Bonjour Telehoq,
Merci pour votre réponse claire et précise.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
Il considère ainsi que la « nature physique et biologique que nous connaissons » a certes été créée par Dieu à l’origine, mais qu’elle n’est plus dans l’état où elle a été créée mais dans un état corrompu.
C’est là l’enseignement de l’Église, ni plus ni moins.
…
Ce non savoir n’explique pas en quoi, ni pour quoi la nature que nous connaissons serait corrompue par rapport à une nature différente antérieure créée par Dieu
Précisément : nous savons qu’elle est corrompue (c’est l’enseignement de l’Église), mais nous ne savons pas en quoi.
Vous avez raison et la citation que vous venez de publier est pertinente à cet égard.
Toute la création est dans les douleurs d’un enfantement qui dure encore depuis le péché originel.
Nous sommes d’accord de constater que la «
nature physique et biologique que nous connaissons » est dans un état «
corrompu ».
La difficulté vient de l’imprécision de cet état corrompu qui vous fait comprendre autrement l’enseignement de l’Église.
Une voiture subit un accident. Après l’accident, son état est dégradé, corrompu, mais c’est toujours la même voiture avec toutes les mêmes caractéristiques de composition et de fonctionnement. C’est le premier sens des mots «
état corrompu ».
Il y en a un autre que vous semblez retenir. Une voiture subit un accident. Après l’accident, elle se retrouve transformée totalement en une voiture autre qui n’a plus «
toutes les mêmes caractéristiques de composition et de fonctionnement » et qui est, à cet égard, dans un «
état corrompu ».
Corrigez-moi si je n’ai pas bien compris.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
Toutes les beautés de la nature ne seraient plus des motifs d’action de grâces pour l’œuvre du créateur, mais un produit déchu plus ou moins agréable à nos sens.
Je n’ai rien prétendu de tel, et cela ne découle en rien de ce que j’ai dit.
C’est cependant ce que je continue à comprendre.
Prenons l’homme (une beauté de la nature). En considérant que l’homme de la «
nature physique et biologique que nous connaissons » n’est pas l’homme créé, mais un corrompu dans une nature corrompue, je ne peux plus y voir l’œuvre du créateur, mais seulement un produit autre corrompu. Je me retrouve devant une réalité entièrement corrompue.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
C’est bien Lui qui a créé la lune et les étoiles que nous contemplons, les oiseaux et les feuilles qui bruissent dans le vent. Dire que tout cela est du corrompu blesse la foi de l’Église.
C’est l’Église qui enseigne que le cosmos lui-même est corrompu. Dans quelle mesure et de quelle manière ? Je le répète : nous l’ignorons.
L’Église enseigne que le péché originel a brisé l’harmonie de l’humain avec Dieu de sorte que toute la création, y compris le cosmos, a été privée de la gouvernance du monde par l’humain en communion avec son créateur.
La compréhension de la corruption nous échappe en effet largement, mais cela ne signifie pas que d’autres réalités concrètes se sont substituées aux réalités créées.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
mais Telehoq se réfère cependant à la « chute », au péché originel de l’enseignement de l’Église raconté dans le livre biblique de la Genèse, pour indiquer que nous ignorons si elle a constitué un événement « transcendant ».
De fait, nous l’ignorons.
Vous n’interrogez pas ici la transcendance de l’action de Dieu, mais celle du péché originel des humains créés.
Il serait utile de préciser l’objet de l’ignorance que vous relevez à cet égard.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
Telehoq rejoint ici la relativité d’Einstein qui montre que le temps n’a pas de sens sans la matière présente que nous connaissons et il est donc logique de mettre en doute le temps avant cette matière « que nous connaissons » considérée comme corrompue.
Non. … la relativité d’Einstein ne dit pas cela.
Mon résumé est certes sommaire et partiel, mais je ne vois pas en quoi il ne vous paraît pas conforme à l’enseignement d’Einstein.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
D’autre part, ni la relativité d’Einstein, ni surtout ce que vous dites, n’a de rapport avec mon propos.
Le rapport vient simplement de votre considération selon laquelle le péché originel serait dans un «
avant » hors du temps et j’y vois une cohérence (que je ne critique pas) avec la relativité du temps montrée par Einstein.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
Il ne s’agit pas de savoir si « la matière » est corrompue mais si les lois mêmes qui régissent l’existence de cette matière sont corrompues. Et de fait, nous l’ignorons.
C’est bien la question essentielle que vous posez avec justesse ici et à laquelle vous répondez par une ignorance.
À cet égard, l’homme (par exemple) a un corps organisé par un adn selon les lois de la nature «
que nous connaissons ».
Vous avancez l’hypothèse que ce sont ces lois mêmes, créées par Dieu, qui auraient pu être corrompues et donc modifiées, voire remplacées.
Le Big Bang, le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, les plantes, les animaux, etc. : tout fonctionne selon des lois en harmonie. Si vous changez ces lois, rien de ce qui est ne peut plus exister.
Votre hypothèse me semble, à cet égard, sans aucun appui ni dans le réel, ni dans l’enseignement de l’Église. Cela me semble une supposition intellectuelle abstraite qui met en doute le réel sous nos yeux et l’enseignement de l’Église sur ce réel.
Vous créez une barrière infranchissable entre un réel imaginaire que vous supposez et tout ce que l’Église peut dire du présent.
Il me semble qu’on est aux antipodes de l’incarnation en sortant du réel par une spéculation pure.
On en revient à l’exemple de la voiture. Si, après son accident toutes les lois sont changées y compris la combinaison des atomes et molécules qui tiennent ensemble sa carrosserie et son moteur, vous n’avez plus ensuite la même voiture mais une voiture autre.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
La réserve est ici primordiale. Puisque nous ignorons la nature et l’étendue de la corruption du monde, nous ignorons si l’histoire elle-même fait l’objet de cette corruption. Et puisque nous ignorons si l’histoire elle-même est corrompue, nous ignorons si, dans l’absolu, il est possible ou non d’y situer un événement dont nous connaissons par ailleurs la réalité : la création de l’homme.
Vous exprimez clairement où vous mène cette ignorance à facettes multiples.
Elle me semble obscurcir la révélation de la création que vous prolongez par des réponses «
Peut-être, ou peut-être pas. »
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
ayant un temps propre, la « chute » constituerait une barrière infranchissable pour la connaissance de la création antérieure
…
Telehoq suppose ainsi, comme pour tout le reste de la nature physique, s’être réellement produite dans un « avant », hors du temps, inaccessible.
Peut-être, ou peut-être pas.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
La question de fond ici est : peut-on situer le début de l’histoire de l’humanité quelque part entre le big bang et aujourd'hui. Vous semblez absolument certain que oui, et l’enseignement de l’Église permet effectivement cette réponse. Mais il permet aussi la réponse inverse.
Je ne peux que vous dire mon désaccord.
Vous affirmez sans référence que l’enseignement de l’Église permettrait les deux réponses contraires, ce qui revient à affirmer qu’il n’y aurait pas d’enseignement de l’Église sur cette question. Or, il y en a clairement un.
Par exemple, vous considérez ainsi, implicitement, que l’Église n’enseignerait pas le monogénisme biologique qui fait de chacun des nous des descendants d’un premier couple. Une telle considération renvoie la révélation de la création dans l’abstraction.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
Rien ne permet d’alléguer que chacun de nous aurait été créé « avant » cette nature présente corrompue dans laquelle l’histoire évolutive des êtres nous aurait ensuite fait surgir chacun le moment venu.
Ça tombe bien, je n’ai rien allégué de tel, et cela ne découle en rien de ce que j’ai dit.
OK. Je vous avais mal compris sur ce point important.
Mais, cela implique que chacun de nous est bien créé dans l’histoire du monde présent.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
La question ne porte par sur chacun le nous mais sur Adam et Ève.
OK.
Telehoq a écrit : ↑lun. 18 août 2025, 17:06
Les connaissances scientifiques actuelles ne permettent plus de penser que des humains créés à l’image de Dieu avec une nature corporelle et spirituelle auraient vécu il y a un milliard d’années.
En effet.
Il nous faut donc nécessairement penser une survenance dans le temps plus récent.
Non, parce qu’il ne nous faut pas nécessairement penser une survenance dans le temps, tout court.
Ici, il me semble qu’il y a une erreur de logique et un refus de constater le réel.
Nous sommes des êtres qui, à la différence de tous les autres êtres terrestres, subsistons à la mort physique de notre corps. Nous sommes des âmes spirituelles immortelles, des êtres «
créés à l’image de Dieu avec une nature corporelle et spirituelle ».
Nous sommes vivants en ce monde aujourd’hui. Vous admettez que de tels êtres n’existaient pas sur terre il y a un milliard d’années (temps T) et je suppose que vous admettez que de tels êtres existent aujourd’hui depuis plusieurs milliers d’années (temps T + 1).
Comment pouvez-vous alors affirmer, sans sortir du réel, qu’il «
ne nous faut pas nécessairement penser une survenance dans le temps » ?
Comment parvenez-vous à nier que cela implique «
nécessairement » une survenance de l’être nouveau en cause dans l’entretemps entre le temps T et le temps T + 1 ?
Si vous mettez en doute l’enseignement de la Bible et de l’Église pour expliquer et révéler cette survenance dans le temps, vous proposez quoi ? Un beau jour durant l’évolution, l’être naturel aurait acquis par lui-même l’immortalité ?
Non, il y a eu une création dans le cours de l’histoire et c’est ce que l’Église a toujours enseigné.