En premier lieu, la phrase que vous nous rappelez est exacte. Néanmoins, elle ne concerne pas la position de Nicolas Sarkozy lui-même, mais celle de l'Union européenne. C'est l'Union européenne qui se trouvait ici interpellée par Nicolas Sarkozy.
Je vous rappelle aussi que Nicolas Sarkozy n'est pas Jacques Chirac et, qu'au contraire de ce dernier, il s'est toujours prononcé, à la condition que l'on veuille bien ne pas inventer des petites phrases en isolant tel ou tel propos de son contexte, contre l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne.
Je tiens aussi à vous rappeler que la position de l'UMP est claire sur ce point. L'UMP est pour un partenariat privilégié avec la Turquie et non pour une adhésion. Je cite :
"Au moins cinq raisons majeures s'opposent à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne : 1. La Turquie n'est pas européenne géographiquement. (...) 2. Dans 20 ans, la Turquie sera le premier pays en Europe par sa démographie. (...) 3. L'Union européenne est dans l'impossibilité de faire face au coût d'intégration de la Turquie. (...) 4. La Turquie ne reconnaît toujours pas Chypre, État membre de l'Union, et n'a pas effectué son devoir de mémoire au sujet du génocide arménien. (...) 5. (...) L'accord d'association passé en 1963 entre la Communauté économique européenne et la Turquie comportait la perspective d'une adhésion au futur marché commun. Les partisans de l'adhésion de la Turquie estiment que cette forme d'engagement constitue un obstacle insurmontable au refus d'intégration de la Turquie dans l'Union européenne. En réalité, cet argument est très contestable, dans la mesure où le contenu géopolitique qui prévalait en 1963 était radicalement différent. (...) L'adhésion de la Turquie envisagée par l'accord de 1963 était une adhésion au marché commun, qui avait alors une dimension exclusivement économique. On peut dire que cet engagement a été tenu, puisque l'Union européenne a signé avec la Turquie, en 1995, une union douanière qui lui donne pleinement accès à ce marché." (UMP, Une vision, de l'action, des frontières : notre projet pour l'Europe, Paris, 2005, pp. 21-24).
Par ailleurs, dois-je vous rappeler que même la Commission européenne a prévu une clause de sauvegarde quant à la libre circulation des personnes en cas d'adhésion, plus qu'hypothétique à mes yeux, de la Turquie ?
De même, je vous rappelle qu'en vertu des dispositions des Traités communautaires, l'unanimité des États, quelle que soit la position de la Commission, est nécessaire pour tout élargissement. Or, de nombreux États européens s'y opposent, ne serait-ce que Chypre ! La Commission européenne ne peut rien imposer aux États membres en la matière !
Je vous rappelle enfin, afin d'être clair sur ce point qui fait parfois fantasmer, quelles sont les principales règles relatives à la naturalisation en droit turc :
- condition de majorité : être majeur selon sa loi d'origine, sauf en cas d'apatridie où c'est la loi turque qui fixe l'âge de la majorité
- condition de santé physique : non, sauf en cas de maladie dangereuse pour la santé publique attestée par un comité médical
- conditions de bonne vie et moeurs : 1. Avoir une bonne moralité; 2. Ne jamais avoir été condamné pour vol, faux, contrebande ou escroquerie, et ce où que ce soit 3. D'autres condamnations pénales prononcées à l'étranger peuvent être prises en compte, notamment en matière sexuelle
- condition de santé mentale : obligation d'une capacité de discernement
- conditions d'assimilation : 1. Avoir l'intention de s'établir définitivement sur le territoire turc; 2. Être "utile" à la Turquie
- condition de langue : obligation de parler le turc
- condition de résidence : cinq années de résidence continue sur le territoire turc, avec permis de séjour valide au moment de la demande
- condition de moyens d'existence : obligation de revenus suffisants et réguliers et d'un travail effectif.
Certaines de ces conditions devraient d'ailleurs inspirer la France
Cordialement.







