Re: L'Eglise et la peine de mort
Publié : ven. 04 févr. 2011, 12:27
Bon plus généralement, je crois qu'il est important de recadrer la discussion.
Dans cette discussion ont par exemple été cités les cas de violeurs récidivistes. Un tel criminel, si il n'avait pas été remis en liberté, aurait-il pu commettre à nouveau un tel crime ? La réponse est non, évidemment. Il est évident qu'il existe au moins un moyen d'épargner de futures victimes, qu'est l'incarcération à vie. D'après le catéchisme, l'autorité doit s'en tenir à des moyens non sanglant si ils existent. C'est le cas. Fin du débat sur les criminels multi-récidivistes. Quoi d'autre ?
Evangelium Vitae a écrit :D'autre part, « la légitime défense peut être non seulement un droit, mais un grave devoir, pour celui qui est responsable de la vie d'autrui, du bien commun de la famille ou de la cité ». 44 Il arrive malheureusement que la nécessité de mettre l'agresseur en condition de ne pas nuire comporte parfois sa suppression. Dans une telle hypothèse, l'issue mortelle doit être attribuée à l'agresseur lui-même qui s'y est exposé par son action, même dans le cas où il ne serait pas moralement responsable par défaut d'usage de sa raison. 45
56. Dans cette perspective, se situe aussi la question de la peine de mort, à propos de laquelle on enregistre, dans l'Eglise comme dans la société civile, une tendance croissante à en réclamer une application très limitée voire même une totale abolition. Il faut replacer ce problème dans le cadre d'une justice pénale qui soit toujours plus conforme à la dignité de l'homme et donc, en dernière analyse, au dessein de Dieu sur l'homme et sur la société. En réalité, la peine que la société inflige « a pour premier effet de compenser le désordre introduit par la faute ». 46 Les pouvoirs publics doivent sérvir face à la violation des droits personnels et sociaux, à travers l'imposition au coupable d'une expiation adéquate de la faute, condition pour être réadmis à jouir de sa liberté. En ce sens, l'autorité atteint aussi comme objectif de défendre l'ordre public et la sécurité des personnes, non sans apporter au coupable un stimulant et une aide pour se corriger et pour s'amender. 47
Précisément pour atteindre toutes ces finalités, il est clair que la mesure et la qualité de la peine doivent être attentivement évaluées et déterminées; elles ne doivent pas conduire à la mesure extrême de la suppression du coupable, si ce n'est en cas de nécessité absolue, lorsque la défense de la société ne peut être possible autrement. Aujourd'hui, cependant, à la suite d'une organisation toujours plus efficiente de l'institution pénale, ces cas sont désormais assez rares, si non même pratiquement inexistants.
Dans tous les cas, le principe indiqué dans le nouveau Catéchisme de l'Eglise catholique demeure valide, principe selon lequel « si les moyens non sanglants suffisent à défendre les vies humaines contre l'agresseur et à protéger l'ordre public et la sécurité des personnes, l'autorité s'en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine ». 48
A partir de ces enseignements, on peut se poser la question : y a-t-il des cas qui justifient aujourd'hui en tel pays, le recours à la peine de mort. Si oui, et si ce pays l'a abrogé, faut-il qu'il la rétablisse ? Si non, et si ce pays recours encore à la peine de mort, doit-il l'abroger ?Le Catéchisme de l'Eglise Catholique a écrit :2267 L’enseignement traditionnel de l’Église n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.
Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.
Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’État dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable " sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants " (Evangelium vitae, n. 56).
Dans cette discussion ont par exemple été cités les cas de violeurs récidivistes. Un tel criminel, si il n'avait pas été remis en liberté, aurait-il pu commettre à nouveau un tel crime ? La réponse est non, évidemment. Il est évident qu'il existe au moins un moyen d'épargner de futures victimes, qu'est l'incarcération à vie. D'après le catéchisme, l'autorité doit s'en tenir à des moyens non sanglant si ils existent. C'est le cas. Fin du débat sur les criminels multi-récidivistes. Quoi d'autre ?