Re: La réalité historique d'Abraham à Ur, en Chaldée
Publié : lun. 30 mai 2022, 16:13
Pour l'intelligence de la foi
https://www.cite-catholique.org/
Votre insistance à vous référer à l’exégète protestant Thomas Römer sans aborder aucun argument précis place ce dialogue dans une voie sans issue.
Si je cite Römer, c’est parce que le fait qu’il écrive que la quasi-unanimité des exégètes considère que les textes présentant la famille d’Abraham comme originaire de la Mésopotamie sont des réinterprétations tardives est crédible étant donné sa position.
L’article dont je vous ai donné le lien contient des dizaines de faits précis, renvoyant chacun à plusieurs références qui donnent des arguments.... sans aborder aucun argument précis place ce dialogue dans une voie sans issue.
Le seul point sur lequel nous sommes d’accord est le fait que l’on ne peut rien prouver pour ces périodes anciennes, ni prouver le contraire. D’où l’importance des faisceaux d’indices et des opinions majoritaires.Pour ma part, je ne peux que constater, dans les écrits de Römer, d’innombrables suppositions et probabilités qui, objectivement, ne permettent en rien de prouver l’inexactitude historique du Pentateuque ou sa supposée création tardive.
Oui, c’est quasiment le seul argument que vous avez, et cet argument est inacceptable en histoire. L’autre est « ce n’est pas impossible », argument le plus faible qu’il soit.Pour moi, la foi et l'enseignement constant de l'Église priment sur les théories intellectuelles incertaines mais répandues qui circulent à chaque époque.
Quelle unanimité ? Vous indiquez vous-mêmes que l’opinion que vous défendez ne concerne qu’une probabilité, pas une preuve. Il y a seulement une quasi unanimité pour constater des indices qui peuvent et doivent être discutés un par un sans être noyés dans un ensemble réducteur qui évite de se confronter aux faits.
Aucun de ces faits n’est une preuve ni séparément, ni considéré dans un faisceau de présomptions.
C’est ici toute la différence entre un point de vue protestant ou libre-exaministe et un point de vue catholique qui fait prévaloir l’enseignement de l’Église sur de simples indices et sur des opinions mêmes majoritaires chez quelques spéicalistes.
L’argument est déterminant d’un point de vue catholique.
Limitons-nous ici à Abraham.
OK, même si vos mots recouvrent des réalités à nuancer, c’est un résumé qui peut être admis.diviacus1 a écrit : ↑lun. 30 mai 2022, 19:29 Au contraire, l’archéologie donne une histoire de la création d’Israël à partir de nomades qui se sont sédentarisés pour la dernière fois autour du XIIe siècle, qui du temps de David et Salomon étaient encore peu nombreux, et qui atteignent le stade de royaumes organisés et bureaucratisés au Xe siècle pour le royaume du Nord, et au VIIIe siècle pour le royaume de Judah.
Voilà une succession d’affirmations qui égarent par des mots remplis d’ambiguïté.
La Bible n’est en rien « différente » de ce que révèle l’archéologie lorsque, comme vous l’avez relevé vous-même, il n’y a pas de traces, ni pour les faits bibliques, ni pour les autres similaires au même endroit qui ont certainement existé.
En quoi Dieu serait-il glorifié s’il n’y avait aucune action concrète dans l’histoire que nous puissions connaître ?diviacus1 a écrit : ↑lun. 30 mai 2022, 19:29 c’est en raison de son écriture tardive, à partir du VIIIe siècle, pas avant le VIe siècle pour le Pentateuque, et encore plus tardivement pour l’histoire de Joseph. Son but n’est pas d’écrire l’Histoire, mais de glorifier Dieu de de montrer qu’il faut suivre sa voie pour « réussir ».
Non, je ne vois aucun éloignement lorsque l’on parle réellement d’histoire et non d’opinions sur de simples probabilités contestées.diviacus1 a écrit : ↑lun. 30 mai 2022, 19:29 Alors évidemment, votre vision et celle des historiens actuels sont beaucoup trop éloignées. On ne peut pas traiter détail par détail car ce sont ces deux visions qui sont complètement incompatibles et des centaines de livres ont déjà été écrits sur le sujet.
Il y a effectivement une quasi-unanimité sur des centaines d’indices qui permettent à T. Römer d’écrire par exemple « There is a consensus again recent European research that Genesis 15 is a ‘late’ text. » ou « The first Abraham stories originated probably during the 7th century ».Xavi a écrit : ↑lun. 30 mai 2022, 21:26 Quelle unanimité ? Vous indiquez vous-mêmes que l’opinion que vous défendez ne concerne qu’une probabilité, pas une preuve. Il y a seulement une quasi unanimité pour constater des indices qui peuvent et doivent être discutés un par un sans être noyés dans un ensemble réducteur qui évite de se confronter aux faits.
Vous exprimez bien ici votre façon de voir les choses qui est incompatible avec la science historique.C’est ici toute la différence entre un point de vue protestant ou libre-exaministe et un point de vue catholique qui fait prévaloir l’enseignement de l’Église sur de simples indices et sur des opinions mêmes majoritaires chez quelques spécialistes.
Tout texte peut contenir une partie « inventée ». L’archéologie, certes interprétable dans une certaine mesure, présente « la vraie vie » et est donc une source primaire. De plus, la Bible essentiellement écrite après le VIIIe siècle, est un ensemble de textes non contemporains des événements (au moins jusqu’au début du Xe siècle) : elle doit donc être considérée comme une source secondaire pour cette période ancienne, et toute source primaire étant prépondérante par rapport à une source secondaire, les conclusions de l’archéologie sont prépondérantes par rapport aux textes de la Bible.L’argument de la foi de l'Église est parfaitement acceptable en histoire. Du point de vue de l’historien, la Bible est une source ancienne dont le texte est fixé depuis plus de 2200 ans dans un terreau où ses sources sont multiples.
Voyons quelques arguments et comment la recherche des indices permettant d’infirmer ou confirmer ces arguments revient à écrire des milliers de pages, donc impossible.Limitons-nous ici à Abraham.
L'accumulation de preuves n'aboutit aucunement à un consensus sur la vraisemblance, mais démontre l'évidence intrinsèque de ce qui lors n'est pas plus ou moins vraisemblable mais intrinsèquement évident donc objectivement certain d'une certitude de science. C'est précisément parce que les indices réunis en faisceau sont dépourvus d'évidence intrinsèque, ne sont pas des preuves, que l'on recourt à la méthode du faisceau d'indices, faisceau qui vise à pallier le défaut d'évidence intrinsèque frappant chacun des indices. En effet, si l'un seul de ces indices n'était pas vraisemblable mais intrinsèquement évident, il suffirait à lui seul à prouver la thèse sans que soit besoin d'y rajouter un faisceau de probabilités convergentes... En d'autres termes, loin qu'l y ait un faisceau de preuves, il n'y a qu'un faisceau d'indices à même de prouver, non l'évidence intrinsèque de ce qui en est précisément dépourvu, mais son évidence extrinsèque, à même de légitimer objectivement la certitude morale (distincte de la certitude de science fondée sur des preuves stricto sensu).La technique de discussion consistant à demander d’examiner tous les détails un par un est, et vous le savez, complètement inapplicable car il y en a des centaines, voire des milliers. C’est l’accumulation des preuves ou invraisemblances qui permet de constituer un faisceau d’indices permettant d’arriver à un consensus sur la vraisemblance ou l’invraisemblance. Le fait de vouloir découper la Bible en morceaux permet de masquer cet ensemble d’indices innombrables.
C'est vous qui semblez tomber dans le travers que vous dénoncez. Il faut, pour écarter ce travers, que soit démontré, quant à chacun des indices réunis en faisceau, qu'il soit hautement vraisemblable, de sorte que sa négation soit déraisonnable. Il me semble, du moins de ce que j'ai lu de ce débat, que les opinions se neutralisent, et qu'aucun des deux débatteurs n'est en mesure de démontrer rationnellement, par le biais du faisceau, l'historicité ou la non-historicité d'Abraham.Vous exprimez bien ici votre façon de voir les choses qui est incompatible avec la science historique.
En 2022, la masse d’informations dans tous les domaines est aussi immense que complexe.diviacus1 a écrit : ↑mar. 31 mai 2022, 11:06 se limiter à Abraham nécessite en fait d’examiner des centaines, voire des milliers de sujets.
L. Grabbe, dans son livre « Ancient Israël », a essayé de lister ce que l’on sait sur l’histoire ancienne d’Israël. Il donne environ 1000 (mille) références d’articles ou de livres, toutes ces références venant en appui de son texte. Il faudrait lire, analyser, comparer toutes ces références, qui en amèneraient évidemment au moins encore quelques centaines. La tâche est insurmontable. Lui-même avait écrit ce livre en avant-projet d’une Histoire d’Israël, projet qu’il a apparemment renoncé à mener à bien.
En effet, mais, vous conviendrez que cela ne dispense pas de présenter les principaux indices considérés pour pouvoir en déduire un faisceau probant. C’est le minimum avant d’affirmer des « preuves ou invraisemblances » et de les prétendre « innombrables ».diviacus1 a écrit : ↑mar. 31 mai 2022, 11:06 La technique de discussion consistant à demander d’examiner tous les détails un par un est, et vous le savez, complètement inapplicable car il y en a des centaines, voire des milliers. C’est l’accumulation des preuves ou invraisemblances qui permet de constituer un faisceau d’indices permettant d’arriver à un consensus sur la vraisemblance ou l’invraisemblance. Le fait de vouloir découper la Bible en morceaux permet de masquer cet ensemble d’indices innombrables.
Attention de ne pas oublier que l’archéologie n’est qu’un outil avec lequel nous n’avons que des données très partielles. La compréhension par l’historien de la « vraie vie », qui a existé dans un passé révolu, est toujours une reconstruction inévitablement influencée en partie par l’historien et son contexte. Je suppose que vous en conviendrez aussi.
Il est exact que nous n’avons que des copies assez récentes des textes bibliques qui sont des sources secondaires mais les conclusions de l’archéologie ne sont prépondérantes que lorsqu’elles sont probantes.diviacus1 a écrit : ↑mar. 31 mai 2022, 11:06 De plus, la Bible essentiellement écrite après le VIIIe siècle, est un ensemble de textes non contemporains des événements (au moins jusqu’au début du Xe siècle) : elle doit donc être considérée comme une source secondaire pour cette période ancienne, et toute source primaire étant prépondérante par rapport à une source secondaire, les conclusions de l’archéologie sont prépondérantes par rapport aux textes de la Bible.
Cet exemple montre bien que l’on ne peut pas saucissonner la Bible. La vraisemblance historique d’Abraham est fortement rendue invraisemblance par cette écriture tardive de la Bible et par tous les anachronismes et invraisemblances qu’elle contient.
Attesté, cela signifie prouvé par écrit. En dehors de la Bible elle-même dont nous n’avons que des copies très récentes, il n’y a quasi rien.diviacus1 a écrit : ↑mar. 31 mai 2022, 11:06Voyons quelques arguments et comment la recherche des indices permettant d’infirmer ou confirmer ces arguments revient à écrire des milliers de pages, donc impossible.Limitons-nous ici à Abraham.
1- En dehors de références à Jacob ou Israël, les références aux patriarches ne sont que tardivement attestées dans la tradition.
Affirmation contestée non démontrée. Donnez au moins un ou deux exemples de détails que vous considérez comme « anachroniques » et, de préférence, pour Abraham dont nous nous occupons ici.
Idem, quels sites ? et pour quelle époque supposée ? Donnez au moins un ou deux exemples de sites de l’époque d’Abraham que vous pensez être contredits par l’archéologie.
Bien sûr que si ! Le texte biblique situe clairement Abraham dans la première moitié de ce millénaire. Ce point 4 n’est ni un argument, ni un indice.
C’est une affirmation qui n’est pas fondée. Bien au contraire, la compatibilité est parfaite. Donnez au moins un ou deux exemples de détails que vous considérez comme « incompatibles » dans le récit de la Genèse concernant Abraham.
Ce chapitre concerne l’acquisition d’une sépulture par Abraham pour sa femme Sarah.
Ce n’est pas un argument puisque c’est contesté et que rien ne démontre que l’écriture de la Bible aurait débuté au VIIIème siècle. Vous avez-vous-même admis que la pratique de l’écriture par les élites de Canaan est plus ancienne et c’est un fait qui, lui, paraît, au contraire, bien démontré.
1. Rien ne permet d’affirmer que « L’état de connaissance de l’écriture avant le VIIIe siècle en Judée est incompatible avec l’écriture d’un récit tel que la Bible. ». Les textes littéraires d’Ebla, de Mari, de Ur, d’Ougarit, etc. prouvent le contraire. Pensez au Code d’Hammourabi et à la littérature mésopotamienne. C’est d’un niveau littéraire semblable aux écrits bibliques du Pentateuque.diviacus1 a écrit : ↑mar. 31 mai 2022, 11:06 Pour argumenter chacun de ces exemples, il faut avoir recours à d’autres arguments.
Prenons l’argument 6 : l’écriture de la Bible a commencé au VIIIe siècle, celle des Patriarches sans doute plus tardive.
Quels arguments peut-on apporter :
6.1- L’état de connaissance de l’écriture avant le VIIIe siècle en Judée est incompatible avec l’écriture d’un récit tel que la Bible.
6.2- De nombreux détails montrent que l’état du pays décrit par la Bible correspond à la période de son écriture, pas avant le VIIIe siècle.
6.3- L’état de Juda et d’Israël sous David et Salomon correspond à des sociétés nouvellement sédentarisées, peu bureaucratisés. Les chiffres de personnes en arme recensées sous David et Salomon sont incompatibles avec ce que révèle l’archéologie (rapport de 1 à 10).
Personne ne parle d’un mouvement « massif » de population à l’époque d’Abraham. Mais, il est, par contre, certain qu’il y avait de nombreuses migrations de Ur, vers Harran et vers Canaan au début du deuxième millénaire.
On peut le penser, mais vous ne démontrez en rien que ces histoires auraient été « spécifiques » ou « particulières » au VIIème siècle.
En effet, mais c’est ce que le récit biblique raconte lui-même et cela me semble plutôt contredire l’idée de textes inventés ailleurs et plus tard.
C’est bien exact, mais nous pouvons, à notre niveau, nous référer au travail des historiens, archéologues et exégètes qui ont rassemblé des informations et mettent à notre disposition de solides synthèses.diviacus1 a écrit : ↑mar. 31 mai 2022, 11:06 Pour chacun des 9 autres points, une liste d’arguments pourrait être énoncée.
Pour argumenter le point 6.1 :
6.1.1- Examiner l’ensemble des inscriptions de l’époque et discuter de leurs auteurs présumés
6.1.2- Discuter de la différence entre écrire quelques lettres ou quelques mots et écrire des centaines de pages
6.1.3- Examiner l’ensemble des sceaux de l’époque
6.1.4- Examiner l’état de développement de la région
Chacun de ces points est également à subdiviser, etc.
Evidemment, si on faisait cette analyse, on retrouverait des arguments déjà cités, car tout est imbriqué.
Comment pouvez-vous dire cela sans avoir lu et encore moins discuté les centaines d'ouvrages donnant des arguments ?Perlum Pimpum a écrit : ↑mar. 31 mai 2022, 13:29 Quittant le terrain de la science historique qui semble ici radicalement incapable de prouver quoique ce soit sinon sa faillite...
Vous avez raison, la foi catholique, selon beaucoup de catholiques, gagnera toujours contre la raison. A quoi bon alors avoir discuté auparavant des principes de la science historique pour finir par cet aveu qui montre que quoi qu'on avance comme argument, l'argument ultime sera celui-ci. Vous démontrez à quel point la discussion historique est quasiment impossible sur ce forum, et que seules les discussions entre historiens professionnels (dont je ne fais pas partie sur ce sujet), qui n'utilisent jamais cet argument, ont une valeur.... posons la question de la foi. Est-il de foi qu'Abraham a existé ? Pour un catholique, oui. Comme il est encore de foi catholique que jamais la droite raison ne peut s'opposer à la foi. Conséquemment, à quoi bon s'agiter en vaines paroles ?
J'attends votre démonstration de l'inexistence historique d'Abraham. Je gage, au vu de votre débat avec Xavi, que vous n'y parviendrez pas.diviacus1 a écrit : ↑mer. 01 juin 2022, 18:23Comment pouvez-vous dire cela sans avoir lu et encore moins discuté les centaines d'ouvrages donnant des arguments ?Perlum Pimpum a écrit : ↑mar. 31 mai 2022, 13:29 Quittant le terrain de la science historique qui semble ici radicalement incapable de prouver quoique ce soit sinon sa faillite...
Il me suffit de savoir que Jésus et saint Paul affirment l'existence d'Abraham pour y croire.diviacus1 a écrit : ↑mer. 01 juin 2022, 18:23Vous avez raison, la foi catholique, selon beaucoup de catholiques, gagnera toujours contre la raison. A quoi bon alors avoir discuté auparavant des principes de la science historique pour finir par cet aveu qui montre que quoi qu'on avance comme argument, l'argument ultime sera celui-ci. Vous démontrez à quel point la discussion historique est quasiment impossible sur ce forum, et que seules les discussions entre historiens professionnels (dont je ne fais pas partie sur ce sujet), qui n'utilisent jamais cet argument, ont une valeur.... posons la question de la foi. Est-il de foi qu'Abraham a existé ? Pour un catholique, oui. Comme il est encore de foi catholique que jamais la droite raison ne peut s'opposer à la foi. Conséquemment, à quoi bon s'agiter en vaines paroles ?
J'aimerais connaitre, dans les grandes lignes, les indices constitutifs du faisceau que vous estimez prouver l'inexistence historique d'Abraham.3- En l’absence de preuves absolues, la communauté scientifique a recours à des faisceaux d’indices, et dans 95% des cas s’accorde sur l’essentiel. Il y a très peu de débats sur l’essentiel, mais évidemment beaucoup de discussions sur des détails.