Tout d’abord, il n’existe pas de preuve parfaite en matière de faits historiques. Une preuve comporte toujours des failles, et c’est précisément pour cela que les théories du complot existent. Par exemple, si vous tentez de me prouver que la Terre est ronde, je pourrais toujours rétorquer que les images de la planète sont truquées. Qu’est-ce qui me garantit qu’elles sont authentiques ? Une équation mathématique ? c’est une abstraction.
Deuxièmement, les systèmes de preuves des chrétiens et des musulmans sont différents.
Les musulmans doivent prouver que le Coran existe et qu’il a été dicté par Dieu à Mahomet. Le témoignage occupe une place mineure dans cette démonstration. On peut dire que le Coran a bien été écrit par Mahomet, ce qui n'a rien d'extraordinaire. Ensuite, quelles sont les autres preuves ? La qualité du Coran, les prophéties qu'il contient... la noblesse de la vie de Mahomet ? Nous disposons de témoignages qui attestent de ses victoires militaires, de ses succès politiques et de ses déplacements. Cela n’a rien à voir avec le témoignage chrétien.
Les chrétiens, eux, doivent prouver que Jésus est Dieu. Pour cela, leur seul moyen est le témoignage.
Sauf erreur de ma part, il n'existe pas dans les sources islamiques de récit concernant un témoin oculaire d'un miracle physique (comme la scission de la lune) qui aurait été torturé et tué avec pour seule exigence de dire : "Je n'ai pas vu ce prodige". Les martyrs de l'Islam meurent pour leur foi en l'Unicité de Dieu et leur loyauté au Prophète.
On ne peut pas comparer les fois chrétienne et musulmane pour cette raison. Chez les musulmans, les miracles ont été introduits plus tard et ne font pas partie du cœur de la foi initiale (je précise que je ne suis pas musulman). Vous pouvez vous renseigner sur la Rue du Bac ou sur Lourdes si vous le souhaitez, mais cela ne constitue pas non plus le cœur de la foi chrétienne.
Ensuite, concernant le système de preuve propre aux chrétiens, il faut analyser la forme et le fond pour vérifier la qualité d'un témoignage.
Sur la forme, nous avons plusieurs témoins directs qui n'ont pas renoncé, même sous la torture. De plus, nous disposons de plus d'informations historiques sur Jésus que sur Alexandre le Grand ; il n'y a donc aucune incohérence à ce niveau.
Sur le fond, les témoignages concordent sans être identiques, ce qui, paradoxalement, renforce leur véracité. Ce témoignage porte sur des éléments vérifiables (guérisons, tombeau vide...). N'oublions pas que les apôtres ont commencé à prêcher à Jérusalem même, là où les faits s'étaient déroulés. La qualité des évangiles…
Par conséquent, affirmer que ces témoignages sont une pure invention est un peu léger tant que ce n'est pas démontré. D'autant qu'il existe de nombreux éléments qui leur confèrent une force probante, même si l'on admet que toute preuve peut comporter des défauts. Dites-moi : comment démontrer autrement que Jésus est Dieu ? Vous ne le pourriez tout simplement pas.
Le martyr est un élément crédible du système de preuve chrétien, mais on ne peut pas analyser le martyr seul ; il faut aussi voir les autres éléments. Or, sauf erreur de ma part, vous considérez ces éléments de preuve séparément, comme s’ils étaient indépendants les uns des autres. Vous en tirez ensuite une conclusion générale, en vous appuyant notamment sur une comparaison avec l’islam qui me paraît, au minimum, très discutable. Dès lors, il n'est pas possible de faire l'économie d'une étude approfondie de ces témoignages pour déterminer s'ils permettent de prouver ce qu'ils avancent avant de prétendre les rejeter.
Affirmer que le témoignage n'est pas une preuve constitue, à mon sens, une erreur de raisonnement, car en matière d'histoire, c'est bien souvent la seule preuve possible.
Comparer la qualité des témoignages pour en déceler les failles est une démarche saine. Mais ce n'est absolument pas ce que vous faites : vous fusionnez des systèmes différents pour justifier un rejet global.
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Par moments, votre raisonnement semble être le suivant : puisqu'un enfant de cinq ans est capable d'écrire un mot ou une phrase de l'Évangile, alors l'Évangile tout entier est frappé de nullité. Vous raisonnez en silo. À ce compte-là, "À la recherche du temps perdu" de Proust n'aurait aucune valeur, sous prétexte qu'un enfant de quatre ans en connaîtrait aussi chaque mot séparément...
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La Foi reste un acte de liberté car la preuve ne sera jamais parfaite. Mais la foi est rationnelle, car elle repose sur des preuves.
16 Alors deux femmes, des prostituées, vinrent vers le roi
et elles se tinrent face à lui.
17 Et l’une d'elles dit : — Je t'en prie, mon seigneur !
Moi et cette femme-ci, nous habitions dans la même maison, et j’ai accouché auprès d’elle dans la chambre.
18 Et le troisième jour après que j'eus accouché, celle-ci aussi a accouché. Et nous étions ensemble
et nul autre dans la maison avec nous, exceptées nous deux.
19 Or le fils de cette femme-ci est mort pendant la nuit
sûrement qu’en dormant elle l'a étouffé !
20 Et se levant en pleine nuit en silence
elle a enlevé mon fils d'à côté de moi, [le fils] de ta servante qui dormait
et l'a placé sur son sein
quant à son fils qui était mort, elle l'a mis sur mon sein.
21 Et comme je m'étais levée le matin pour donner le lait à mon fils, il apparut mort.
Mais le regardant plus attentivement à la claire lumière
j'ai saisi qu'il n’était pas le mien, que j’avais enfanté.
22 Et l’autre femme répondit : — Il n'en est pas ainsi !
Mais ton fils est mort, et le mien vit.
À l'opposé, celle-là disait : — Tu mens ! Mon fils, pour sûr, vit, et ton fils est mort.
Et de cette façon elles se disputaient face au roi.
23 Le roi dit alors :
— Celle-ci dit : — Mon fils vit, et ton fils est mort.
Et celle-là a répondu : — Non
mais ton fils est mort, et mon fils vit.
24 Le roi, donc, dit :
— Apportez-moi un glaive.
Comme on avait apporté le glaive face au roi
25 il dit : — Divisez l'enfant vivant en deux parts
et donnez la moitié à l’une et la moitié à l’autre.
26 Or la femme dont le fils était vivant dit au roi
ses entrailles en effet s'étaient émues pour son fils :
— Je vous en supplie, seigneur, donnez-lui l'enfant vivant, et ne le faites pas périr.
Au contraire celle-là disait :
— Qu’il ne soit ni à moi ni à toi ! Qu'il soit divisé !
27 Répondant, le roi dit :
— Donnez à celle-ci l'enfant vivant, et qu’il ne soit pas tué.
Celle-ci est sa mère.
28 Ainsi donc tout Israël apprit le jugement que le roi avait jugé, et l’on craignit le roi
voyant que la sagesse de Dieu était en lui pour faire justice.
Source : La Sainte Bible, Premier Livre des Rois, chapitre 3, versets 16 à 28 (1 Rois 3, 16-28).