Re: Le Pape est-il favorable aux flux migratoires ?
Publié : mar. 17 nov. 2009, 23:22
Le texte des évêques de Suisse est ambigü au possible.
Pour l'intelligence de la foi
https://www.cite-catholique.org/
Merci pour ces précisions Serge. C'est moins choquant que ce que j'avais compris mais cela n'en demeure pas moins ambigu, pour reprendre l'expression de Namino.Serge BS a écrit :Voici le communiqué exact des Evêques de Suisse, pour que chacun puisse se faire une idée exacte : http://www.sbk-ces-cvs.ch/ressourcen/do ... 091559.pdf...
Je ne sais pas ce qu'en aurait pensé Innocent III...
Je serai toujours fidèle à l'Église sur les questions de foi et de morale mais je rejoins Geronimo sur ce point. Comme le dit si bien saint Josémaria Escriva :Pneumatis a écrit :Ne croyez-vous pas qu'on peut alors faire confiance à l'Eglise, et les nombreux travaux sur lesquels elle s'appuie, même si ça nous semble a priori complètement contraire à nos positions politiques sur la question ?
J'ajouterai par ailleurs que si l'Église entend appuyer ses opinions sur la questions à l'aide de "travaux" et de "recherches" en sciences sociales, elle doit par définition s'attendre à voir ses conclusions critiquées. Il n'y a pas de place pour la confiance dans une démarche se voulant scientifique.Saint Josemaría Escrivá, Entretiens a écrit :Cette sphère d'autonomie nécessaire, dont le fidèle catholique a besoin pour ne pas être en situation d'infériorité vis-à-vis des autres laïcs, et pour pouvoir réaliser efficacement sa tâche apostolique particulière au milieu des réalités temporelles, cette autonomie, dis-je, doit toujours être respectée par tous ceux qui exercent, dans l'Église, le sacerdoce ministériel. S'il n'en était pas ainsi — s'il s'agissait d'instrumentaliser le laïc à des fins qui dépassent les buts du ministère hiérarchique —, on verserait dans un anachronique et lamentable cléricalisme. On limiterait énormément les possibilités apostoliques du laïcat — le condamnant ainsi à une perpétuelle immaturité —, mais surtout on mettrait en péril — plus spécialement de nos jours — le concept même d'autorité et d'unité dans l'Église. Nous ne pouvons oublier que l'existence, parmi les catholiques eux-mêmes, d'un authentique pluralisme de jugement et d'opinion dans les domaines que Dieu laisse à la libre discussion des hommes, ne s'oppose pas à l'ordonnance hiérarchique et à l'unité nécessaire du Peuple de Dieu, mais bien au contraire les fortifie et les défend contre les impuretés éventuelles.
Concernant le cout de l'immigration, je vous renvoie aux travaux de Maurice Allais, prix Nobel d'économie, qui fait apparaître que l'immigration coute chaque année à notre pays un peu plus de 30 milliards d'euros, solde net.Pneumatis a écrit :
Voilà, maintenant peut-être chacun de vous peut-il apporter au débat des études actuelles sur les phénomènes migratoires qui viennent appuyer leurs idées. Par exemple Polomnic, peut-être avez-vous des indices de corrélation entre immigration et conséquences en terme de sécurité, de finance publique et de cohésion nationale pour reprendre vos propos. Et si vous en avez, certainement avez-vous des éléments conduisant à penser que cette corrélation est inéluctable et persistante, intrinsèquement ordonnée au phénomène migratoire. Ou n'est-ce qu'une opinion personnelle... Ce n'est pas dépréciatif, mais c'est juste important de connaitre les bases du débat, je crois. Je n'ai en ma possession que les éléments que j'ai cité, si vous en avez d'autres, peut-être cela me permettra-t-il de corriger ma position.
Je n'accablerai certainement pas ce pauvre homme, contraint de tenir des discours de ce type pour assurer la pérennité de son église locale, mais il est tout de même assez vicieux d'avoir retenu cette phrase. C'en est presque indécent d'exploiter à des fins idéologiques la vulnérabilité d'un homme, qui sait ses moindres mots épiés.Sofia citant le COMECE a écrit :Rappelant que l’islam a été et reste européen dans ses racines, le Métropolite Emmanuel...
Hunh?!Sofia a écrit : Rappelant que l’islam a été et reste européen dans ses racines,
Si malheureusement on doit considérer que les études actuelles manquent de données pertinentes, OK. Il faut le reconnaitre, il y a un vrai tabou autour des statistiques ethniques. Mais alors pourquoi les études actuelles, comme celle du PNUD, peuvent-elles prétendre dégager les conclusions qu'elles dégagent de leurs données ? On peut éventuellement accuser le biais de confirmation idéologique d'un tel organisme, mais on ne peut pas accuser l'Eglise du même fait.Franck a écrit :Vous avez raison sur le fait qu'il est impossible de vous objecter des études pertinentes (quelques indicateurs partiels existent cependant : composition religieuse des prisons françaises, taux de mariages mixtes, nationalité des personnes coupables de viol, criminalité par département, etc.) et ce pour une raison bien simple : la législation française interdit les statistiques ethniques. Dans le cas contraire, il suffirait de collecter des données sur la composition actuelle de la société française, de les confier à une équipe de démographes à des fins d'extrapolation et d’en présenter les résultats aux Français. Cela ne risque pas d’arriver du fait des risques politiques induits.
Pour le travailleur je vous rejoints, comme pour le syncrétisme d'ailleurs. Mais le pluralisme religieux est la conséquence directe de l'application de la liberté de conscience. Le pluralisme culturel aujourd'hui vous ne pouvez plus non plus y échapper, ne serait-ce que si ce n'est pas par la rencontre de l'autre, sa culture viendra à vous par d'autres moyens.Franck a écrit :On ne peut néanmoins réduire ce débat à une simple question d'études et de statistiques. Ne nous leurrons, les convictions jouent un rôle primordial. Est-ce que je veux d'une société pluraliste sur le plan religieux ? Non, je n'en veux pas, quand bien même faudrait-il renoncer à 20 points de croissance et à notre modèle social. Est-ce que je veux d'une société vantant les vertus du métissage, du syncrétisme et de la tolérance ? Non, je n'en veux pas, quand bien même faudrait-il renoncer à accueillir le futur prix Nobel de physique ou le découvreur du vaccin contre le VIH. Est-ce que je veux d'une société abaissant le travailleur au rang de simple variable d'ajustement de la production ? Non, je n'en veux pas, quand bien même faudrait-il supporter un peuple un peu râleur.
Ne nous arrêtons cependant pas trop sur la question de la tolérance qui viserait déjà à réduire l'immigration à un mal à tolérer. Le mal à tolérer dont il serait question, ce serait plutôt l'Islam. Parce que il faut dire ce qui est : si la rencontre entre les peuples n'était pas positive, nous ne serions pas là aujourd'hui. Principe de réciprocité et règle d'or : il est important pour nous de faire connaitre l'évangile, de l'annoncer dans le monde. Il faut pour cela que le monde nous accueille. Si nous attendons du monde qu'il nous accueille pour répandre l'évangile, le principe de réciprocité nous contraint d'accepter que nous devons accueillir l'étranger qui vient nous rencontrer. Et c'est même l'occasion de l'évangéliser. Si nous voulons pouvoir bâtir des églises en Arabie Saoudite, et Dieu sait que c'est important, c'est à la racine de notre vocation de chrétien, il faut pouvoir accepter qu'on vienne construire des mosquées chez nous. C'est finalement assez simple.Dans l'Encyclique Libertas praestantissimum, Léon XIII a écrit :Dieu lui-même, dans sa providence, quoique infiniment bon et tout-puissant, permet néanmoins l’existence de certains maux dans le monde, tantôt pour ne point empêcher des biens plus grands, tantôt pour empêcher de plus grands maux. Il convient, dans le gouvernement des Etats, d’imiter celui qui gouverne le monde. Bien plus, se trouvant impuissante à empêcher tous les maux particuliers, l’autorité des hommes doit « permettre et laisser impunies bien des choses qu’atteint pourtant et à juste titre la vindicte de la Providence divine » (S. August., De libero arbitrio, livre I, chapitre. 6, numéro 14). Néanmoins, dans ces conjectures, si, en vue du bien commun et pour ce seul motif, la loi des hommes peut et même doit tolérer le mal, jamais pourtant elle ne peut ni ne doit l’approuver, ni le vouloir en lui-même, car, étant de soi la privation du bien, le mal est opposé au bien commun que le législateur doit vouloir et doit défendre du mieux qu’il peut. Et en cela aussi la loi humaine doit se proposer d’imiter Dieu, qui, en laissant le mal exister dans le monde, « ne veut ni que le mal arrive, ni que le mal n’arrive pas, mais veut permettre que le mal arrive. Et cela est bon ». Cette sentence du Docteur angélique (S. Thomas d’Aquin) contient, en une brève formule, toute la doctrine sur la tolérance du mal.
Pour aller dans le sens de ce que dit Franck, je crois que ces propos sont très mal formulés. L'Islam n'est pas européen dans ses racines, pour ce que j'en juge personnellement à l'aune de l'Histoire. Mais, désolé de jeter un pavé dans la marre, dans le même sens, le christianisme non plus. Les premiers chrétiens n'étaient pas plus européens que les premiers musulmans. Les deux ont un peu le même parcours d'expansion, il y en a juste un qui a l'antériorité sur l'autre et les "méthodes" d'expansion qui diffèrent radicalement (l'Islam s'étant propagé par la violence).Sofia a écrit :Rappelant que l’islam a été et reste européen dans ses racines, le Métropolite Emmanuel estime que « nous n’avons pas besoin d’européaniser l’islam » mais plutôt d’une perception révisée des valeurs et traditions existantes dans leur diversité. La crainte de l’islam est un défi que les institutions européennes, les Eglises et les média doivent relever.
Savez-vous ce que la COMECE entend par "perception révisée des valeurs et traditions existantes dans leur diversité" ?
Tout à fait, et la COMECE ne se prévaut d'aucune autorité particulière sinon de venir éclairer, ici par des travaux et des échanges, le message contenu dans la DSE. Mais je vous rejoins : le message de la DSE pourrait suffire (il me suffit pour le chrétien que je suis), et il invite à considérer l'immigration comme quelque chose de positif.Geronimo a écrit :Je ne vois pas de quel type d'autorité canonique pourrait se prévaloir la COMECE ou le SNPMPI. Ni l'un ni l'autre ne représente l'autorité de Rome.
Il me semble que la Doctrine Sociale de l'Eglise est exclusivement tirée des encycliques.