Bonjour Seth,
Excusez-moi, j’ai l’esprit rouillé, je comprends assez vite, mais il faut m’expliquer longtemps.
Tout le calcul est fait de telle manière à ce que les biens et services produits (en France) coûtent au consommateur exactement le même prix à la vente .. Sauf que d'un coté les charges sont telles qu'actuellement (payées sur les salaires), de l'autre elles sont remplacées par une taxe...
Vous avez mentionné un taux unique de taxe dans votre premier article et vous l’avez situé à env. 120%. Je me suis fondé sur votre affirmation. Vous semblez la modifier ; pourquoi pas ? Mais de deux choses l’une

La taxe est fixe, comme vous l’indiquiez et l’exportateur est un pays d’Europe occidentale, du Japon, de l’Amérique du Nord, où les charges sociales sont du même ordre que celles perçues en France. Le taux de 120% rend improbable la commercialisation en France de l’immense majorité des produits de cette provenance. Si, en revanche, l’exportateur est un pays du Tiers Monde, y compris, Chine, Inde, etc., la taxe ne l’affectera guère, le différentiel de coût de production dans ces pays étant bien supérieure à 120%.

La taxe n’est pas fixée à 120%, comme vous l’affirmiez dans votre premier article, mais elle est établie, à l’étranger comme en France, par référence aux charges sociales locales. Mais avec une différence : en France, la TVAS se substitue aux charges sociales ; pour les productions étrangères, la TVAS ne se substitue pas aux charges dans le pays exportateur (elles sont souvent minimes), mais son calcul ajoute au prix du produit un montant variable compensant la différence entre les charges sociales du pays exportateur et celles appliquées en France. Pour un produit venu des pays scandinaves, où les charges sociales sont plus élevées qu’en France, l’exportateur recevra une subvention (du moins, je suppose, dans votre logique) ; en revanche, pour un produit venu d’Asie, la TVAS sera de 300, 500 ou 1.000%.
Bonjour la simplicité !
(et l’aberration : des pays comme la Suisse ont des salaires très élevés, mais des charges sociales faibles, pas de sécurité sociale, etc., car les citoyens s’assurent individuellement auprès d’organismes privés — ce qui incidemment leur revient moins cher que notre SS, j’en ai fait l’expérience, et les exportateurs de ces pays seront frappés de plein fouet par la TVAS, alors que leur coût est comparable au coût de production français. En revanche, des pays comme la Russie, qui ont des charges sociales très élevées, mais des salaires très bas, deux héritages du socialisme, seront subventionnés)
Heureusement, nos dirigeants, si démagos qu’ils soient, avaient encore assez de jugeote pour signer des accords comme ceux de l’OMC qui nous préservent de telles absurdités.
Lorsque nous importons un produit chinois, quelle est la part de charges sociales qu'il inclus ?
Quand nous exportons un produit en Chine, quelle est la part de charges sociales qui y sont inclues ?
Oui, les charges sociales ne sont pas les mêmes. Et alors ?
Puis-je dire à mon employeur « Vous savez, j’ai un très gros train de vie, il faut donc m’augmenter » ? Les Français ont choisi d’avoir des charges sociales élevées, c’est leur droit (enfin, d'une certaine façon). Comme c’est le droit, me semble-t-il, des consommateurs de choisir entre les produits français chers et les produits chinois bon marché.
Ce que vous réclamez est un club des pays riches, claquant la porte aux pays pauvres. En dehors de l’ignominie morale, le calcul économique est idiot. Demandez à votre voisine si elle s’appauvrit en achetant des produits bon marché. Encourageons les pauvres à vendre chez nous. Qu’importe que les salaires soient ‘tirés à la baisse’ si les prix le sont aussi.
(le problème de la France est l’existence d’un secteur public protégé ; au lieu que tous les salaires soient affectés, l'inflexibilité de certains d’entre eux veut dire que l’ajustement se fait par la disparition de certains autres — le chômage).
Food for thought
Christian