Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?
Publié : mar. 17 avr. 2012, 17:42
Pourquoi opposer Vatican II et 2000 ans de Tradition ?
L'Eglise n'est pas née figée et paralysée, sourde, muette et aveugle, de la prédication du Christ et du témoignage des apôtres. Elle n'est pas non plus sortie toute armée de cette prédication et de ce témoignage (laissons cela à Athéna et à Zeus). Elle a dû apprendre à grandir et à se recevoir elle-même de Dieu. L'Eglise est, certes, tout à fait la même qu'il y a deux mille ans et, Dieu merci, radicalement autre que ce qu'elle était, tout comme, nous sommes tout à fait le même qu'au jour de notre naissance et radicalement autre que ce que nous étions... Tout comme nous serons encore autre avec le temps et les années.
L'Eglise n'est vivante que parce qu'elle est toujours nouvelle, et elle ne sera vivante qu'aussi longtemps qu'elle saura être toujours nouvelle. C'est ce que notre ancien évêque appelait la jeunesse de l'Evangile.
Le concile Vatican II s'inscrit pleinement dans ces deux mille ans de Tradition : il n'y a là aucune rupture. C'est la vie même de l'Eglise et le souffle de l'Esprit qui se sont exprimés encore une fois, la même Vie, le même souffle qui ont permis depuis plus de deux mille ans à l'Eglise du Christ d'être fidèle à son époux, qui lui ont permis de se répandre dans le monde entier, de traverser les âges, de résister aux difficultés et de surmonter les obstacles qui n'ont pas manqué ... y compris ses propres faiblesses et ses propres manquements. Ce concile, comme ceux qui l'ont précédé, ne fait que continuer le renouvellement (au sens de "Voici, je fais toutes choses nouvelles", Ap. 21,5) et l'enrichissement doctrinal et spirituel commencé avec les premiers apôtres, continué par les Pères de l'Eglise, et toujours poursuivi depuis. Je pousserais donc le bouchon jusqu'au bout en affirmant que le moment venu, il y aura encore d'autres conciles pour poursuivre cette oeuvre vitale et incessante de renouvellement.
J'ajouterai que cet enrichissement n'est pas que le fait des conciles, mais qu'il résulte bel et bien de l'ensemble de la vie spirituelle de l'Eglise, depuis les textes des magistères jusqu'à la nouveauté vécue par certains de ses enfants (St François au XIII° siècle, Charles de Foucault au tournant du XX°, pour ne citer que deux), et sans doute (mais seul l'Esprit en est témoin) le témoignage humble et discret des millions et milliards de baptisés qui nous ont précédé, que nous sommes, qui nous succéderont...
Le concile Vatican II n'est pas une réforme de l'Eglise, au sens où il aurait changé quelque chose à l'Alliance de Dieu et de son peuple : il est une conversion en vue d'être fidèle. Permettez-moi une analogie avec le mystère des épousailles ("Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Eglise", Eph. 5,32) : c'est un peu comme dans le couple où l'époux (l'épouse) doit savoir se remettre de temps en temps en cause pour durer et pouvoir dire : je t'aime ! Les époux savent bien comment leur amour est à la fois toujours le même et tout autre ... et que pour y arriver, il a fallu parfois (régulièrement ?) redire de manière nouvelle les mots de toujours, forts de la vie, de l'expérience et de la brutalité du monde qui l'entoure ...
En résumé, il n'y a pas lieu de choisir entre 2000 ans de tradition et Vatican II : la seule Tradition qui vaille, c'est l'ouverture et la perméabilité à l'Esprit Saint ! Il n'y a pas lieu d'arrêter le temps : le seul temps qui vaille, c'est l'Eternité vers laquelle le Christ et son Eglise ont frayé le chemin. Dieu sera toujours en avance sur nous, ne nous arrêtons pas en route.
A tous, fraternellement.
Jean-Mic
PS : lisez ou relisez Yves Congar, qui fut aux côtés de Karol Wojtyla et Joseph Ratzinger, un des jeunes experts du concile.
L'Eglise n'est pas née figée et paralysée, sourde, muette et aveugle, de la prédication du Christ et du témoignage des apôtres. Elle n'est pas non plus sortie toute armée de cette prédication et de ce témoignage (laissons cela à Athéna et à Zeus). Elle a dû apprendre à grandir et à se recevoir elle-même de Dieu. L'Eglise est, certes, tout à fait la même qu'il y a deux mille ans et, Dieu merci, radicalement autre que ce qu'elle était, tout comme, nous sommes tout à fait le même qu'au jour de notre naissance et radicalement autre que ce que nous étions... Tout comme nous serons encore autre avec le temps et les années.
L'Eglise n'est vivante que parce qu'elle est toujours nouvelle, et elle ne sera vivante qu'aussi longtemps qu'elle saura être toujours nouvelle. C'est ce que notre ancien évêque appelait la jeunesse de l'Evangile.
Le concile Vatican II s'inscrit pleinement dans ces deux mille ans de Tradition : il n'y a là aucune rupture. C'est la vie même de l'Eglise et le souffle de l'Esprit qui se sont exprimés encore une fois, la même Vie, le même souffle qui ont permis depuis plus de deux mille ans à l'Eglise du Christ d'être fidèle à son époux, qui lui ont permis de se répandre dans le monde entier, de traverser les âges, de résister aux difficultés et de surmonter les obstacles qui n'ont pas manqué ... y compris ses propres faiblesses et ses propres manquements. Ce concile, comme ceux qui l'ont précédé, ne fait que continuer le renouvellement (au sens de "Voici, je fais toutes choses nouvelles", Ap. 21,5) et l'enrichissement doctrinal et spirituel commencé avec les premiers apôtres, continué par les Pères de l'Eglise, et toujours poursuivi depuis. Je pousserais donc le bouchon jusqu'au bout en affirmant que le moment venu, il y aura encore d'autres conciles pour poursuivre cette oeuvre vitale et incessante de renouvellement.
J'ajouterai que cet enrichissement n'est pas que le fait des conciles, mais qu'il résulte bel et bien de l'ensemble de la vie spirituelle de l'Eglise, depuis les textes des magistères jusqu'à la nouveauté vécue par certains de ses enfants (St François au XIII° siècle, Charles de Foucault au tournant du XX°, pour ne citer que deux), et sans doute (mais seul l'Esprit en est témoin) le témoignage humble et discret des millions et milliards de baptisés qui nous ont précédé, que nous sommes, qui nous succéderont...
Le concile Vatican II n'est pas une réforme de l'Eglise, au sens où il aurait changé quelque chose à l'Alliance de Dieu et de son peuple : il est une conversion en vue d'être fidèle. Permettez-moi une analogie avec le mystère des épousailles ("Ce mystère est grand : je le dis en pensant au Christ et à l'Eglise", Eph. 5,32) : c'est un peu comme dans le couple où l'époux (l'épouse) doit savoir se remettre de temps en temps en cause pour durer et pouvoir dire : je t'aime ! Les époux savent bien comment leur amour est à la fois toujours le même et tout autre ... et que pour y arriver, il a fallu parfois (régulièrement ?) redire de manière nouvelle les mots de toujours, forts de la vie, de l'expérience et de la brutalité du monde qui l'entoure ...
En résumé, il n'y a pas lieu de choisir entre 2000 ans de tradition et Vatican II : la seule Tradition qui vaille, c'est l'ouverture et la perméabilité à l'Esprit Saint ! Il n'y a pas lieu d'arrêter le temps : le seul temps qui vaille, c'est l'Eternité vers laquelle le Christ et son Eglise ont frayé le chemin. Dieu sera toujours en avance sur nous, ne nous arrêtons pas en route.
A tous, fraternellement.
Jean-Mic
PS : lisez ou relisez Yves Congar, qui fut aux côtés de Karol Wojtyla et Joseph Ratzinger, un des jeunes experts du concile.