Vous avez bien changé depuis 2006, Théophane.

(Cf. p. 3/9, je viens de relire le fil)
Je m'adressais à Petit Matthieu, Saint Georges à Lyon est tenue par la FSSP, je crois.
Sinon, pourriez-vous expliquer quelles sont les raisons qui vous font préférer "de loin" la messe Paul VI en latin à celle de St Pie V ? La prière eucharistique à voix haute, le pater chanté par tous, l'anamnèse, le kyrie à 6 répétitions, la paix du christ, l'offertoire non sacrificiel, l'aspersion intégrée à la messe, le "amen" avant la communion, le psaume responsorial (mais dans le cas des messes Paul VI en latin, c'est le graduel romain qui est souvent utilisé) ?
Pour ma part, je trouve qu'il y a des choses qui semblent, à première vue en tout cas, plus logiques : l'ite missa est après la bénédiction finale, par exemple. J'aime le principe de la prière universelle, mais pas son application actuelle : une prière concoctée par l'équipe paroissiale, plus ou moins pertinente (je ne vois donc pas en quoi cette prière est universelle). Je regrette l'offertoire dégoté je ne sais où (chez les juifs, il parait

) qui atténue le caractère sacrificiel la messe (l'argument de la possible confusion sur le moment de la transsubstantiation ne m'a pas convaincu, ça ressemble fort à un prétexte ; on oublie que Mgr Bugnini voulait faire plaisir aux protestants ("supprimer les pierres d'achoppement")).
Enfin, la prière eucharistique 2 (la plus utilisée) pourrait fort bien être dite par quelqu'un qui ne croit ni au sacrifice de la messe, ni à la transsubstantiation. Le canon romain (qui est l'essence du rite romain) n'est presque jamais utilisé (peut-être est-ce différent dans les messes Paul VI en latin) car, puisqu'on a le choix, les prêtres se rabattent quasi-systématiquement sur les prières eucharistiques II et III, plus courtes.
Il y a aussi, dans le propre et l'office divin, une atténuation de tout ce qui évoque la pénitence, l'enfer et les démons, les miracles des saints, etc.
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- Voici une étude intéressante par son approche factuelle
Enfin, la première PGMR en 1969 était très douteuse, elle a été fustigée par les cardinaux Ottaviani et Bacci dans le Bref examen critique. Ainsi, au point 2.7 de l'IGMR, on pouvait lire :
" La Cène dominicale est la synaxe sacrée ou le rassemblement du peuple de Dieu se réunissant sous la présidence du prêtre pour célébrer le mémorial du Seigneur. C'est pourquoi vaut éminemment pour l'assemblée locale de la sainte Eglise la promesse du Christ : Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d'eux (Mat., XVIII, 20)."
C'est une définition protestante. Depuis ont été ajoutées des précisions nettement catholiques :
"À la Messe, autrement dite la Cène du Seigneur, le peuple de Dieu est convoqué en corps, sous la présidence du prêtre agissant in persona Christi, à la célébration du mémorial du Seigneur, ou pour mieux dire au sacrifice eucharistique.37 Aussi la promesse du Christ s’applique-t-elle de façon éminente à ce rassemblement local de la sainte Église : « Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Mt 18, 20). En effet, lors de la célébration de la Messe, où se perpétue le sacrifice de la croix,38 le Christ se rend réellement présent dans l’assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa propre parole et aussi, mais substantiellement et durablement, sous les espèces eucharistiques.39"
Je trouve quand même cocasse le "pour mieux dire"

; pourquoi ne pas carrément rayer le "mémorial du seigneur", qui sème plus la confusion qu'autre chose ? Tout ça pour dire que le climat dans lequel a été créé le NOM était plus que suspect ; la PGMR a changé, pas (ou peu) le missel.
Voyez, en comparaison, la définition de la messe selon le concile de Trente :
§ VIII. — LE SACRIFICE DE LA MESSE EST LE MÊME QUE CELUI DE LA CROIX.
Nous reconnaissons donc que le Sacrifice qui s’accomplit à la Messe, et celui qui fut offert sur la Croix ne sont et ne doivent être qu’un seul et même Sacrifice, comme il n’y a qu’une seule et même Victime, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui s’est immolé une fois sur la Croix d’une manière sanglante. Car il n’y a pas deux hosties, l’une sanglante, et l’autre non sanglante, il n’y en a qu’une ; il n’y a qu’une seule et même Victime dont l’immolation se renouvelle tous les jours dans l’Eucharistie depuis que le Seigneur a porté ce Commandement [29] « Faites ceci en mémoire de Moi. »
Il n’y a non plus qu’un seul et même Prêtre dans ce Sacrifice, c’est Jésus-Christ. Car les Ministres qui l’offrent n’agissent pas en leur propre nom. Ils représentent la Personne de Jésus-Christ, lorsqu’ils consacrent son Corps et son Sang, comme on le voit par les paroles mêmes de la Consécration. Car les prêtres ne disent pas [30]: Ceci est le Corps de Jésus-Christ, mais, Ceci est mon Corps : se mettant ainsi à la place de Notre-Seigneur, pour convertir la substance du pain et du vin en la véritable substance de son Corps et de son Sang.
Les choses étant ainsi, il faut sans aucune hésitation enseigner avec le saint Concile que l’auguste Sacrifice de la Messe n’est pas seulement un Sacrifice de louanges et d’actions de grâces, ni un simple mémorial de celui qui a été offert sur la Croix, mais encore un vrai Sacrifice de propitiation, pour apaiser Dieu et nous le rendre favorable. Si donc nous immolons et si nous offrons cette victime très sainte avec un cœur pur, une Foi vive et une douleur profonde de nos péchés, nous obtiendrons infailliblement miséricorde de la part du Seigneur, et le secours de sa Grâce dans tous nos besoins. Le parfum qui s’exhale de ce Sacrifice lui est si agréable qu’Il nous accorde les dons de la grâce et du repentir, et qu’Il pardonne nos péchés. Aussi l’Eglise dit-elle dans une de ses Prières solennelles : « Chaque fois que nous renouvelons la célébration de ce sacrifice, nous opérons l’œuvre de notre salut. » [31] Car tous les mérites si abondants de la Victime sanglante se répandent sur nous par ce Sacrifice non sanglant.
Enfin, telle est la vertu de ce Sacrifice, — et les Pasteurs ne doivent pas manquer de l’enseigner — qu’il profite non seulement à celui qui l’immole et à celui qui y participe, mais encore à tous les Fidèles, soit à ceux qui rivent avec nous sur la terre, soit à ceux qui déjà sont morts dans le Seigneur, mais sans avoir suffisamment expié leurs fautes. Car c’est une tradition très certaine des Apôtres que le saint sacrifice de la Messe s’offre avec autant d’avantage pour les morts, que pour les péchés, les peines, les satisfactions et tous les genres de calamités et d’afflictions des vivants. D’où il suit clairement que toutes les Messes sont communes, (ou générales) puisqu’elles s’appliquent au bien général, et au salut commun de tous les Fidèles.
Dans la "forme extraordinaire", j'apprécie beaucoup les prières au pied de l'autel (que la messe basse fait davantage ressortir) ou le canon à voix basse ainsi que l'accent mis sur le caractère sacrificiel de la messe. Cela dit, le décalage chœur-ministres dans la messe chantée fait que, souvent, les fidèles agissent comme s'ils assistaient à une messe basse, en mimant le clergé ; or, les fidèles devraient se tenir debout pendant l'introït au lieu de s'agenouiller, et ne pas s'asseoir (

) au beau milieu du gloria ou du credo, comme M. l'abbé.
Bien à vous,
Laurent.