Cette discussion ne peut pas faire autrement que tourner en rond.
Nous sommes sur un forum catholique, qui déclare explicitement que nous y présentons le point de vue des catholiques.
Vous me demandez de vous convaincre en mettant de côté tout argumentaire catholique, mais en me limitant au point de vue matérialiste.
Je suis donc obligé de me faire violence, de mettre dans une boîte toute conviction intime, pour adopter un système de pensée qui non seulement n'est pas le mien, mais dont je suis intimement convaincu qu'il est vicié à la base (puisqu'il pose que l'homme doit se penser en dehors de toute relation à Dieu).
Mais enfin, si je voulais défendre un point de vue matérialiste avec des arguments matérialistes (ce donc je doute être capable), j'irais le faire sur un forum matérialiste, pas sur un forum catholique !
Donc rien que cette requête n'est pas honnête, puisque vous ne me demandez pas d'expliquer mon point de vue, mais d'adopter le vôtre. Vous n'êtes plus dans le dialogue respectueux, mais dans la propagande. Vous n'êtes pas là pour écouter ce que nous avons à dire, mais pour nous convaincre que nous avons tort et que vous avez raison.
J'avais déjà fait ce constat sur un autre fil. Peut-être êtes vous vraiment venu pour découvrir la pensée catholique, mais actuellement tout ce que vous faites, c'est systématiquement chercher la faille pour démontrer son erreur.
C'est comme si vous alliez vous un maître de musique indienne, qui essaie de vous expliquer la théorie de la musique indienne, mais que dès le 1er cours, vous lui expliquiez que vous savez écrire de la musique, et que ce n'est pas comme ça qu'on fait...
Vous me demander de limiter mon argumentaire à des disciplines auxquelles vous accordez une légitimité, en rappelant que tout ce qui a trait à la religion chrétienne est pour vous illégitime (mais alors, que faites-vous donc ici, si rien de ce que nous avons à dire n'est légitime ?). Mais vous ne faites aucune liste des disciplines en question : je vais donc être forcé de construire des argumentations pour risquer toujours de m'entendre dire qu'elle n'est pas légitime dès le départ...
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J'explique que ce qui accorde de la valeur à un embryon, c'est effectivement toute la potentialité de sa vie. C'est le fait qu'il a une vie à vivre, et que le seul fait que nous ne sachions encore rien de sa vie ne permet pas de dire que cette vie n'a pas de valeur. Vous me répondez que disant cela, j'adopte un paradigme pro-vie.
Dois-je donc pour vous convaincre adopter un paradigme pro-choix, et partant de là en conclure qu'il faut favoriser la vie ? Vous rendez-vous compte de l'incohérence de vos requêtes ?
Et vous ne réfutez pas le fait qu'en prenant la décision d'avorter, la mère prend bel et bien en considération les potentialités de sa propre vie : elle ne le fait pas en considérant uniquement l'instant présent, mais bel et bien en imaginant les conséquences de l'arrivée de cet enfant sur sa vie future. Il est donc évident que vous accordez plus d'importance aux potentialités d'une vie qu'à une autre.
Je relis votre intervention (parce que contrairement à ce que vous affirmez, je prends le temps de vous lire, de vous relire, et même après avoir rédigé ma réponse, je retourne vous lire pour m'assurer que c'est bien à votre message que je réponds) :
dans le paradigme où on préfère le bonheur(pro-choix) l'embryon ne fait pas partie de l'équation
Mais voilà, tout est dit : l'embryon ne fait pas partie de l'équation. Effectivement, si on le retire de l'équation, il n'y a plus aucune raison qu'on se préoccupe de quoique ce soit d'autre que des sentiments, des émotions et de la volonté de la mère. En fait, dans votre paradigme, vous vous prononcez pour l'avortement avant même de réfléchir à la question, puisque vous raisonnez déjà en faisant comme si l'embryon n'était pas là.
Maintenant que j'ai constaté cela, je revendique être enfermé dans un paradigme pro-vie : je constate qu'il y a bel et bien un embryon qui est là, que c'est une vie, et que je ne peux pas le "retirer de l'équation".
Vous me demandez ce qui prime, du bonheur ou de la vie ? Mais comment connaître le bonheur quand on ne vit pas ? Cette question n'a tout simplement pas de sens ! Pour parler de bonheur, il faut bien que je commence par la vie.
Donc la question n'est pas entre le bonheur et la vie, mais entre le bonheur de la mère (ou plus exactement, de l'idée qu'elle se fait de son bonheur futur) et le bonheur de l'enfant (qui effectivement est bien un bonheur futur). Vous me dites qu'en laissant vivre l'enfant, je fais le pari du hasard. Alors déjà, non, je fais le pari de Dieu (décidément, c'est terrible, n'est-ce pas, cette manie des cathos de trouver Dieu partout...) : Dieu veut que nous soyons heureux, il ne veux pas notre malheur. Ensuite, je ne vois pas comment miser sur le bonheur futur de la mère est moins "hasardeux".
Bien sûr, on peut utiliser notre raison pour construire des scénarios plus ou moins vraisemblables. Mais vous biaisez complètement l'analyse, puisque vous partez du principe que si une femme avorte et se déclare heureuse, alors c'est recevable, mais que si une femme ayant avorté déclare regretter sa décision, c'est qu'elle est dans un paradigme culpabilisant et qu'il faut lui apprendre à penser autrement...
C'est la même chose que si vous avez envie de faire du wingsuit. Vous allez rencontrer des pratiquants, ils vont vous dire que c'est génial, qu'il y a des risques mais qu'en se préparant bien, on peut gérer les risques, et qu'on a des super sensations. Et vous allez rencontrer des gens qui vont vous dire qu'ils en on fait, et qu'un de leur copain est mort, et que toute la préparation que l'on peut faire est une illusion, parce que ça reste super dangereux et qu'on ne maîtrise pas totalement le risque, et que si c'était à refaire, ils préfèreraient n'avoir jamais essayé et que leur pote soit encore en vie. Mais vu que vous, vous avez envie d'essayer, vous allez accorder beaucoup de poids aux arguements de ceux qui pratiquent, et beaucoup moins de poids à ceux qui vous disent de ne pas essayer. C'est un biais très connu en psychologie (est-ce que la psychologie est une discipline légitime ?).
Car tout le problème est là : vous nous reprochez d'être dans le paradigme pro-vie, mais vous-même est depuis le départ dans le paradigme pro-choix.
Hop, vous avez raison, il sert souvent, ce bocal...
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Par ailleurs, ma conception de l'amour vous parait bien triste ? Mais vous n'avez aucune idée de ce qu'est l'amour de Dieu, puisque vous n'avez toujours aucune idée de qui est Dieu ! Comment pouvez-vous alors avoir la moindre idée de si cet amour est joyeux ou triste ? Et comment en général pouvez-vous avoir la moindre idée de ma conception de l'amour ?
Vous êtes insultant et méprisant.
Oser dire que l'amour est une ouverture à l'autre, un accueil de l'autre en même temps qu'un don de soi, c'est avoir une vision triste de l'amour ? Mais qu'est-ce donc que l'amour selon vous, alors ?