statut 35 a écrit : ↑jeu. 02 oct. 2025, 14:08
Bonjour Coco lapin
Vous dîtes dans un précédent message assez lointain : les préliminaires doivent se solder par un coit vaginal avec effusion de sperme à l'intérieur, il n'est pas interdit de masturber son épouse même jusqu'à l'orgasme s'il s'en suit un acte conjugal...je suis d'accord avec cela.
Oui, de fait, l'union sexuelle vaginale donne rarement un orgasme à la femme car l'organe spécifique à l'orgasme féminin est le clitoris. Les femmes n'ont pas besoin d'orgasme pour procréer contrairement à l'homme.
Une question cependant : il arrive que mon épouse ayant eu l'orgasme par caresses clitoridiennes et se propageant dans tout le corps par mes tendres caresses, se ferme à l'union complète, impossibilité de l'union complète car tout est verrouillé malgré mes tentatives et il est hors de question de forcer la penetration, serait un viol, tout cela évidemment n'était pas prévu au début des caresses mais, c'est incontrôlable...je précise, mon épouse est ménopausée.
Bien sûr, pas d'éjaculation externe...donc, je reste sur ma faim et me dit qu'elle est désolée, ce que je comprends. Dans ce cas, peut elle me caresser me permettant d'avoir l'orgasme mais sans l'éjaculation, est ce permis par l'Eglise catholique? Oui, l'homme peut avoir des orgasmes sans ejaculation, c'est possible et ce sont 2 choses différentes. Dans ce cas, pas de perte de semence comme le veut l'Eglise catholique ....Bien évidemment, nous préférons une union sexuelle complète pour l'unité de notre couple, sont assez rares..2 fois par mois environ ...mais c'est la qualité qui compte et non pas la quantité.
Dans l'attente de votre retour...merci.
Il y a plusieurs erreurs d’exprimées dans votre post.
La première, c’est d‘appeler masturbation les caresses intimes données entre époux. La masturbation est un acte solitaire et à ce titre un péché. Ceux qui commettent cette erreur cherchent à banaliser, étendre et légitimer la masturbation.
De fait ; il pourrait être considéré que quand entre époux le but des caresses n’est plus sponsal, il s’agisse de masturbation car, de fait, on se rapproche dangereusement du péché par l’intention du cœur.
Pourtant, vous appelez curieusement « caresses » ce que vous voudriez que votre épouse vous fasse quand elle-même n’est pas disposée à poursuivre votre rapport sexuel, et que donc le but devient clairement l’orgasme pour l’orgasme, afin de combler votre frustration ou faim.
Or « l’orgasme pour l’orgasme », c’est précisément (sans exclusive) ce qui dans un cadre non conjugal ni adultère, rend plus grave (potentiellement mortel) le péché de chair, car le plaisir devient le seul mobile de l’acte.
Cela pourrait rejoindre l’enseignement de JP2 quand il affirma qu’il était possible d’avoir un comportement adultère même avec son conjoint.
Ce qui rend votre situation potentiellement fautive c’est d’avoir entrepris ensemble un acte conjugal alors que votre femme n’y était pas disposée, car si elle l’avait été elle ne se serait pas ensuite « fermée » à une pénétration, à moins que la nature de vos débats l’y ait poussée – ce qui signifierait soit que vous ne vous connaissez pas assez (du moins vos corps mais pas qu’eux), soit que votre façon de procéder contenait un vice de forme.
Autrement dit, il est trop tard pour intervenir quand vous l’indiquez, mais la faute était antérieure et cela peut s’anticiper.
En admettant que vous considériez avec raison que non, il y aurait tout de même de quoi vous interroger sur la signification prise par cet acte et sa finalité dans votre couple. Il convient de raisonner avec plus de hauteur qu’un jeu entre le bien et le mal, et vous seul pouvez savoir à quel point vous êtes innocents de vous être mis dans une impasse…
Il y a une autre contradiction dans votre post mais qui ne concerne en rien la spiritualité : vous écrivez que
statut 35 a écrit : ↑jeu. 02 oct. 2025, 14:08
« les femmes n'ont pas besoin d'orgasme pour procréer contrairement à l'homme »
et ensuite que
statut 35 a écrit : ↑jeu. 02 oct. 2025, 14:08
« l'homme peut avoir des orgasmes sans ejaculation, c'est possible et ce sont 2 choses différentes »
car si en effet ce sont 2 choses différentes, cela veut aussi dire que l’homme peut aussi avoir des éjaculations et donc procréer sans orgasme, ce qui est exact.
Cette contradiction à mon sens dénote autre chose de plus secret, une tendance à ne voir cet acte que d’un point de vue utilitaire : procréation ou orgasme. Voire à justifier que pour l’homme, il en ait systématiquement un. Vous oubliez complétement la dimension du don, qui n’a rien d’acquise du seul fait d’être marié et doit être réactualisée avant, pendant et après chaque union !
C’est cela qu’elle est censée renforcer, sinon et pour reprendre l’ambiguïté de votre expression, c’est de la masturbation à deux.
Vous abordez les choses sous un jour bien trop technique, même si c’est involontaire et le degré de précision de votre prose voudrait que vous ne négligeassiez pas le plus important.
La chasteté conjugale, ce n’est pas qu’une expression pour « faire bien » ou catho tout en défendant le plaisir voulu par Dieu !
Par scrupule envers vos connaissances de l’enseignement de l’Eglise, vous précisez que
statut 35 a écrit : ↑jeu. 02 oct. 2025, 14:08« dans ce cas, pas de perte de semence comme le veut l'Eglise catholique »,
or vous oubliez que l’Eglise, pour en rester sur un point de vue strictement académique à quoi vous résumez (selon mon impression à tort) la question, a jusqu’à présent condamné ce qu’elle a appelé l’étreinte réservée et qui correspond exactement à ce que vous voudriez faire, même si c’est sans pénétration, jusque dans la raison pour laquelle elle l’a condamnée.
Point de vue strictement technique : si vous aviez été dans le don sponsal, votre frustration ne serait pas si grande et se serait apaisée par une évacuation très prochaine de votre sperme « mis en ébullition », en urinant.
Tout cela correspond à des sensations (et des mécanismes alternatifs) très précises et différentes, comme quoi il n’est pas possible de séparer le corps et l’esprit !
Il y aurait bien évidemment d’autres réponses de possibles mais qui partent de postulats différents, or nous serons mesurés de la mesure dont nous nous serons servis et par conséquent c’est à mon avis au niveau de cette mesure et de cet esprit qu’il conviendrait d’agir si vous voulez résoudre votre frustration de la meilleure manière, et non par un palliatif de circonstance qui deviendrait une habitude.
Je suis tout de même étonné, au vu des échanges antérieurs, que ce soit à Coco Lapin que vous vous adressiez pour poser une telle question qui prend presque une signification de question piège ou d’auto-flagellation.
Je ne vous ai pas répondu parce qu’il ne vous répondra probablement pas, étant absent depuis longtemps du forum (depuis ces derniers houleux échanges le concernant, précisément...) mais parce que m’a choqué et m’horripile cet usage fréquent mais tronqué et faussé du mot de masturbation et de ses dérivés, que vous lui avez emprunté. Du coup la politesse m’a obligé à poursuivre et vous répondre, et non me contenter de conspuer un faux lapsus contemporain qui m’exaspère.
Car c’est un grand classique : pour pouvoir pécher en toute tranquillité, on commence par appeler comme un péché ce qui ne l’est pas afin que n’en soit plus un ce qui le sera. Peu importe à quelle étape « on » souscrit et pour s’y arrêter, on devient alors presque malgré soi complice d’une subversion.
Or ici, c’est aussi l’amour qui devient désenchanté !
Car si, il est interdit de masturber son épouse (même si ensuite il y a consommation de l'acte conjugal, n'en déplaise au rigorisme niais de qui vous interpellez et qui s'avère en réalité laxiste), ce qui n'est pas interdit c'est de la caresser quand bien même cela lui donnerait un orgasme sans acte conjugal complet ni pénétration : qu'elle soit à ce point sensible aux attentions amoureuses de son mari n'est pas un péché qui doit empêcher de la caresser si c'est l'expression d'un don qui dépasse le plaisir et ne s'en satisfait pas.
De même que l'éjaculation précoce n'est pas un péché mais une maladie qui se soigne, et qu'un orgasme (seul) précoce pour un homme n'est pas une étreinte réservée. Tandis que "pousser le bouchon" jusqu'à l'orgasme, ce n'est plus chercher le don ni l'union, le fait qu'il n'y ait pas d'éjaculation n'y change rien.