prodigal a écrit : ↑ven. 14 oct. 2022, 10:23... une langue sacrée ...

Une langue sacrée ? Comme vous y allez !
Les seules langues que des Chrétiens pourraient à la rigueur tenir pour sacrées, ce seraient l'Araméen et l'Hébreu antique, puisque ce sont celles dans lesquelles Dieu, et le Christ, se sont adressés aux hommes. Mais le vocabulaire serait un peu court, non ?
Abba, Alleluia, Amen, Christ, Marana Tha, ..., et peut-être quelques autres qui ne me viennent spontanément à l'esprit. Ces mots sont beaux, ils sont même capitaux au point qu'on les ait importés tels quels dans toutes les langues.
Si l'on admettait, ce à quoi personnellement j'oppose mon
Non possumus 
, le concept de langue sacrée pour les Chrétiens, nous ne ne devrions pas dire le Notre Père autrement qu'en araméen, puisque c'est précisément dans cette langue que le Christ a appris à ses fidèles à s'adresser à Dieu.
Je vous mets d'ailleurs au défi de présenter les textes magistériels qui, du concile de Trente à nos jours, parleraient du latin comme d'une "langue sacrée". Si le latin porte effectivement une longue et belle tradition chrétienne, il ne l'inclut pas totalement, bien loin de là, ni dans le temps ni dans l'espace. Ce serait un peu vite oublier par exemple que le latin a toujours été (et reste) inconnu par les Chrétiens d'Orient. Ce serait surtout oublier que l'usage du latin dans l'Eglise n'était déjà que la deuxième acculturation linguistique de l'Evangile. Et que celle-ci avait pour but de rendre l'Evangile accessible au monde latin. Cela ne visait pourtant que la moitié du monde méditerranéen, lequel ne représentait que monde dit civilisé, c'est à dire une partie seulement du monde connu. Ne perdons pas de vue que la première acculturation linguistique avait été dès le temps des apôtres le passage au Grec ancien à destination des non-juifs de Palestine puis, aussitôt après de la Province d'Asie, de l'Egypte, et de la Grèce.
Faut-il rappeler ici,
bis repetita 
, que le Christ annonçait, lui, la Bonne Nouvelle en araméen lorsqu'il était en Galilée, et en Hébreu lorsqu'il montait à Jérusalem.
Nous ne sommes pas des Musulmans pour qui le Coran a été dicté au Prophète et qu'il est interdit de traduire sous peine de le dénaturer.