les femmes, les apôtres temoignent de la véracité de ses faits. Les éléments culturels les éléments historiques et anthropologiques nous permettent d'attester d'une véracité historique de Jésus. Quatre évangiles raconte le même témoignage, la Bonne Nouvelle.
Le temoignage a ensuite été annoncé àprès la Pentecote sous l'implusion de l'Esprit Saint au monde entier. La manière et la forme de cette annonce sont le don de soi, voire le don de sa vie. Le sang des martyrs a permis la propagation de la bonne nouvelle.
Qu'en est-il de l'Islam ?
Il n'y a pas de signes de la puissance de Dieu. C'est le temoignage d'un seul homme qui sort de sa tente en disant voilà la parole de dieu. La mode de propagation est la constitution d'une armée et la force.
Je trouve que tout est relativisable et que l'on peut douter du témoignage d'un seul homme. C'est l'expression de la loi du plus fort. C'est à l'opposé d'écouter le Seigneur notre Dieu, de l'aimer de tout notre cœur et d'aimer notre prochain comme nous même.
Il me semble qu'il y a un réel danger à relativiser le dialogue avec l'Islam. Car à la base nous ne transmettons pas au monde le même témoignage. Cela ne peut être relativiser, il y a des différences fondamentales qui sautent aux yeux.
Bien à vous.
je voudrai revenir sur l'argument du témoignage.
Regardons maintenant le temoignage Chrétien. Il est précédé de signes manifestant la puissance de Dieu. Les boiteux marchent, les sourds entendent et les aveugles voient. Le Christ accomplit les écritures, et meurt sur la croix faisant la volonté de son Père.
Divers témoins: les femmes, les apôtres temoignent de la véracité de ses faits. Les éléments culturels les éléments historiques et anthropologiques nous permettent d'attester d'une véracité historique de Jésus. Quatre évangiles raconte le même témoignage, la Bonne Nouvelle.
Le temoignage a ensuite été annoncé àprès la Pentecote sous l'implusion de l'Esprit Saint au monde entier. La manière et la forme de cette annonce sont le don de soi, voire le don de sa vie. Le sang des martyrs a permis la propagation de la bonne nouvelle.
Qu'en est-il de l'Islam ?
Il n'y a pas de signes de la puissance de Dieu. C'est le temoignage d'un seul homme qui sort de sa tente en disant voilà la parole de dieu. La mode de propagation est la constitution d'une armée et la force.
Je trouve que tout est relativisable et que l'on peut douter du témoignage d'un seul homme. C'est l'expression de la loi du plus fort. C'est à l'opposé d'écouter le Seigneur notre Dieu, de l'aimer de tout notre cœur et d'aimer notre prochain comme nous même.
Il me semble qu'il y a un réel danger à relativiser le dialogue avec l'Islam. Car à la base nous ne transmettons pas au monde le même témoignage. Cela ne peut être relativiser, il y a des différences fondamentales qui sautent aux yeux.
Bien à vous.
"Amen, viens, Seigneur Jésus !" Ap 22,20
Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Bonjour,
Plus compliqué, parce qu'il y a un risque de brouillage et de confusion (la vision musulmane sur Jésus n'est pas compatible avec la Foi chrétienne).
Mais, cela reste une base commune, de Foi et de dialogue.
Il appartient aux chrétiens d'expliquer ce qu'ils savent de Jésus ou Abraham aux musulmans qui disent (et croient sincèrement je pense) les suivre.
Encore une fois, avant d'aboutir à des conclusions aussi absolues, attention tout de même à ce que dit l'Eglise...
Ce qui est malhônnete, c'est d'accuser des chrétiens de vouloir islamiser les dogmes du christianisme sans avoir de faits étayant cette thèse.
Par ailleurs, bon nombre de musulmans font leur propre lecture de l'Islam (notamment dans les pays occidentaux).
2. Je crois être au-moins aussi bien renseigné sur l'Islam que bon nombre d'opposants à tout dialogue.
3. Je ne fais pas de leçons, ça ne servirait à rien. Même les leçons du magistère sont ignorées.
Si ce texte conciliaire ne vous suffit pas, il y a un autre passage dans Lumen Gentium, les déclarations de Jean-Paul II, d'évêques, etc.
Voir ici : http://www.gric.asso.fr/spip.php?article186
Evidemment que le témoignage porté par Mahomet est faux (ceux qui pensent le contraire sont musulmans).
Il n'en demeure pas moins que :
- Mahomet et donc l'Islam reprend un certain nombre de croyances et valeurs de la Bible.
- le comportement de certains musulmans peut faire réfléchir et réjouir les chrétiens (prier Dieu cinq fois par jour, respect de Jésus, de Marie, etc).
Mais, c'est précisément parce que le témoignage n'est pas le même qu'il n'y a aucun danger au dialogue.
Dès lors que la Foi chrétienne est solide (et c'est bien ce que je crois), il ne faut pas craindre de la confronter à l'Islam, de la partager avec les musulmans.
Et une étape essentielle de cette confrontation est la recherche des bases communes.
Non, c'est plus compliqué que cela, puisqu'ils se revendiquent bien du même Abraham, du même Jésus, et du même Dieu.Leur Abraham n'est pas notre Abraham
Leur Jésus n'est pas Notre Seigneur Jésus-Christ
Leur dieu n'est donc pas Notre Dieu
Plus compliqué, parce qu'il y a un risque de brouillage et de confusion (la vision musulmane sur Jésus n'est pas compatible avec la Foi chrétienne).
Mais, cela reste une base commune, de Foi et de dialogue.
Il appartient aux chrétiens d'expliquer ce qu'ils savent de Jésus ou Abraham aux musulmans qui disent (et croient sincèrement je pense) les suivre.
Encore une fois, avant d'aboutir à des conclusions aussi absolues, attention tout de même à ce que dit l'Eglise...
Il n'est pas malhônnete de poser une question.ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit , en tournant la question de cette façon vous savez que je ne pourrai pas répondre, c'est malhonnête.
Ce qui est malhônnete, c'est d'accuser des chrétiens de vouloir islamiser les dogmes du christianisme sans avoir de faits étayant cette thèse.
Sauf qu'il n'y a pas de lien avec le débat, personne ne revendique les thèses de ce Massignon, que je ne connais pas.Néanmoins j'ai mis un lien renvoyant sur un fichier audio où l'islamologue Marie Thérèse Urvoy professeur à l'université catholique de Toulouse traite de Massignon et son mouvement islamo-chrétien qui cherche à opérer une synthèse entre ces religions.
Sauf que le consensus est pratiquement très délicat à trouver, il y a des divergences très fortes suivant les écoles.Les avis des juristes classiques quand il y a consensus sont source de loi à même titre que le Coran et les hadith.
Par ailleurs, bon nombre de musulmans font leur propre lecture de l'Islam (notamment dans les pays occidentaux).
1. Je n'aime pas le mahométisme, je respecte l'Islam et je me dis que si le Saint Père et les évêques ont du respect pour cette religion, je peux bien en avoir aussi.bref si vous aimez le mahométisme c'est votre problème mais renseignez vous sur sa nature et vous viendrez nous faire la leçon après.
2. Je crois être au-moins aussi bien renseigné sur l'Islam que bon nombre d'opposants à tout dialogue.
3. Je ne fais pas de leçons, ça ne servirait à rien. Même les leçons du magistère sont ignorées.
Non, mais encore une fois, c'est le travail inter-religieux de l'Eglise avec l'Islam qui établit cette affirmation.Parce que vous pensez que ''le travail inter-religieux'' signifie peut-être devoir forcément révérer le même Dieu en conscience ?
Si ce texte conciliaire ne vous suffit pas, il y a un autre passage dans Lumen Gentium, les déclarations de Jean-Paul II, d'évêques, etc.
Voir ici : http://www.gric.asso.fr/spip.php?article186
Je ne vois pas le rapport avec la choucroute là.C'est le temoignage d'un seul homme qui sort de sa tente en disant voilà la parole de dieu.
Evidemment que le témoignage porté par Mahomet est faux (ceux qui pensent le contraire sont musulmans).
Il n'en demeure pas moins que :
- Mahomet et donc l'Islam reprend un certain nombre de croyances et valeurs de la Bible.
- le comportement de certains musulmans peut faire réfléchir et réjouir les chrétiens (prier Dieu cinq fois par jour, respect de Jésus, de Marie, etc).
Je ne crois pas avoir appelé à relativiser le dialogue (et encore moins le magistère).Il me semble qu'il y a un réel danger à relativiser le dialogue avec l'Islam. Car à la base nous ne transmettons pas au monde le même témoignage.
Mais, c'est précisément parce que le témoignage n'est pas le même qu'il n'y a aucun danger au dialogue.
Dès lors que la Foi chrétienne est solide (et c'est bien ce que je crois), il ne faut pas craindre de la confronter à l'Islam, de la partager avec les musulmans.
Et une étape essentielle de cette confrontation est la recherche des bases communes.
Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Oui nous n'avons rien à craindre à dialoguer. Mais mon expérience récente m'a montré que nous n'avons peu à nous dire.Fram a écrit :Mais, c'est précisément parce que le témoignage n'est pas le même qu'il n'y a aucun danger au dialogue.
Dès lors que la Foi chrétienne est solide (et c'est bien ce que je crois), il ne faut pas craindre de la confronter à l'Islam, de la partager avec les musulmans.
Et une étape essentielle de cette confrontation est la recherche des bases communes.
Le Pape Jean Paul II rappelle bien les points communs. Alors oui ils croient. Mais on peut croire en tout et n'importe quoi. En commun nous avons le fait qu'il est unique, vivant, qu'il nous a créé, qu'il y aura un jugement, j'en ai peut être oublier un, ah oui il nous a parlé. Mais pour eux il n'y a pas de personnes divines, pas de trinité, pas d'incarnation, Jésus n'est pas de même nature que le Père tout juste un prophète, il ne nous a pas sauvé (liste non exhaustive). Pour eux notre foi est vaine. C'est quand même l'essentiel de la révélation que nous n'avons pas en commun.
Je peux comprendre que le Pape appelle à se réjouir d'avoir des choses en commun, c'est quand même mieux que de s'affronter directement.
Nous vivons sur le même monde. Mais nous ne le regardons pas de la même façon.
Qu'est ce que le concept de personne d'ailleurs pour un musulman? les gens sont compris comme des individus au sein d'une communauté, très loin de la notion de personne. Nous ne sommes pas d'accord sur la personne, ni sur une égale dignité dans l'altérité. En fait nous n'avons pas la même anthropologie.
Lors de mes dernières discussions avec des musulmans nous n'avons même pas réussi à nous entendre sur la liberté (qu'est ce qu'un acte libre, qu'est ce qu'un acte bon) et le péché, sans parler de la justification.
Alors nous avons parlé météo et football et même sur ces sujets nous n'étions pas d'accord et le dialogue était difficile.
Nous n'avons pas les même notions anthropologiques, pas la même philosophie, pas le même témoignage de foi (vous avez d'ailleurs dit que le leur est faux et je suis d'accord). Ils pensent qu'ils ont raison et que de toutes façons ils seront bientôt plus nombreux, plus fort et mieux armés que nous pour nous l'imposer (je rapporte là des propos de connaissances musulmanes modérées).
Ils sont nos frères en humanité donc à ce titre éminemment digne respectable et surtout aimable comme le prochain qu'ils sont pour nous.
En tant que mon prochain je ne manque pas de leur annoncer la bonne nouvelle. A savoir qu'il y a un Dieu qui les aime, qu'Il a donné son Fils et que celui- par amour et obéissance nous a racheter sur la croix. Mais je ne vais pas au delà car après cela appartient à la grâce de l'Esprit-Saint et à leur liberté d'accueillir ou non la bonne et vrai nouvelle.
Bon courage à vous dans votre démarche.
"Amen, viens, Seigneur Jésus !" Ap 22,20
-
lmx
- Barbarus

Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
Ce qu'il y a de marrant avec les tenants de "l'esprit du concile" c'est qu'ils sont ultramontains, tout ce que peut dire un pape ou une déclaration pastorale acquiert immédiatement une valeur sacrée.Encore une fois, avant d'aboutir à des conclusions aussi absolues, attention tout de même à ce que dit l'Eglise...
Il y a aussi des catholiques qui font leur propre lecture du catholicisme , représentent-ils la religion catholicisme telle qu'elle existe depuis 2000 ans avec ses dogmes?Sauf que le consensus est pratiquement très délicat à trouver, il y a des divergences très fortes suivant les écoles.
Par ailleurs, bon nombre de musulmans font leur propre lecture de l'Islam (notamment dans les pays occidentaux).
Il s'agit du consensus des juristes classiques qui ont bâti la loi islamique entre le 8 et le 11è siècle et c'est l'accord de ces juristes qui constitue une source secondaire du droit islamique.
est ce qu'il vous arrive de lire ce qu'on écrit ?Ce qui est malhônnete, c'est d'accuser des chrétiens de vouloir islamiser les dogmes du christianisme sans avoir de faits étayant cette thèse.
Notre Dame de Kabylie est un très bon site qui j'espère continuera à dénoncer les excès de ce prétendu dialogue.
Des philosophes catholiques comme Rémi Brague ont aussi déjà pointé l'inutilité d'un dialogue théologique simplement parce que les musulmans parlent d'autre chose. Mais certains préfèreront toujours prendre l'islam tel qu'ils l'imaginent et le rêvent plutôt que tel qu'il est.
Re: Plaidoyer contre le relativisme islamo-chrétien
@DA95 Presque d'accord avec vous, sauf sur des aspects subjectifs d'utilité du dialogue. Bon courage dans votre démarche aussi.
Je suis catholique donc j'écoute l'Eglise qui s'exprime à travers la Saint-Père, les évêques et dans les conciles.
Je n'ai pas dit que c'était sacré (c'est votre invention), j'ai simplement dit qu'il fallait faire attention lorsque vos conclusions étaient à ce point en opposition avec le concile.
Une divergence sur un point donné ne fait pas de vous un hérétique.
De plus, l'Islam est nettement moins structuré (ou au-moins, moins clairement structuré) que l'Eglise.
Il est donc assez facile de se réclamer de tel imam ou de telle école coranique pour justifier (en toute sincérité) une divergence avec une autorité musulmane.
Il me semble que ce ne sont pas ectoplasmes musulmans qui vienent aux rencontres inter-religieuses et rencontrent le Pape et les évêques, ce ne sont pas des songes que la dame de l'article a invité à Fontenay.
Je ne connais pas cette catégorie des tenants de "l'esprit du concile".Ce qu'il y a de marrant avec les tenants de "l'esprit du concile" c'est qu'ils sont ultramontains, tout ce que peut dire un pape ou une déclaration pastorale acquiert immédiatement une valeur sacrée.
Je suis catholique donc j'écoute l'Eglise qui s'exprime à travers la Saint-Père, les évêques et dans les conciles.
Je n'ai pas dit que c'était sacré (c'est votre invention), j'ai simplement dit qu'il fallait faire attention lorsque vos conclusions étaient à ce point en opposition avec le concile.
Oui, il y en a, la discussion que l'on a sur l'importance d'un texte conciliaire par rapport à votre avis montre que vous pouvez être catholique et avoir des divergences (qui me semblent importantes) avec l'autorité religieuse.Il y a aussi des catholiques qui font leur propre lecture du catholicisme , représentent-ils la religion catholicisme telle qu'elle existe depuis 2000 ans avec ses dogmes?
Une divergence sur un point donné ne fait pas de vous un hérétique.
De plus, l'Islam est nettement moins structuré (ou au-moins, moins clairement structuré) que l'Eglise.
Il est donc assez facile de se réclamer de tel imam ou de telle école coranique pour justifier (en toute sincérité) une divergence avec une autorité musulmane.
Une phrase qui peut s'appliquer à tous (et à propos de n'importe quoi).Mais certains préfèreront toujours prendre l'islam tel qu'ils l'imaginent et le rêvent plutôt que tel qu'il est.
Il me semble que ce ne sont pas ectoplasmes musulmans qui vienent aux rencontres inter-religieuses et rencontrent le Pape et les évêques, ce ne sont pas des songes que la dame de l'article a invité à Fontenay.
Le relativisme dans le dialogue islamo-chrétien
Je propose ici un article de l'islamologue Marie-Thérèse URVOY sur ce mal qui ronge la théologie catholique, le relativisme.
Le Dieu "Voie, Vérité et Vie" et le Dieu de la "Religion immuable""Ouvrez l'oeil et méfiez-vous du levain des Pharisiens ..." (Mt 16,6)
Marie-Thérèse URVOY
Dans le présent texte, on excusera l'aspect didactique des quelques rappels élémentaires de théologie chrétienne qui ne prétendent évidemment pas informer les théologiens mais qui se trouvent être nécessaires pour les besoins comparatistes avec les éléments islamiques.
Dans les études islamologiques contemporaines, un des fleurons les plus prisés s'appelle « la lecture intertextuelle ». Elle est inspirée par l'analyse rhétorique des textes sacrés, qui conduit à marquer matériellement la distinction entre l'essentiel et le circonstanciel : l'essentiel est central dans le texte et le circonstanciel est périphérique. De ce procédé, on tire un enchaînement de déductions tantôt techniquement logiques, tantôt improbables. Ainsi, par exemple, à la faveur d'une géométrie variable, on propose une lecture de tel verset coranique de la sourate al-māʼida (la Table servie) à la lumière du texte johannique de la Cène; en les normalisant matériellement, on arrive à en unifier le sens et la portée théologique. Pourtant, ce type de comparaison demeure fragile : un certain parallélisme entre les versets ne signifie pas automatiquement, et par nature, intertextualité.
Un groupe de chercheurs composé de chrétiens et d'un musulman ont récemment mis en lumière un grand nombre de traits communs au Coran et à la Bible, en rattachant chacun de ces textes à de très anciennes traditions orientales et/ou indo-européennes; cela rassure, en un sens, sur l'origine commune des deux textes qui participent également au chapitre inédit « de l'intertextualité ». Cela permet aussi à quelques-uns de présenter le Coran, du fait qu'il évoque les autres révélations, comme la révélation qui les « regroupe » et les synthétise après correction.
Ceci étant, pour le musulman, le Coran est la Parole de Dieu réalisée en une « descente » concrète et matérielle sur Muhammad Son Prophète. Elle est une portion dictée par Dieu de la « matrice de l'Écriture (Umm al-Kitāb) éternelle », existant auprès de Lui. Tout verset « descendu » sur le Prophète étant la Parole de Dieu, le croyant fidèle à sa doctrine ne peut en aucune manière reprendre Dieu dans Sa Parole : tous les versets, sans exception, sont reçus de la même façon et vécus avec la même ferveur. Le texte coranique, par son origine divine, ne peut donc subir aucune révision humaine. De plus, dans le Coran, toute révélation comprend une Loi; cela induit une dimension extraordinaire dans la praxis cultuelle des croyants.
En regard, pour le chrétien, l'Évangile, en tant que Nouveau Testament dans la Bible, est un événement, un dialogue, dans le sens où Dieu fait don de Lui-même à l'homme en se « connectant » à son humanité en tant que Fils. C'est une Écriture avec une histoire et une économie du salut qui s'articule sans la mesure prescriptive légaliste, restée dans l'Ancien Testament.
Le statut de chacune des Écritures a commandé deux réceptions du texte et deux types d'interrogation spirituelle et théologique.
Depuis longtemps, des intellectuels musulmans se sont attachés à explorer l'histoire du texte et sa transmission, sans déroger cependant aux règles islamiques de la recherche scientifique, à savoir la quête en circuit fermé : hadîth (tradition prophétique), Coran, Sīra (biographie du Prophète), Tafsīr (exégèse), etc. Chacune des sources s'appuie et renvoie aux autres. De ce fait, l'islam n'a jamais connu de courant relativiste et le croyant ne connaît pas le doute théologique, sinon la crainte d'une possible transgression de la Loi de Dieu. Tout au plus les plus érudits auront-ils à coeur de faire la démonstration de la dualité entre la Parole de Dieu, qui est auprès de Lui de toute éternité, dont parle le Coran, et celle qui s'est incarnée en un Livre.
Certains même s'enhardissent à refuser le tanzīl (descente) d'un coup ou par séquences durant la vie de Muḥammad, supposant que c'est après la mort du Prophète que la collecte reconstitue et restitue l'ensemble de la révélation. Pour le prouver, ils développent tout élément qui montre la différence entre la « Parole éternelle » et la « réalisation finale » en évoquant des « variantes », des « révélations sataniques », des « textes perdus ou non retenus », des interpolations. C'est ce que fait, par exemple, Monsieur Amir-Moezzi, qui a dirigé le Dictionnaire du Coran (auquel j'ai participé pour les thèmes concernant le christianisme). En dépit de la modernité de la démarche de ces auteurs, il faut reconnaître que deux questions ne sont quasiment jamais posées, si ce n'est sous peine d'excommunication : le texte est-il de Dieu ou de Muḥammad ? Et quelle était la vraie nature du rapport entre Dieu et Son Prophète ?
D'autres suggèrent que la conception de Dieu qu'avait Muḥammad n'est pas la même que celle qui découle de la collecte faite du Coran. Ils disent même que le Coran n'est pas conforme à l'intention du Prophète. Tel qu'il a été collecté, le Coran n'est pas, ou du moins ne correspond pas au message que Muḥammad a voulu transmettre. Naṣr Ḥāmid Abū Zayd est même allé jusqu'à affirmer que l'islam de Muḥammad n'est pas celui que nous connaissons par le Coran, tel que présenté par l'orthodoxie traditionnelle. Ce faisant, il sauve d'une certaine manière l'islam, par-delà la forme critiquable qu'il revêt de nos jours.
Quant à la méthodologie, on peut relever que la plupart, à différents degrés, voit dans la corruption du message coranique la cause principale de la sclérose de l'islam et de son fixisme. Pour l'historien contemporain Mondher Sfar, réfugié en France, la corruption du message est à imputer aux choix qui remontent à la mise par écrit du texte sacré : l'histoire officielle de l'islam nous enseigne qu'il y eût à l'origine diverses versions du texte; elle nous renseigne sur les raisons purement politiques de l'établissement de la version othmânienne et de la destruction des autres versions, etc.
Déjà Maḥmūd Ṭaha, qui fut pendu à Khartoum pour apostasie en 1982, faisait remonter la corruption du message à l'hégire, donc du vivant même du Prophète, au moment où « descendirent » les versets prescriptifs et domestiques du Coran. Encore plus tôt, dans les années 1920, ʽAlī ʽAbd al-Rāziq pensait que c'est à la mort du Prophète que se situe la corruption du message, lorsque la question politique s'est posée par rapport au califat (succession du Prophète). Selon lui, ce problème appartenait au temporel, qui parasitait le spirituel. ʽAbd al-Rāziq, qui était cadi, fut radié du corps des oulémas. Fils de famille riche et puissante, sa vie du moins fut épargnée, mais il finit au ban de la communauté.
En regard de ces efforts de réflexion, qui restent individuels, le climat général continue d'appartenir à un autre âge. C'est ainsi que, beaucoup plus près de nous, des musulmans syriens se sont interrogés pour savoir s'il était licite (ḥalāl) que le pape des infidèles, Jean-Paul II, entrât à la mosquée des Omayyades à Damas. D'autres musulmans, à Riyad, appliquent scrupuleusement les peines légales prévues par la Loi de Dieu. Dans certaines mosquées, le vendredi, des imâms prononcent des prédications identiques en lexique et en images à celles des premiers temps islamiques. Le débat théologique est absorbé par le débat sociétal, car les croyants recherchent surtout une visibilité spécifique. La dimension législative de leur religion est là pour leur rappeler.
Ces efforts déployés par les intellectuels musulmans ont d'autant plus de mérite qu'ils ont oeuvré, et oeuvrent toujours, individuellement. Aucun n'a fait école. L'islam officiel, démocratique, interdit la formation d'un courant libéral, dans leur sillage, qui ouvrirait la voie à une réflexion et à une approche renouvelées. Les uns sont contraints de s'exiler, beaucoup de ceux qui restent sont assassinés et leurs familles persécutées, quand elles ne se retournent pas contre eux.
La cohésion du groupe est favorisée par le concept fort de «communauté» (umma). Cela me rappelle un souvenir de notre professeur à la Faculté de Sharîʽa de Damas, le cheikh Kaftarô : « À tort ou à raison, c'est notre communauté » (Fī-l-ḫaṭāʼ aw fī-l-ṣawāb,hiyya ummatunā). Ainsi commençait un cours de trois heures, sans pause, sur la fraternité islamique. Peut-être comprendrons-nous ainsi pourquoi, jusqu'à tout récemment, on ne voyait jamais de manifestation de masse pour dénoncer un attentat, ou un crime commis par un membre de la communauté.[1]
Le Christianisme, en laissant la Loi dans l'Ancien Testament, a permis aux chrétiens une évolution de la réflexion sur le texte sacré. Cette évolution, avec le bien qu'elle pouvait comporter, exposait les fidèles à de nombreux dangers. Alors qu'aucun des réformateurs musulmans n'avait réussi à fonder un courant affranchi du légalisme, des théologies chrétiennes radicales ont vu le jour, défiant la foi des fidèles.
Dans les années 1980, la théologie de la libération entendait donner une réponse nouvelle et pratique au problème de la Rédemption. Elle entendait remplacer le terme « rédemption » par « libération », perçu comme moins traditionnel. L'on changea de vocabulaire, mais l'on demeura face à un monde qui, selon ces théologiens « ne correspond pas à la bonté de Dieu : pauvreté, souffrance, iniquité, etc. sont et demeurent des manifestations de tous les temps ». La lutte de la théologie de la libération contre les structures de l'injustice devait donc passer par la politique, dans la mesure où les structures sont maintenues par cette dernière. Un pas devant l'autre, la rédemption devenait un processus politique auquel la pensée marxiste apportait ses principales orientations; elle est alors une oeuvre assumée pleinement, métamorphosée en une espérance strictement temporelle : on théorisa ainsi la transformation de la foi en une pratique et une action concrète et libératrice. Des chrétiens aboutissaient à une foi devenue praxis. Par opposition, on se souviendra que des musulmans payèrent de leur vie d'avoir voulu ne retenir de la foi que le spirituel.
Progressivement, la théologie de la libération évolua vers une idéologie politico-marxiste qui voulait se substituer à l'action de Dieu. Mais en 1989, la chute du mur de Berlin changea le support théologique. Le marxisme avait voulu donner une formulation globale, valable tout au long de l'histoire. Il se fondait sur des méthodes d'apparence scientifique; il a fini par remplacer la foi par la science, et par transformer la science en action pratique. La ruine du seul système qui offrait une solution aux malheurs humains à partir d'une base scientomorphe a laissé place à un relativisme agressif.
De nos jours, ce problème majeur de la foi se définit positivement en recourant aux idées de tolérance, de connaissance dialogique et de liberté, qui ont longtemps été restreints par la conception d'une vérité unique et universelle. Bien plus, le relativisme s'est toujours voulu un fondement philosophique de la démocratie.
Or la convivialité humaine ordonnée selon des critères libéraux a rapidement atteint ses limites : même dans la sphère politique, le relativisme intégral a échoué. Il y a des injustices qui ne seront jamais réparées, comme le meurtre des innocents, les assassinats pour délit d'opinion ou de confession différente...
Ce qui caractérise le relativisme, c'est qu'il ne s'assigne aucune limite; il a explicitement investi le domaine religieux et éthique, conditionnant le dialogue théologique dès les années 1950. La théologie pluraliste des religions existait déjà à cette époque. Elle remplacera ouvertement la théologie de la libération à la fin des années 1980. Organiquement, il existe une relation réelle entre remplacé et remplaçant, ce dernier s'efforçant de renvoyer une image dépoussiérée du premier, actualisée et adaptée au code convenu du pathos des idéologies à la page. Fort de son auto persuasion, le relativisme prétend qu'il est la vraie philosophie des cultures. De fait, il s'est emparé d'une position importante à un carrefour qui ne tolère point de concurrence et ne s'oblige à aucune frontière. C'est d'ailleurs la principale caractéristique du relativisme.
Adopté ouvertement en christianisme par la religion et l'éthique, le relativisme a investi la théologie. Son fonctionnement se résume ainsi : tout ce que nous percevons n'est pas la véritable réalité, telle qu'en elle-même, mais seulement son image reflétée dans notre échelle de critères. Au tout début, les théologiens relativistes ont essayé une formulation christocentrique. Ils sont ensuite passés à une approche théocentrique, après leur contact avec d'autres systèmes religieux. L'identification de Jésus, figure historique, avec la « réalité » elle-même qui est le Dieu vivant, est écartée comme « retour au mythe ». Jésus est expressément présenté comme un génie religieux parmi d'autres, au motif que Celui qui est Absolu ne peut se donner dans l'histoire. En effet, on ne trouve dans la vie de Jésus que des exempla, qui sont des idéaux et qui nous renvoient à l'autre et à ce que nous pouvons saisir en tant que tel dans l'histoire.
Par conséquent, l'Église, le dogme et les sacrements ne peuvent avoir une valeur de nécessité absolue. Accorder une valeur absolue à ces moyens finis, en les considérant comme une rencontre réelle avec la vérité, valable pour tous, du Dieu qui se révèle, cela voudrait dire « absolutiser » le particulier et donc déformer l'infinité du Dieu totalement autre.
À partir de ce concept propagé au-delà de sa théorisation, penser qu'il y a réellement une vérité qui lie et qui vaut pour l'histoire même dans la figure du Christ et la foi de l'Église, est jugé comme un fondamentalisme, un attentat contre l'esprit moderne et une menace polymorphe contre ses vertus principales : la tolérance et la liberté. Désormais, le dialogue de la tradition platonicienne et chrétienne, qui avait une fonction significative, change de nature. Même le credo devient relativiste et antinomique de la conversion et de la mission. Dans l'esprit relativiste, le dialogue signifie que l'on met sur le même plan sa foi, avec ses composantes, et les convictions et croyances des autres. On ne peut donc plus estimer que sa foi soit plus vraie que les autres. On est même tenu de supposer qu'en vérité, l'autre a raison autant que soi, ou même davantage, si l'on veut être à la hauteur du dialogue.
Dans le temps, on apprenait à l'école que le dialogue devait être un échange entre des positions foncièrement paritaires, et donc relatives les unes par rapport aux autres, le but étant de parvenir au maximum de coopération entre les diverses conceptions religieuses. En l'espèce, dans l'équation relativiste, la dissolution de la christologie et de l'ecclésiologie devient une règle indispensable. La foi en la divinité d'un seul conduirait au fanatisme et au particularisme. On confond amour du prochain et démission et, par suite, ne pas démissionner serait un manque d'amour, et donc un manque de foi.
Le dialogue interreligieux, tel qu'il est pratiqué de nos jours, est nourri de ce système idéologique où la figure du Christ en croix et la croix elle-même sont éliminés au profit d'un Jésus-prophète et sa mère Marie-modèle sublimé de la parfaite croyante. Au Liban, un Jésuite a réussi, avec ses partenaires musulmans, à faire déclarer l'Annonciation « fête islamo-chrétienne », jour férié, car Marie est dans le Coran et dans l'Évangile. Qu'il ne s'agisse pas de la même Marie, et encore moins de la même réception du message de l'ange, importe peu. La paix sociale est sauve, cette paix célébrée en Occident comme un absolu par Hans Küng et ses disciples. Le Jésuite libanais et le théologien suisse communient dans une sévère adaptation des textes en ce sens.
Ce type de raisonnement relativiste a introduit une dimension temporelle inédite dans la sphère textuelle théologique chrétienne. Pendant ce temps, en terre d'islam, des intellectuels musulmans luttent au contraire pour séparer le spirituel du temporel dans leurs textes, avec tous les risques que nous savons.
Le relativisme qui dialogue a reposé sur un binôme caractérisé : un musulman plus musulman et un chrétien moins chrétien. Sur le plan doctrinal, une véritable déportation des valeurs doctrinales du second, sans une réciprocité du premier, s'est imposée naturellement. Cela s'est traduit dans la vie de chacun d'eux par une approche des textes originale, voire inventive quant à l'emploi.
Allah s'adresse à Ses créatures à travers des formes théophaniques par lesquelles Il se révèle : Mont Sinaï, buisson ardent, etc. Tout existant est une manifestation de Dieu et le Coran dira : "Dieu est le Manifeste et le Caché" (LVII, 3). Les mystiques adopteront ce type lexical et gloseront la théophanie dans des classifications procédant d'un point de vue ontologique. Cependant, en islam, les prophètes entendent Dieu plutôt qu'ils ne le voient. Pour le musulman, Dieu dit dans le Coran comment Il veut être nommé et comment Il veut qu'on L'adore. La conviction du musulman est légitimée en ce qui concerne l'efficacité rituelle de sa praxis dans alasmā ʼ al-ḥusnā (les beaux noms de Dieu); ils sont contenus dans la Révélation descendue en dictée matérielle sur Muḥammad. C'est ainsi que Dieu se révèle au prophète arabe, pour le peuple arabe, en arabe. Les 99 beaux noms de Dieu se ramènent à quelques champs sémantiques, tels que l'existence, l'éternité, l'unicité, la perfection, la vie, la toute-puissance, l'omniscience, "Celui qui procure la sécurité", "Celui qui guide", la générosité, l'indulgence et l'amour des croyants... Ces thèmes sont évidemment communs à l'islam et au christianisme; mais il n'en demeure pas moins que font partie de la liste au même titre et avec la même valeur de "beaux noms", les noms de :
- ğabbār, qu'une traduction chrétienne, ostensiblement bienveillante [2], rend par "le Très fort", alors qu'en fait l'homme arabe le comprend dans son sens philologique qui signifie "Celui qui contraint par violence" [3].
- mutakabbir, que ladite traduction chrétienne rend par "qui seul peut se glorifier de Sa perfection", et qui signifie en fait "altier, orgueilleux" [4].
- qahhār, que ladite traduction chrétienne rend par "Celui dont la domination s'étend sur toutes les créatures", et qui est en fait "Celui qui soumet, qui asservit" [5].
- fattāḥ, comportant plus d'ambiguïté : il est rendu dans ladite traduction chrétienne par "le Révélant". Il est compris par les musulmans soit comme "Celui qui ouvre - au sens de juger ou Celui qui ouvre les moyens de subsistance -", soit comme "celui qui donne la victoire" [6].
On ne saurait donc prendre indistinctement l'ensemble des noms d'Allah comme base cultuelle commune.
La révélation coranique, incréée et descendue dans sa matérialité sur le prophète, pénètre et modèle l'esprit du musulman soumis (muslim) à Dieu et à Son prophète. Il se doit d'observer cette révélation divine dans son intégralité sans exception aucune qu'instille le texte dans le mental du croyant selon un procédé subtil et progressif à la fois : dans le texte coranique l'analyse du vocable dīn (religion) révèle une polysémie remarquable. Il a le sens de "rétribution" qui éveille le croyant à l'idée de récompense [7]. On peut signaler que la même racine génère le terme dayn signifiant "dette". De ce fait, le croyant pieux se sentira toute sa vie "redevable" et oeuvrera pour ne jamais démériter. Le Coran lui annonce également la "Religion immuable" (al-dīn al-qayyim, Cor. IX, 36) et lui enseigne la "religion de vérité" (dīn al-ḥaqq, IX, 29) qui doit triompher de toute autre religion (IX, 33). Le coeur du croyant pacifié peut se déclarer en conscience "dans la voie droite" (ṣirāṭ almustaqīm). Enfin, le croyant est gagnant dès ici-bas car il s'est soumis à Dieu en parfaite conformité avec Sa parole qu'Il a descendue sur Son Prophète; il croit en la meilleure religion qui soit offerte par Allah (IV, 125 [8] et III, 110). Il appartient à la meilleure communauté que Dieu ait fait surgir pour les hommes; avec sa communauté, ils ordonnent le convenable et interdisent le blâmable, car Dieu les a institués critère du bien et du mal (III, 110). Une communauté une (II, 23), équilibrée, "du milieu" (II, 143).
En christianisme, le chrétien est libre, s'il se soumet c'est à sa seule conscience chrétienne, nourrie de l'Évangile tel qu'il est reçu et interprété par la Tradition. Dieu qui est bon et amour l'accompagne afin que, sans entraves, ni d'esprit ni de corps, il soit libre pour accomplir Sa volonté. Le chrétien est libre pour agir comme Dieu le veut. Mais Dieu aime les hommes, Il veut leur bien et leur bonheur. Sa volonté n'est pas celle d'un maître menaçant ou contraignant; c'est la volonté d'un Père qui ne s'oppose pas à Ses enfants mais qui les aime et qui les guide. Le chrétien est un être libre, il a donc le droit de choisir mais aussi le devoir de bien choisir. Toutefois la liberté n'est pas l'anarchie et ne peut être, "cette liberté absolue tempérée par la mode" comme le dit Soljenitsyne. La liberté chrétienne est celle de la vérité. "La vérité vous rendra libre" dit Jésus (Jn 8, 32). C'est librement que le chrétien essaie toute sa vie de faire la volonté de Dieu en suivant l'enseignement du Christ.
Dieu Père est la première personne divine de la Trinité, il est père des hommes par le don de Sa nature divine et par Sa grâce surnaturelle; Il fait d'eux Ses propres enfants. Il s'agit de filiation divine qui les rend semblables à l'image de Son Fils, participants de la nature divine. Aussi leur parle-t-Il ainsi : "Aimez vos ennemis, priez pour vos persécuteurs, ainsi serez-vous les fils de votre Père qui est aux cieux" (Mt 5, 43-45). Dieu Père veut des enfants doués d'un amour qui dépasse l'entendement ordinaire. En leur qualité d'enfants de Dieu, il leur sera demandé d'aimer leurs ennemis. Ce sera là même leur signe distinctif [9]. C'est un Père qui connaît chacun de Ses enfants. Il le veut discret et s'adresse au singulier à chacun d'eux pour signifier Sa présence et Sa proximité : "Quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme sur toi la porte, et prie ton Père qui est là, dans le secret" (Mt 6,6). Ce lien surnaturel entre Dieu le Père et Ses enfants est rappelé tout au long du Nouveau Testament et ce dès l'évènement majeur du christianisme qu'est l'Incarnation.
Dieu est Père, mais sur terre, il se révèle en Son Fils qui affirme clairement : "Je suis la Voie, la Vérité, la Vie" (Jn 14, 6), et "de tout être, Il était la Vie, et la Vie était la lumière des hommes" (Jn 1, 4). Il ne s'agit pas ici de définir une nouvelle religion ou d'une profession de foi monothéiste, mais bien d'un Dieu transcendant qui Se fait immanent par amour.
Jésus est la Voie en tant qu'il révèle le Père : "Le Fils unique qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaitre" (Jn 1, 18) [10]. Jésus est la Vérité, en tant qu'il enseigne et incarne la religion en esprit, seul agréé du Père (Jn 4, 23-24.). L'esprit ici est le principe de la nouvelle naissance ("Ce qui est né de la chair est chair et ce qui est né de l'esprit est esprit", Jn 3, 5) et aussi le principe du culte nouveau. Ce culte est "en vérité", parce que seul il répond à la révélation que Dieu en fait par Jésus. Enfin Jésus est la Vie puisque la Vie éternelle c'est connaître le Père présent dans le Fils (Jn 17, 3). La révélation, liée jusque-là à la loi mosaïque, vient maintenant aux hommes par le Christ.
Il s'agit d'une révélation communiquée par la deuxième personne de la Trinité divine : le Fils du Père et Sa divine Parole (Logos), qui possède de toute éternité l'unique essence divine à Lui communiquée par le Père. Il a assumé dans le temps, par Marie, une nature humaine, réalité intégralement propre à Lui. Le Christ possède ainsi, dans l'union hypostatique, une nature divine et une nature humaine, sans mélange ni séparation. Il est donc le même réellement Dieu et réellement homme. Il n'est certainement pas une simple union spirituelle de Jésus avec Dieu, comme le veut la théologie libérale sur Jésus, ou un prophète, et qu'un prophète, même grand, comme le veut le Coran. En ceci Jésus Christ constitue un mystère de foi au sens strict du mot.
La révélation en islam est cette dictée, descendue concrètement sur Muḥammad, le prophète arabe. Celui-ci se présente comme le successeur des grands prophètes antérieurs, et comme "sceau de la prophétie", tout en revendiquant l'héritage biblique. En islam, la révélation est consubstantielle au prophète, comme le développent certains soufis. Le prophète y affirme restaurer les Écritures altérées volontairement par les disciples de Moïse et de Jésus. Le prophète Muḥammad est le porte-voix de la révélation coranique. Il la "lit", il la "récite". C'est une révélation contenue dans un Livre, le Coran; elle est incréée. Ce qui constitue un mystère en soi, mais en islam le débat théologique à ce sujet fut toujours des plus restreint et souvent mis en échec.
Enfin, l'autre aspect que le relativisme qui dialogue veut ignorer est le fait que le musulman appartient à une communauté déclarée par Dieu "la meilleure qui soit pour l'humanité" (Cor. III, 110). Le musulman en est viscéralement jaloux : de son appartenance à elle relève sa foi même. Dans l'espace de la umma, Coran et Prophète font pour lui une division du monde bien distincte : celui des croyants (lui dans sa umma) et celui des incroyants (tout ce qui n'est pas eux). La frontière est étanche, on ne peut sortir du premier mais l'on peut y rentrer ; bien plus, chaque créature nait prédisposée, avant la naissance, à être musulmane [11]. Lorsqu'elle rentre dans la umma, elle ne fait que retourner vers le plan de Dieu. Dans une communauté "surgie aux hommes" (III, 110), qui ne connaît pas le relativisme, l'immuabilité et la pérennité des textes sont garantis.
En christianisme, le concept de communauté repose sur l'élaboration spirituelle de la doctrine de l'Église s'originant dans la notion du Bien commun. Théologiquement parlant l'idée s'est transcendée. La fondation de l'Église se réalise lorsque Jésus appelle à entrer dans le Royaume de Dieu. Ce peuple appelé était le "peuple de Dieu" dans l'Ancien testament. Lors de son transfert à l'Église du Nouveau testament, il devient l'Église même qui s'appelle également "le corps mystique du Christ". De sa conscience d'elle-même, relève sa conscience du lien qu'elle a avec le Christ, et de l'amour solidaire de ses membres entre eux.
Le relativisme s'efforce de remettre en question cette double conscience afin de déspiritualiser le concept chrétien dans un élan irrépressible vers des concepts plus concrets chez l'autre.
Références
[1] Une centaine d'Afghans ont cependant manifesté à Kaboul, récemment, contre l'exécution d'une femme accusée d'adultère.
[2] Chrétiens et Musulmans : Prier ensemble? Réflexions et Textes. Document de travail du Comité “Islam en Europe” du Conseil des Conférences Episcopales Européennes (CCEE) et de Conférence des Eglises Européennes (KEK). Ce texte a d'abord été publié sur le site http ://www.cec-kek.org/Francais/PrayintogetherF.pdf. Mais ce site ne semble plus exister et on peut consulter le texte sur le site notredamedekabylie.net.
[3] Cf Lisān al-ʽarab (Dār al-maʽārif, le Caire, s.d.), à ğ-b-r. Dans la traduction de Médine (La Présidence Générale des Directions des Recherches Scientifiques Islamiques, de l'Ifta, de la Prédication et de l'Orientation religieuse) en LIX, 23 : "le Contraignant".
[4]Cf Lisān al-ʽarab à k-b-r. Dans la traduction de Médine en LIX, 23 : "l'Orgueilleux".
[5] Cf Lisān al-ʽarab à q-h-r. Dans la traduction de Médine en VI, 18 et 61 : " Dominateur sur Ses serviteurs", et en XII, 13, 16 et 39 : "qui asservit".
[6] Cf Lisān al-ʽarab à f-t-ḥ. Dans la traduction de Médine en XXXIV, 26 : "le Grand Juge".
[7] Cor. XV, 35 : "Et malédiction sur toi jusqu'au jour de la rétribution"; XXVI, 82 : "Et c'est de Lui que je convoite le pardon de mes fautes le Jour de la rétribution" (trad. de Médine).
[8] "Qui est meilleur en religion que celui qui soumet à Allah son être, tout en se conformant à la loi révélée et suivant la religion d'Abraham?"
[9] Lc 6, 27-35; Mt 5, 43-45.
[10] "Qui me voit voit Celui qui m'a envoyé" (Jn 12, 45); "Qui m'a vu a vu le Père" (Jn 14, 9).
[11] "Dirige tout ton être vers la religion exclusivement pour Allah, telle est la nature qu'Allah a originellement donnée aux hommes - pas de changement à la création d'Allah -. Voici la religion immuable..." (XXX, 30) Que Suyyūṭī commente : "Observez la création de Dieu, telle qu'Il l'a faite pour les hommes, à savoir qu'ils sachent qu'ils ont un Seigneur - c'est-à-dire la religion de l'islam" (en marge de l'édition du Coran, Dār alrašīd, Damas-Beyrouth, s.d.).
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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