Bonjour et merci à tous pour ces nombreuses interventions dans ce fil.
@
Trebla
Vous demandez :
Trebla a écrit : En parlant strictement en termes biologiques, est-ce que vous considérez Adam et Eve comme des êtres humains modernes ?
Oui, bien sûr. Le Christ est en tout semblable à Adam et Eve et à tous leurs les descendants, sauf le péché. Sans une même nature, comment pourrait-il être le sauveur de tous ?
Pour le reste, malgré votre rappel de définitions, je continue à attendre votre réponse à mes questions précises.
@
Md1138
Vous écrivez :
Md1138 a écrit : La Génèse est un mythe, c’est-à-dire un récit qui a une valeur explicative…
Personnellement, je pense qu’elle est surtout une explication fondamentale… Donc, la Génèse est un texte important qu'il faut essayer de bien comprendre...
Dire que la Genèse est mythique ou symbolique est facile, mais ne supprime aucune des questions concrètes et historiques de nos origines.
Nous pouvons y réfléchir aujourd’hui avec nos connaissances scientifiques actuelles. Nous pouvons aussi écouter ce que les anciens pouvaient en penser et rien ne justifie de les mépriser a priori, d’autant moins lorsque nous croyons qu’il s’agit d’auteurs inspirés.
Si vous croyez que les humains sont les seuls dans la nature à avoir une âme immortelle capable de partager la vie de Dieu, il vous faut bien réfléchir à qu’a été leur survenance en ce monde à un moment de l’histoire concrète. Cette survenance nous évite de considérer l’humain et le Christ de manière trop abstraite. Méditer la création de l’humanité, c’est méditer ce que nous sommes réellement, qui est le Christ qui s’est fait homme et la réalité concrète du salut que nous ouvre son incarnation, sa mort et sa résurrection.
Notre monde se caractérise par la précarité de ceux qui y existent et qui se décomposent sans cesse tout en assurant par reproductions ou mutations d’autres êtres inertes ou vivants. Dans le temps, la survenance d’une âme immortelle est un fait qui ne peut venir que d’une action extérieure (Dieu) et qui se produit à un moment et à un endroit.
La Genèse nous présente un couple concret dans le cours concret de l’histoire. Vous pouvez imaginer aussi un individu ou un groupe d’individus. Vous pouvez imaginer une survenance naturelle ou extranaturelle. Si vous êtes croyant, vous pouvez l’imaginer ou non dans une relation avec Dieu qui a été blessée. Quelle que soit l’opinion sur le livre de la Genèse, les questions sont les mêmes.
Bref, se limiter à penser que la Genèse est un mythe me semble davantage un évitement des questions concrètes de notre réalité, de notre présence et de notre vie qu’un début de réponse.
@
Voyageur
J’espère que vous continuerez à suivre ce fil et à y intervenir en cas d’élément nouveau.
Trebla accumule certes des textes qu’il interprète de son point de vue ou des affirmations répétées, en évitant de répondre à mes questions précises, mais j’espère que cette absence actuelle de réponse exprime qu’il continue à y réfléchir et que la porte reste ouverte à des avancées. A suivre…
@
Trinité
Vous écrivez :
Trinité a écrit : Un fait reste troublant les Néandertaliens avaient des rites funéraires, qui relèvent d'une intelligence et de...compassion!
On trouve, en effet, des traces très anciennes de rites funéraires et de comportements religieux.
D’un point de vue scientifique, il ne fait guère de doute que le cerveau naturel de l’homo sapiens lui permet une abstraction religieuse et une sensibilité affective devant la mort d’un semblable. Mais, comme les athées le considèrent de manière justifiée, ces capacités naturelles n’impliquent pas nécessairement l’immortalité et la capacité de partager la vie de Dieu.
L’élévation de l’abbé Ries à la dignité de Cardinal par le Pape Benoît XVI a mis en évidence l’attention de l’Eglise à la question difficile de la religiosité dans la préhistoire, ce qui a fait l’objet d’un sujet, intitulé « Le Cardinal Ries : un signal fort » qui a été développé dans le sous-forum des Savoirs Thématiques :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... es#p258306
@
Suliko
Je vous remercie d’intervenir dans ce fil ce qui me réjouit car je connais votre ferme attachement à la foi de l’Eglise.
Cependant, cette foi de l’Eglise se vit et se médite à chaque époque et en tout lieu dans le contexte de la culture et des connaissances, ce qui nous demande de l’attention pour distinguer les traditions, même anciennes, qui ne résultent que de cette culture, et la foi de l’Eglise attestée par le Magistère.
Vous écrivez :
Suliko a écrit : Sauf erreur de ma part, le consensus des Pères de l'Eglise, ainsi que la Tradition catholique en général, tient pour vrai qu'Adam et Eve furent nos premiers parents et que leurs enfants se marièrent entre eux
Adam et Eve sont nos premiers parents humains, c’est bien certain. Par contre, je n’ai pas connaissance d’une déclaration quelconque du Magistère affirmant que les enfants d’Adam et Eve se sont mariés entre eux et que l’humanité aurait ainsi commencé par des incestes. Avez-vous une référence ? Il me semble qu’il n’y a sur ce point que des traditions culturelles jamais confirmées par le Magistère de l’Eglise.
Vous me reprochez de supposer «
que des êtres humains créés à l'image de Dieu aient pu s'unir à des êtres non créés à l'image de Dieu, càd à des sortes d'animaux, sans âme immortelles. Cela va à l'encontre du simple bon sens ».
N’est-ce pas exactement ce que suggère la descendance de Caïn après qu’il ait fui au loin et aussi ce que nous raconte le début du chapitre 6 de la Genèse ? Ce n’est pas une simple supposition de ma part.
La création d’un être à l’image de Dieu avec une âme immortelle, radicalement nouveau dans la nature, suppose bien une nouveauté avant laquelle il n’y avait pas d’êtres semblables. Ce fut aussi le cas lors de l’incarnation du Christ dans le sein de la Vierge Marie. C’est même encore le cas lors de chaque eucharistie lorsque le pain qui n’est d'abord que du pain devient le corps du Christ, sans discontinuité biologique ou physique.
Lors de la création, c’est avec des corps biologiques et sans discontinuité dans la nature que Dieu a créé l’humanité.
Vous écrivez :
Suliko a écrit : ces préhumains, par définition, auraient également eu des descendants avec d'autres préhumains, et pas seulement avec les enfants d'Adam et Eve, ce qui va clairement à l'encontre du dogme du péché originel, qui veut que le péché d'Adam se soit transmis à tous ses descendants par propagation
Il est certain que le péché originel a été transmis à « tous » les descendants d’Adam et Eve, sans exception.
Il est tout aussi certain que l’humanité blessée d’Adam et Eve a été transmise à « tous » leurs descendants, y compris aux descendants de Caïn et aux descendants des humains descendant des unions des « fils de Dieu » (les descendants d’Adam et Eve) et de fils de l’adam (les descendants des préhumains de la même époque qui avaient la même nature biologique qu’Adam et Eve).
Les généalogistes ont démontré qu’en trois mille ans environ, par l’effet des croisements, tous les descendants de tous les couples d’une époque ont les mêmes ancêtres. Trois mille ans après Adam et Eve, il n’y avait plus sur la terre aucun homo sapiens provenant « uniquement » de préhumains et tous étaient des descendants biologiques d’Adam et Eve (dont ils ont hérité de l’humanité nouvelle créée par Dieu et du péché originel) mais aussi de tous les ancêtres préhumains de la même époque ayant eu une descendance.
Nous descendons tous d’Adam et Eve, mais, d’un point de vue biologique, nous ne descendons pas seulement d’Adam et Eve mais de toute l’histoire de la nature depuis les débuts du monde.
C’est ce que confirme la dernière encyclique du Pape François.