gerardh a écrit :Je vais vous dire ce qu’il y a dans ma version (Darby), qui est considérée comme très sérieuse, même par les milieux catholiques :
Merci. Je relève les mots-clé :
« Et ayant ouï [ces choses], ils furent baptisés pour le nom du Seigneur Jésus ;
et Paul
leur ayant imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils parlèrent en langues et prophétisèrent ».
Grammaticalement, c'est extrêmement clair : l'imposition des mains fait partie du baptême.
L’imposition des mains de Paul est donc distincte du baptême chrétien qu’ils ont reçu.
Je suis forcé de conclure que nous ne parlons pas la même langue... Pour moi, c'est on ne peut plus explicite, la grammaire est très claire.
Par ailleurs Matthieu 28 est clair, et nous pourrions passer en revue dans les Actes toutes les scènes où il y a eu un baptême chrétien.
Ce que j'ai fait...
Maintenant je vous pose une question : quand la personne qui baptise a dit : « je te baptise au nom du Père du Fils et du Saint Esprit », à partir de ce moment précis le baptême est-il administré ? est-il valide ?
C'est une manière d'aborder les sacrements qui est source de bien des incompréhensions.
Elle m'étonne de votre part, car c'est une manière légaliste de faire : il s'agit de savoir dans quel cas un baptême doit être reconnu comme valide par l'Eglise, et dans quel cas il faut le refaire.
L'Eglise croit fermement qu'il n'y a qu'un seul baptême, qu'on ne peut pas baptiser deux fois. C'est pourquoi elle reconnait la validité du baptême, quelle qu'en soit la forme, le rite, du moment que le baptême est effectué (pour ce qui est visible) avec de l'eau et qu'il est donné au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit (ou de Jésus Christ, puisqu'il a été démontré que cela revient au même). Il faut aussi qu'il y ait eu intention de baptiser réellement : si, pour un film de cinéma, des acteurs simulent un baptême, il n'y a pas baptême.
Mais à cette action visible correspond ce qui se passe au niveau invisible : le baptême en Esprit. C'est pour que cette action invisible soit mieux comprise que le rituel du baptême fait suivre l'eau de l'onction.
Ce n'est pas l'onction qui "fait descendre l'Esprit". Elle n'est que matérialisation de ce qui a déjà eu lieu, ainsi qu'il est clairement dit dans le rituel :
Tu es maintenant baptisé:
Le Dieu tout-puissant,
Père de Jésus, le Christ, notre Seigneur,
t'a libéré du péché
et t'a fait renaître de l'eau et de l'Esprit Saint.
Notez que la phrase est au passé : la renaissance est accomplie, ce n'est pas l'onction qui fait renaître de l'Esprit.
Donc, pour ne pas être accusé de noyer le poisson, je vais répondre très clairement : une fois que la personne a dit « je te baptise au nom du Père du Fils et du Saint Esprit », à partir de ce moment précis, le baptême
dans l'eau et dans l'Esprit est administré et valide.
Parce que vous voyez l'eau, vous acceptez le baptême dans l'eau. Parce que vous ne voyez pas l'Esprit, vous considérez qu'il ne s'est rien passé : c'est là votre erreur fondamentale sur ce qui se passe dans un sacrement. En vérité, heureux ceux qui croient sans avoir vu
Je fais mienne la question de Cinci : selon vous, pour quelle raison Paul a-t-il soupçonné que ces personnes n'avaient pas reçu le baptême chrétien ?
Cela me permettra de répondre en même temps à Mac : 1°) la Parole ne nous donne pas davantage de détails, donc on ne peut faire que des suppositions
Le texte nous donne tous les détails nécessaires.
2°) j’ai dit que Paul avait sans doute compris qu’il y avait quelque chose de bizarre chez ces disciples. Quelle était cette chose bizarre ? Première hypothèse : ils insistaient sur le baptême de repentance. Deuxième hypothèse : sans doute Paul (et l’assemblée) avait constaté que ces personnes ne s’exprimaient pas selon l’Esprit Saint, ce qui n’était pas étonnant parce qu’elles ne l’avaient pas encore reçu, bien qu’ayant cru. Quand une personne ne parle pas par l'Esprit, l'assemblée, qui a l'Esprit, le sent.
Le texte indique clairement que c'est la seconde hypothèse : Paul leur demande pourquoi ils ne parlent jamais de l'Esprit, ce à quoi ils répondent n'en avoir jamais entendu parler.
Et pour que ces personnes puissent recevoir l'Esprit, Paul leur donne le baptême chrétien.
Notez que l'assemblée des auditeurs n'a rien senti du tout : il a fallu un membre de l'Eglise, un membre du Corps du Christ, pour entendre que quelque chose n'allait pas (et y remédier).
Au contraire, on voit que l'imposition des mains était la pratique ordinaire. C'est ainsi qu'on voit les apôtres agir, et c'est ainsi que l'Eglise fait depuis les origines. C'est la Pentecôte (Actes 2) qui est exceptionnelle.
J’ai le sentiment personnel d’avoir reçu l’Esprit Saint, non pas lors de ma confirmation catholique, mais quelque temps après ma conversion. Et mon cas est loin d’être isolé.
J'ai le sentiment d'avoir commencé à vivre de mon baptême (et de ma confirmation) 35 ans après avoir été baptisé. Environ 2 mois après le jour que je considère comme celui de ma conversion.
Cela est parfaitement connu. La grâce est donnée à tous de la même manière par les sacrements. Mais les fruits, l'abondance de la grâce, ne sont donnés par l'Esprit à chacun que selon ses dispositions propres. On retrouve les perles et les pourceaux

Imaginez un peu si l'Esprit donnait à chacun les extases de Ste Thérèse d'Avila ou de Padre Pio, sans que les personnes n'aient les dispositions pour les recevoir...
Pour ressentir en soi la présence de l'Esprit, il faut accepter de s'offrir à Dieu : il faut renoncer à soi-même. Certains catéchumènes vivent cela le jour de leur baptême (et ont alors du mal à comprendre pourquoi ils doivent être confirmés...). Pour la majorité de gens, c'est le fruit d'un long parcours.
Déjà, il ne faut pas oublier que Dieu ne viole pas notre volonté, le sacrement n'est pas une action magique qui oblige notre être. C'est à nous de consentir à vivre de ce que nous avons reçu.
Ensuite, et c'est
très important, c'est une erreur que de croire que l'Esprit n'est pas là parce que nous ne le ressentons pas. Cette sensation que nous ressentons, c'est une consolation que nous donne l'Esprit pour nous indiquer que nous sommes sur le bon chemin. Mais en réalité, l'Esprit agissait déjà avant ! Et ces sensations ne durent pas : il faut aussi apprendre à s'en détacher, et l'Esprit nous fait traverser ces périodes de nuit obscure.
Aujourd'hui, je sais très précisément à partir de quel jour, à quelle heure, je dis que j'ai commencé à vivre de mon baptême. Mais je peux aussi relire dans mon histoire l'action de l'Esprit en moi, action qui m'a amené à vivre ce jour. Je ne sentais rien, mais l'Esprit était là et il agissait.
Pour l'instant, je continue de ressentir cette présence, mais je sais bien qu'un jour, cela me sera ôté, que je devrai apprendre à continuer sans cette consolation.
Les anges ne peuvent pas recevoir le salut. Les hommes le peuvent mais ce n’est pas spécialement parce qu’ils ont un corps, une âme et un esprit.
OK. Mais ce corps, ils l'ont, et Dieu a jugé que cela était bon. Qu'est-ce qui vous permet de tenir le corps pour quantité négligeable dans l'économie du salut ?
Peccator : c'est le Christ qui baptise, pas les hommes
Gérard : Je regrette, mais il n’en est rien.
Peccator : qu'est-ce qui vous permet d'affirmer cela ?
A vous l’honneur !
Dites, je ne fais qu'expliquer cela depuis le début : c'est l'Eglise qui baptise, l'Eglise qui est Corps du Christ, qui est présence vivante du Christ dans le monde, qui est sacrement du salut.
Tiens, une formule intéressante de Léon le Grand pour mieux comprendre la notion de sacrement : il parlait du Christ comme "principale et maximum sacramentum". Effectivement, Jésus Christ lui-même est sacrement du Père dans l'Esprit.