J'admet avoir un peu tendace à tout "mentaliser" et je veux bien croire que certaines personnes ne s'extasient pas en lisant une Constitution Dogmatique ; pour autant, c'est là que se trouve le message du Christ, sous une forme certes théorique, mais pas moins vraie ! Et ce qui est certain, c'est que la pratique chrétienne doit sans doute s'adapter, mais c'est de la théologie qu'elle doit trouver son souffle, son fondement.
En tout cas dans l'Ecriture et la Tradition infaillible, j'ai du mal à trouver la justification pour absoudre un remarié vivant dans le péché.Et non, il n'y pas d'unanimité sur ces questions, vous avez du lire le document de Mgr Bonny comme moi qui n'est qu'un exemple parmi d'autres et si vous lisez la revue des Jésuites Etudes, vous constatez que les interprétations sont variées. L'Eglise se cherche et se réinvente sans cesse, c'est sa richesse. La foi chrétienne de toute façon n'est pas basée sur la logique mais sur la relation.
Maintenant, si l'Eglise statuait dans le St Synode qu'il faudrait faire un divorce religieux à l'orthodoxe, je lierais attentivement les justifications présentées. Mais cela m'étonnerais franchement. Vous remarquerez que pour défendre la position "conservatrice", on peut abondamment citer l'Ecriture et les Pères. Ambroise de Milan, Saint, Père et Docteur de la Tradition, n'a pas tout à fait la même autorité que Mgr Bonny.
Il faut rappeler que le chemin de la sanctification et de la déification n'est pas une partie de plaisir. C'est une guerre totale contre le mal enraciné en nous. Le plus grand bien pour l'homme n'est d'ailleurs pas le mariage, mais le célibat. Alors dit comme cela je suppose que ça manque singulièrement de charité, et que cela contredit quelque peu l'un des deux apophtegmes de ma signature (c'est pourquoi je maintient ma position sur le champ théorique et non pratique, en me distançant d'un jansénisme malsain), MAIS tout de même il me semble que le rôle de l'Eglise est d'encourager les gens à se dépasser, à se raprocher sans cesse plus de la Sainteté qui n'est pas réservée à quelques élus mais à tous et non à voir comment les gens peuvent gérer au mieux leur fornication ou leur adultère sans se sentir "exclus".
Bien entendu, dans la pratique, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne, il y a de puissant déterminismes qui agissent et il faut comprendre ceux qui pêchent parce que nous sommes tous autant que nous sommes dans la même noirceur immonde. Il faut guider, aider, gérer au cas par cas, faire preuve de bienveillance. Mais il faut garder en tête qu'au bout du compte, l'adultère, le sexe hors-mariage reste en toute circonstances un péché objectif, même si bien entendu il y a autant de degré différents et de circonstances atténuante que de cas concrets. Alors quand le Cardinal Ratzinger appelait à l'abstinence sexuelle, il ne faisait que rappeller la nature profonde de l'adultère : c'est un péché. Si vous pensez que cette position est stupide ou rétrograde, alors il vous faut assummer que l'adultère, le remariage ou le sexe hors-mariage n'est PAS un péché. Et là vous allez avoir du mal à trouver des sources dans l'Ecriture et la Tradition (qui constituent la Doctrine, ou l'Evangile, la Bonne Nouvelle au sens large) qui justifient votre point de vue.
Le Christianisme est radical dans son essence. Un catholicisme bourgeois de conveance est à cet égard une aberration, mais à mon avis un catholicisme libéral qui relativise la Doctrine l'est tout autant. Il faut véritablement l'épouser, cette Doctrine. D'autant que les dogmes, par essence, ne peuvent évoluer, vous me l'accorderez. Le message du Seigneur est intemporel !
Personnelement, je pense que beaucoup de travail est à faire dans la préparation du mariage, avant de statuer sur la façon de séparer les époux.
Je ne crois pas que les deux "concepts" s'excluent.La foi chrétienne de toute façon n'est pas basée sur la logique mais sur la relation.
La façon dont peut être théorisée la relation elle-même est justement d'une grande beauté. Je ne me remettrais jamais de mes lectures sur le rapport de l'homme à Dieu dans le processus de déification de l'home (je préfère les termes orientaux, plus justes et plus beaux à mon sens). C'est la Beauté suprême du Christianisme en tant que système qui me fait sourire (entre autre chose !) quand je contemple Dieu dans la prière.
Dieu vous bénisse et vous garde,
Héraclius, grand pécheur bien peu "radical" dans son approche de la Sainte Doctrine au quotidien -




