Re: L'ancien testament, ce livre très controversé
Publié : lun. 06 déc. 2021, 20:40
Salut Trinité,
Caïn serait l'exemple-type du gars qui refuse de voir ses limites, son imperfection, sa dépendance, le fait que le mal existe et qu'il en est bien atteint lui aussi. Moralité ? Il n'est responsable de rien. Le vieil Adam ? «Pas sa faute.» Abel ? «Ça ne le regarde pas.» Dieu ? «S'il existe, il est injuste évidement.» Ce n'est pas CaÏn qui irait accepter de porter la croix, d'assumer le poids du mal dans sa personne. C'est la fuite qui l'intéresse. Or le chrétien est-il invité non pas à fuir mais à marcher sur les pas du Christ, et pour porter un bout de la croix. Et ceux qui portent un bout de la croix sont également tous ces innocents comme Abel, qui s'en trouvent dès lors configurés au Christ. C'est comme la providence assez mystérieuse de Dieu. Le terme «innocent» ne fait que renvoyer ici à une innocence de type légale; de ce qu'une personne se voit infliger injustement une peine pour un péché ou un crime qu'elle n'aurait pas commis. Je ne m'embarque pas ici sur des considérations de métaphysique touchant le péché originel.
Pour en revenir au Pharaon de l'Ancien Testament : ce dernier dans son «hybris» ou son fol orgueil se trouve à s'être placé lui-même sur le terrain de Dieu, à sa hauteur comme on le dirait de celui qui décide de ce qui est bien ou mal, qui décrète qui aurait le droit de vivre ou pas. Ainsi, le monstre occupant le trône des pharaons d'Égypte décide, de son propre chef, que tous les fils premier-nés des Hébreux devront périr. La réplique divine consiste alors à obliger en retour les fils premier-nés des Égyptiens à être configurés eux-mêmes - et par avance - à la figure salvatrice du Christ; cet autre fils premier-né. Le décret de mort est le fait du pharaon d'Égypte. La soumission mortifère à une logique peccamineuse de ruine débouchant sur le désastre et le néant est la sienne. Dieu utilise en quelque sorte cette même logique de mort pour la tourner au profit du salut du monde; que le sacrifice des innocents (Abel, Isaac, premier-nés en Égypte, innocents victimes de la folie d'Hérode, etc.) puissent servir à leur propre salut de même qu'au salut d'une multitude soit le peuple saint.
Merci.Trinité a écrit :
Je viens de lire attentivement votre post .
Je parlais de payer pour les autres ? Oui, mais attention dans le sens de «porter sa croix», subir en quelque sorte la peine ou les suites fâcheuses consécutive au mal commis naguère. Les méchants ou les personnes malicieuses ne cherchent au contraire qu'à fuir le poids de la peine, refusant toute idée de devoir assumer pour les autres, d'avoir à se solidariser avec la peine d'autrui, niant leur responsabilité, aimant mieux accuser les autres, jouir et faire la fête.En effet , le parallèle est éloquent entre la mort de Jésus innocent pour nous sur la croix, en rédemption de nos péchés et les malheurs qui semblent iniques envers tous ces ...innocents...
Cependant, cette notion de payer pour les autres restera toujours pour moi énigmatique...
Caïn serait l'exemple-type du gars qui refuse de voir ses limites, son imperfection, sa dépendance, le fait que le mal existe et qu'il en est bien atteint lui aussi. Moralité ? Il n'est responsable de rien. Le vieil Adam ? «Pas sa faute.» Abel ? «Ça ne le regarde pas.» Dieu ? «S'il existe, il est injuste évidement.» Ce n'est pas CaÏn qui irait accepter de porter la croix, d'assumer le poids du mal dans sa personne. C'est la fuite qui l'intéresse. Or le chrétien est-il invité non pas à fuir mais à marcher sur les pas du Christ, et pour porter un bout de la croix. Et ceux qui portent un bout de la croix sont également tous ces innocents comme Abel, qui s'en trouvent dès lors configurés au Christ. C'est comme la providence assez mystérieuse de Dieu. Le terme «innocent» ne fait que renvoyer ici à une innocence de type légale; de ce qu'une personne se voit infliger injustement une peine pour un péché ou un crime qu'elle n'aurait pas commis. Je ne m'embarque pas ici sur des considérations de métaphysique touchant le péché originel.
Pour en revenir au Pharaon de l'Ancien Testament : ce dernier dans son «hybris» ou son fol orgueil se trouve à s'être placé lui-même sur le terrain de Dieu, à sa hauteur comme on le dirait de celui qui décide de ce qui est bien ou mal, qui décrète qui aurait le droit de vivre ou pas. Ainsi, le monstre occupant le trône des pharaons d'Égypte décide, de son propre chef, que tous les fils premier-nés des Hébreux devront périr. La réplique divine consiste alors à obliger en retour les fils premier-nés des Égyptiens à être configurés eux-mêmes - et par avance - à la figure salvatrice du Christ; cet autre fils premier-né. Le décret de mort est le fait du pharaon d'Égypte. La soumission mortifère à une logique peccamineuse de ruine débouchant sur le désastre et le néant est la sienne. Dieu utilise en quelque sorte cette même logique de mort pour la tourner au profit du salut du monde; que le sacrifice des innocents (Abel, Isaac, premier-nés en Égypte, innocents victimes de la folie d'Hérode, etc.) puissent servir à leur propre salut de même qu'au salut d'une multitude soit le peuple saint.