M. Dumouch,
vous recommencez : vous annoncez que vous allez faire une démonstration théologie (en théologie, l'agonie c'est le passage entre ce monde et l'autre), et pour prouvez ce que vous affirmez, vous vous appuyez sur la mystique.
Personnellement, la mystique, j'aime bien. Ca me parle généralement plus que la théologie, c'est plus dans ma sensibilité personnelle. Mais ne mélangeons pas tout.
Par ailleurs, je ne pense pas qu'on puisse faire de la théologie malgré l'Ecriture. Hors, quand je regarde l'article "Agonie du Christ" dans le Dictionnaire de Théologie Catholique (qui n'a pas d'article "Agonie" tout court, ce qui m'amène à penser que ce n'est pas un concept ayant un sens propre à la théologie), je tombe sur ceci :
Dictionnaire de Théologie Catholique, art. Agonie du Christ a écrit :St Luc, 22, 43, se sert de cette expression pour rendre l'angoisse du Christ, lorsqu'il priait à l'écart au jardin des oliviers, avant d'être arrêté par les juifs.
http://jesusmarie.free.fr/dictionnaire_ ... tre_A.html
Pour mémoire, je rappelle le verset de St Luc en question :
Lc, 22 a écrit :43 Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait.
44 Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre.
J'ai pris le soin de vérifier qu'il n'y a pas un artefact de traduction, et non, c'est bien le terme utilisé par St Luc en grec :
Καὶ γενόμενος ἐν
ἀγωνίᾳ, ἐκτενέστερον προσηύχετο.
Je ne suis pas hellénophone, mais en regardant dans un dictionnaire, j'ai cru comprendre que le terme signifiait plutôt "émotion forte", et que c'est de St Luc justement que nous tenons cette évolution sémantique pour désigner l'angoisse qui précède la mort (et de là, les dernières heures avant la mort).
C'est d'ailleurs bien le terme "agonie" qui est utilisé comme 1e méditation des mystères douloureux du Rosaire. On ne parle pas d'agonie du Christ quand on aborde la question de sa mort, ni même de ce qu'Il a fait entre le moment de sa mort et celui de sa résurrection (avec tournée au Sheol, tout ça).
Si vous soutenez qu'en théologie, le terme "agonie" désigne effectivement le passage de la mort, alors merci de donner une référence théologique (autre que vos propres écrits) qui définisse ainsi le terme. J'ai cherché dans les ressources auxquelles j'ai accès, et je n'ai
rien trouvé, pas même un indice.
Pour mémoire, je rappelle aussi la définition de l'Académie Française, qui n'est certes pas théologique, mais bon, je n'ai rien trouvé au DTC, donc je suppose que le sens courant du terme reste pertinent :
AGONIE n. f. XVIe siècle, aigoine. Emprunté du latin chrétien agonia, « angoisse », « angoisse de la mort », du grec agônia, « lutte (dans les jeux) », d'où « agitation, angoisse ».
1. Tourment, angoisse (vieilli). RELIG. CHRÉTIENNE. L'agonie du Christ au jardin des Oliviers, son angoisse accompagnée d'une sueur de sang, selon saint Luc. 2. Dernière lutte d'un être vivant contre la mort. Être à l'agonie. Entrer en agonie. Les affres de l'agonie. Une longue agonie. 3. Fig. Décadence à son dernier terme. L'agonie d'un État, d'une société, d'une civilisation.
Je ne vois pas comment la dernière lutte d'un être vivant contre la mort pourrait devenir ce qu'il traverse une fois que la mort a remporté le combat.
La définition de l'agonie au dictionnaire, l'usage du mot chez St Luc, la description que fait Ste Faustine des derniers instants avant la mort, tout cela concorde parfaitement avec la description médicale actuelle de l'agonie.
etienne lorant a écrit :Et donc, les conversions "in articulo mortis" sont loin d'être "rarissimes" !
In articulo mortis, il y en a beaucoup.
In media mortis, ou même "in media viae mortis[/i] selon l'expression de M. Dumouch, je n'ai rien trouvé à part cette théorie de M. Dumouch, théorie à laquelle je peine à trouver des fondations solides.