Gentil athée a écrit :
Bonjour Amfortas, et bonne année,
Bonne année.
Gentil athée a écrit :
Est-ce qu'au fond on ne fait pas simplement de la reconnaissance de formes, comme toutou, mais à un degré plus haut ?
Si tel était le cas alors nous ne serions capable d’aucun concept, or pourtant nous en sommes capables, par où il faut nier la conditionnelle.
Mais développons quand même.
Votre doute repose sur un supposé passage par degré de la reconnaissance de forme à l’abstraction de la forme.
Or la reconnaissance de forme strico sensu est toujours la reconnaissance d’une forme dans une matière, le point important il est là : la reconnaissance n’abstrait pas la forme de la matière, mais la reconnaît dans la matière.
Par suite reconnaître une forme et abstraire une forme sont deux opérations de nature différente, et non de degré différent : l’une conserve la matière, l’autre la dégage.
D’une façon générale : si vous avez 2 opérations et que ces 2 opérations ne diffèrent que par le degré alors leur définition (conséquence de leur nature) reste la même. Si tel n’est pas le cas alors c’est qu’elles ne diffèrent pas par le degré mais par la nature.
Exemple : « cuire à 20 degrés » et « cuire à 100 degrés » sont deux opérations de degré différent. Mais « sortir le gâteau du four », qui n’a plus rien à voir, diffère des deux opérations précédentes par la nature.
Gentil athée a écrit :
D'une, si les animaux supérieurs ne possèdent pas de technologie, c'est aussi parce qu'ils ne possèdent pas de main comme celle de l'homme, capable de manipuler avec précision.
Vous savez, il y avait une artiste peintre qui était née sans bras, ni jambe (suite à l’absorption par sa mère d’un produit pharmaceutique, retiré du marché par la suite…) : elle peignait en tenant le pinceau dans sa bouche.
Donc que la concrétisation du concept soit empêchée par une limite corporelle est peu probable, elle peut être gênée certes, mais complètement empêchée non.
Gentil athée a écrit :
De trois, quand bien même il n'existerait pas du tout de technologie chez les animaux supérieurs, qu'est-ce qui nous permettrait d'en conclure que la cause de cette absence de technologie chez les animaux supérieurs est l'absence d'une certaine capacité, plutôt qu'un développement pas suffisamment poussé d'une capacité qu'ils possèdent aussi ? En effet, une différence qualitative peut parfois être causée par une différence quantitative : 0,1 point supplémentaire (différence quantitative) peut permettre de décrocher un diplôme (différence qualitative) ; 1°C supplémentaire (différence quantitative) suffit à changer la glace en eau liquide (différence qualitative) ; etc."
C’est bien simple : il faut distinguer l’incapacité individuelle et l’incapacité d’une espèce.
On dit du nourrisson qu’il est incapable de parler, en ce cas il faut entendre « incapable » dans le sens « capacité non développée ».
On dit de l’homme qu’il est incapable de voler comme les oiseaux. En ce cas il faut entendre « incapable » dans le sens « absence de capacité ».
D’où un critère de discernement : si aucun individu d’une espèce n’a développé une capacité alors on peut en inférer l’absence de capacité chez cette espèce. Si au moins un individu de l’espèce a développé une capacité alors on peut en inférer que la capacité est présente chez cette espèce et que les individus qui ne l’ont pas, ne l’ont pas faute d’un développement suffisant.
Exemple : certains hommes sont saints, donc l’humanité est capable de sainteté. Aucun chien n’a jamais abstrait de forme, donc tous les chiens sont privés de cette capacité abstractive.